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Santé

Mis en ligne le 23/05/2006

Richard Berry à Liège, pour la bonne cause


Qui ne connaît pas Richard Berry, ce grand Monsieur du cinéma, comédien, acteur, metteur en scène réalisateur et aussi…grand humaniste, grand altruiste.
Et ce lundi, Richard Berry et sa sœur Marie étaient à Liège, plus précisément au Kinépolis à Rocourt. Mais ils ne sont pas venus spécialement à Liège pour présenter un nouveau film, mais plus précisément pour apporter son image et son témoignage au lancement d’un nouveau car de dépistage de « Liège Province Santé », un car de dépistage des insuffisances rénales.
Richard Berry était aussi présent pour lancer la campagne « Don d’organes. Don de vie » et parrainer l’implantation à Liège (en collaboration avec l’Université de Liège) d’une antenne de l’AIRG (Association pour l’Information et la Recherche sur les maladies Rénales Génétiques).
Au cours d’une conférence de presse où se pressaient un maximum de médias locaux et nationaux, Georges Pire, le député permanent en charge notamment de la santé, mais également Richard Berry, sa sœur Marie et Anne Graftiaux, présidente française de l’AIRG, ont expliqué les buts de cette démarche. Mais pour comprendre la raison de la présence de Richard Berry et de son implication tout à fait personnelle et désintéressée, il faut savoir qu’il y a moins d’un an, le 21 juin 2005, Richard Berry a accepté qu’on lui ôte un rein pour le transplanter à sa sœur Marie. Celle-ci, atteinte d’une insuffisance rénale d’origine génétique (Maladie d’Alport), avait déjà subit une première transplantation (un rein de sa maman) il y a 33 ans et faisait un rejet qui pouvait s’avérer fatal…

Un dépistage précoce peut favoriser les guérisons

Comme l’expliquera de son côté Georges Pire : « Fidèle à sa longue tradition de dépistage mobile, la Province de Liège a récemment lancé un nouveau car de dépistage de l’insuffisance rénale à l’initiative Il s’agit d’une véritable nécessité lorsque l’on sait que la Belgique enregistre une augmentation importante des cas pathologiques, entre 700 à 800 nouveaux cas par an. Nous avons chez nous quelques 10.000 personnes souffrant d’insuffisance rénale. Ces personnes doivent être soignées par un traitement lourd et contraignant, la dialyse, et à un stade ultime, espérer subir une greffe rénale. Il est donc primordial de déceler rapidement les premiers signes d’une maladie pouvant causer la perte progressive et irréversible des différentes fonctions du rein.
C’est gratuitement que les services de la Province proposent, dans toutes les communes, la détection d’un risque d’insuffisance rénale aux hommes et femmes âgés entre 45 et 75 ans. Et c’est très facile, une simple prise de sang et une analyse d’urine, dont les résultats sont communiqués au médecin traitant du patient, permettra, par la détection précoce de ralentir ou de stabiliser une insuffisance rénale, d’éviter dialyse voire greffe de rein. »

Le vécu de Richard Berry

C’est en témoin, privilégié si l’on peut dire ça comme ça, que Richard Berry a abondé dans le sens de Georges Pire : «Il est certains que toutes les maladies graves qui peuvent être détectée à temps ont plus de chance d’être guéries ou ralentie. C’est un outil formidable que l’on met ici à la disposition des personnes… »

Et concernant la problématique des dons d’organes : « Pour ma sœur, il n’y avait que cette seule possibilité. J’étais compatible et je lui ai proposé tout de suite un de mes reins. Vous savez, on sait depuis la guerre 14 que l’on peut vivre avec un seul rein. C’est une opération qui se pratique très régulièrement et trois semaines après, j’étais déjà sur scène. Je n’ai aucun problème de vie particulier, aucun régime à suivre, je dois juste faire attention, lorsque j’enfourche ma moto…Comme je n’ai plus qu’un seul rein, il faut que je ne le démolisse pas. »

Don d’organe. Don de vie.

Tout comme Georges Pire, Richard Berry et sa sœur Marie qui s’est profondément engagés en faveur du don d’organe ont alors abordé la problématique du don d’organe. En effet, tout comme en France où le nombre est évidement plus important (6.500) en Belgique pas moins de 1400 personnes attendent un organe (cœur, poumon, foie ou pancréas) et 950 attendent un rein contre 5(00 en France.
Or, en Belgique, le nombre de donneurs d’organe diminue de 10 à 15 % depuis 2004. Les raisons sont multiples : diminution des accidents de la route et amélioration des techniques médicales et des soins réalisés par les services d’urgence et de soins intensifs. Mais il y a aussi le fait que la population est mal informée sur le don d’organe, la procédure de don. Il y a également les barrières psychologiques et philosophiques ou encore l’opposition des familles qui, face au deuil, se trouvent dans la situation délicate de devoir se prononcer dans l’urgence, sans connaître la volonté exacte du défunt.
C’est la raison pour laquelle, le député permanent Georges Pire a annoncé d’ici quelques jours, le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation « Don d’organes. Don de vie ». C’est ainsi qu’un « toutes boîtes » sera distribué dans les 84 communes de la Province et demandera à quelques 430.000 foyers de dire « Oui » au don d’organes, en leur expliquant comment s’y prendre. Ce qui est simple. Il suffit de se rendre dans son administration communale et d’y remplir le formulaire par lequel vous acceptez qu’un ou plusieurs organes soient prélevés en cas de mort accidentelle.
Mais nous laisserons à Richard Berry le mot de la fin : « Le don d’organe entre vivant est quelque chose d’assez extraordinaire ; On y pense longtemps avant et après, cela fait quelque chose, mais ce n’est pas douloureux. Par contre, je ne voudrais pas que, comme certains pays l’ont encourage, que l’on instaure un système de dons d’organes systématiques entre vivant. Ce serait la porte ouverte à toutes sortes de trafics, on risquerait d’en faire du commerce. Un don d’organe entre vivant, cela se fait pour sauver un proche, un parent, voire un ami très cher. Par contre, le don d’organe cadavérique, ça, il faut l’encourager… »

«Chronique d’une greffe annoncée ».

Après cette conférence de presse assez inhabituelle, Richard Berry, sa sœur Marie et Georges Pire ont procédé à l’inauguration du car de dépistage qui porte désormais les noms de Marie et Richard Berry.
En soirée, une conférence débat avait lieu dans une des salles du Kinépolis où l’on a projeté ensuite le film documentaire de Minou Aoulai intitulé «Chronique d’une greffe annoncée ».

Dans ce film, on y retrouve un Richard Berry en colère: confronté à la maladie génétique de sa sœur Marie. En effet, il découvre l'état lamentable du système hospitalier de son pays et la tragique pénurie en matière de dons d'organes. Pour sauver Marie, Richard lui offre un de ses reins. Commence alors une longue remise en question, où complicité, amour et liens du sang se mêlent à la peur, la révolte, sans oublier un compte à rebours terrifiant.
Ce film raconte l'histoire de Marie et Richard, l'histoire d'une attente de greffe, l'histoire d'une vie en suspend, l'histoire d'un don.
Par cet acte, Richard Berry a permis à sa sœur Marie : « Quelques jours après l’opération, je me sentais vraiment une autre femme, pleine de vie et d’espoir… » de continuer à vivre. Par sa présence à Liège, on peut espérer qu’il aura donné le courage et l’envie à un maximum de personnes, non seulement de se rendre dans les cars de dépistage de la Province, mais aussi à mettre en pratique ce slogan qui devrait aussi être affiché partout : « Don d’organe. Don de vie ».
Pour mieux encor connaître l’histoire de Richard Berry, nous vous conseillons le livre écrit par sa sœur Marie et qui vient de sortir aux éditions Michel Lafon « Le don de soi » : un véritable message d’espoir pour tous les malades, une invitation au partage pour tous les biens portants.

Les photos de haut en bas :
- Richard Berry accueilli par Georges Pire arrivent au Kinépolis
- Pendant la conférence de presse, de gauche à droite: Georges Pire, Marieet Richard Berry et Anne Graftiaux
- Richard Berry et sa soeur coupant le ruban symbolique

Les photos ci-dessous de haut en bas:

Richard Berry entrant au Kinépolis; acceptant aussi de signer un autographe à une admiratrice; Richard Berry vient de dévoiler son nom et celui de sa soeur sur le car; les diférents cars de dépistage de la province devant le Kinepolis pour la manifestation.

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Gaston LECOCQ