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Expositions

Mis en ligne le 16/02/2006

VU POUR VOUS : à l’Espace Wallonie, « Musiques populaires en Wallonie : instruments et émotions »

A « l’Espace Wallonie » se découvre une exposition très étrange et fascinante. En fait trois expos en une. Comme le précise le petit document remis aux visiteurs, « instruments de musiques traditionnelle et populaire en Wallonie », « la chanson qui court les rues » et « l’épinette en Wallonie et à l’entour » sont complémentaires. (1)

Des photos d’époque en noir et blanc, très années 20-30, des textes sous formes d’affiches qui sont en réalité des propos de paroliers et se révèlent de véritables pamphlets populaires. Cela couvre aussi bien la réalité d’un fait divers crapuleux que l’émotion d’une catastrophe ouvrière telle un coup de grisou. Nous pourrions appeler cela des chansons murales propres à un vingtième siècle en ébullition sociale. Je me souviens de mon école primaire à Couillet Queue, banlieue de Charleroi, avec sa petite cour, son marronnier, son instit qui couvrait les rencontres de foot de l’Olympic et la charge à cheval, un jour d’hiver 60 devant l’école. Emotion, de regarder cette affiche bien antérieure à mon époque, reprenant un texte de Louis Lejeune, « honneur aux travailleurs qui se défendent contre le patronat. » L’éditeur responsable réside à Couillet Queue.
Emotion encore avec ce dessin sur une partition représentant les ruines d’une maison, un aéroplane et un enfant. Du Picasso populaire en pleine guerre d’Espagne. Le parolier wallon intitulant sa chanson « un enfant d’Espagne »
Rien de nouveau sous le soleil dirons-nous en référence à un vieux proverbe latin. Si nous avons été marqué par « l’Affaire Dutroux », chaque siècle a pu épancher son indignation. Au 19ème siècle, une gamine de 13 ans violée provoque aussi une tempête populaire et donne naissance à une chanson intitulée « L’enfant martyr ».
Constatons que « la question sociale » côtoie parfois aussi la gaudriole. Dans le même livret musical se trouvent côte à côte, « le chômeur et son enfant » et « el galant de Fifine ». Précisons que la majorité des documents proviennent du Hainaut et qu’il s’agit du wallon de Charleroi…Pour les liégeois nous traduirons par « l’amant de Fifine »
Voilà pour les mots.

Les instruments

Les instruments de musiques exposés, une soixantaine, traversent les siècles, s’endorment et revivent.
La plupart également viennent du Hainaut, mais quelques uns ont été confectionnés par des luthiers de la province de Liège. La notion d’Epinette, il faut rendre à César ce qu’il lui appartient à des racines flamandes. Ce très ancien instrument de musique est conservé au musée de La Haye et se joue vers 1607…
L’Epinette se révèle un instrument populaire en Wallonie dans la seconde moitié du 19ème siècle, disparaît quasi, et retrouve une seconde jeunesse début des années 70. Ces instruments de musique nous parlent. Les sociétés populaires d’accordéonistes ont foisonné en milieu ouvrier. C’est aussi le cas du tambour et de la musique à bouche.
Mais d’autres instruments en apparence plus élitistes ont été également utilisés en milieu populaire. Violon, violoncelle, mandoline, flûte à bec. Certains instruments nous surprennent non par leur forme mais par leur présence. C’est le cas de la cornemuse qui se jouait principalement dans la région de Ath. Le dernier cornemuseur traditionnel wallon est décédé en 1935.
Les instruments prennent aussi la forme d’un moment de votre histoire personnelle, tel le violon en boite à cigare confectionné dans les camps de prisonniers de la première guerre mondiale…

(1)Vous pouvez contacter pour toute info complémentaire ou pour alimenter la documentation concernant les pratiques musicales populaires, Mr Thierry Legros. Rue de l’Eglise, 4 à Ham sur Heure (code postal 6120). Tel 0479.366.782. Courriel thierrylegros@skynet.be


Musiques populaires en Wallonie. Chansons, épinettes et instruments de tradition. Espace Wallonie de Liège, Place Saint Michel 86 (bas de la rue Haute Sauvenière) Entrée libre. U lundi au vendredi de 9 à 16H30, les samedis de 9 à 12 H 30. Jusqu’au 28 février





Jean-Pierre Keimeul