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Politique

Mis en ligne le 29/05/2006

Réponse au Professeur De Groote par Jean-Maurice Dehousse, ancien Ministre Président de la Région Wallonne

Le Professeur DE GROOTE, que la RTBF a présenté avec raison comme un expert de la Commission Européenne mais dont elle a oublié de dire qu’il s’était prononcé récemment et publiquement en faveur de l’indépendance de la Flandre (ce qui oriente naturellement son opinion) s’est cru autorisé ce matin ( le 25 mai) à porter un jugement, et un jugement sévère, sur l’ensemble de la Wallonie.

Quatre éléments de réponse s’imposent immédiatement.

1. La Wallonie n’a pas de leçon à recevoir de ceux qui tirent à bout portant sur des enfants pour des raisons raciales odieuses, ni de ceux qui les approuvent.
2. Un professeur d’Université devrait savoir que le jugement collectif par amalgame est un procédé sans valeur scientifique.
La Flandre, heureusement, ne se limite pas au Vlaamse Blok ; la France, plus heureusement encore, ne se limite pas aux scandales qui crépitent dans l’actualité et ils sont nombreux, pas plus qu’à ceux d’hier ou d’avant-hier. L’Italie ne se limite pas au scandale PARMALAT, que M. DE GROOTE a de bonnes raisons de connaître, ni même au personnage nauséabond qu’est BERLUSCONI, plusieurs fois condamné par la justice de son pays mais que ni M. DE GROOTE, ni aucune instance européenne ne condamne.
Et les Etats-Unis d’Amérique ne se confondent pas non plus avec le scandale ENRON, que M. DE GROOTE connaît aussi et dont la justice américaine poursuit d’ailleurs les auteurs.
3. La Flandre ferait bien d’en faire autant. Si l’on parle des scandales qui se produisent en Wallonie comme ailleurs, c’est parce que des Wallons s’occupent de ces scandales, dans la presse, dans le monde judiciaire et ailleurs. C’est loin d’être le cas en Flandre, et M. DE GROOTE ne peut l’ignorer. Quand et où a-t-on poursuivi les responsables du « Smeerpijp », pour ne citer qu’un exemple ?
Il est bien commode de juger les autres, et naturellement de les condamner, quand on ne nettoie pas d’abord son propre jardin et qu’on laisse délibérément les dossiers se prescrire.
4. Que M. DE GROOTE s’occupe d’abord des scandales flamands et on s’occupera ensuite de ce qu’il a à dire de nous … s’il en reste.





Jean-Maurice Dehousse