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En Ville

Mis en ligne le 19/12/2005

Non ! Liège n’est pas une ville dangereuse !

La Commission européenne voudrait ternir l’image de la Cité ardente qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
En effet, le jeudi 8 décembre dernier, à grand renfort de publicité Mme Danuta Hubner, commissaire au développement régional de la Communauté européenne inaugurait le site Internet «Urban audit » et présentait le résultat d’un audit sur la qualité de vie dans 258 villes d’Europe en se basant sur des chiffres de 2001.
Le même jour, à 17h10, une dépêche de l’agence Belga communiquait, de manière succincte certains chiffres relatifs à l’insécurité de plusieurs villes européenne en intitulant l’article : « Liège connaît le taux de criminalité la plus élevé d’Europe (audit). Une dépêche qui était évidemment reprise par certains médias avec les conséquences qu’on peut imaginer pour l’image de la Cité ardente.
Cette information, on s’en doute, n’est évidemment pas prendre en considération et Liège n’est pas, mais absolument pas, la ville la plus « criminelle », ni la plus dangereuse d’Europe ».
D’ailleurs «Proxi-Liège » s’est bien gardé de reprendre cette information.
En effet, ayant pratiqué le journalisme judiciaire et de faits-divers à Liège et dans la région pendant 23 ans, connaissant très bien le sujet, je peux vous dire, avant d’autres qui se chargeront encore mieux que moi de vous convaincre, que Liège n’est pas « Chicago sur Meuse » et même s’il elle a connu, durant quelques années (dans les années 80) quelques moments difficiles, Liège n’a jamais été une des villes les moins sures d’Europe. Bien au contraire.
Par ailleurs, le taux actuel de la criminalité liégeoises est, et les derniers chiffres (fiables ceux-là de l'Observatoire de la criminalité) le confirment, sont toujours en baisse significatives comme ils le sont depuis 4 ans.

Réactions du bourgmestre et du commissaire en chef, appuyés par l’Université de Liège

Face à cette affaire, hautement préjudiciable pour la Ville, le bourgmestre Willy Demeyer, a pris quelques jours pour se retourner et peaufiner sa contre-attaque.
Non mais, va-t-on continuer longtemps à dire tout et n’importe quoi sur Liège, qu’une autre enquête européenne, avait déjà montré du doigt concernant le « sentiment d’insécurité » ?

C’est ainsi que ce jeudi 15 décembre était organisée une conférence de presse extraordinaire dans les locaux de l’hôtel de Police de Liège à laquelle participait (la photo) Willy Demeyer, entouré du commissaire en chef Christian Beaupère, du professeur André Lemaître, criminologue, chargé de cours à la faculté de droits de l’Université de Liège, de l’échevin Michel Firket (représentant le Collège échevinal) et de M. Alain De Paepe, commissaire divisionnaire, directeur du Plan Zonal de Sécurité.
D’entrée de jeux, le bourgmestre dira : « Face aux présentations de l’Europe et à l’utilisation pour le moins superficielle des données communiquées, la Ville de Liège, souhaite réagir fermement en mettant en lumière les éléments pertinents démontrant que la criminalité à Liège n’est pas celle que d’aucuns voudraient présenter ».
Pour le professeur Lemaître : « Ce ne sont pas les chiffres qu’il faut mettre en doute, mais la manière dont ils ont été interprétés et aussi la méthode qui été utilisée pour faire les comparaisons entre les villes. Parce que de la manière dont cela a été fait, c’est comme si l’on voulait comparer des pommes et des poires. »
Et d’expliquer simplement que selon les villes, les façons d’encoder les crimes ne correspondent pas du tout entre elles, que dans certains pays, certains crimes où délit ne sont encodés que s’il sont prouvés, comme par exemple un vol de voiture pour lequel on attendra le temps de voir si la voiture n’a pas été retrouvées…On sait aussi que dans certaines villes ou pays, l’on ne tient même pas compte de certaines plaintes, notamment en matière de coups sur la voie publique, de menaces voire d’extorsion, etc…
Bref, ce n’est pas difficile à comprendre, on a voulu vraiment comparer des choses qui ne le sont pas. Mais pour quelles raisons ? D’autant que l’étude européenne elle-même dans sa méthodologie, explique qu’il existe des variables qui ne permettent pas de comparer d’un pays à l’autre ou d’une ville à l’autre, certains crimes, comme l’expliquait le professeur Lemaître qui ajoute : ««qu'une ville sans policier a un taux de criminalité nul» et précise aussi : «Et si on a des chiffres forts complets de la criminalité à Liège, c’est justement parce que la Ville est vraiment très préoccupée par sa criminalité et que sa police fait le nécessaire… »
C’est d’autant plus vrai que Liège est doté, depuis plusieurs années déjà, d’un « Observatoire de la criminalité » qui donne encode le maximum de données permettant ainsi aux services de police de réagir quand il le faut en utilisant les méthodes appropriées par rapport aux chiffres fournis. Il faut aussi savoir que plusieurs campagnes d’information ont été organisées pour que les victimes de crimes ou de délits portent plainte plus souvent, car sans plainte, la police est évidemment dans l’ignorance la plus totale. Alors question : Liège serait-elle victime de la bonne organisation de sa police ? On peut se le demander, car en matière de statistiques policières, Liège est probablement à la pointe.
De son côté Willy Demeyer estime que la commissaire européenne a voulu se faire de la publicité avec ce grand coup médiatique. Et c’est la raison pour laquelle, parce que le préjudice subit peut être grave pour la renommée de la Ville, qu’il se réserve le droit de faire appel à un cabinet d’avocats liégeois pour interpeller la Commission européenne. Il prendra également contact avec l’agence Belga pour régler ce problème et qu’une information complète et correcte soit diffusée.
Par ailleurs, il a annoncé qu’il mettrait tout en œuvre pour que la Ville se dote de moyens qui lui permettront de réagir en temps réel pour éviter à l’avenir que de fausses rumeurs, nuisant à l’image de marque de la ville ne soient encore communiquées.

Les derniers chiffres : rassurants

Lors de cette conférence de presse, le commissaire divisionnaire Alain de Paepe en a profité pour présenter (même si elles s’arrêtent à octobre 2005), les dernières statistiques de la criminalité liégeoise.
Dans l’ensemble les chiffres sont toujours en vert et l’on peut dire que la criminalité générale poursuit la baisse que l’on connaît depuis 2001. Quelques chiffres le vandalisme : - 12 % par rapport à 2004 alors que l’an dernier ces même faits étaient en hausse de 13 % par rapport à 2003.
Les faits de mœurs ont diminué de 19 % par rapport à l’an dernier tandis que les faits dénommés « atteinte à l’intégrité physique » (scènes de coups, violences conjugales) sont en augmentation de 4% ; Pourquoi ? Simplement parce que, suite aux campagnes menées dans ce domaine, il y a plus de plaintes et aussi parce que le Parquet de Liège applique pour ces faits une « tolérance 0 ».
Du côté des vols simples, la chute se poursuit avec une baisse de 6 % alors que l’an dernier on avait déjà constaté une diminution de 12 %. Même baisse en ce qui concerne les vols à main armée – 12 %, baisse également de 20 % pour les cambriolages, - 26 % pour les vols de voitures, - 16 % en ce qui concerne l’activité déclarée chez les pickpockets et – 23 % pour les vols de cas. Ces chiffres sont évidemment à comparer avec ceux de fin octobre de l’an dernier. Nous, nous restons comparables.
Un petit point noir tout de même, on assiste à une recrudescence de vols dans les véhicules (+ 13 %) des faits commis généralement par des toxicomanes cherchant n’importe quoi à revendre pour se procurer de la drogue. Les butins sont généralement constitués maintenant de GPS (ils sont fort à la mode) mais également de téléphones ou d’ordinateurs portables que l’on oublie dans le véhicule et à la vue de tous. Les « vols à l’étalage » sont eux aussi en augmentation + 24 %, mais si à Liège, ces délits sont comptabilisés, nous doutons forts qu’ils le soient dans toutes les autres villes que l’on voulu comparer avec Liège.
Par ailleurs, pour 2006, différents nouveaux plans d’action sont déjà prévus et qui concernent pratiquement tous les types de criminalité. Alors toujours sceptique ?





Gaston LECOCQ