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Théâtre

Mis en ligne le 26/04/2012

«Li Cayè d’Anne Franck»


L’adaptation wallonne du «Journal d’Anne Franck» par Paul Bolland interprétée les 5 et 13 mai pour les 125 ans de la «Ligne droite» à St Rémy (Blegny). Une œuvre forte et intense pour ne pas oublier…

C’est dans le cadre du 125ème anniversaire de la Ligne droite (voir Proxi-Liège du 9 février dernier) que la dramatique «La Saint-Rémoise» interprétera, dans une mise en scène de Pierre Habets, la pièce en trois actes de Paul Bolland (gouverneur honoraire) «Li Cayè d’Anne Franck».
Deux représentations sont programmées dans la salle « La Ligne droite » rue A. Lucas à Saint-Rémy (Blegny) le samedi 5 mai à 20 h et le dimanche 13 mai à 15 h.

Il s’agit de la transposition en wallon liégeois (une langue qui exprime si bien la sensibilité et la dramatisation de l’histoire) par Paul Bolland de la pièce de Goodrich et Hackett d’après la version française de Georges Neveux, «Le journal d’Anne Franck ». Il s’agit d’une œuvre forte et intense destinée à ne pas oublier ce qui a existé il y a moins d’un siècle.

Le Journal d’Anne Franck

Ce livre que j’ai lu (merci René Klutz) à l’Athénée Saucy dans les années 60, a été vendu à plus de 25 millions d’exemplaires, traduit dans plus de 70 langues est classé à la 19ème place des 100 meilleurs livres du 20ème siècle. Plusieurs films, téléfilms, pièces de théâtre et opéras en ont été tirés.
C’est en juin1942 (il y aura bientôt 70 ans tout juste) qu’Anne Franck, alors âgée de 13 ans, entrepris d’écrire dans un cahier d’écolier, ses pensées, ses émotions, ses certitudes, sur un monde qui était en train de basculer dans une horreur qui n’avait jamais été atteinte auparavant.

C’est en 1933, pour échapper aux premières persécutions nazies qui font rage en Allemagne que la famille juive d’Anne Franck se réfugie chez des amis aux Pays-Bas. Mais le pays batave n’échappe pas à la conquête allemande et les Juifs y seront aussi arrêtés et déportés vers les camps d’extermination à partir de 1942. C’est à cette époque que la famille Franck (Otto le père ; Edith la maman ; Margot la sœur d’Anne et cette dernière) s’installe dans une cachette d’un appartement secret à Amsterdam. Ils y vivront près de 2 ans, se terrant comme des animaux pourchassés (ce qui est d’ailleurs le cas) jusqu’en août 1944 où ils seront arrêtés avec d’autres amis, suite à une dénonciation et déportés.
Edith, la mère d’Anne et Margot, tomba malade et mourut de faim et d'épuisement à l'infirmerie d'Auschwitz-Birkenau le 6 janvier 1945.
Margot et Anne, une ou deux semaines avant la libération du camp de Bergen-Belsen par les troupes britanniques en avril 1945, moururent toutes deux du typhus.
C’est en revenant à Amsterdam à la recherche des siens, qu’Otto Franck qui avait survécu à Auschwitz, récupéra, tout à fait par hasard, le « cahier d’Anne Franck » qu’une amie hollandaise avait récupéré. Un cahier qui se termine le 1er août 1944, juste quelques jours avant leur arrestation.
Otto Franck après avoir lu ce journal, en fut tellement ému et enthousiasmé par le caractère unique de l'œuvre de sa fille, qu’il décida, avec raison de le faire éditer. Le texte original en néerlandais fut publié en 1947. Le « Journal d’Anne Franck » est considéré comme l'un des piliers de la littérature de la Shoah .

Pour que les jeunes sachent…

« Le personnage d’Anne Franck – dans la simplicité tragique du drame qui l’a emporté et immortalisé – est devenu un des symboles d’une époque écrasée pat l’intolérance, le fanatisme, la barbarie… »
« La vigilance ne doit pas se relâcher pour que, plus jamais, la bête immonde ne trouve de ventre assez inhumain pour l’enfanter. »
Des paroles écrites en 1996 dans la préface des « Cayè d’Anne Franck » mais qui ont encore plus d’importances et doivent faire réfléchir en urgence après le score du Front National (18 %) à l’élection présidentielle française le 22 avril dernier.
Rappelons quand même que c’est le fondateur du Front National, J-M Le Pen qui déclara le 13 septembre 1987 au Grand Jury RTL-Le Monde, à propos des atrocités nazies «Je n'ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale».
Un discours qui sera réitéré en 1997 en Bavière en 2008 dans le magazine Bretons, puis en séance du Parlement européen le 25 mars 2009.

C’est un peu comme ça aussi qu’un certain Hitler arriva, démocratiquement élu, au pouvoir en Allemagne en 1932 pour très vite, interdire toute pratique démocratique avec les conséquences que l’on connait.

Outre les millions de morts civils et militaires sur les champs de bataille, on doit aussi à Hitler et à son idéologie (que certains rêvent de remettre au goût du jour) une dizaine de millions de morts dans des camps de concentration (esclaves) ou d’extermination. Notamment toutes celles et ceux qui n’avaient pas les même idées politiques que lui, mais aussi les homosexuels, les Tziganes et les Juifs.
Les Pays-Bas comptaient 140.000 Juifs avant guerre, 107.000 ont été déportés. 5.000 seulement sont rentrés en vie. L’Europe comptait onze millions de Juifs avant la guerre, six millions d’entre eux -parmi lesquels un million et demi d’enfants- ont été assassinés. Ce génocide, unique dans l’histoire de l’humanité, porte un nom: la Shoah qui en hébreu signifie «l’anéantissement».
Tout ça, les jeunes d’aujourd’hui qui feront et éliront les dirigeants politiques de demain doivent le savoir et ne pas oublier que l’histoire repasse souvent les mêmes plats…





GASTON LECOCQ