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Musique

Mis en ligne le 11/09/2005

ENTENDU POUR VOUS : Aux Nuits de Septembre - « The Tallis Scholars » enchantent l’ancienne Église Saint-Antoine rénovée

En 1973, Peter Phillips créa, en Grande Bretagne, un groupe de chanteurs qui se spécialisa dans l’interprétation d’œuvres sacrées de la Renaissance.
Leur travail leur amena une reconnaissance qui conduisit, par exemple, à les choisir, en 1994 à Rome, à la fois pour l’inauguration de la restauration des fresques de Michel Ange en la Chapelle Sixtine et pour la commémoration du 400ème anniversaire de la mort de Palestrina en la Basilique Santa Maria Maggiore.

Ce groupe est appelé « The Tallis Scholars » ( les disciples de Thomas Tallis organiste et compositeur anglais du 16ème siècle – né vers 1505-1510 et décédé en 1585 -, rénovateur de la musique dans son pays, au moment de la réforme anglicane et maître de William Byrd). (La photo)
Liège a accueilli samedi soir, à son Festival des « Nuits de Septembre », en présence de l’Évêque Mgr Aloys Jousten et d’un nombreux public, le fondateur de cet ensemble choral, Peter Phillips, et dix de ses chanteuses et chanteurs (cinq femmes, dont quatre sopranos et une alto, et cinq hommes, dont deux ténors, deux basses et un alto).
Cette soirée se déroula en l’ancienne Eglise Saint-Antoine récemment remarquablement rénovée à l’initiative de notre Province (église désacralisée depuis longtemps, accolée au Musée de la Vie Wallonne, en Hors Château et dont les stucs s’avèrent sans doute les plus beaux de notre Cité mais dont les orgues, malheureusement, restent encore hors service).
Ce concert intitulé « La Contre-Réforme et la Chapelle Sixtine » présentait, en première partie, une messe à huit voix (les sopranos étant doublées) du plus grand compositeur italien de musique religieuse de la Renaissance : Giovanni Pierluigi da Palestrina qui vécut de 1525 à 1594. Nous avons écouté le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l’Agnus Dei de sa « Missa confitebor tibi Domine » .
La seconde partie comprenait six pièces plus courtes : le célèbre « Miserere » de Gregorio Allegri (1582-1652) - composé pour trois ensembles distinct avec un chantre pour le plain-chant au jubé, un chœur à cinq voix placé en dessous et, au fond de l’église, un autre chœur à quatre voix dominé par une soprano qui monte jusqu’au contre-ut - , le « Salve Regina » et l’ « Ave Maria » de Pierre Bonhomme (qui fut mis à l’honneur, ce 10 septembre, par les « Tallis Scholars » car, après un séjour prolongé à Rome, il revint à Liège en 1603 et devint chanoine à la Collégiale Sainte-Croix dont il fut le chantre de 1608 à 1617, année de son décès), l’ « Ave Maria », également, et un « Tu solis qui facis » (Toi seul qui fais) du plus important compositeur polyphonique picard, Josquin Des Prés(1440-1521) et, enfin, le « Gaude et laetare » du compositeur espagnol Cristobal de Morales (1500-1553), œuvres auxquelles s’ajouta « en bis » une composition de…Thomas Tallis, comme il se doit de la part de bons disciples.
Que dire de ce concert sinon que la pureté sonore et la maîtrise polyphonique furent exceptionnelles ? Elles enthousiasmèrent un public dont les vifs applaudissements furent encore accentués par une réverbération acoustique très ample (elle dure quatre secondes !) . Cette réverbération ne nuisit cependant en rien à l’audition des oeuvres marquantes d’une époque qui s’avéra, pour la musique religieuse, charnière car les oppositions entre réformateurs protestants et contre-réformateurs catholiques enrichirent encore son patrimoine.
Les grands artistes que sont les « Tallis Scholars » servent celui-ci de manière parfaite.





Jean-Marie Roberti