• Visiteur(s) en ligne : 6
  • |
  • Visiteurs total : 3123809

Tchantchès et Nanèsse

Mis en ligne le 29/04/2006

Tchantchès n'a pas oublié son brin de muguet


- Nanèsse : Viens un peu près de moi ! Qu’est-ce que tu essayes de descendre en douce à la cave donc valet ?
- Tchantchès : Moi ? Mais je n’ai rien à cacher…
- Ts.ts.ts… Viens ici que j'te dis.
- Mais enfin Nanèsse….
- Tu me prends pour une demeurée ou quoi ?
- Mais nenni sais-tu…c’est ce que c’est pour lundi…c’est une surprise
- Une surprise, une surprise, pour lundi…Allons djo, montre moi un peu ce que c’est !
- ? ! ? !
- Mon binamé Tchantchès, tu n’a pas oublié mon muguet, viens ici que je t’embrasse
- Mm…
- Mais c’est vrai que c’est lundi le jour du muguet.
- Bin figure-toi que j’en avais vu des beaux le long de la route du Condroz, alors je me suis arrêté, je n’ai pas su résister. Et je voulais les mettre au frais dans la cave jusque lundi matin…
- Comme c’est gentil donc mon Tchantchès
- Mais dis, à propos, sais-tu ce qui n’est arrivé dans je me suis arrêté.
- Non ?
- Eh bien figure-toi que deux policiers fédéraux se sont arrêtés à mes côtés et ils m’ont demandé mes papiers…
- Oui et qu’as-tu fait ?
- Bin je leur ai dit que Tchantchès n’avait jamais eu de papiers et que ce n’est pas aujourd’hui qu’il allait commencer…
- Et qu’ont-ils dit ces deux policiers ?
- Quand ils ont appris qui j’étais, ils m’ont demandé si tout allait bien, si je n’avais besoin de rien puis, après un beau salut, comme c’était du temps de la gendarmerie, ils m’ont laissé partir..
- C’était des policiers de chez nous ?
- Evidemment, pour connaître Tchantchès, il faut forcément être de chez nous, parce que si ça avait été des policiers de l’autre côté de la frontière linguistique, j’ai bien peur que tu ne m’aurais pas revu de si tôt et qu’avec mes muguets, je me serais retrouvé au Centre fermé de Vottem avec d’autres sans papier.

- Comme ça, tu aurais pu leur offrir un peu de muguet, ça leur aurait fait un peu de chaleur au cœur.
- A propos de cœur, j’ai l’impression que noss vice-premier ministre, Dewael son coeur, c’est un fameux bloc de béton. Aucun état d’âme pour tous ces malheureux qui croupissent à Vottem ou qui maintenant occupent les églises. Car ces gens là savent bien, même s’ils sont chez nous depuis 5, 6 ou 10 ans et qu’ils se sont bien intégrés, que leurs enfants ont été scolarisés, qu’ils se sont fait des amis, qu’ils n’ont aucune chance d’obtenir le statut de réfugié politique. Notamment les Iraniens qui occupent l’église de Glain.
D’ailleurs j’invite nos lecteurs à prendre connaissance de la lettre ouverte qu’ils ont envoyée au ministre de l’Intérieur. Elle vaut la peine d’être publiée. Alors, rendez-vous dans notre rubrique « social ».
- Ah mon Tchantchès, tu ne changeras jamais, toujours à défendre le pauvre et l’orphelin…
- Mais c’est tout à fait normal ma Nanèsse, nous sommes aussi des « sans papiers » et parce qu’on est connu, on nous fiche la paix. Et puis, comme c’est bientôt le 1er mai, que c’est un jour de lutte, non seulement pour tous les travailleurs, mais aussi pour les exclus, les opprimés, il ne fallait rater l’occasion…


A l'saminne turtos