• Visiteur(s) en ligne : 3
  • |
  • Visiteurs total : 3157179

En Ville

Mis en ligne le 25/03/2006

Enfin un projet qui tient la route pour le site de Bavière


Ouf, il était temps. C’est avec un certain soulagement et beaucoup de bonheur que ce jeudi 23 mars, au cours de la conférence de presse hebdomadaire (la photo) qui se tient à l’issue de la séance du Collège échevinal de Liège que l’échevin de l’Urbanisme, Michel Firket, a annoncé la bonne nouvelle : le site de Bavière, chancre urbain depuis plus de 15 ans, va enfin être réaffecté.
C’est en effet ce jeudi 23 mars, que le Collège a désigné le lauréat à l’appel à intérêt qui avait été lancé en juin 2005 pour l’aménagement du site de l’ancien hôpital liégeois dans le quartier d’Outremeuse. Comme l’expliqua Michel Firket : « Cette procédure un peu particulière, et originale «a été lancée car la Ville n'est pas propriétaire des terrains de l'espace Bavière, mais était néanmoins soucieuse de trouver une solution pour réhabiliter ce chancre urbain». Cette procédure pu être initiée aussi suite à la promesse de Tractebel, propriétaire de ce terrain de 6 hectares de le vendre au prix de 6,25 millions d’euros, au lauréat qui aurait été retenu par la ville.

C’est ainsi que 5 promoteurs - investisseurs avaient rentré différents projets qui ont été analysés par un jury composé du bourgmestre, d'échevins et d'experts internationaux en matière urbanistiques. Le 7 mars dernier, le jury désignait à l’unanimité, le projet déposé par la société anversoise Himmos, membre du groupe international néerlandais Heymans.
Pour le projet du site de Bavière, Himmos, s’est associé aux bureaux d'architectes Anorak, Driesen-Meersman-Thomaes et Poponcini & Lootens, au paysagiste français Michel Desvignes. Quant à la garantie bancaire, elle est assurée par la banque Fortis.
Lors de la présentation du projet à laquelle participaient également les représentants de Himmos (la 2e photo) ainsi que les architectes, Michel Firket dira : «Nous avons été très séduits par le projet lui-même, mais l'expérience de la société Himmos a aussi pesé dans la balance».
Un groupe qui vient avec de sérieuses garanties et de nombreux projets déjà réussis et visibles, notamment à Anvers où il s’est investit depuis plus de 15 ans dans la rénovation urbaine de la ville portuaire.
Et Serge Hannecart, administrateur délégué d’Himmos de préciser : « A l'époque, personne n'y croyait. On nous traitait de fous lorsque nous construisions des immeubles sur les bords de l'Escaut alors qu’on disait que plus personne ne voulait habiter en ville. Aujourd'hui, c'est un succès. On sent le même élan aujourd’hui à Liège qu’il y a 15, 20 ans à Anvers ».

500 arbres seront plantés avant les immeubles

Ce fut ensuite à Cédric Liebert, membre du bureau Anorak, de présenter l’ensemble du projet.

« Nous avons mis l’accent sur les caractéristiques de Liège que sont la voie d'eau et les collines, ainsi que sur l'aspect végétal et paysager » dira-t-il d’entrée de jeu. La première étape consistera en la plantation de quelques 500 arbres et ce premier travail se fera dès que nous serons propriétaires du terrain. Il faut que les habitants se rendent très vite que c’en est fini du chancre et qu’il se passe vraiment quelque chose sur le site. Par ailleurs, ces arbres seront les garants d'un endroit calme en pleine ville».
Avec forces d’images « Power point », il nous dévoila ensuite l’ensemble du projet dont d’ailleurs un jeune journaliste spécialisé dans une revue d’architecture nous dira : «Ce projet sera une référence urbanistique au niveau européen, vous verrez. »
On veut bien le croire et on ne demande pas mieux d’ailleurs…Ce qui serait tout bon pour la ville.

On commencera par rénover l’entrée classée de Bavière

Après avoir entièrement nettoyé le site et procédé à la plantation des (500 arbres), c’est par la rénovation des bâtiments symbolisant l’espace Bavière et la fameuse chapelle chère à Simenon et à bon nombre d’habitants d’Outremeuse que débuteront les travaux.

Le bâtiment d’angle (la photo) sera reconfiguré pour permettre l’installation de commerces ou des ateliers au rez-de-chaussée et des studios pour étudiants à l’étage. Par ailleurs dans la même phase, le bâtiment encore debout et qui fut autrefois le bâtiment de stomatologie de l’Université de Liège, sera conservé pour son caractère architectural reflétant le 20ème siècle. Il sera restauré et réaménagé pour permettre l’installation d’ateliers, de bureaux, d’espaces culturels ou de l’horeca. La construction des premiers blocs de logements devrait avoir lieu sur la rue des Bonnes Villes.
On continuera alors par les immeubles qui seront perpendiculaires à la Dérivation. Il s’agira de trois immeubles à appartements construits de façon assez aérée afin de ne pas créer un mur qui masquerait le reste du site. Le projet se terminera par la construction d’une tour de 18 étages, à la pointe nord du site. Cette tour sera comme un symbole, particulièrement bien située à l’entrée de ville.

Comme le précise Cédric Liebert : « Si tout est défini pour les volumes, les promoteurs laisseront s'exprimer la créativité des architectes liégeois et eurégionaux pour les bâtiments du site, et le recours à un architecte de renommée internationale n'est pas exclu pour la tour nord-est ».
Si le nouveau site comportera une moyenne ou grande surface commerciale, de l’horeca, une salle de sport (en remplacement de l’ancienne salle du boulevard de la Constitution), il est sera prioritairement dévolu à l’habitat, c’était d’ailleurs une des conditions sine qua non de la Ville.
Par ailleurs, le site comprendra une piazza, une place centrale et un parc-terrasse légèrement surélevé. On y trouvera également 900 places de parking dont 700 seront souterraines.

100 millions d’euros d’investissements

Si tout va bien, tout devrait commencer d’ici fin 2007 et les premiers logements pourraient être mis en vente fin 2008. Il s’agira de logements de tous types allant du studio à l’appartement, à la maison familiale et même au loft de luxe. La nouvelle cité dans Outremeuse pourrait accueillir quelques 1500 personnes. Quant au prix moyen d’un appartement deux chambres, il serait d’environ 150.000 euros tous frais compris.
Comme l’on précisé les investisseurs, il faudra près de 8 ans pour que l’ensemble soit entièrement terminé et il nécessitera un investissement de quelques 100 millions d’euros.

Un plus pour la ville et le quartier

Nous avons, dans le quartier d’Outremeuse, interrogé quelques habitants de longue date sur le projet qui vient d’être dévoilé et qu’ils ont pu découvrir dans leur gazette favorite.

Dans 99 % des cas, les habitants sont évidemment très contents qu’enfin quelque chose puisse se faire sur le site. En général ils trouvent le projet assez agréable et bien pensé. Pas du tout pharaonique, plutôt humain et équilibré comme nous le dira un habitant de la rue des Bonnes Villes qui se réjouit d’avoir enfin en face de chez lui autre chose que ce terrain vague d’une tristesse infinie (sic) (la photo).
Mais les trois quarts, même si on leur dit que les promoteurs sont des gens sérieux, qu’ils ont les reins solides sont plutôt septiques : « On nous a tellement présenté de projets qui sont tous tombés à l’eau qu’aujourd’hui on ne sait plus trop quoi penser », nous dit ce même habitant de la rue des Bonnes Villes. « Pourvu que ce ne soit pas encore un effet d’annonce comme il y en a tant en période préélectorale » termine-t-il ?
Cette réflexion, sera probablement sur les lèvres des bancs de l’opposition lors du Conseil communal de ce lundi 27 mars.
Pour notre part, nous pensons que cette fois c’est la bonne et la dernière et comme le projet a un visage humain et qu’il est attrayant, il ne peut d’être bon pour la Ville et Outremeuse.

Vue virtuelle du nouveau quartier...








Gaston LECOCQ