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En Ville

Mis en ligne le 18/09/2005

Fêtes de la Wallonie à l’O.R.W : discours en trois dimensions pour le bourgmestre Willy Demeyer


C’est une tradition bien connue des Liégeoises et des Liégeois, chaque année à pareille époque, c'est-à-dire le troisième dimanche de septembre, la Ville et plus particulièrement son bourgmestre, invitent, non seulement tous les corps constitués liégeois, mais également les citoyens à participer à la commémoration des événements de 1830 et aussi à fêter « La Wallonie » à la liégeoise. Une année toute particulière puisqu’il s’agit des 175 ans de la Belgique (et donc de la révolution dont beaucoup de Liégeois furent à la tête), des 25 ans de la création de la Région wallonne mais aussi des 1300 ans de la Ville de Liège.
Près de 700 personnes avaient ainsi pris la direction de l’Opéra, où après la traditionnelle participation (toujours aussi irrévérencieusement humoristique avec son « Café liégeois déménage) du Théâtre d Arlequin, la prestation toujours agréable de la Société royale « Le Chœur universitaire liégeois » sous la direction de Patrick Wilwerth ils ont suivi le discours du bourgmestre Willy Demeyer. Après le non moins traditionnel verre de l’amitié, tout le monde se rendit, en cortège et précédé par la musique du « Corps des cadets de la Marine » au Palais provincial pour fleurir la plaque commémorative des « Evénements de 1830 ».

Le discours de Willy Demeyer

Comme nous l’écrivons dans le titre, on peut parler d’un discours en trois dimensions, celles-ci étant déterminées par le passé, le présent et le futur.
Pour le passé, le bourgmestre fit évidemment allusion aux événements de 1830 et à la création de la Belgique. Il parla également de l’organisation, à Liège il y a 100 ans, de l’organisation par le libéral Julien Delaite du premier congrès de la « Ligue wallonne ».
Willy Demeyer évoqua la création de l’état fédéral il y a 25 ans dans lequel « la Wallonie est devenue une réalité politique et institutionnel ». Il rappela que c’est à Liège en 1945 que s’était tenu le « le Congrès wallon » et rendit hommage au travail opiniâtre de grands hommes wallons et liégeois comme André Renard, André Cools, Jean Rey, Jean-Pierre Grafé, Fernand et Jean-Maurice Dehousse, Robert Collignon, Jos » Happart, sans oublier Jean Gol, dont-on célèbre cette année le 10ème anniversaire de son décès. A la question de savoir : « Cette autonomie a-t-elle servi les intérêts liégeois », le bourgmestre répond sans hésiter : « Sans l’existence de la Région wallonne, jamais la Ville de Liège n’aurait trouvé un interlocuteur aussi attentif à son devenir financier, jamais des infrastructures essentielles telles le tunnel de Cointe n’auraient vu le jour, jamais des entreprises comme la FN Herstal et le Val Saint-Lambert à Seraing ne seraient encore en vie et promises à un bel avenir. Pour ceci, je dis « Bravo la Wallonie » !

Maintenant

En ce qui concerne le présent, Willy Demeyer évoqua évidemment le « plan Marshall » (mais pourquoi avoir choisi une telle appellation ???) dont il dira : «Je tiens d’abord à souligner qu’avec ce plan, la Wallonie ose faire des choix. J’apprécie particulièrement le courage et la lucidité politique qui ont conduit à la création de zones franches urbaines afin de rendre ces territoires plus attractifs pour l’investissement et l’emploi.

Depuis la création de la Région wallonne, c’est sans doute une des premières manifestations réelles de la prise en compte de la centralité. Je m’en réjouis.
J’acte avec satisfaction la volonté du Gouvernement wallon, lors de la confection définitive de ces zones, de prendre en compte les situations particulières pour éventuellement amender la composition de celles-ci. Cela veut dire que la zone de développement de l’aéroport se situant sur le territoire communal de Grâce-Hollogne sera examinée afin de voir s’il est nécessaire ou non qu’elle bénéficie des avantages liés à la zone franche dans un contexte concurrentiel.
Je demande au Gouvernement wallon mais également à l’ensemble des autorités de notre pays, y compris le Gouvernement fédéral, de poursuivre une politique de discrimination positive en faveur des zones en difficulté. La Région wallonne a tracé le sillon, j’invite les autres à l’approfondir avec nous.
A la Région, il est clair que les moyens dégagés par la vente d’ARCELOR doivent d’abord servir la reconversion liégeoise.
Au Fédéral, je demande que l’on arrête de pénaliser par des dispositifs fiscaux inappropriés, celles et ceux qui souhaitent investir dans l’immobilier en centre urbain.
Au Premier Ministre, je réclame son aval définitif sur la mise en place du plan global et pluridisciplinaire que les liégeois, unanimes, souhaitent mettre en œuvre pour pouvoir enfin lutter efficacement contre le fléau de la toxicomanie. »

Et pour demain?

Et Willy Demeyer de poursuivre en remerciant un nombre impressionnant de personnes qui ont travaillé et travaille toujours pour Liège avant d’évoquer l’avenir de la Cité ardente.
Il dira entre autres… : «Dans les prochains jours seront dévoilés les contours de la politique économique de la Ville. Ses choix se traduiront lors de nos prochaines propositions budgétaires. Nouveau service communal, étude stratégique, nouveau lieu pour accueillir les investisseurs, Liège prendra sa part dans le développement de secteurs spécifiques : audiovisuel et cinéma, artisanat, recherche et développement, agro-alimentaire, culture et tourisme.
Nous oeuvrerons à ce sujet en collaboration avec la SPI+, Meusinvest et les institutions économiques, parfois un peu nombreuses. »
« Il y a quelques années, dans les mêmes circonstances, je réclamais la fin du monopoly liégeois, pas le jeu, mais le mécanisme qui nous empêchait de choisir la nature des investissements à réaliser, les lieux où les localiser et les acteurs à mobiliser.

Cette fatalité, que l’on disait volontiers liégeoise, semble, sous la houlette de Michel Firket, en voie de guérison. Au-delà de plusieurs dizaines de projets moyens d’origine privée qui font déjà notre bonheur, nous pouvons nous réjouir d’autres encore plus significatifs. »
«Permettez-moi de les énumérer : - le Palais de Justice et la gare du Palais que nous devons au soutien de Didier Reynders et de Laurette Onkelinx ;  la Communauté française aime Liège et investit 11,5 millions d’Euros à l’Emulation pour abriter le Théâtre de la Place. 
Merci à la Province, à André Gilles, Premier Député permanent, et à Paul Emile Mottard qui nous accompagnent dans ce mouvement comme ils ont rendu possible le transfert harmonieux de la bibliothèque des Chiroux de la Ville à la Province. 
Je salue la très récente décision unanime du CA de la RTBF d’investir à Liège. Je remercie Jean-Paul Phillipot, administrateur général, pour le respect des engagements pris. Je me réjouis du fait que les intérêts de la RTBF puissent coïncider avec ceux de la Ville quant au lieu de son implantation. J’invite chaque intervenant à mettre à profit le délai imparti pour parfaire le dossier. Je les assure du soutien actif de la Ville. » 
Mais sur ses gardes quand même, car connaissant ses citoyens, le bourgmestre ajouta : « A cet égard, je souhaite mettre en garde celles et ceux qui, pour des intérêts particuliers, voudraient encore menacer un projet global porteur d’un millier d’emplois directs. »
Il évoquera également la fin des travaux de la nouvelle grande salle principalement affectée aux sports et qui se termine au Sart-Tilman ; le dossier de Bavière pour lequel cinq groupes ont répondu à l’appel à projet pur y construire un quartier d’habitation du XXIème siècle, le Grand Curtius, le Théâtre Royal etc.
Point d’orgue de cette énumération positive : la nouvelle gare TGV-Guillemins et son environnement. A ce sujet, Willy Demeyer dira : « Elle nous permettra de rayonner sur un plan international. Un nouveau quartier, qui sera un écrin pour ce joyau, s’étendra de la gare à la Meuse avec l’aide du SPF finance, de la Régie des bâtiments, de la SNCB, d’Euro-Liège TGV et de professionnels dont Santiago Calatrava. Resituons-nous sur la carte du monde !
Nous sommes en mouvement et notre force de conviction entraîne de nouveaux partenaires, publics et privés, belges et étrangers. »
Pour coller avec la réalité, le bourgmestre parla aussi :
- de la propreté publique à Liège: « Une nouvelle organisation, sous la férule attentive d’André Schroyen, nous permet déjà d’obtenir de meilleurs résultats tant au centre Ville que dans tous les quartiers. » ;
- de la sécurité : « La politique de sécurité alliant proximité, prévention et répression engrange des résultats. Globalement la criminalité est en baisse et la présence des policiers est en hausse. Les chiffres liégeois sont d’ailleurs confirmés par le Ministre de l’Intérieur. En cette matière nous pouvons compter sur le soutien efficace du Gouverneur Michel Forêt comme nous avons pu compter par le passé sur celui de Paul Bolland… 
- de la mobilité : « Sous la houlette de Jean-Géry Godeaux, de multiples travaux indispensables sont entrepris. Par ailleurs, Liège demeure, malgré l’augmentation du nombre de voitures due notamment à de mauvais choix urbanistiques, une ville peu embouteillée en comparaison avec d’autres cités. »
Pour terminer, Willy Demeyer aborda un thème récurrent et qui lui est cher, celui de la supracommunalité : « Notre future communauté urbaine sera économique, mais pas seulement économique. Elle doit d’abord être transparente et citoyenne, fidèle à la tradition liégeoise de démocratie et de respect. Elle doit tenter d’apporter des réponses collectives aux multiples questions collectives : la mobilité ; l’aménagement du territoire et l’environnement ; la sécurité ; l’enseignement (pour lequel nous aurons besoin de notre Université et de son nouveau Recteur) ; la santé. Comment faire ? : il faut travailler de manière concrète, pragmatique : il ne faut plus écarter les bourgmestres et la Province ; il faut déterminer des projets structurants et communs ; il faut explorer, dans la mesure ou nos institutions sont nombreuses, d’anciennes voies peu explorées comme la fédération ou l’agglomération de communes.
Cette thèse que j’étais seul à défendre, je constate qu’elle est maintenant partagée de plus en plus largement par les forces vives liégeoises. »

Et de conclure : « J’ai délibérément tourné mes propos vers l’avenir et la mobilisation de tous et de toutes. Je vais lancer, après consultation, une invitation à débattre de ces thèmes aux Présidents des fédérations d’arrondissement des Partis démocratiques et aux Ministres liégeois. Je ne doute pas, qu’ensemble, nous tracerons, comme nos aînés l’ont fait, la voie d’un avenir meilleur, surtout pour les plus humbles d’entre-nous. Nous en avons les moyens collectifs. Ayons en la vision commune car le monde ne plie jamais devant les volontés individuelles. Liégeoises, Liégeois j’en appelle à votre travail acharné, opiniâtre ! Prenons notre sort entre nos mains car personne ne le fera pour nous. »
Mais que nous dira-t-il l’an prochain, ce bourgmestre qui semble avoir plus d’un tour dans son sac et avec lequel, en définitive, Liège, il faut bien le reconnaître, reprend des couleurs.

Les photos de Gérard Guissard, de haut en bas:
- Willy Demeyer pendant son discours à l'O.R.W.
- le départ vers le Palais provincial. On reconnaît de gauche à droite, Gérard Georges, Jean-Claude Marcourt, Paul-Emile Mottard, Mme Demeyer, le bourgmestre, le gouverneur Michel Foret, son épouse, André Gilles, Michel Firket et Miguel Mevis
- Willy Demeyer, Michel Foret et André Gilles accueillis par un représentant des Anciens combattants à la stèle commémorative au Palais provincial.





Gaston Lecocq