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En Ville

Mis en ligne le 31/03/2006

Liège et la criminalité en 2005 : - 14 % depuis 2001


Non, Liège n’est ni « Palerme » ni « Chicago » sur Meuse comme a voulu le faire croire une étude publiée l’année dernière et qui, en comparant des pommes et des poires avait affirmé que Liège était de loin l’une des villes les plus dangereuse d’Europe. Nous avions, à l’époque, pu vous démontrer que cette affirmation était complètement fantaisiste.
Les chiffres divulgués ce mercredi, par la direction de la police liégeoise et le bourgmestre Willy Demeyer, confirment d’ailleurs que cette baisse générale de la criminalité est constante depuis 2002.
Nous rappellerons que c’est depuis 2001 que la police liégeoise (environ 1100 personnes) et son « Observatoire de la criminalité » grâce aux outils informatiques dont il sont dotés et à la collecte régulière et de plus en plus précise des faits constatés par les policiers, peuvent donner des chiffres aussi précis. C’est ainsi que les chiffres globaux de la criminalité liégeoise étaient déjà en diminution de 2% en 2002 par rapport à 2001, de - 8% en 2003 par rapport à 2002, de -2% en 2004 par à 2003 et de – 3% en 2005, par rapport à 2004.
En 2001, la police liégeoise avait enregistré, toutes catégories de crimes et délits, quelques 38.650 faits. En 2005, on en a enregistré quelques 33.230. Ce qui correspond à une diminution globale d’un peu plus de 14 %


La diminution des chiffres noirs ne fait pas augmenter le taux de criminalité

Ces chiffres (certains diront toujours qu’on peut leur faire dire tout et n’importe quoi) sont assez remarquables et illustrent bien que de sérieux efforts ont été faits à Liège au niveau de la police locale. Ces chiffres sont d’ailleurs remarquables lorsque l’on sait que certains faits existant dans les « chiffres noirs » (c'est-à-dire des crimes et délits qui n’étaient jamais ou peu portés à la connaissance des autorités), sont en nette régression puisqu’ils apparaissent maintenant de plus en plus dans les statistiques et que malgré tout celles-ci sont en diminution globale.

En effet, il y a quelques années, on déposait nettement moins de plainte pour les agressions et les bagarres et encore moins pour les violences conjugales. Ce sont ces raisons qui ont fait grimper quelque peu les chiffres dans ce domaine. En effet, les agressions connues des forces de police sont en augmentation de 2% par rapport à l’an dernier, les bagarres de 5 %. Quant aux violences conjugales, suite à la campagne « Tolérance zéro » initiée entre autres, par le Parquet de Liège, elles sont en augmentation de quelques 31 %.

Quelques chiffres significatifs

- Les homicides, regroupant les meurtres, assassinat et empoisonnement sont en diminution de 7% alors que les coups et blessures progressent de 7% et les violences légères de 22 % l’ensemble des chiffres sur les atteintes à l’intégrité physique et aux coups et blessures sont respectivement en hausse de 5 et 6 %. Une augmentation qui s’explique probablement par le fait que les gens sont de plus en plus nerveux et que bien souvent auteurs et victimes de bagarre, n’hésitent plus pour porter plainte.

- Le vandalisme et les dégradations sont en forte baisse (- 12 %) ainsi que les faits de mœurs (-14 %), les car-jacking (- 41 %). Les faits de tromperie et autres arnaques sont en baisse de 6 %, même si l’on a constaté des augmentations de 25 % concernant la fausse monnaie, de + 69 % pour les faux et usages de faux et de + 230 % en matière de santé publique.
- Même si les vols dans les voitures sont en augmentation de 25 % (hausse d’ailleurs notable dans le courant du dernier trimestre 2005), l’ensemble des vols constatés sur le territoire liégeois est en diminution de 2% et notamment – 14 % pour les vols à main armée, - 26 % de vols dans les habitations, - 19 % de cambriolages et – 17 % de vols de voitures. Les vols domestiques (au détriment d’un employeur) sont eux aussi en diminution de 33 % comme les vols simples (sans effraction) – 13 %. Forte diminution également pour les vols à la tire (pickpockets) qui accusent une baisse de 17 %.
- Par contre, signe peut-être, et même presque certain, d’un accroissement de la pauvreté et de la précarité, les vol à l’étalage (dans les magasins) sont en augmentation de 14 %

Environnement

Autres chiffres ne figurant pas dans la catégorie « criminalité » mais qui sont pris en compte par la police dont il s’agit aussi d’une mission, ce sont ceux concernant les faits liés à la propreté et l’environnement. En 2004, il y avait eu une augmentation de 47 % des procès verbaux concernant les infractions liées à la propreté publique.
En 2005, ces infractions sont en augmentation de 13 % et se répercutent notamment au niveau de la pollution de l’eau (+ 40%), des déchets (+ 15%), propreté (+ 340 %) , tags (+28 %) ; trottoirs pas entretenus (+ 100%), déjections (+ 37 %), uriner en public (+ 28 %) tandis que les abattages d’arbres illégaux sont en chute de 67 %, la pollution de l’air de – 27 %, les nuisances sonores de – 25 %, les affichages illicites de – 84 % et la distribution illégale de tracts de – 26 %

La toxicomanie et la lutte contre les stupéfiants

Les chiffres concernant la criminalité liée directement à la toxicomanie et au trafic de stupéfiants ne sont évidemment pas repris dans les chiffres globaux de la criminalité liégeoise. En effet, dans ce domaine, il y a très rarement des dépôts de plainte et cette rubrique est essentiellement révélatrice de l’activité policière pure. C’est ainsi qu’en 2005 on a constaté une diminution de 9 % des procès verbaux rédigés dans ce domaine alors qu’en 2004, l’augmentation avait été de 57 %.
L’activité des ZIPPO (Zone inter police de proximité orientée - action menée par tous les commissariats liégeois) a permis, en 2005, la saisie de qµelques 2 kg de drogues douces (cannabis, marijuana, haschisch) ; 3,6 kg de drogue dures (héroïnes, cocaïne) et de 916 pilules d’XTC.
Mais ce n’est évidemment pas parce que les activités liées aux stupéfiants sont en baisse que la criminalité générée par les toxicomanes (vols dans les véhicules, agressions etc…) diminue, bien au contraire. Et à ce sujet, nous vous avons déjà longuement fait part des intentions du bourgmestre projetant de mettre en place un programme de délivrance contrôlée et un local de consommation protégé. Mais avec la campagne de dénigrement que vient d'entammer le MR par l'entremise de la conseillère communale Christine Defraigne (nous lui conseillons ainsi qu'à nos lecteurs de lire ce qui s'est passé en Angleterre dans les années 90) nous sommes sceptiques quant à la mise en place de ce système qui a fait ses preuves. Lire l'article en cliquant ici

Insécurité dites-vous ?

Certes, les vols dans les voitures et les vitres de voitures cassées sont en augmentation, mais comme le répète le commissaire en chef Christian Beaupère : «Il reste des gens qui, en dépit de nos messages de prévention, laissent des objets de valeur dans leur voiture. Il ne faut rien laisser en vue, même pas une ventouse de GPS. » .

Or l’on sait que ce sont maintenant les GPS et les ordinateurs portables que les toxicomanes (mais pas seulement eux) volent pour revendre et notamment par Internet interposé.
En ce qui concerne les voitures aux vitres et pare-brise démolis (il y en a eu de très nombreux lors du dernier trimestre), il semble qu’il s’agisse d’une nouvelle mode qui a émergé au même moment que les émeutes des banlieues françaises. Et comme le dira le commissaire Antoine Rulmont, le patron des « affaires judiciaires » : «Ils agissent parfois pour le plaisir, mais aussi parfois pour voler et certains sont même bien organisés ».
Tout ça, comme le dira Willy Demeyer : « Ce ne sont évidemment pas des faits trop graves. Mais cela dérange fortement… ».
Pour le bourgmestre, tout comme pour le commissaire en chef Christian Beaupère, les choses sont vraiment en train de changer dans le bons sens. Aujourd’hui, s’il existe encore des spécialités au sein de la police, tout le monde travaille avec beaucoup plus de transversalité et tout policier.
Les chiffres de l’Observatoire de la criminalité montrent quels sont les jours et les heures les plus chaudes en matière de criminalité. Il s’agit notamment des week-ends et d’une partie de la nuit. Pour Willy Demeyer il est important d’avoir des policiers sur le terrain à ces moments. Cela passera par des adaptations des horaires et des discussions sont d’ailleurs en cours avec les organisations syndicales à ce sujet. Mais cela sera-t-il suffisant pour faire baisser ce fameux sentiment d’insécurité dont on n’arrête pas de parler ?
Nous en doutons. En effet lorsque l’on lit à la « Une » du plus grand journal populaire liégeois le titre suivant, en tout petit « globalement la criminalité diminue, mais… » et puis en lettres énormes « Vols dans les autos à Liège + 25 % en un ans », on se demande si vraiment les Liégeoises et les Liégeois seront rassurés. Parce que, nous ne le dirons jamais assez, le sentiment d’insécurité est engendré, pas seulement par les faits que l’on constate, mais aussi et surtout par la manière dont ces faits sont relatés, exagérés le plus souvent, pour faire vendre. Que ce soit en presse écrite ou en TV. Et lorsque la population est noyée par le flot continuel de reportages chocs sur certaines interventions policières ou par des séries policières à l’hémoglobine urbaine facile, qu’on ne s’étopnne pas de son sentiment d’insécurité, lorsqu’elle ose enfin quitter le fauteuil douillet de son salon. On sait à qui cela profite. En tout cas, pas aux habitants des villes. C’est certain.





Gaston LECOCQ