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Musique

Mis en ligne le 10/03/2006

Du 20 au 26 mars : printemps espagnol en la salle philharmonique de Liège


Après le Festival inaugural des nouvelles grandes orgues symphoniques, cet automne et, après la brillante commémoration du deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart cet hiver, l’Espagne et ses délices animeront la Salle Philharmonique du Boulevard Piercot à Liège en ce début de printemps.
Vous pourrez en effet du lundi 20 au dimanche 26 mars y apprécier flamenco, zarzuelas, guitare et, bien sûr, les « tubes » pour orchestre que sont le « Boléro » de Ravel, le « Concerto d’Aranjuez » de Rodrigo, « Carmen » de Bizet, les « Nuits dans les jardins d’Espagne » de de Falla, « Iberia » de Debussy…

L’Orchestre Philharmonique de Liège, dirigé par Louis Langrée, accueillera de nombreux artistes : les chanteuses Amparo Cortés (flamenco) et Karine Deshayes (zarzuela), le jeune et brillant guitariste Johan Fostier, les pianistes Bernard Lemmens, Nelson Goerner, Hervé Billaut et Sergio Tempo et sa sœur Karin Lechner, ou encore un des deux concertmeisters de l’O.P.L. , le violoniste Richard Piéta.
Un tel festival dépassera les clichés et pénètrera au cœur d’une Espagne toute en contrastes, de la Castille à l’Andalousie, de la Catalogne à l’Aragon… Exposition, gastronomie, conférences, et dix concerts contribueront en une semaine à (re)découvrir un monde de culture.

Le Festival « Viva España »

Le programme de ce Festival « Viva España » comprend donc à la fois des symphonies, de la musique traditionnelle et des récitals de guitare ou de piano sans oublier les zarzuelas qui sont à l’Espagne ce que l’opérette est à Vienne.
Vous réécouterez, en effet, sept des plus célèbres symphonies espagnoles : de Ravel, le « Boléro » (en fin de programme dimanche) et la « Rapsodie espagnole » (en fin de programme samedi), de Rodrigo le « concerto d’Aranjuez », œuvre très connue mais peu jouée « en live » (vendredi en conclusion d’un programme diffusé en direct radio par la R.T.B.F. sur Musiq3 et en différé par notre télévision locale R.T.C.), de Bizet sa suite pour orchestre tirée de « Carmen » (vendredi aussi), de Chabrier « España » (dimanche), de Debussy “Iberia” et de Manuel de Falla, les « Nuits dans les jardins d’Espagne » (ces deux dernières œuvres samedi, « Ibéria » faisant en outre l’objet d’une séance gratuite d’écoute comparée de disques avec Louis Langrée et les journalistes et producteurs Marcel Marnat et François Hurdy mercredi à 18 heures 30’).
Autant d’œuvres de compositeurs espagnols ou davantage encore…. français ! En effet, les œuvres les plus célèbres de musique espagnole sont des compositions, soit d’Espagnols qui n’étaient jamais sortis de leur pays, soit au contraire qui étaient venus à Paris côtoyer les grands maîtres français qui, eux-mêmes, ont alors rêvé « leur » Espagne, avec ses rythmes, ses sonorités, son charme fier et typé.
Pour célébrer l’Espagne et sa musique traditionnelle, l’orchestre seul n’aurait pas suffi. L’O.P.L. a donc invité (mardi) le flamenco, grâce à la chanteuse Amparo Cortés, à ses musiciens et à ses danseurs. Tradition andalouse, née sans doute de l’art des gitans (réfugiés dans les montagnes sous la domination arabe), le flamenco évoque des thèmes universels (l’amour, le mauvais sort, la foi, la mort) en utilisant la voix de manière unique, quasi expressionniste, étonnamment virtuose.
Ce Festival « Viva España » sera complété par des œuvres de guitare, des zazuelas, des pièces pour piano et une composition pour violon.
De la guitare d’abord : le soliste bruxellois Johan Fostier a imaginé un récital-panorama, qui mène du XVIe au XXe siècle (samedi à 16 heures 30’). C’est lui qui interprètera aussi le magnifique « Concerto d’Aranjuez » de Rodrigo.
La zarzuela ensuite… Petit « drame » lyrique espagnol, aux livrets d’apparence nigaude qui flirtent avec les problèmes de l’époque, et dont la musique ne craint pas la parodie (de l’opéra italien, de Wagner…) ou l’autodérision, ces pièces « de chenapans » connurent un grand succès entre 1880 et 1914. Quelques-unes seront interprétées, avec l’O.P.L., par la mezzo-soprano Karine Deshayes (dimanche après « España » et avant le « Boléro »).
Pour le piano, vous aurez un quadruple choix
D’abord, le Catalan Federico Mompou qui peut être qualifié de « chaînon manquant » entre la tradition espagnole et l’école française de piano, mais aussi, à Paris, entre la pauvreté voulue d’un Satie et les riches textures d’un Debussy ou d’un Ravel, sera à découvrir sous les doigts de Bernard Lemmens (lundi à 18 h. 30’ en ouverture du Festival).
Jeudi, on entendra Isaac Albéniz, avec « Iberia » (1906-1909). Hervé Billaut livrera en douze tableaux, un véritable monument de la littérature pour piano . Défis techniques, enchaînements imprévisibles, « Iberia » est bien plus que la description d’une Espagne de pacotille !
Puis le pianiste argentin Nelson Goerner donnera un récital contrasté, entre la recherche d’authenticité et de dépouillement de Granados et de de Falla, et les « espagnolades » artificielles et extravagantes de Liszt (samedi aussi mais à 18 heures).
Enfin, entre piano à quatre mains et musique pour deux pianos, les sœur et frère Karin Lechner et Sergio Tempo (remplaçant « au pied levé » les jumelles Florence et Isabelle Lafitte dont l’une s’est cassé le coude en voulant sans doute imiter la chute – avec le même effet – dans sa salle de bains, au lendemain du Festival Mozart, de Louis Langrée…) proposeront des danses du répertoire ibérique (dimanche à 15 heures 30’).
Et pour le violon soliste, vous pourrez écouter « La Havanaise » de Saint-Saëns qui combine charme et virtuosité sur un rythme alangui de « Habanera » (vendredi).

La musique espagnole selon Langrée

Louis Langrée, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Liège jusqu’à l’été prochain, souligne le fait qu’avec ce troisième Festival, en plus des séries de concerts habituels, cette saison de l’O.P.L. aura été non seulement très riche mais aussi bien équilibrée ce qui est de nature à servir la culture collective qu’acquiert l’orchestre.
La musique espagnole conduit moins à mettre en valeur l’orchestration que les instrumentistes. La palette sonore qui en découle est constituée d’un foisonnement de couleurs. Cette musique espagnole, même la plus sensuelle (parfois d’ailleurs aussi lancinante et lascive que dans le « Boléro »), bannit tout sentimentalisme. Il convient de se méfier de l’impression que donnerait une Espagne de carte postale. L’Espagne musicale n’est pas racoleuse, elle est bien davantage âpre et dure, aristocratique, noble et rigoureuse. Et Louis Langrée de se réjouir de pouvoir conduire des pièces comme « La oración del torero » (« La prière du torero ») de l’andalou Joaquim Turina.
Quant au Directeur Général de l’O.P.L., Jean-Pierre Rousseau, il est heureux que les succès des Festivals (qui seront encore trois la saison prochaine) captent de nouveaux publics et constituent des temps forts qui ont un indéniable effet d’entraînement pour autant qu’ils continuent, à chaque tournant, d’apporter une réelle surprise.

Une véritable ambiance festive

Le Festival « Viva España » sera, comme les précédents, une fête « pour tous les sens ». La musique se trouvera entourée de conviviaux à-côtés (N.D.L.R. : nom masculin qui, comme à-coups, prend s au pluriel ;-) ):
- Ceux de la gastronomie avec de la cuisine espagnole au Foyer de la Salle Philharmonique grâce au nouveau restaurant convivial « Guernica » rue de la Madeleine que la presse liégeoise a testé avec bonheur ce 9 mars : tapas, paella, bar à jus de fruits… Plus que jamais, le Foyer offrira doncun moment de détente qui prolongera le plaisir de la musique.
- Ceux d’une exposition car les vitrines qui entourent la Salle Philharmonique permettront d’aborder d’autres visages de l’Espagne : géographique, musicale, architecturale.
- Ceux d’un jeu-concours : durant la semaine de festival, cette initiative ludique sera proposée, avec de nombreux cadeaux, et des questions sur l’Espagne bien sûr.
- Ceux de conférences : chaque jour de la semaine, à midi et demi, une conférence permettra de découvrir les richesses culturelles de l’Espagne : lundi Pierre Somville parlera de la peinture du Greco à Velasquez, mardi Dick Tomasovic évoquera sa « movidad » (le cinéma avec Pedro Almodovar, etc…), mercredi Pierre Henrion suivra l’architecte Santiago Calatrava de Valencia à la gare des Guillemins, jeudi Marcel Marnat fera le point sur la musique espagnole et vendredi Jacques Joset conduira Don Quichotte de la Mancha au plat pays….
- Ceux de costumes enfin : une styliste liégeoise de haute couture Pina Lauricella créera une robe d’inspiration espagnole spécialement pour le festival. Cette robe sera portée par l’une des jeunes filles du personnel d’accueil de l’O.P.L. Vinciane, durant toute la semaine.

En pratique

Pour plus d’informations et pour les réservations adressez vous à la Salle Philharmonique Boulevard Piercot, 25 à Liège du lundi au vendredi de midi trente à cinq heures et demi. Tél. 04 220 00 00 Fax 04 220 00 01 Site internet : www.opl.be Courrier électronique pour les réservations : location@opl.be.
L’abonnement pour toute la semaine coûte de 50 à 80 euros : 80 pour les places des catégories 1 et 2, 50 pour celles des catégories 3 et 4. Pour un concert, l’entrée se paye 15 euros la place des catégories 1 et 2 et 10 pour celle des catégories 3 et 4. Pour la séance « Écouter la musique » le 22 mars l’entrée est gratuite. Remarquez que le samedi comporte trois concerts séparés, et le dimanche deux concerts.







Jean-Marie ROBERTI