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Economie

Mis en ligne le 20/01/2006

L'état des lieux socio-économique de la région liégeoise". : les indicateurs sont au rouge…pour l'instant

Au 30 juin 2005, la région liégeoise comptait 55 913 demandeurs d'emploi inoccupés, soit près de 22% du total en Wallonie et 69% du territoire de l'Est (les régions de Huy, de Liège et de Verviers). Ce chiffre est l'une des nombreuses données fournit par l'Office wallon de emploi et de la formation professionnelle qui vient de publier la version 2005 de "L'état des lieux socio-économique de la région liégeoise". Cette étude, très approfondie, a comme finalité de dégager les caractéristiques propres des 24 communes de l'arrondissement de Liège (plus celles de Hamoir, Ferrières et Saint-Georges-sur-Meuse). Ce qui représente 602 855 habitants, soit 18% de la population de la Région wallonne.
Avant de détailler la situation de l'emploi, l'étude constitue une mine de renseignements au niveau démographique. Cet aspect pouvant être considéré comme un élément plus que révélateur de la situation économique. Ainsi, la ville de Liège compte 185 574 habitants, d'où la première place, mais on remarque, depuis 1989, une diminution démographique de 6,8%. Il en est de même pour Flémalle (-5,7%) ainsi que pour la commune de Saint-Nicolas (-5,5%). Durant ce lapse de temps, Sprimont a augmenté sa population de 19,3 %, Aywaille de 19%, Awans de 13,6%, Neupré 13,5% ou encore Soumagne de 12,2%. Dans son analyse, le Forem remarque: "Le chômage affecte principalement les communes de l'ancien sillon industriel, qui sont les plus peuplées. Plusieurs communes de l'agglomération liégeoise cumulent des taux élevés de chômeurs de longue durée et de demandeurs d'emploi faiblement qualifiés. C'est le cas de Grâce-Hollogne, de Flémalle, de Seraing et de Herstal. La commune de Liège se distingue par un profil particulier: alors qu'elle enregistre le plus grand nombre de demandeurs d'emploi inoccupé; elle connaît le taux de chômage de longue durée et de demande d'emploi faiblement qualifié inférieurs à la moyenne sous-régionale."
Quel est l'état des lieux selon le Forem? Et bien, l'examen de 2005 corrobore les observations de l'édition de 2004. Dans les grandes lignes, l'institution remarque dans ses conclusions: "La paupérisation et le vieillissement de la population active constatés en région wallonne, ont une résonance particulière dans certaines sous-régions, en particulier les anciens bassins industriels en cours de reconversion, comme celui de Liège, qui doivent faire face à de nombreuses difficultés spécifiques, liées à la forte densité de population". Et le Forem de souligner: "Bon nombre d'indicateurs sont par conséquent au rouge pour la région. Ainsi le chômage est plus marqué et plus ancré qu'ailleurs en Wallonie". D'ailleurs, un renvoi en note de bas de page détaille en ces termes: "La part de demandeurs d'emploi est plus importante dans la région liégeoise qu'en région wallonne et l'enlisement dans le chômage est plus courant". Le chômage touche particulièrement les groupes les plus désavantagés par rapport à l'insertion durable sur le marché de l'emploi: les peu qualifiés et les femmes. D'où, cette terrible constatation: "On assiste donc à une dualisation de la société avec un renforcement des inégalités".
Dans ce tableau sombre, reste-t-il encore un peu de place pour l'espoir? A ce niveau le Forem, de la même manière que le monde politique et économique, revient sur les atouts de Liège: l'aéroport, le Port autonome, le TGV, son positionnement géographique avec ses nombreux moyens de communication. Certaines activités offrent de réelles sources de développement comme le transport et la logistique, des secteurs pointus comme la biotechnologie et le spatial, la sidérurgie à froid, les services et plus spécialement le secteur public et le non-marchand. Point positif, les 19 parcs d'activité économique (l'un des chevaux de bataille de la SPI+) qui regroupent 838 entreprises et représentent 19407 emplois. Bref, des pistes…faut-il encore que la région décolle.

Les chiffres

La région liégeoise, c'est 13 165 entreprises, soit 18% de la région wallonne et 55 % de la province. De ce total, 80% comptent moins de 10 travailleurs et 55% sont situées dans les communes de Liège, Seraing et Herstal. Près de 27% sont actives dans le secteur du commerce, 13,7% dans l'immobilier, 10% dans la construction, 9,6% dans l'industrie manufacturière, 9% dans l'horeca et enfin 9,3% dans les services collectifs/sociaux et personnels.
Cela représente 188 094 postes de travail salarié, soit 20,6% de la région wallonne et 63?3% de la province. A noter, 42,2% de ces emplois se trouvent dans des entreprises de 200 travailleurs ou plus et près de 22% dans des établissements de 10 à 50 travailleurs. 54% sont occupés par des hommes et 34,4% sont classés en catégorie « ouvriers ».
Dans les milieux politiques et économiques, le renouveau de l'activité devrait passer par la création de son emploi. Or, le travail avec statut d'indépendant n'attire que 38 321 personnes. C'est à peine 15,5% de la région wallonne. On retrouve ces indépendants dans les communes de Aywaille, Chaudfontaine, Dalhem, Esneux, Ferrières, Hamoir, Neupré et Sprimont. Pour rappel, ce sont ces communes qui connaissent une augmentation de nombre de leurs habitants.
Pour les 55 913 demandeurs d'emploi inoccupés, 11 455 offres d'emploi sont reçues et diffusées par le Forem Conseil de Liège. Ce qui signifie que 41,5% concernent les services fournis aux entreprises, 9,1% le commerce, 7,7% la santé et l'action sociale et 7,4% l'enseignement.
Au niveau du profil de ces "chercheurs en emploi", 54% sont des femmes, 1sur 2 a au mieux une qualification du secondaire inférieur, 1 sur 3 a moins de 30 ans et 1 sur 4 a une durée d'inoccupation d'au moins 5 ans.
Dans cet environnement, le Forem propose trois types d'aides. D'une part, pour soutenir la formation des travailleurs, il existe le "chèque-Formation" et le "Crédit-Adaptation". D'autre part, afin de promouvoir l'insertion par la formation, différents mécanismes sont mis en route comme "le plan Formation-Insertion", les "formations pré-qualifiantes" et de "mise à l'emploi". Enfin, le développement de l'emploi passe par divers programmes: les Aides à la Promotion de l'Emploi (ainsi, il y a près de 10.000 APE en Wallonie), le Programme de Transition Professionnelle (PTP) et l'approche de proximité au travers des Maisons de l'Emploi.

Pour plus d'informations: http://www.leforem.be/informer/info/observatoire_statistiques.htm





Christian Desloovere