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Social

Mis en ligne le 29/04/2006

Lettre ouverte des réfugiés iraniens qui occupent l'église de Glain au ministre de l'Intérieur

Liège, le 20/04/06 - Lettre ouverte au ministre de l'Intérieur Patrick Dewael
Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Nous sommes iraniens et vivons en Belgique depuis de nombreuses années.
Nous avons été contraints de fuir l’Iran en raison du fait que nos droits fondamentaux y étaient bafoués.
Les organisations internationales actives sur le terrain des droits de l’Homme, font unanimement état d’un net recul en ce qui concerne le degré de protection de nos droits fondamentaux.
Divers articles rapportent que la situation en Iran s’est encore dégradée ces dernières années avec une multiplication d’arrestations arbitraires et d’autres formes de traitements cruels et inhumains.
L’Iran est un pays qui ne cesse de subir une détérioration sérieuse des garanties liées aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales.

Nous espérions reconstruire en Belgique une vie digne et obtenir le statut de réfugié que nous méritons.
Nous protestons contre la façon dont nos demandes d’asile et nos demandes de régularisation ont été traitées par la Belgique.
D’une part, nous considérons que la Belgique sous-évalue la gravité des violations des droits de l’homme en Iran et minimise les risques que nous encourons en cas de retour dans notre pays.
D’autre part, les délais d'examen de nos demandes ont été très longs (de l'ordre de plusieurs années).

Malgré l’incertitude de nos titres de séjour précaires nous nous sommes intégrés ici et nous pouvons affirmer que le centre de notre vie affective et sociale est ici.
Nous nous sommes formés ici, voudrions travailler, nos enfants sont scolarisés, nous participons à la vie culturelle, associative et sportive de ce pays. Nous avons tissé un réseau de relations en Belgique et y avons développé des attaches durables.


Loin de nous l’idée « d’organiser » notre clandestinité et d’être créatifs à cet égard.
Etre contraint de quitter son pays ne se fait pas de gaîté de cœur et vivre en exil est très difficile d’un point de vue psychologique.
Vous avez déclaré récemment « Pour avoir une bonne conscience comme Ministre de l'Intérieur, on doit appliquer la loi de la même façon dans tous les cas. On ne peut pas dire oui à ceux qui ont été créatifs dans l'organisation de leur illégalité. C'est une question d'équité. Je serais tout à fait injuste vis-à-vis de tous ceux qui n'ont pas obtenu l'asile » (article de La Libre Belgique du 30 janvier 2006).

Nous nous sommes jusqu’ici abstenus de nous lancer dans des occupations d’églises et des opérations de grève de la faim.
Nous devons cependant constater que les compatriotes qui y ont participé ont obtenu un Certificat d’inscription au registre des étrangers (temporaire ou non).

Nous nous réjouissons bien entendu qu'une solution ait pu être trouvée pour ceux-ci mais nous regrettons cependant que rien n'ait changé pour nous qui sommes dans les mêmes conditions et dont la situation justifie également une régularisation.
Nous voudrions que vous vous saisissiez dès à présent de la question de nos demandes de régularisation et que vous vous engagiez à examiner celles-ci rapidement, de manière équitable (principe d’égalité de traitement par rapport aux dossiers des grévistes de la faim) en tenant compte de la situation particulière de l’Iran.
Voilà ce que nous voulions vous dire à propos des événements actuels. Nous vous demandons de prendre en compte ces éléments et de prendre rapidement les mesures qui s’imposent.
Nous vous remercions de votre attention et nous tenons bien évidemment à votre disposition pour en parler de façon plus approfondie.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, à l’expression de notre sincère considération.

Pour les demandeurs d’asile iraniens de la région Liégeoise : Rastakhiz Rasoul