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Quartiers

Mis en ligne le 23/01/2006

Mont-Saint-Martin: Une seconde enquête publique sera nécessaire pour la réhabilitation des Ateliers Francotte


Le projet de transformation de l’ancienne usine d’Armes Francotte en appartements a été mal aiguillé vers le quai de la Batte. L’erreur de procédure implique une seconde enquête publique, avant feu vert – ou rouge de la Région.
Mercredi dernier était le denier jour de l’enquête publique pour le projet immobilier Francotte, en face de la Basilique Saint-Matin. Mais à l’Urbanisme liégeois, au quai de la Batte, le dossier avait déjà… déménagé ! « Je ne sais pas pourquoi, nous a-t-on dit. Les plans sont au bâtiment de la Région Wallonne, rue Montagne-Ste-Walburge ». L’ancienne usine d’Armes rue Mont-Saint-Martin, aujourd’hui chancre à l’abandon depuis 25 ans et vouée à transformation en appartements via les plans de l’architecte Thierry Sherrington, est en fait… classé en SAED – c’est-à-dire site d’activité économique désaffecté. Or, le décret programme du 3 février 2005 du ministre Antoine impose une procédure différente que pour les dossiers privés (accord ou non de la Ville après enquête publique): pour les SAED, la DGATLP wallonne (direction générale de l’aménagement du territoire, du logement et du patrimoine) octroie, ou non, le feu vert après avis non contraignants du Collège et de l’Aménagement du Territoire wallon.

« Un couac »

Comment les plans ont-ils atterri au quai de la Batte ? André Delecour, fonctionnaire délégué à la DGATLP, s’étonne d’un « couac, dit-il, incroyable de la Ville. L’arrêté ministériel n’est pas neuf : il date de presque un an ». Il dément toute alerte de riverains opposés au projet : « Je me suis rendu compte de l’erreur après réception du dossier ». Concrètement, quid des conséquences ? La DGATLP rendra son avis dans les 130 jours à dater de l’accusé de réception (17 janvier) et les observations des pompiers restent valables : « Si le dossier est complet, il n’y a aucun préjudice ». Mais voilà… mercredi dernier, les plans n’étaient plus consultables par le public : « Dans ce cas, nous a dit André Delecour, l’enquête publique doit être recommencée. Je ne prend pas la responsabilité d’une telle erreur de procédure ». Le « couac » ne paraît pas, à priori… une tuile. Mais des riverains opposés au projet se réjouissent, en rappelant que le bâtiment Francotte, en site classé, est répertorié dans les « gabarits trop hauts » de l’Atlas 1984 (à l’époque, Communauté française et Région wallonne) du Patrimoine architectural des centres anciens protégés. A noter que l’Aménagement du Territoire wallon à consulter est dit « opérationnel », car il porte sur les rénovations urbaines et les réhabilitations : « Des subsides sont parfois octroyés par la Région », précise André Delecour. Quoiqu’il en soit, le public pourra bientôt (re)compulser le dossier. Selon les avis, le projet est « affreux », « objectivement très beau », « coup de fouet urbanistique initiateur d’un décollage commercial », ou encore « plongeoir vitré dans la salle de bain des riverains proches »… Les habitants jugeront donc – une seconde fois.

Le décollage urbanistique fait-il un looping dans l’escalier des Bégards , à côté des ateliers Francotte ?

Sur requête des riverains des marches classées, Willy Demeyer a fermé les grilles. Michel Firket demande l’accès avec des patrouilles sur l’escalier dès cet été. Le comité St-Laurent/St-Martin réclame une rambarde et de la lumière. Des riverains directs… s’assombrissent et s’insurgent contre l’intitulé comité « Saint-Laurent/Saint-Martin » !

A côté du bâtiment Francotte, la somptueuse demeure au 59 rue Mont-Saint-Martin compte 4000 mètres carrés de jardin boisé avec tour du 17ème, orangeraie, potager et souterrains. Le jardin est délimité, jusqu’en Basse-Sauvenière, par un mur haut de deux mètres, contigu à l’escalier public des Bégards. L’escalier, actuellement peu fréquenté, est envahi de seringues et sur requête de trois riverains, les grilles d’accès sont désormais cadenassées, par sécurité, sur ordre du bourgmestre Willy Demeyer. Mais l’échevin du Tourisme, Michel Firket, parle d’une « solution transitoire avant patrouilles policières contre le squat et l’envahissement de seringues. Il faut une solution pour cet été ». Il veut l’ouverture nocturne de l’escalier « dès la saison touristique, car je refuse une ville prison avec fermeture des passages publics ».

Des épines

Les habitants du 59 rue Mont-Saint-Martin menacent : « Le jardin a attiré 1200 visiteurs lors des journées du Patrimoine en 2003. Si l’escalier est éclairé et accessible la nuit, il sera fermé en septembre 2006 ». Michel Firket réagit: « C’est leur choix ». En réalité, le conflit dans les marches grimpe jusqu’au faîte, à 18,50 mètres du sol, de la toiture Francotte, mais l’échevin « refuse de vouer des bâtiments à l’abandon pour la totale quiétude des habitants : Saint-Martin se trouve en Ville ». En attendant, les épines des rosiers plantés il y a un an, sur ordre de l’échevin, sur les quelque 100 mètres du mur contigu au jardin privé commencent… à piquer. Les habitants acceptent l’accès nocturne « uniquement si le mur est rehaussé de deux mètres ». Willy Demeyer lance « on verra ». Michel Firket sourit : « Cela deviendrait donc des remparts : c’est indiqué pour les promenades « Remparts de la Cité » du Tourisme ».

Talons pointus

Au-dessus des marches Bégards, la colère monte aussi contre l’intitulé comité St-Laurent/St-Martin et la solide rambarde demandée par le comité dans l’escalier : « Ce comité n’est pas concerné. Saint-Martin n’a rien à voir avec Saint-Laurent ». Le notaire Jeghers, habitant de la rue Mont-Saint-Martin et fondateur en 1982 de l’ASBL ENCA (Essor du Nouveau Cadran) aujourd’hui en voie d’extinction avec la fin des travaux, affirme pourtant, avec d’autres riverains, que « ce sont les habitants de Saint-Martin qui ont demandé eux-mêmes à rejoindre le comité ». Des riverains directs des marches, inquiets de leur quiétude, envisagent de fonder… un comité Saint-Martin. Comité Escalier ou comité Saint-Martin ? Celui… de Saint-Laurent/Saint-Martin se dit « pour la liberté », ne s’oppose pas à un groupe de défense des intérêts personnels, mais « maintient catégoriquement » l’intitulé de… « son » comité. Quant à la rambarde actuelle, elle nous a paru solide.

Mais certains promeneurs pourraient éprouver des difficultés pour rester agrippés à la rampe, parfois interrompue sur un mètre de long par un arbre. Les habitants craignent « une barre en inox au milieu des marches classées. Quel désastre ! » Le comité rappelle que « l’escalier n’appartient pas au 59 rue Mont-St-Martin ».
Les riverains s’irritent aussi contre des balises lumineuses, réclamées par le comité: « Pourquoi de la lumière ? Il n’a jamais été question auparavant d’ouvrir la nuit ! N’allez pas croire qu’en 2008, les clientes de l’hôtel de Sélys et du restaurant Jardin des Bégards vont emprunter la nuit l’escalier - chaussées avec leurs talons pointus ». Le comité Saint-Laurent/Saint-Martin ne demande « pas des projecteurs de 6000 watts ». Les mêmes habitants se plaignent aussi « de la sono assourdissante dans les voitures des étudiants de Saint-Laurent stationnés devant l’escalier». Mais tous les élèves… n’ont pas une voiture : un autre riverain des marches est « catégoriquement opposé à l’accès 24h/24. J’approuve uniquement les visites touristiques. Je n’ai pas acheté une belle maison pour habiter près d’un escalier taggé et fréquenté par des clochards. En outre, les marches seraient encombrées des canettes et déchets de repas des étudiants de Saint-Laurent qui descendront l’escalier vers le centre ».

En bas des marches

Le patron du restaurant « Jardin des Bégards », dans la rue des Bégards en bas de l’escalier accessible via le boulevard de la Sauvenière, se dit « favorable à l’accès nocturne mais uniquement avec surveillance continue. Le site est touristique et la belle plaque murale en marbre sur le mur près du resto avec flèche vers Saint-Martin dirige les promeneurs sur une grille. Mais je n’habite pas ici, et la voisine a peur ». A noter que le GPS de l’un de ses clients, en voiture à Saint-Martin, l’a guidé… vers le haut de marches de l’escalier Bégards !


A NOTER: Michel Firket sera l’invité de l’émission “Quartier Libre” sur Equinoxe FM (100.10) le mardi 31 janvier de 9 à 10h.

Les photos de Terry Bodson, de haut en bas:
- Les ateliers Francotte en face de Saint Martin
- Deux vues de l'esaclier des Bégards qui posent quelques problèmes





Terry BODSON