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En Ville

Mis en ligne le 30/10/2018

Pas de fumée blanche à la Violette : le PTB sera dans l'opposition



Les négociations en vue de la formation d’une majorité communale à Liège entre le PS et le PTB se sont terminées ce mardi par un constat d'échec. Le bourgmestre Willy Demeyer a publié à ce sujet, un communiqué très circonstancié qui explique pourquoi et comment les négociateurs ont dû se quitter sans accord.
Le bourgmestre reprendra rapidement des négociations avec les 5 autres familles politiques ayant obtenu des sièges de conseillers communaux. La décision finale devra de toute façon être connue pour le 12 novembre prochain. Le PTB a également publié un communiqué (ci-dessous) avec ses positions.

Le communiqué final

PS et PTB convergent sur un certain nombre d’objectifs à atteindre, mais les propositions du PTB manquent de précision et risquent de provoquer un grave déséquilibre du budget communal et un retour à la spirale de l’endettement.

Historique des négociations

Au lendemain des élections communales, le Parti socialiste, premier Parti de la Ville de Liège, a pris l’initiative d’inviter les différentes listes pour négocier un programme de majorité.
Le PTB, qui a vu son résultat progresser de manière importante, a répondu favorablement à l’invitation de Willy Demeyer et une première rencontre a eu lieu le mardi 16 octobre.

Au cours de celle-ci, la délégation du PTB a formulé ses priorités, dans l’ordre suivant : réduire par 2 le salaire du Bourgmestre, construire des logements sociaux pour atteindre le taux de 10% de l’ensemble du parc immobilier, renégocier le contrat de l’Eco quartier de Coronmeuse pour y imposer 30% de logements sociaux, établir une grille des loyers contraignante au niveau communal, instaurer un bureau de la transparence et de l’éthique, préserver les espaces verts et instaurer des bus gratuits.

La délégation du Parti socialiste a dit partager les grands objectifs du PTB et a clairement affirmé sa volonté de mener, avec un nouveau partenaire, des politiques encore plus ambitieuses dans le domaine social, au profit du plus grand nombre.
C’est pourquoi, au terme d’une réunion de plus de deux heures, les 2 formations ont décidé de se revoir le jeudi 24 octobre.

Préalablement à cette deuxième rencontre, le PS a envoyé au PTB une série de questions sur les modalités de mise en œuvre et de financement de ses propositions afin d’aller au-delà des slogans, comme le réclame la gestion d’une ville de 200.000 habitants.

Pourquoi cela ne marchera pas

Si les réunions se sont menées dans un bon climat et dans le respect mutuel, le PS constate que le PTB n’a pas été en mesure de démontrer ni la faisabilité ni le financement de ses propositions. Ses solutions étant le recours à l’endettement, la taxation massive et l’insurrection vis-à-vis des autres niveaux de pouvoir :

• En ce qui concerne le financement de la construction de 4.000 logements publics, dont le cout net (déduction faite des loyers) est estimé à 377 millions € en 20 ans (soit en moyenne 19 millions € par an là où le budget d’investissement de la ville, du cpas et de la police est de 25 millions €) le PTB propose de recourir à un endettement massif de la Ville de Liège via un dépassement des limites d’emprunt.
Une telle décision serait extrêmement dangereuse et pourrait conduire à des licenciements massifs, comme dans la période sombre des années 1980.

• En ce qui concerne la renégociation du contrat de l’Ecoquartier de Coronmeuse, le PTB n’a pas amené de piste juridiquement étayée pour rouvrir un dossier qui est arrivé à son terme suite à une procédure de marché public.

• En ce qui concerne le bureau d’éthique et de transparence, le PTB n’a pas démontré en quoi celui-ci pourrait être plus efficace que les moyens et les procédures actuellement mis en place au sein de la justice et au niveau de la Ville (une note explicative sur le contrôle des marchés publics a été remise au PTB).

• En ce qui concerne la grille des loyers, le PTB a reconnu ne pas avoir de piste pour la rendre contraignante au niveau communal. Nous nous sommes néanmoins accordés sur la possibilité de rendre plus visible la grille indicative qui existe déjà au niveau wallon.


• En ce qui concerne les espaces verts, la délégation socialiste a rappelé son intention de créer un parc à moins de 10 minutes à pied pour chaque Liégeois (plan entamé par l’acquisition dans le Longdoz). Nous avons également souligné qu’il n’était absolument pas question de privatiser des espaces verts (le site de la Chartreuse appartient déjà à un propriétaire privé et nous avons confirmé que, quoi qu’il arrive en termes d’investissement, une accessibilité publique serait garantie).


• En ce qui concerne la gratuité des transports en commun, le PTB a admis qu’une telle mesure ne pouvait s’organiser au niveau communal mais devait être portée au niveau de l’arrondissement, étant donné qu’il ne peut être admis de faire peser le cout de cette mesure qui profiterait à tous les usagers du TEC Liège Verviers (44 millions €) par les seuls citoyens de la ville de Liège.


• En ce qui concerne les pistes de recette, les propositions formulées par le PTB risqueraient soit d’être annulées par la tutelle car explosant les taux recommandés (par exemple en voulant tripler la taxe sur les parkings pour la porter à 365 € par place là où le taux recommandé par la Région et appliqué à Liège est de 100 €), soit risqueraient d’avoir l’effet inverse à celui escompté en provoquant le départ massif d’emplois vers d’autres communes.

• Le PTB n’a donc pu démonter le financement de ses mesures.
C’est la raison pour laquelle, au terme d’une troisième réunion qui s’est tenue ce mardi 30 octobre, la délégation PS constate que le PTB n’a pas fait preuve de la précision nécessaire au pilotage de la Métropole wallonne. Le PTB n’a finalement pas quitté sa posture de campagne électorale pour adopter une attitude responsable et se présenter en partenaire solide au sein du Collège communal.

Le PS n’entend pas faire courir le risque de la spirale de l’endettement ni de la surtaxation massive des Liégeoises et des Liégeois.


Néanmoins, en tant que force politique de gauche, le PS entend bien faire figurer dans l’accord de majorité des propositions de son programme qui ont été discutées avec le PTB, notamment en matière de fiscalité sur les logements inoccupés, en matière d’imposition d’un pourcentage de logements accessibles dans les futurs projets immobiliers de grande ampleur, ou encore en matière d’exigences vis-à-vis de l’OTW (opérateur de transport de Wallonie) quant à l’offre de bus, sa qualité et ses tarifs.

Le PS poursuivra donc les négociations avec les 5 autres groupes politiques afin de déposer un pacte de majorité le 12 novembre prochain.

Réaction du PTB à la rupture unilatérale par le PS des négociations avec le PTB à Liège

Convoqué à une dernière réunion ce mardi 30 octobre, le PTB a pris acte de la rupture unilatérale par le PS des négociations en vue de former une majorité à la Ville de Liège. Le PTB regrette que les échanges constructifs n’aient pas abouti à un accord de majorité. À l’issue de nos deux réunions de négociations, nous avions acté quelques divergences, mais aussi un certain nombre de convergences. Le PTB est venu avec un cahier de revendications de 9 propositions concrètes et un plan fiscal alternatif et n’est donc pas venu avec 100 % de son programme.
La division du salaire du bourgmestre ne figurait d’ailleurs pas en tête de ces revendications. Les priorités du PTB avaient pour but de rompre avec les politiques du passé qui ne répondaient pas aux urgences sociales, environnementales, éthiques et démocratiques. Ce signal n’a malheureusement pas été entendu.
Lors de la première rencontre, le PTB a avancé neuf propositions concrètes issues de son programme électoral. Les neuf exigences sont diverses, variées et dans cet ordre : l’imposition de 30 % de logements sociaux dans les grands projets immobiliers privés, l’augmentation significative de la taxe sur les logements vides et la réquisition « douce » dès la 3e année d’inoccupation, une grille locative contraignante, la construction de 3000 logements sociaux nouveaux dans les 6 ans, l’augmentation de la dotation du CPAS, revenir sur les mesures de réduction du personnel des six dernières années, l’instauration progressive de la gratuité des transports en commun, la division du salaire du bourgmestre par deux et la mise en place d’un bureau de la transparence et de l’éthique.
Ces neuf premières propositions se clôturaient avec un point financier pour opérer un glissement fiscal vers les grandes entreprises et non sur le dos des citoyens.

Le PS a accueilli ces propositions avec frilosité en insistant à plusieurs reprises sur sa volonté de s’inscrire dans la continuité des politiques menées ces dernières années. Vu la diminution de 18 % du nombre de logements sociaux et la diminution de 19 % du nombre d’agents communaux ces 12 dernières années, le PTB ne pouvait et ne peut toujours pas s’inscrire dans cette continuité.
Le PTB a insisté sur le caractère urgent de construire du nouveau logement social et public notamment en poussant les balises d’emprunt autorisées par la tutelle wallonne à leur maximum (160€/an/habitant). Ces balises viennent d’augmenter dans la dernière circulaire de la ministre des Pouvoirs Locaux, Valérie De Bue. Une réelle marge d’investissement existait donc dans le cadre très restrictif imposé par la tutelle wallonne.

Le PTB regrette que le PS n’ait pas souhaité étudier de plus près ces pistes. Le PS liégeois a confirmé qu’il s’est lui-même limité ces six dernières années à une balise d’emprunt de 125€/an/habitant alors que la tutelle wallonne autorisait déjà 150€/an/habitant durant la précédente législature. Nous étions donc bien loi au retour aux années 80 annoncé par le PS dans son communiqué.

Le PTB avait aussi proposé d’activer les fonds publics de pension d’Ogeo Fund pour soutenir la construction de logements sociaux et publics à Liège. Ici aussi, le « réalisme » du PS s’est exprimé dans ces termes « Le logement social n’est pas assez rentable pour ces fonds » et ce alors qu’il s’agit de pensions du secteur public.

Sur des mesures symboliques qui ne coûtaient rien financièrement, le PTB a aussi reçu une fin de non-recevoir pour l’abrogation du règlement anti-mendicité qui continue de susciter l’indignation de nombreux Liégeois. Ou comme la revendication des 30 % de logements sociaux dans les grands projets immobiliers comme l'éco-quartier de Coronmeuse.

Enfin, en termes éthiques, soulignons que la proposition de bureau d’éthique et de la transparence du PTB a suscité une forte méfiance de la part du PS avec des comparaisons douteuses avec les délations dans les années 40. Dans la ville où le scandale Publifin a éclaté, le PTB s’attendait à une autre attitude sur ces questions éthiques et démocratiques.

Plus globalement, le PTB s'étonne de l'énergie mise par le PS a démontrer qu'il n'y a aucune alternative à sa politique passée et présente. "There is NO Alternative", le fameux TINA est visiblement devenu le crédo du PS liégeois et le PTB le regrette. Le PTB continuera donc son combat dans l'opposition en mobilisant la population afin d'établir un rapport de force nécessaire à imposer une vraie politique sociale et écologique à Liège. Dont acte


A suivre….