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A la Province

Mis en ligne le 11/01/2006

Les voeux de la Province de Liège


Comme chaque année, à pareille époque, toute les corps constitués de la Province, mais aussi tout le personnel de la Province de Liège sont conviés à fêter l’an neuf au cours d’une réception organisée dans la salle du Conseil provincial. Selon, la tradition, c’est la plus haute autorité administrative provinciale, à savoir la greffière provinciale, Marianne Lonhay qui est chargée, de prononcer le discours annuel dans lequel se sont mêlés, cette année voeux de nouvel an, bilan de l’année écoulée, perspectives pour l’an neuf, recommandations et chanson française.
C’est ce lundi 9 janvier que cette réception a eu lieu à l’issue de laquelle plusieurs membres du personnel provincial (la plupart des enseignants)ont reçu les médailles relatives à leurs années d’ancienneté au travail.

Des vœux avec une référence à Churchill

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. C’est avec cette citation de Sir Winston Churchill que les autorités et services provinciaux vous adressent leurs vœux en cette nouvelle année 2006. » dira Marianne Lonhay pour commencer son discours qui fut nettement plus court que ceux prononcés habituellement pour la circonstance.
« Quoi de mieux pour inciter à une réflexion sur notre passé et sur l’avenir que notre région doit se construire, que cette citation par ailleurs agrémentée d’une photo du buste de Saint Lambert avec, en toile de fond, la reproduction de la maquette de la nouvelle gare de Calatrava qui est en train de s’élever dans le paysage liégeois comme un futur symbole de modernisme. » «Quoi de mieux aussi que cette initiative provinciale de labelliser « De Saint Lambert…au Pays de Liège », l’année du 1.300ème anniversaire de l’assassinat de cet évêque qui fût à l’origine du développement d’une cité autour de laquelle grandira le Pays de Liège. Sans nous donner un excès de confiance, le regard porté sur la richesse de notre passé doit cependant nous rappeler que notre région a grandi grâce à une population volontaire, industrieuse et chaleureuse qui a su se battre et profiter de tous les atouts qui lui étaient offerts pour s’élever au rang de région économiquement riche. Cette population est faite de grands noms qui resteront à jamais gravés dans les mémoires mais elle est aussi faite d’anonymes qui ont pourtant tous apporté leur pierre à l’édifice dans la mesure de leurs modestes moyens. De l’ouvrier au patron d’entreprise, de l’employé au haut fonctionnaire ou mandataire politique, chacun a contribué à créer ce qui est notre cadre de vie actuel.
Du plus grand au plus petit, tous méritent une pensée émue pour le combat qu’ils ont mené pour conquérir, à quel prix parfois, tous les acquis qui sont les nôtres aujourd’hui. Cela doit nous faire prendre conscience que nous avons tous un rôle à jouer dans la construction de l’avenir dans toutes ses composantes, économiques, politiques, sociales, culturelles. Ce n’est pas que l’affaire des décideurs politiques ou des patrons d’entreprises, c’est aussi celle des citoyens, des travailleurs, des fonctionnaires qui doivent pouvoir accepter le changement et affronter les difficultés non avec résignation mais avec la volonté de les surmonter et d’en sortir grandi. »

A propos de l’année qui vient : 170ème anniversaire de la Loi provinciale, petit cours d’histoire et la « nouvelle institution provinciale »


Concernant le futur immédiat, la greffière provinciale évoquera plusieurs sujets et notamment : « 2006 sera l’année qui verra se fédérer les acteurs et les initiatives pour la reconversion de notre région et la Province, via son bras opératif qu’est la SPI+, s’est d’ores et déjà positionnée comme un acteur privilégié dès lors que cette intercommunale fédère l’ensemble des communes de son territoire et que ses activités répondent pleinement aux besoins exprimés.
Gageons que 2006 verra naître les premiers projets d’avenir dans une région qui aura su garder tout son enthousiasme.
Le regard posé sur le passé a fait de 2005 l’année par excellence des commémorations pour nos institutions politiques avec le cent septante cinquième anniversaire de la Belgique ou le vingt cinquième anniversaire de la Région wallonne ou encore le soixantième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale et de la libération des camps.
2006 sera quant à elle l’année de la commémoration du cent septantième anniversaire de la loi provinciale et des premières élections provinciales. Celles de cette année seront, si mes sources sont bonnes, les soixantièmes du genre.
En effet, si l’existence des provinces a été consacrée par la constitution de 1831, il faudra cependant attendre plus de cinq ans pour que soit promulguée la loi provinciale du 30 avril 1836, pour qu’aient lieu les premières élections censitaires le 29 septembre 1836 et que soient installés les premiers conseils provinciaux le 6 octobre suivant et les députations permanentes le 27 octobre.
Cent septante ans donc que cette institution existe et rend des services à la population.
Cent septante ans aussi que la Première Assemblée de la Province de Liège siège dans cette remarquable salle à propos de laquelle je tiens à préciser que la Députation permanente vient d’en décider la restauration du mobilier, afin de lui redonner son lustre d’antan. La protection due à ce mobilier classé, d’une grande fragilité, et le coût de la restauration entreprise entraîneront cependant, dès cette année, des restrictions, bien compréhensibles, quant à l’usage de cette salle à des fins que l’on pouvait qualifier de plus festives.
Rendre une part de solennité à ces lieux, notamment lors des visites par le public et la population scolaire, contribuera à l’éducation citoyenne et à la restauration de l’image de l’institution et des autorités qui y siègent.
Car si cette vénérable institution vit depuis 170 ans, depuis de nombreuses années aussi son utilité, ses compétences, son fonctionnement et ses mandataires sont régulièrement remis en cause.
Toutes les critiques et tous les changements imposés par les innombrables modifications légales - pas loin d’une centaine depuis 1836 - n’ont cependant jamais eu raison des provinces qui, par leur complémentarité avec les autres pouvoirs, rencontrent chacune à leur façon les besoins spécifiques d’une population.
2006 sera à nouveau pour l’institution provinciale une année de mutations, les dernières d’entre elles étant consacrées par le décret du 8 décembre 2005 modifiant les dispositions du Code de la démocratie locale et de la décentralisation. Ce nouveau Code a notamment intégré les dispositions de la loi provinciale, laquelle était devenue entre temps le décret du 12 février 2004 organisant les provinces wallonnes à la suite de la régionalisation de cette matière.
La plupart de ces modifications entreront en vigueur le 20 octobre soit à l’occasion du prochain renouvellement des conseils et collèges provinciaux.
Collège provincial sera en effet la nouvelle appellation consacrée de la Députation permanente dont les membres seront désormais Députés provinciaux, perdant ainsi ce qualificatif de permanent dont la signification n’était plus depuis longtemps qu’historique.
Ce collège, s’il s’était déjà adjoint une greffière, va maintenant devoir compter au moins une députée provinciale. Pour le Collège provincial liégeois ce sera là une première. En effet, Messieurs les Députés, vos collègues des autres provinces wallonnes comptent tous ou ont déjà compté dans leurs rangs des députées. Oserais-je dire que, pour une fois, les liégeois sont en retard.
La présidence du nouveau Collège provincial, constitué sur base d’un pacte de majorité, sera aussi pour la première fois attribuée à l’un de ses membres élus. Si cette règle existait déjà lorsqu’il s’agissait de suppléer le Gouverneur empêché, elle aura dorénavant valeur de principe et non plus d’exception. Il s’agit là de la dernière étape d’un processus législatif aboutissant à mettre un terme à cette anomalie institutionnelle qui consistait à confier la présidence de la Députation permanente au représentant du pouvoir fédéral ou régional qu’est le gouverneur. »
Cette législature sera aussi celle des déclarations de mandats. Comment aborder ce sujet aussi sensible sans ouvrir la polémique et, rassurez-vous, telle n’est pas mon intention. Je voudrais simplement faire le constat que, ayant épuisé les attaques contre l’institution provinciale, certains ont mené campagne contre ses mandataires. Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur la situation des uns et des autres, pas plus que de critiquer les intentions des législateurs fédéral et régional, mais permettez-moi quand même de m’étonner que l’on puisse en arriver à exiger de nos députés pas moins de trois déclarations de mandats, dont deux destinées au Gouvernement wallon et une troisième recueillie par la Cour des Comptes, sans compter que d’aucuns pourraient s’en voir réclamer une quatrième par le parti politique auquel ils appartiennent.
Si la plus grande vigilance s’impose pour assurer le maintien de la démocratie et éviter les abus qui peuvent la mettre en péril, cela n’est cependant pas une raison suffisante pour jeter la suspicion sur l’ensemble des mandataires provinciaux.
La démocratie représentative qui est le fondement de notre société doit reposer sur une relation de confiance entre les citoyens et les mandataires qu’ils ont élus et il me paraît dangereux d’ébranler trop fortement cette confiance, sous peine de voir des partis extrémistes continuer à gagner du terrain et siéger à nouveau dans des assemblées telles que le conseil provincial.
Aussi, au nom de l’administration que je représente, je souhaite dire à nos députés permanents que sans leur politique dynamique, leur présence dans un certain nombres d’instance, leur investissement personnel de toute heure, la Province ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui et ne saurait mener à bien toutes les missions et projets d’intérêt public qui sont les siens.
Après ces considérations relatives à nos instances dirigeantes directement visées par les récentes modifications légales, je voudrais évoquer deux sujets qui bien que nous touchant tous concernent aussi plus particulièrement les agents de nos administrations".

Evocation de l’interdiction du tabac et autres abus

Marianne Lonhay évoqua alors la nouvelle loi sur l’interdiction du tabac dans les lieux de travail ainsi que d’autres abus constaté sur les lieux de travail. Elle commentera notamment : «L’arrêté du 19 janvier 2005 relatif à la protection des travailleurs contre la fumée de tabac est en effet entré en vigueur ce 1er janvier 2006 impliquant, dès cette date, l’interdiction du tabac sur les lieux de travail.
Est-il besoin de vous dire le contentement des non-fumeurs, dont je suis, face à de telles dispositions qui leurs donnent maintenant le droit de disposer d’espaces de travail et d’équipements sociaux exempts de fumée et ce, sans être qualifiés d’intolérants ou de grognons ?
Cette satisfaction est d’autant plus grande qu’est aussi entré en vigueur à la même date l’arrêté royal du 13 décembre 2005 portant interdiction de fumer dans les lieux publics.
Si cela fait le bonheur d’un grand nombre, je n’ignore pas que cette situation est par ailleurs source de difficultés pour les accrocs de la cigarette. L’année 2005 a été une période de transition que certains ont mise à profit pour diminuer leur consommation ; d’autres ont même totalement arrêté de fumer. Je les en félicite. D’autres ont attendu l’échéance du 31 décembre 2005 pour prendre de bonnes résolutions et s’y tiennent ; je les encourage à tenir bon et à avoir recours à toutes les aides et conseils qui peuvent leurs être dispensés, les services provinciaux de la santé étant à leur disposition pour ce faire. D’autres enfin sont des irréductibles qui ne veulent rien entendre. S’ils ne peuvent se départir de cette habitude, rien ne pourra les y contraindre, mais je tiens à leur signaler que le respect de l’interdiction de fumer sur les lieux de travail est maintenant devenu un devoir dont l’irrespect est passible de sanctions. Je leur recommande en outre de limiter, autant que possible, les sorties car il est peu flatteur pour l’image de la Province de voir ses agents arpenter le trottoir face à leur administration, une cigarette à la bouche.
Si savoir-vivre rimait jusqu’il y a peu avec tolérance de la fumée, savoir-vivre rime maintenant avec respect du non-fumeur. C’est un grand pas qui vient d’être franchi en termes de santé publique et de respect d’autrui.
Je me dois aussi d’aborder ici un deuxième sujet en raison des abus qui sont constatés : c’est celui de l’usage des outils de travail que sont nos ordinateurs, téléphones et GSM. Jusqu’il y a peu, j’étais encore, naïvement peut-être, convaincue que l’usage abusif de ces outils de communication allait diminuer, un peu comme lorsqu’un enfant se désintéresse d’un nouveau jouet.
Si cela a été vrai pour la majorité des agents, c’est cependant comme pour la cigarette, il y a des accrocs du système pour qui le travail pourrait finir par être la tâche tout à fait accessoire de la journée. Ils ne sont pas légion, mais trop nombreux quand même.
Sans en arriver là, il y a aussi tous ceux et celles qui pensent qu’un SMS, un petit message humoristique, pour ne pas dire plus, ou quelques photos, pour agrémenter la journée, ne peuvent faire de mal à personne. C’est cependant méconnaître les dangers des nouvelles technologies.
L’accumulation de ces pratiques n’est cependant pas sans incidence. Outre un accroissement du coût de la téléphonie pour ce qui est de la téléphonie interne ou des GSM, notre système informatique, conçu sur base d’un intranet, se trouve surchargé au point d’en mettre en péril le bon fonctionnement. Une réduction de l’accès à Internet tendant à réduire l’entrée dans le système provincial des virus et messages incongrus n’a pas suffi pour remédier à la situation; une limitation des transmissions de fichiers attachés reposant sur la nécessité d’alléger la masse d’informations contenues dans le système, sachant qu’une grande quantité d’entre elles étaient également étrangères au travail, ne suffit cependant non plus et ne manque de surcroît pas de mécontenter."

"Avant de penser, comme l’ont fait bon nombre de sociétés privées victimes de tels abus et difficultés, à mettre en œuvre des solutions plus draconiennes encore, telle la suppression de l’accès à Internet ou de la possibilité d’envoyer des fichiers attachés, la Députation permanente arrêtera prochainement les principes d’une charte de l’utilisateur de ces moyens de communication. Celle-ci aura valeur d’ordre de service et son respect constituera un devoir pour les agents provinciaux que j’appelle déjà à un grand sens des responsabilités, du moins ceux qui n’auraient pas encore assimilé la signification de la notion d’outil de travail.
Les responsables des services sont par ailleurs invités à faire preuve de plus de vigilance à l’égard des comportements abusifs de leurs agents et à apprécier, s’il le faut la suite disciplinaire à y réserver.
Que les nouveaux agents que nous avons accueillis dans nos rangs en 2005 n’en déduisent pas que nous vivons à la province dans un état policier. On en est bien loin encore ; il s’agit seulement de rappeler des devoirs bien élémentaires. »
Et après avoir abordé la partie concernant les remises de décorations, la greffière provinciale termina (sans chanter) par quelques strophes de la chanson de Sinsemilia : «Tout le bonheur du monde »

Légende des photos de haut en bas:

- Marianne Lonhay pendant son allocution
- Les décorés de l'annnée (presque tous des enseignants provinciaux), le gouverneur, la greffière provinciale et la députation permanente.





Ga. L