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Santé

Mis en ligne le 15/05/2006

Psoriasis : comment sauver sa peau ! Du thermalisme à la biotechnologie, avancées thérapeutiques et nouveaux défis de la prise en charge de la maladie


C’est au Radisson de Spa que, la semaine dernière, la société Wyeth, une grosse multinationale (américaine mais avec une implantation importante en Belgique) de l’industrie pharmaceutique et spécialisée dans la recherche pharmaceutique en biotechnologie et connue, entre autres, pour ses traitements en virologie, oncologie, dermatologie, rhumatologie et hémophilie a présenté un traitement (reconnu et remboursé par l’INAMI depuis février dernier) qui soulage (mais qui ne guérit malheureusement pas) celles et ceux (ils sont presque 300.000 en Belgique) souffrant de psoriasis.
Pour cette présentation (la photo), les représentants de la société Wyeth étaient entourés du docteur Dominique Tennestedt, spécialiste en la matière et chef de clinique en dermatologie des cliniques universitaires Saint-Luc, d’un confrère néerlandophone, le professeur Seguert et de trois personnes atteintes de psoriasis dont une représentante de l’ASBL GIPSO (Groupe d’aide à la recherche et à l’information sur le psoriasis » dont le siège social est situé à Embourg – Chaudfontaine.

Mais qu’est le psoriasis ?

Comme l’a expliqué le professeur Tennestedt : « Le psoriasis est une maladie génétique, chronique et non contagieuse de la peau qui, à ce jour, ne peut être guérie. Le contrôle de cette maladie passe par un traitement au long cours, chaque patient étant amené à établir, sur mesure, avec son médecin, son propre schéma thérapeutique. Souvent peu satisfaits des traitements disponibles, jugés fastidieux ou parfois dangereux eu égard à leurs effets secondaires, les patients fondent tous leurs espoirs dans la recherche biotechnologique. Depuis peu, un nouveau traitement issu de la biotechnologie est accessible aux patients souffrant de psoriasis en plaques modéré à sévère. Une percée significative dans la prise en charge de la maladie. »
« Le psoriasis en plaques est la forme la plus répandue de psoriasis. C'est une maladie génétique, autoimmune, non contagieuse, caractérisée par un renouvellement anarchique et accéléré des cellules de l'épiderme. Il en résulte des plaques rouges, recouvertes de squames sèches et blanches argentées, qui peuvent être répandues sur une grande partie du corps.
L'étendue des lésions et surtout leur localisation ont des répercussions importantes sur la qualité de vie des malades. En Belgique, une personne sur 30 est atteinte de psoriasis. »
« Le psoriasis est une affection fréquente et l'a probablement toujours été. Des textes très anciens, dont la Bible, mentionnent des maladies de peau de ce type, sans toutefois les identifier très précisément. Les auteurs antiques parlent de maladie cutanée impure et confondent psoriasis et lèpre. Au Moyen Âge, on estime que nombreux sont encore les psoriasiques qui ont dû subir des mesures de ségrégation, voire d'extermination, réservées aux lépreux. Il faudra en fait attendre 1805 pour que Robert Willan, le fondateur de la dermatologie moderne, décrive et nomme le psoriasis. »
« Stigmatisés à cause de l'impureté de leur peau, les patients psoriasiques antiques ont eu recours au thermalisme, et plus particulièrement à la balnéothérapie, pour se purifier. Aujourd'hui, le thermalisme met à profit les technologies modernes. Les eaux thermales aux propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et apaisantes naturelles sont ainsi devenues un complément privilégié des thérapeutiques classiques du psoriasis, soulageant la peau et le moral des patients. »

Traitement du psoriasis : l'avenir passe par la biotechnologie


Comme le dira par la suite le professeur Seguert : « Le traitement du psoriasis n'est pas simple. Il est établi sur mesure pour chaque patient, selon la gravité, le type de psoriasis et les zones affectées. Parmi les traitements les plus courants, on note : les traitements locaux sous forme de pommade, de gel ou de crème, qui sont très contraignants, salissants et monopolisent beaucoup de temps ; les photothérapies qui peuvent augmenter le risque de cancer de la peau et les traitements généraux, dits systémiques, réservés aux formes de psoriasis les plus sévères, qui présentent beaucoup d'effets secondaires et sont toxiques à long terme.

Issus de la biotechnologie, les agents biologiques révolutionnent le traitement du psoriasis. Les chercheurs qui les ont mis au point se sont appuyés sur les différentes étapes des réactions impliquées dans le psoriasis. Contrairement aux traitements systémiques qui agissent sur l'ensemble du système immunitaire, les agents biologiques ciblent une étape très particulière de la réponse immunitaire qui est impliquée dans le psoriasis.
Premier né de cette nouvelle classe de médicaments destinés à traiter le psoriasis, « Enbrel », le premier et le seul anti-TNF-a remboursé pour les patients souffrant de psoriasis en plaques modéré à sévère. »

«Enbrel»: une réponse aux besoins des patients

«Enbrel » est présenté comme un médicament de haute technologie, mis au point par les laboratoires Wyeth. Il offre une nouvelle option thérapeutique aux patients qui ne répondent pas ou plus aux traitements disponibles. Son mécanisme d'action consiste à inhiber l'activité du TNF-a, une cytokine (protéine) impliquée notamment dans le processus inflammatoire lié au psoriasis.
Comme l’explique égalementle professeur Segert : « Chez un individu sain, ce processus inflammatoire est régulé parce qu'il y a un équilibre entre le taux de TNF-a produit et la quantité de récepteurs de TNF-a (à la surface des cellules ou sous forme soluble). La recherche a montré que, dans le psoriasis, la quantité totale de récepteurs de TNF-a solubles n'est pas suffisante pour lier tout le TNF-a produit, ce qui favorise le processus inflammatoire. « Enbrel » est un récepteur humain soluble du TNF-a qui se fixe au surplus de TNF-a pouvant aider à rétablir l'équilibre naturel, entraînant ainsi une diminution significative de l'activité inflammatoire et donc des lésions cutanées. »
Depuis le le` février 2006, « Enbrel » est admis dans la liste des spécialités remboursables. Il est à ce jour le premier et le seul agent biologique remboursé dans le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère. »
Il semble donc que ce médicament constitue aujourd'hui un nouvel espoir pour les patients souffrant de la forme sévère de la maladie. Il améliore de façon visible et rapide les lésions cutanées et donc la qualité de vie des patients. Remboursé dans le cadre d'une thérapie intermittente (max. 24 semaines de traitement suivis de min. 8 semaines d'arrêt), l'efficacité d' « Enbrel » est restaurée à chaque cycle de traitement . De plus, il ne provoque pas de formation d'anticorps neutralisants pouvant diminuer l'efficacité de la molécule au cours du temps. Il offrirait aussi un profil de sécurité et de tolérance bien établi ainsi que plus de 12 années d'expérience clinique, toutes indications confondues. Ce nouveau produit permet enfin une grande facilité d'emploi, le patient s'injectant lui-même le produit à domicile (injection sous-cutanée deux fois par semaine).
« Enbrel » a véritablement changé ma vie , explique Gino. « Assez rapidement, mes plaques rouges de psoriasis ont disparu. Avec ce médicament, je peux vraiment maintenir le psoriasis sous contrôle. C'est une nouvelle vie qui commence pour moi. »
Ce constat, on le retrouvera aussi dans les propos des deux autres témoins pour lesquels le psoriasis devenait une affection difficile à vivre et qui depuis l’apparition de l’Enbrel, vivent nettement mieux en espérant que cela puisse continuer mais aussi et surtout qu’au niveau de l’INAMI, on puisse encore leur faciliter l’accès à cette nouvelle médication.

Pour plus d’informations :
GIPSO ASBL : rue des Aubépines, 16 à 4053 – Embourg – Tél : 04.365.07.38. Site Internet : www.netplusultra.com/gipso





G. Lecocq