• Visiteur(s) en ligne : 3
  • |
  • Visiteurs total : 3136643

Musique

Mis en ligne le 15/12/2005

Vu pour vous : la reprise de "Titanic" à l' O.R.W

« Bis repetita placent ». A en croire le poète latin Horace, « les choses redemandées plaisent ».
Dès lors, ce vendredi 16 décembre 2005 – comme le 15 décembre 2000 - l’Opéra Royal de Wallonie reprend, pour une dizaine de représentations, la version française, qu’il a créée à Liège, du grand musical en deux actes : le « Titanic » , spectacle des américains Maury Yeston (musique et lyrics) et Peter Stone (livret), produit à Broadway au printemps 1997 et adapté en français par Stéphane Laporte (lyrics) et le directeur général de l’O.R.W. Jean-Louis Grinda (qui a ré-écrit le livret avec son complice Laporte et assumé la mise en scène avec Claire Servais, la chorégraphie étant signée Barry Collins, les décors Eric Chevalier, les costumes Michel Fresnay et la mise en lumières Jacques Chatelet, Bruno Membrey assurant la direction musicale avec comme konzertmeister Jean-Gabriel Raelet, comme chef des chœurs Edouard Rasquin et comme chargé des études musicales Jean-Claude Hecht et Véronique Tollet).

Du super-Broadway !

Nous vous confirmons que ce n’est nullement du « sous-Broadway » : c’est plutôt du « super-Broadway » . En plus des musiciens de l’Orchestre de l’O.R.W., nous avons dénombré une trentaine de solistes talentueux, trois douzaines de choristes qui jouent vraiment et ne se contentent pas de bien chanter et une dizaine de figurants (soit, sur scène, quelque 75 personnes) et, en coulisses, outre les régisseurs, une vingtaine de machinistes, huit habilleuses, six coiffeuses et quatre personnes à la sono (pour les chanteurs qui, dans un « musical », sont, contrairement à ce qui se fait lors des opéras, tous « sonorisés » par de petits micros). Le pont du bateau culmine à douze mètres au dessus du socle (appelé « semelle ») du décor , la scène ayant été rehaussée pour la solidifier et permettre la mise en place d’une machinerie qui comporte rails et poutrelles métalliques car, en plus de ses avancées et de ses reculs, ce décor doit aussi pouvoir se soulever de cent vingt centimètres côté jardin afin de faire « couler » le paquebot.
Quant au contenu de cette oeuvre en deux actes, c’est du grand spectacle, typiquement « à la sauce américaine ».

Ainsi au final, bateau, équipage et passagers renaissent des flots ou des canots de sauvetage, pour chanter ensemble l’espoir.
Et l’implicite dénonciation du système capitaliste lui-même s’avère d’une rafraîchissante naïveté, par exemple lors de question – réponses qui pourraient se formuler comme suit :
- pourquoi une route maritime nordique dangereuse au début du printemps (vu la présence d’icebergs) a-t-elle été choisie et pourquoi foncer le plus rapidement possible sur une telle route? pour tenter de battre des records de vitesse en sacrifiant la sécurité à la publicité mère du profit
- pourquoi 50% des canots de sauvetage nécessaires manquaient-ils et pourquoi les caissons étanches n’étaient-ils pas assez hauts ? parce qu’il aurait fallu, dans le cas contraire, sacrifier une partie de cet espace le plus rentable réservé aux passagers de première classe
- pourquoi femmes et enfants du pont de troisième classe ainsi que soutiers et femmes de chambre furent-ils délaissés au profit de personnages comme le directeur de la compagnie maritime ? parce qu’il est, en ce bas monde, naturel de ne pas traiter de la même manière gens à privilégier et gens à exploiter.
Tout cela n’empêche nullement d’apprécier pleinement la haute qualité très professionnelle d’un méga-spectacle fort divertissant . Il est normal que ce musical , qui mélange scènes joyeuses et dramatiques, ait remporté un énorme succès avant même le triomphe sur les grands écrans de la reconstitution cinématographique signée par le metteur en scène Cameron. Une telle production de l’O.R.W,. qui a bénéficié de la coopération provençale de l’Opéra Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse, montre la multiplicité des facette de capacités de notre scène lyrique car réaliser, comme en ce début de saison, un parcours qui mène de l’intégrale du Ring de Wagner à ce musical en passant par un excellent Verdi, sans oublier les salles combles de jeunes admiratifs de « Max et les Maximonstres », voilà qui n’est pas donné à réussir par n’importe quelle maison d’opéra.

Pourquoi pas le 31 Décembre ?

Si, comme moi, vous aviez déjà vu cette super-production festive, c’est avec plaisir que vous la reverrez (ainsi que je l’ai fait lors de la Générale offerte ce mercredi soir 14 décembre au Fonds Léon Frédéricq de promotion des recherches médicales au C.H.U. du Sart-Tilman). Si vous ne l’avez pas encore découverte, c’est un excellent spectacle à offrir, à vos proches et à vous-même, en cette période de fin d’année. Rappelons donc que « Titanic » est à l’affiche, en décembre 2005, au Théâtre Royal de Liège, les vendredi 16, samedi 17, mardi 20, jeudi 22, jeudi 29 et vendredi 30 à 20 heures, le dimanche 18 à 15 heures et le samedi 31 à 20 heures 30’ avec champagne à l’entracte et final aux douze coups de minuit. Le samedi 7 janvier à 20 heures et le lendemain à 16 heures c’est au Palais des Beaux-Arts de Charleroi que sera présenté cette réalisation exceptionnelle.
A Liège, le prix des places varie jusqu’au 30 décembre de cinq à trente-cinq euros (avec réduction de 50% pour les moins de 15 ans accompagnant leurs parents aux mêmes places qu’eux). Le samedi 31 décembre, champagne compris, les prix varient de dix à cinquante cinq euros. On peut même en outre réserver (tél. : 04 221 47 20), à cinquante euros le couvert boissons comprises, un repas de Réveillon de Nouvel-An à partager avant le spectacle. Si cela vous tente, pour votre Saint-Sylvestre, il reste encore quelques possibilités : ne traînez pas et adressez-vous au Théâtre Royal, du lundi au samedi de 11 à 18 heures ou au moment des spectacles (Tél. : 04 221 47 22).





Jean-Marie Roberti