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Politique

Mis en ligne le 08/05/2006

Un avenir wallon au delà du mur de Grammont !

Nous sommes dans une année d'élection et le moindre propos politique tient en haleine les médias. Le « Soir » qui reste très attaché à la « Belgitude » et n'a jamais franchement été un fan du fédéralisme politique a largement réagi à un projet de constitution wallonne.

Signé par 6 parlementaires PS dont Jean Claude Van Cauwenberghe, José Happart mais aussi Christophe Collignon...Le fils du meilleur ennemi d'Anne Marie Lizin. La signature de Maurice Bayenet, moins connu mais sérieux parlementaire wallon, celle de Paul Ficheroulle une ancienne étoile montante du Hainaut bien côté par Elio Di Rupo et une signature féminine, celle d'Eliane Tillieux tout cela démontre qu'il ne s'agit pas d'une blague de potaches politiques. Mais au delà de la démarche en elle-même, comme le reconnaît le « Soir » de l'ouverture d'un débat de fon sur l'avenir institutionnel de la Wallonie

Mai 68 avait parmi ses métaphores :"Sous le pavé la plage". Le pavé lancé par des hommes politiques wallons proposant une constitution wallonne n'est ni une pitrerie, ni un règlement de compte entre le président du parti socialiste devenu plus royaliste que le roi et des caciques du socialisme wallon cherchant à jouer un dernier rôle indigne.

Cela fait partie des interrogations légitimes par rapport à l'avenir d'une région qui a vécu un fédéralisme fort entre 1960 et 1980, aurait pu s'inscrire légitimement dans une Europe des Régions et au fil du temps s'est étiolée par manque de pouvoir et de visibilité politique dans une Belgique à deux vitesses où Machiavel n'était plus un prince de la Renaissance mais un flamand retors en bord de sidérurgie maritime.

La petite histoire rejoint parfois la grande. Jeune étudiant à l'école sociale de Marcinelle, gauchiste tendance mao comme il se doit en 1969,élève de Jean Claude van Cau jeune prof de droit, je sèche sur le 107 quater et lui sort avec superbe, je me fous du régionalisme je suis internationaliste et révolutionnaire... Qui se souvient de Freddy Terwagne...

Mais dans ce temps là Monsieur, le vent des réformes institutionnelles soufflait en Wallonie. Années 80, le fédéralisme tient la route, François Perin se fend d'une analyse économique où la Wallonie dans une projection respectant une logique de culture française serait ni plus ni moins la cinquième Région de France... Certes aujourd'hui tout comme en football, le classement est sans doute moins glorieux...

« Vingt et unième » siècle, il est question d'un plan Marshall pour la Wallonie qui a des relents de pré guerre froide Tant qu'à s'identifier à l'histoire il n'aurait pas été ridicule de constituer des brigades Piron de l'économie wallonne...

1989 tombait le mur de Berlin pour réunifier une Allemagne dans le sens de l'histoire avec l'appui incontournable de Gorbatchev, on l'oublie trop souvent.
Ici résiste encore le mur de Grammont mais il est temps pour la Wallonie de penser à retrouver ses racines, son identité et une volonté de développement qui passera forcément par une réunification intelligente avec un grand pays de culture française.
Cette option quoi qu'on en ricane dans le milieu légitimiste belge, De Gaulle n'y fut pas insensible, Chevènement non plus. Et les arguments que défend Gendebien autour de Wallonie France ont davantage de pertinence qu'une hypothétique République Wallonne où qu'une Wallonie belge vidée de tout pouvoir réel.

Ce qui devient de plus en plus le cas car le suffrage universel nous empêche paradoxalement d'avoir un premier ministre francophone mais les arrangements à la belge donnent à la Communauté Flamande un pouvoir exorbitant sur Bruxelles.
Un véritable débat de fond politique ne peut évacuer le rattachisme ou la mise en place d'une association garantissant la spécificité de la Wallonie au sein de la France.

Même si ses auteurs s'en défendent, la constitution wallonne est aussi une charte de discussion politique avec la France des libertés. Celle de 1789 qui vit le valeureux liégeois être chanté à l'assemblée nationale. Les députés s'appelaient Robespierre, Danton et la bataille de Fleurus se profilait...

J'oubliais en 1788 Louis XVI était toujours plébiscité et Robespierre affichait un petit de... L'histoire peut galoper, mais tiendrons nous l'encolure bon cheval ?





Jean Pierre Keimeul