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Société

Mis en ligne le 13/10/2011

La phase à chaud d’Arcelor Mittal-Liège va être fermée


La nouvelle a été annoncée ce mercredi. Un séisme pour le bassin industriel liégeois et pour la région toute entière. Hier, l’Etat a sauvé des banques coupables. Aujourd’hui il doit sauver des travailleurs innocents.


C’est ce mercredi en fin d’après-midi que la direction européenne du groupe Arcelor Mittal annonçait aux organisations syndicales, la fermeture de la phase à chaud d'Arcelor Mittal Liège-Seraing et la mise en place de la procédure « Renault».
Et c’est à juste titre que cette nouvelle était accueillie avec colère, puis profonde tristesse et dégoût par les représentants des travailleurs qui n’ont pas hésité à qualifier les membres de la direction "d'hypocrites et de menteurs".
En effet, on se rappellera que la semaine dernière, une action syndicale dure avait été menée en front commun sur le site d’Arcelor Mittal de Liège pour la réintégration de 21 travailleurs. Ce licenciement avait d’ailleurs amené l’ensemble des travailleurs à se poser la question de savoir si ce licenciement ne préfigurait pas d’autres restructurations au sein de l’entreprise. Après une semaine de combat, la direction liégeoise de Mittal avait finalement réintégré les ouvriers licenciés et avait même, ce mardi, engagé de nouveaux travailleurs. La direction liégeoise (dire le contraire serait aller encore un peu plus loin dans le mensonge et la veulerie) qui savait que le coup de grâce serait donné ce mercredi avait ainsi voulu apaiser le conflit.
Comme le dira Francis Gomez, président de la FGTB-Métal :"C'est une véritable hypocrisie dans le chef de la direction. Ils savent depuis longtemps que l'outil est condamné et ils nous mènent en bateau. C'est scandaleux"
C’est d’autant plus scandaleux que le groupe Arcelor Mittal annonce un bénéfice net de plusieurs milliards de dollars pour cette année, qu’il a bénéficié d’intérêts notionnels, qu’il a bénéficié de quotas carbones (la plus grande escroquerie de ce début de siècle), etc., etc.…
C’est d’autant plus scandaleux que depuis 2008 les travailleurs d’Arcelor Mittal ont accepté depuis 2008 des mesures en matière de flexibilité, de transferts, de gels de salaires.
Selon la direction, la mesure de fermeture des outils concernerait quelques 350 travailleurs directs et 250 sous-traitants qui étaient indispensables au fonctionnement des outils. Mais comme le précise Francis Gomez : « Mais si l'on compte les emplois indirects, cela touchera plus de mille personnes".
La sidérurgie à froid ne serait, affirme-t-on chez Arcelor Mittal, pas concernée pour le moment. Mais on nous a déjà tellement menti. Il faut savoir qu’actuellement l’ensemble des sites liégeois d'Arcelor Mittal compte 3.000 travailleurs. Si tout devait fermer, ce sont plus de 10.000 personnes qui seraient touchées.
Les membres du gouvernement wallon qui en fin d’après-midi ont été informés des faits par Arcelor Mittal n’ont pas voulu réagir.

Et demain ?

Le 3 mars 2008 , comme tout le bassin industriel liégeois, nous nous étions réjouis de la remise en route du HF6 de Seraing, fermé depuis le 26 avril 2005. Un feu de paille qui a duré 3 ans…
Aujourd’hui, devant une telle situation, il faut en effet réagir vite. Très vite. Plus vite en tout cas que ce qui avait été fait entre 2003 (décision d’Arcelor de fermer l’outil) et 2008.
Et surtout, aussi vite que ce qui a été fait pour sauver Dexia la semaine dernière, mais aussi d’autres banques en 2008. Si le gouvernement a réussi à sauver les banques, il n’y a pas de raison pour qu’il ne sauve pas l’emploi de tout un bassin industriel.
Evidemment, comme pour la crise des « subprimes » et celle de Dexia, nos gros cerveaux, ceux qui «dirigent» votre vie au profit de la leur, vous diront qu’ils n’ont rien vu venir, qu’en va essayer de sauver les meubles.
Arcelor Mittal demande que soit mise en œuvre le mécanisme de fermeture dans le cadre de la procédure dite «Renault». Pour cela, il faut une signature ministérielle et que des conditions comptables très strictes soient remplies ; soient remplies
C’est le moins qu’ils puissent faire. C’est non seulement un devoir de leur part, mais c’est une obligation. Car demain ce ne seront pas 200 ou 300 «indignés» qu’on verra dans les rues, mais des dizaines de milliers. Et nous en serons.
Et que les poujadistes ou autres populistes de tous poils ne viennent pas encore dire que c’est la faute des syndicats et des travailleurs. Avec le dérèglement financier mondial entretenu par les spéculateurs, ce qui arrive aux travailleurs d’Arcelor Mittal pourrait aussi leur arriver.

Quand la vraie gauche va-t-elle enfin se réveiller ?

GASTON LECOCQ