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Médias

Mis en ligne le 31/05/2012

Marcie et André : MERCI pour tout !


Après 37 ans de bons, loyaux et impeccables services, Marcie et André Evrard, les gérants (plus que cela même) de la Maison de la Presse de Liège tirent leur révérence pour une retraite vraiment méritée.

C’est probablement avec un pincement au cœur que ce jeudi 31 mai 2012, Marcie et André Evrard, les gérants-concierges, fermeront, pour la dernière fois, les grilles de la cour de la magnifique Maison de la Presse de Liège qu’ils ont entretenue et chouchoutée pendant 37 ans. Un fameux bail, une fameuse histoire et combien de souvenirs qu’ils auront à cœur de raconter à leurs trois petits enfants dont ils vont pouvoir mieux s’occuper dans leur maison de Chevron.

Employés de la Ville de Liège au départ…

Marcie Bonivers et son époux André Evrard sont entrés au service de la Ville de Liège en 1970. Elle comme technicienne de surface, lui comme jardinier. En 1975, leur destin va véritablement basculer, dans la bonne direction. Cette année là, la Ville de Liège qui avait acquis dès 1970 l’ancien hôtel de Terwangne-Dehasse terminait de le restaurer pour en céder la gestion aux journalistes professionnels liégeois pour en faire leur «Maison de la Presse». C’est à Marcie que la Ville de Liège confia la conciergerie et l’entretien de la maison. Avec son époux, ils obtinrent un logement de fonction au 1er étage. Comme il y avait des plantations à y entretenir, mais aussi quelques travaux réguliers, André demanda à la Ville s’il pouvait aussi rester définitivement sur le site. Et c’est ainsi que tout commença ….

Après quelques semaines turbulentes et autres péripéties où, suite à une gestion farfelue des premiers journalistes gérants, le mobilier risquant d’être vendu pour cause de faillite, c’est le 12 mars 1981 que furent publiés les premiers statuts de l’ASBL Centre de Documentation et de Recherche de la Presse – CDRP- Maison de la Presse, dont votre serviteur fut le premier secrétaire avec Lily Portugaels comme présidente et feu Emile Bonmariage comme vice-président. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que les problèmes financiers furent résolus, suite à un plan de gestion strict et rigoureux. Mais pendant ces quelques semaines, André et Marcie se demandaient tous les jours s’ils n’allaient pas devoir être mutés dans d’autres services de la Ville. Mais comme la situation financière de la Maison de la Presse, première mouture, n’était en rien imputable à André et Marcie et qui, au contraire avaient déjà fait preuve de beaucoup de courage et de pugnacité dans la gestion de la maison, le conseil d’administration décida non seulement de les garder mais aussi de leur confier des tâches plus importantes.

Ville et Province à l’arrivée.

C’est ainsi que si Marcie continuait à entretenir la Maison pour lui donner le cachet qu’elle méritait, une de ses tâche était aussi d’aider son époux lors de l’organisation des conférences de presse et autres manifestations qui dès 1981 n’ont cessé de faire vivre la maison. André fut quant à lui chargé de l’administration : courrier, agenda, mais également la facturation et la comptabilité journalière, les commandes de boissons, café, etc…Et à l’époque il n’y avait pas d’ordinateur ni même de photocopieuse…
Aujourd’hui, si Marcie Bonivers est toujours employée de la Ville de Liège, André Evrard est devenu agent provincial suite à son changement de statut en 1990. Cette année là, de nombreuses Liégeoises et Liégeois s’en souviendront, la Ville de Liège devait faire face à de graves difficultés financières, tellement grave qu’il fallut mettre des centaines d’agents en disponibilité. Grâce au gouverneur Paul Bolland, la Province de Liège reprit une partie de la gestion de l’immeuble de la Maison de la Presse où elle installa notamment son service «Communication». André fut alors repris comme agent provincial. Mais à ce moment là, tous deux se demandaient vraiment comment allait se poursuivre leur carrière.

Un véritable sacerdoce

Il faut dire qu’ils n’ont jamais chômé aucun des deux parce que s’il y avait de plus en plus des conférences de presse, on y organisait aussi des réunions privées demandées par les «membres entreprises», mais également par des particuliers, des expositions, l’accueil pour les Journées du Patrimoine etc… des soirées pour les vœux de la presse ou autres barbecues de rentrées. Ces manifestations, qui demandait un travail toujours très physique, permettaient à la Maison de la Presse de boucler honorablement ses budgets et sans André et Marcie, tout cela n’aurait pas été possible.

Il est également bon de signaler qu’à tout cela, André et Marcie ont exercé, de la meilleure façon possible, leur rôle de père et mère en y élevant leurs deux enfants, Raphaël et Frédéric.
De par mes fonctions de secrétaire (non seulement de la Maison de la Presse, mais également de la section liégeoise de l’AJP), et également lors de nombreuses conférences de presse que j’ai suivies, j’ai côtoyé Marcie et André pratiquement pendant leurs 37 années au service de la Presse liégeoise. Pas une seule fois, pas un seul jour, je ne les ai vu de mauvaise humeur ou refusant quoi que ce soit. Chaque jour de la journée, mais également en soirée (ce qui était assez courant jusqu’à la fin des années 80 début des années 90), vous pouviez leur demander quelque chose. Chaque fois, ils se coupaient en quatre pour vous l’obtenir. Je n’oublierai jamais les soirées au cours desquelles ils m’ont aidé à coller des étiquettes sur des centaines d’enveloppes pour des invitations, des convocations et toujours de bonne humeur.
Il y a quelques jours, André me disait : «Je n’ai jamais eu qu’un seul désir, que tout le monde soit content de mon travail. Pour moi, le client est roi. Si on m’avait demandé de mettre des tables à l’envers pour une conférence de presse, je l’aurais fait sans problème… ».

Une vie remplie de rencontres et plus de 14000 conférences de presse.

En 37 ans, André aime à dire qu’il a eu une belle vie à la Maison de la Presse : « J’ai toujours aimé le contact avec les gens et Marcie et moi nous nous sommes toujours bien entendus pour partager le travail. Nous étions complémentaires. Et pour avoir rencontré tellement de gens et pas n’importe lesquels, André et Marcie en auront des choses à raconter s’ils ont l’occasion, en famille d’évoquer leurs souvenirs.

C’est ainsi qu’ils ont rendu possible l’organisation de plus de 14000 conférences de presse avec une moyenne de plus de 400 par an entre 1976 et 2006 et de 300 entre 2007 et 2011. Au cours de ces conférence de presse (ce mardi 29 juin avec les frères Taloche) ils ont fait la connaissance de nombreuses personnalités liégeoises et aussi internationales, des enseignants, des syndicalistes, des patrons de grosses et moyennes entreprises, des médecins, des organisateurs de spectacles (même de spectacle très osés), des comédiens, des artistes, chanteurs, danseurs, des «politiques» de pratiquement toutes les communes de la Province de Liège, mais aussi du pays, des ministres, députés, sénateurs ainsi que monsieur tout le monde souhaitant faire-part d’un problème via la presse…

Chaque personne était traitée de la même manière : discrétion et amabilité. Sur le plan liégeois, André et Marcie ont connu trois gouverneurs : Gilbert Mottard, Paul Bolland, Michel Foret ; six bourgmestres : Maurice Destenay, Charles Bailly, Edouard Close, Henri Schlitz, Jean-Maurice Dehousse et Willy Demeyer. Au niveau de la Maison de la Presse ils ont rendu service à 7 présidents : feu Robert Dewez, Lily Portugaels, feu Emile Bonmariage, Alain Braibant, Riccardo Guttierez, Eric Renette et Marc Gérardy.
André et Marcie ont également accueilli le Roi Beaudouin et l’ancien président français Jacques Chirac. Comme on le disait plus haut, une vie richement remplie, fait de hauts et de bas, de souvenir pénibles parfois et d’autres plus drôles.

Au revoir, à bientôt et MERCI !

Ce jeudi 31 mai, après une dernière conférence de presse où ils accueillait les ordres maçonniques du Grand Orient de France et du Grand Orient de Belgique, après avoir fermé une dernière fois les grilles de la Maison de la Presse de Liège, André et Marcie seront fêtés et remercié comme ils le méritent, par la Ville et la Province, lors d’une réception au Grand Curtius.
A André et Marcie, je tiens personnellement à leur dire une fois encore, merci pout tout et leur souhaiter la plus confortable et la plus longue retraite possible, au bord de la Lienne, dans leur maison de Chevron. Ils le méritent vraiment.

Gaston LECOCQ

Ce travail de mise en valeur de la Maison de la Presse (photo ci-dessous), c’est à André qu’on le devait…Joli non ?