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Mis en ligne le 07/03/2006

Soutenez les travailleurs d’InBev à Jupille et signez la pétition…


Il n’y a rien à faire. Jupille restera pour moi l’endroit où l’on brasse une des meilleures bières du monde, celle de Piedboeuf et plus encore, la Jupiler.
Lorsque Piedboeuf est devenu Interbrew de part la volonté des Louvanistes, puis après lorsque Interbrew a convolé avec le brésilien Ambev pour créer InBev , je me disais naïvement que tant que la « Jupiler » durerait, il n’y aurait pas trop à se tracasser. Mais il y trois ans, lorsqu’on a décidé de démolir la tour Piedboeuf, dont le phare a illuminé pas mal de nuits de ma jeunesse (je le voyait tous les soirs de ma chambre à Vottem), j’ai commencé à douter. Mais «Jupiler » était toujours là et l’espoir aussi, d’autant que les patrons du groupe brassicole avaient donné des garanties quant à la pérennité de l’entreprise et de son ancrage jupillois.
Mais voilà, il y a eu ce fameux jeudi 23 février lorsque, en conseil d’entreprise extraordinaire, la direction annonçait une quatrième restructuration en quelques mois au sein des unités de production belges.
C’est ainsi que les responsables du belgo-brésilien faisaient part de leur intention de supprimer, d’ici la fin du premier semestre 2006, 201 postes d'employés, dont 109 équivalent temps plein (soit 145 personnes) à Jupille et 25 à Louvain.
A Jupille, le pays du bourgmestre Willy Demeyer, c’était évidemment la consternation d’autant que dans le même temps, les actionnaires d’InBev apprenaient que pour 2005, la société avait réalisé pas un bénéfice normalisé de 1,024 milliard d'euros avec un chiffre d’affaire de 11,656 milliards d’euros, soit en augmentation de 7,2 %. Un véritable scandale !
Cette restructuration se double d'une délocalisation des services financier et « planning performance managing » vers la Hongrie et la république tchèque. Vive la mondialisation pour exploiter d’autres travailleurs que l’on payera moins cher et faire grimper les dividendes que l’on distribuera aux actionnaires.

Réactions

Pour Roger Van Vlasselaere, secrétaire permanent SETCA-FGTB : « C'est du jamais vu. Avec l'arrivée des Brésiliens, InBev est devenue une entreprise complètement différente, qui ne respecte plus les règles sociales et n'a plus aucune considération pour les gens. On a en plus le toupet de dire que d'autres restructurations sont en vue. Ce n'est pour eux qu'une simple question de fric. Le marché belge de la bière est devenu une quantité négligeable au sein du gigantesque InBev ».
Pour Serge Demeuse FGTB : « La direction attend que l'on parte en grève. Les stocks ont été renfloués dans cet objectif. Nous ne mènerons aucune action dans les 15 jours qui viennent »
Pour Willy Demeyer en tant que président de la Fédération liégeoise du P.S : «Je partage l'amertume des travailleurs du site de Jupille qui paient le prix fort. Aussi nous condamnons ce nouveau méfait de la mondialisation. Nous resterons très attentifs à l'évolution du dossier et nous serons aux côtés des travailleurs pour sauver ce qui peut l'être en terme d'emplois mais aussi sauvegarder leurs droits et la pérennité du site ».
Pour Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie : « « InBev annonce le même jour à la fois plus d’un milliard d’euros de bénéfice normalisé et l’intention de supprimer plus de 200 emplois en Belgique. Le choix du jour de l’annonce démontre le cynisme de la direction. J’estime qu’il est inacceptable qu’une société, a fortiori dont l’un des cœurs historiques se trouve à Liège, fasse preuve d’un manque total de respect de ses travailleurs. Il s’agit d’une décision qui n’a rien de stratégique mais bien de la volonté d’améliorer le rendement des valeurs des seuls actionnaires. Je regrette le manque d’éthique dans cette décision, son annonce et l’absence totale de concertation, ni même d’information, avec les autorités fédérales et régionales. »
Le ministre Marcourt demanda aussi que la direction fasse preuve du plus grand sens des responsabilités dans le futur plan de restructuration et dans la nécessaire concertation avec les organisations syndicales.
Il rappellera aussi que InBev est devenu l’un des plus grands groupes brassicoles au monde, il le doit notamment au savoir-faire et à l’implication des travailleurs de Jupille et Louvain.

Participez à la pétition lancée par les « Discipes da Charlemagne »


Dernière réaction en date, celle de Michel Faway, secrétaire général du CPAS de Liège mais aussi président de la confrérie des « Discipes da Charlemagne » dont l’histoire est intimement liée avec la bière de Jupille.
En effet, l'ASBL « Les Discipes Da Charlemagne », a été créée en 1946 pour commémorer la libération de Jupille, et fêtera ses 60 ans cette année. Parmi les objectifs qu’elle défend : la promotion du folklore, de la culture wallonne, de la bière de Jupille et du savoir faire de tous ceux qui travaillent à la brasserie. Parmi ses membres, des travailleurs, ouvriers et employés, hommes et femmes qui, de père en fils, ont brassé la « JUP ».
C’est donc tout naturellement que Michel Faway nous dira : « Vous le savez mieux que nous, la récente décision de la société InBev ne laisse aucun Liégeois indifférent. Fondée à Jupille, l'ASBL "Les Discipes da Charlemagne" que je préside à donc décidé de réagir à l'annonce de cette nouvelle catastrophe économique et sociale en lançant une pétition.
Nous n'avons pas la prétention de penser que la Direction de la société InBev reviendra sur sa décision inique mais nous savons qu'il est de notre devoir de dire aux 145 familles concernées qu'elle ne sont pas seules dans cette épreuve, et aux actionnaires d'InBev que si le profit est légitime dans toute économie, il ne doit pas se réaliser au détriment de la justice sociale. »
Et pour soutenir l’action de Michel Faway et des « Discipes da Charlemagne », pour montrer aussi votre solidarité avec les travailleurs du site de Jupille, vous devez signer la pétition qui se trouve sur le site :www.petitioninbev.be





Gaston LECOCQ