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Expositions

Mis en ligne le 18/09/2005

Au Musée d'Art Wallon, jusqu'au 11 décembre : Le peintre Ernest Marneff…maudit soit celui qui n’ira pas le voir !


Le nom est troublant : Parfum d’Alcôve (1). La présentation procède d’une certaine audace dans une ville demeurée encore prude même si elle a fait de légers progrès depuis l’époque vécue par Ernest Marneff. Dans cette reproduction de l’atelier du peintre, 5 rue des Remparts, un peintre travaille. Il n’est pas seul, il y a son modèle féminin, entièrement nu. Comme pour mieux appréhender le huis-clos dans lequel s’est réfugié l’artiste, une vitre sépare l’atelier de la salle où sont accrochées quelques soixante œuvres constituant sa première rétrospective.
Dans cette salle, sous les tableaux, des tables insolites, incongrûment garnies de victuailles diverses, il y a là, épars, un échevin, Hector Magotte, un écrivain d’art, Jacques Parisse, une conservatrice, Ann Chevalier, des partenaires – c’est la nouvelle appellation de ce que, naguère, on nommait sponsors -, des journalistes. Soudain, éclate une musique de Vangélis, surviennent quatre gosses, le balai à la main, précédant un ballet évoquant la beauté triomphante de la femme. Cette chorégraphie due à Mme Edith Quignon, de l’Académie Grétry, permet d’apprécier le talent prometteur de Marlène Braziewicz, Charlotte Collard, Marine Rixhon, Pauline Voisard, Sélim Aydogdu et Gabriel Arenas-Ruiz.

L’échevin prend la parole, ne la garde guère avant de la passer à Jacques Parisse, un critique qui confirme les bons peintres et réhabilite les maudits. Celui-ci explique comment le sort a mis Marneff sur son chemin de biographe. Par hasard, en lisant une chronique nécrologique rédigée par un autre critique d’un autre temps : Ernest Marneff est mort. Bon débarras. Il n’en a pas fallu davantage pour exciter les tendances à la curiosité de Jacques Parisse qui furent bien récompensées en découvrant un peintre sulfureux de talent. Celui-ci, durant quelques huit ans, a vécu en reclus avec Mathilde, son épouse, ses belles-sœurs et l’une ou l’autre modèle qui lui ont offert leurs nudités dans un adultère permanent par consentement. Aucune ne pose, chacune provoque le peintre et de là tout spectateur qui observe la toile, la femme est fière de sa beauté et de sa nudité libérée et triomphante.
Ann Chevalier parle de son beau et bon musée. Elle a choisi d’installer Ernest Marneff au troisième étage où il retrouve ses contemporains Rasenfosse, Donnay, etc et ses maîtres, Charles Soubre et Jean-Marie Nisen. Un musée qui certes ne fait pas partie du Patrimoine mais répond à tous les besoins d’un musée moderne. Qu’il nous soit permis de faire une réserve, de taille, à cette affirmation, ce musée n’est pas aisément accessible aux handicapés et aux personnes que les escaliers sans rampe rebutent.
La séduisante et imaginative Elisabeth Müller de l’asbl Musées de Liège apporte quelques précisions relatives aux animations en marge de Parfum d’Alcôve dont L’Alcôve littéraire.
Ce programme prévoit des lectures, par Marie-Josée Delecour, de textes relatifs à Colette (le 5/10 à 18h30) et aux femmes prises en défaut (le 29/10, même heure). L’Erotisme en littérature sera le champ libre de la section Art de la Parole, le dimanche 23 octobre, dès 11h 30.
Il appartient à l’échevin Magotte de remercier les partenaires traditionnels en tête desquels se situe Ethias. Il y a aussi, Parfum d’Alcôve oblige, un parfumeur, Guy Delforge qui avec ses créations Doux Câlin, Osons Aimer ou Carré blanc fait flotter de tendres fragrances dans l’atmosphère de la rétrospective. Il en est d’autres qui participent aux plaisirs raffinés de Parfum d’Alcôve telle Miyako, la glacière japonaise, qui propose les Mamelons de Salomé ou encore la jolie Estelle Courtois dont la fine lingerie de la boutique Délicatescence est digne d’être mise en valeur par les femmes triomphantes d’Ernest Marneff.

Musée De l’Art wallon – En Féronstrée 86 Liège – 16/9 au 11/12 de 13 à 18h. – Fermé le lundi





Pierre André