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Musique

Mis en ligne le 16/01/2006

Un Festival exceptionnel à Liège pour y accueillir, en la salle philharmonique, l’année Mozart.


Wolfgang Amadeus Mozart est né à Salzbourg le 27 janvier 1756, il y a donc, ce mois-ci, 250 ans.
A cette occasion, la Salle Philharmonique du Boulevard Pïercot à Liège accueillera du lundi 23 au dimanche 29 janvier un Festival exceptionnel.
Il sera précédé, ce mercredi 18 à 18 h 30, d’une présentation de l’ultime symphonie du compositeur (la 41ème intitulée « Jupiter ») par le directeur musical de l’O.P.L. Louis Langrée (1ère photo ci-dessous) et des musiciens de l’orchestre ainsi que par deux concerts, le premier au Palais des Beaux-Arts de Charleroi ce jeudi 19 janvier à 20 heures, lors duquel , sous la même direction, notre Orchestre Philharmonique interprétera l’ouverture de « La Flûte enchantée », la 39ème Symphonie et le « Concerto pour clarinette » de Mozart, concerto dont le soliste sera Jean-Luc Voltano (2ème photo ci-dessous)) né à Charleroi il y a 23 ans et devenu, dès 2002, un très prometteur et très brillant clarinettiste solo de l’O.P.L.(il enregistrera avec Langrée le concerto de Mozart en juin prochain), le même programme étant répété ce samedi 21 janvier à 20 heures au Centre culturel régional de Verviers.

Présentation à l’Hôtel de Ville

C’est à l’Hôtel de Ville de Liège que le Bourgmestre Willy Demeyer, entouré des Echevins Jacques Marneffe, Jean-Géry Godeaux et André Schroyen et de professeurs et d’élèves de l’Ecole communale d’Hôtellerie, a reçu pour présenter le Festival Mozart, les responsables de l’Orchestre Philharmonique : l’Echevin Hector Magotte, Président du Conseil d’administration., le Directeur général, Jean-Pierre Rousseau et le Directeur musical, Louis Langrée. Une telle conférence de presse à la Violette n’est pas une habitude.

Liège fait partie (avec, en Belgique, la Ville de Gand et la Communauté flamande) de l’association « Mozart Ways » qui réunit les cités où passa Mozart.
Agé de sept ans, celui-ci logea avec sa sœur et son père Léopold à l’Hôtel de l’Aigle Noir en Féronstrée (bâtiment aujourd’hui disparu et qui occupait l’emplacement des actuels numéros 19 et 21). Son père dans une lettre à Lorenz Hagenauer parle d’une grande ville densément peuplée où règne une intense activité productrice. Mais cette appréciation plutôt favorable se modifia à l’encontre des Wallons quand, sur la route entre Liège et Tirlemont, la diligence empruntée par la famille Mozart cassa une de ses roues et dut attendre dans une auberge inconfortable…Mais si Liège, de manière à la fois plus brève et plus intense que Bruges et moins discrète que Bruxelles, a tenu à rendre un hommage éclatant à Mozart, ce n’est pas essentiellement parce qu’il est venu chez nous enfant.

Louis Langrée, marathonien de Mozart

C’est bien davantage et, avant tout, parce qu’une cité musicale comme la nôtre se réjouit de célébrer le génie de Mozart (ce très actuel grand voyageur contestataire, tant à l’égard de son père que de son patron Archevêque mais, surtout, ce compositeur réussissant comme aucun autre un parfait et miraculeux équilibre musical entre le fond et la forme).
Mais ce Festival se justifie aussi et surtout parce que Louis Langrée est depuis près de cinq ans, le directeur musical de notre Orchestre philharmonique et qu’il est reconnu parmi les actuels chefs d’orchestre comme un des meilleurs spécialistes de Mozart. En effet, Louis Langrée qui fut le chef des plus grands opéras de Mozart à Glyndebourne et est prévu pour conduire « Don Giovanni » au Metropolitan Opera de New York en 2008 et 2009, dirige avec un énorme succès le Festival « Mostly Mozart » chaque été depuis 2003 à New York. Alors que notre orchestre philharmonique composé de 97 musiciens est mieux fait pour jouer des œuvres demandant un effectif nombreux (comme par exemple les symphonies de Mahler) plutôt que des compositions de Mozart prévues pour de plus petites formations, Louis Langrée, entre 2001 et 2005, n’a pas hésité à travailler seize œuvres de Mozart avec l’O.P.L.. Cette fois-ci, pour les dix neuf chefs d’œuvre qu’il dirigera lors de sept concerts en une semaine, il a réparti en deux formations la petite centaine de musiciens de l’Orchestre mais il accomplira, en ce qui le concerne, l’intégralité de ce marathon musical.


Entrées gratuites

Du lundi 23 au vendredi 27 janvier, à midi trente, les entrées seront gratuites pour apprécier cinq récitals de sept jeunes pianistes de notre Conservatoire qui joueront dix-sept œuvres de Mozart : treize sonates, deux fantaisies, un adagio et des variations. Le samedi 28 janvier à 13 heures 30’, sous l’égide de la FNAC, l’entrée sera également gratuite pour un concert présentant six œuvres (dont deux adagios de Mozart) écrites pour un instrument peu connu, le glassharmonica que jouera un spécialiste Thomas Bloch entouré de quatre autres jeunes musiciens du Conservatoire.

Quant aux sept concerts de l’Orchestre (les quatre premiers à 18 heures 30’, le cinquième à 20 heures et les deux derniers à 15 heures), ils permettront d’entendre plus d’une douzaine de solistes , dont le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann et le pianiste turc Fazil Say, sans compter, in fine, chanteuses et chanteurs du Chœur Symphonique de Namur.
Chacun de ces concerts a un thème : Mozart à Paris le lundi, Mozart franc-maçon le mardi, Mozart à Prague le mercredi, Mozart « alla turca » le jeudi, « le » Concert du 250èmeanniversaire le vendredi 27 janvier, les dernières Symphonies le samedi et le Couronnement le dimanche.
Les abonnements à ces sept concerts coûtent, selon les catégories de places, de 50 à 80 € , les prix par concert allant de 10 à 15 € et la location (du lundi au vendredi, de midi trente à 17 heures 30’, au 04 220 00 00) marche, nous dit-on, très fort.



Musées, tables, costumes, décorations, concours

Une exposition aura lieu 25 Boulevard Piercot où l’Ambassade d’Autriche prête dix panneaux « sur les traces de Mozart à Vienne » et où bibliothèques et musées liégeois fournissent à la Salle Philharmonique des documents du XVIIIème siècle. L’entrée du musée Grétry sera gratuite le samedi 28 janvier et celle du musée d’Ansembourg du 24 au 29 janvier, en consacrant une vitrine à « Mozart et la franc-maçonnerie ».
Tandis que l’Ecole d’Hôtellerie proposera des plats du XVIIIème siècle (dont un pain viennois) en la Salle philharmonique, plus d’une quinzaine de bons restaurants liégeois (y compris , bien sûr, italiens) afficheront des menus viennois de cette même époque. Et une pâtissière asiatique de Liège, Mme Miyako Sakai, a spécialement créé un gâteau Mozart. Le service des plantations de la Ville a préparé décors de fleurs et de verdure et le personnel d’accueil de l’O.P.L. revêtira des costumes d’époque prêtés par l’Opéra Royal de Wallonie (qui, lui, jouera, en mai, un des grands opéras de Mozart « Cosi fan tutte… »). Un jeu de piste ludique et instructif démarrera le lundi 23 pour se terminer par un tirage des prix le dimanche 29 janvier. Bref, Liège sera vraiment pendant toute une semaine à l’heure de Mozart. Si notre capitale culturelle reste Paris, en Wallonie il n’y pas photo.

« Ce je ne sais quoi et presque rien»

Laissons la conclusion à Louis Langrée :
« Dès qu’on entend une phrase de Mozart on respire différemment (…) en notre époque d’iPod, il y a plus de gens pour écouter sa musique en un seul jour qu’il n’y en a eu durant toute sa carrière. Il reste au centre de nos vies. Comme le disait le pianiste Arthur Schnabel, la musique de Mozart est beaucoup trop facile pour les enfants, elle est bien trop difficile pour les artistes…… Oui, sa musique paraît évidente mais plus on s’en approche plus elle semble vertigineuse. Il est si difficile de bien jouer ou diriger ses menuets ou ses andante : trop vite on casse le mystère, trop lentement on s’embourbe mais, entre les deux, on trouve cette grâce, ce je ne sais quoi et presque rien…. ».

- Nous vous invitons à consulter le site de l’orchestre www.opl.bepour prendre connaissance du détail des programmes de ces concerts ainsi que des noms et des biographies de tous les solistes.





Jean-Marie ROBERTI