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Expositions

Mis en ligne le 23/11/2019

CECI N’EST PAS UN CORPS : HYPERRÉALISME A LA BOVERIE


Déroutante, mystérieuse, curieuse, effrayante, joyeuse, morbide autant que vivante, sensuelle, émouvante et aussi interrogative, l’exposition : «Hyperrealism Sculpture. Ceci n’est pas un corps» se tient (depuis ce 22 novembre) jusqu’au 3 mai 2020 à La Boverie à Liège. Certain qu’on en reparlera en Cité ardente, nous l’avons vue pour vous. Mais on ne vous dira et on ne vous montrera pas tout.
Après avoir parcouru l’Europe et le monde, l’exposition « Hyperrealism Sculpture. Ceci n’est pas un corps arrive en Belgique. »

L’hyperréalisme et après ?



La notion d’hyperréalisme apparaît dans les années 1960/1970 en sculpture. Comme son nom l’indique, elle cherche à imiter les formes et les textures du corps humain afin d’en offrir une illusion parfaite, donnant le sentiment de se trouver face à une réplique exacte de la réalité. Ce mouvement émerge d’abord aux États-Unis, où des artistes tels que Duane Hanson, John DeAndrea et George Segal se tournent vers une représentation réaliste du corps par le modelage, le moulage et l’application polychrome de peinture à la surface de leurs sculptures. Les générations suivantes d’artistes tels que Maurizio Cattelan, Ron Mueck, Sam Jinks ou la Belge Berlinde De Bruyckere vont poursuivre dans cette voie tout en développant leur propre langage.

Mais après cette perfection que nous avons pu vérifier in situ, après ce travail d’orfèvre à faire pâlir des Rodin, Duchamp voire Dali et bien d’autres, que trouveront les artistes à nous faire découvrir ? Peut-être qu’en sollicitant l’IA et autres algorithmes…

44 œuvres et 6 sections et une surprise…

« Ceci n’est pas un corps » : emprunté à la trahison des images de Magritte, le titre de l’exposition exprime bien l’idée que plus on cherche à se saisir du réel, plus il s’éloigne.


En 44 œuvres, 6 sections et une ligne du temps reprenant les nombreuses formes de représentation du corps dans l’histoire de l’art, elle présente le vaste champ des possibles exploré par les artistes hyperréalistes.
Chaque section s’articule autour d’un concept formel fournissant les clés de compréhension nécessaires pour appréhender les œuvres, dont le nombre a été augmenté pour l’occasion.
La sélection proposée, présentant des œuvres phares de Duane Hanson, Paul McCarthy, Ron Mueck, Patricia Piccinini et se clôturant par le buste de Warhol par KazuhiroTsuji (Oscar du meilleur maquillage et coiffure pour son masque de Winston Churchill dans le film DarkestHour), offre un aperçu condensé du mouvement hyperréaliste et révèle à quel point la représentation de l’humain a toujours été sujette à évolution.
Comme tout grand art, l’hyperréalisme nous tend un miroir dans lequel se reflète notre époque tourmentée. C’est inattendu, saisissant, parfois angoissant, souvent amusant et toujours passionnant.
La dernière section, spécialement ajoutée pour La Boverie et intitulée « Frontières mouvantes », aborde le présent et le futur de l’hyperréalisme par l’influence des outils numériques tels qu’internet, smartphones et tablettes.


Outre une surprise de taille (on n’en dira pas plus mais cherchez après un accidenté sur sa chaise roulante), le visiteur pourra également découvrir la manière dont travaillent les artistes, grâce à plusieurs espaces où sont présentées des interviews et des vidéos les montrant à l’œuvre.

Collaboration

Coproduite par l’agence Tempora, The Institute for Cultural Exchange (IKA), la Ville de Liège et l’association Demeter, l’exposition « Hyperrealism Sculpture » a été auparavant présentée au Musée des Beaux-Arts de Bilbao (Espagne), au Musée d’Art Contemporain de Monterrey (Mexique), à la National Gallery de Canberra (Australie) et à la Kunsthal de Rotterdam.
Tempora, agence belge spécialisée dans la conception, réalisation et gestion d’expositions, n’en est pas à son coup d’essai à La Boverie. En 2016, l’agence avait produit, en partenariat avec Anne Sinclair, l’exposition 21 rue La Boétie, et prépare actuellement «Warhol, the American Dream Factory», qui s’y installera dans un an.

Les sculpteurs :

DUANE HANSON, JOHN DEANDREA, GEORGE SEGAL, RON MUECK, BERLINDE DE BRUYCKERE, MAURIZIO CATTELAN, PAUL MCCARTHY, KAZU HIRO, PATRICIA PICCININI, SAM JINKS, CAROLE A. FEUERMAN, MARC SIJAN, DANIEL FIRMAN, ERWIN WURM, FABIEN MÉRELLE, ANNA UDDENBERG, MATHILDE TER HEIJNE, ALLEN JONES, PETER LAND, TONY MATELLI, ZHARKO BASHESKI, EVAN PENNY, THOM PUCKEY, JAMIE SALMON, SANTISSIMI, TOM KUEBLER, MEL RAMOS, GLASER/KUNZ, XAVIER VEILHAN, BRIAN BOOTH CRAIG, ROBERT GRAHAM.

Infos pratiques:

Du 22 novembre 2019 au 3 mai 2020 Musée de La Boverie (Parc de la Boverie, 4020 Liège).
www.expo-corps.be


Les photos dans le texte de haut en bas :

- Deux photographies de sculptures ouvrent l’exposition ainsi qu’un texte explicatif et la liste des sculpteurs…
- Josh 2010 -Tony Matelli (silicone, acier, cheveux, uréthane, vêtements).
- Self strech 2012 - Evan Penny (silicone, pigment, cheveux et aluminium).
- Ordinary man 2009-2010 – Zharko Basheski (résine polyester, fibre de verre, silicone et chevex).
- General’s twin 209-2011 – Carole A. Feuerman ( peinture à l’huile sur résine).


Les autres photos ci-dessous :




- Girl with the red drape 1984 – John Deandra (fibre de verre, silicone, cheveux).


- Two wokers 1993 – Duane Hanson (bronze, peinture à l’huile polychrome, supports variés, accessoires).


- Gottlieb’s whishing well, 1963 (sculpture en plâtre et flipper).


- Neutra à cheval, (2012) - Xavier Veilhan (résine polyester, contreplaqué, acier inoxydable, peinture polyuréthane).


- Secretary, 1972 – Allen Jones (supports variés).


- Man in a sheet, 1997 – Ron Mueck (Silicone, fibre de verre, latex, polyuréthane, tissu).


- Cornered, 2011 – Marc Sijan (résine de polyester et peinture à l’huile).


- Jonathan,2009 – Glaser/Kunz (sculpture cinématographique, projection vidéo sur personnage, aluminium, chaise roulante, téléphone, journal, projecteur, lecteur, haut-parleur, boucle de 20mn sur un canal anglais).


- Chiquita banana, 2007 – Mel Ramos (résine synthétique poychrome).


- Andy Warhol, 2013 – Kazu Hiro (silicone durci au platine, cheveux, résine, plaque en chrome).


- Affiches annonçant l’expo Andy Warhol à la Boverie du 20 octobre 2020 au 28 février 2021.





Texte et photos (©) G.LECOCQ