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Musique

Mis en ligne le 25/11/2005

A l’O.P.L : Les « Vêpres » de Rachmaninov le 4 et Bartok , Mendelssohn et Chen les 7, 8 et 10 décembre

La Grande ligturgie orthodoxe a, pendant des siècles, suscité dans toute la Russie, une tradition chorale unique. Les grands choeurs russes sont aujourd'hui encore, les meilleurs du monde. L'Académie d'Art Choral de Moscou, dirigée par Alexeï Petrov, est l'un de ces choeurs d'exception.
Le dimanche 4 décembre à 15heures, l'Académie d'Art Choral interprètera en la Salle philharmonique de Liège, Boulevard Piercot, les « Vêpres » de Rachmaninov. Véritable chef-d'oeuvre, ces « Vêpres » montrent l'attachement du compositeur (surtout connu pour ses oeuvres virtuoses avec piano), à la grande tradition liturgique russe. En complément, des choeurs a cappella de Bortnianski, Balakirev et Tchesnokov qui trouvent également leurs racines dans cette tradition ancestrale.
Les « Vêpres » de Rachmaninov
Envisagées dès 1900 mais composées en 1915 en l'espace de deux semaines, les « Vêpres» de Rachmaninov sont le fruit d'un long travail de maturation.Dans ses mémoires, le compositeur explique : « Dès l'enfance, j'étais captivé par la magnificence des chants liturgiques. J'ai toujours senti que leur particularité devait être rendue dans une adaptation chorale et j'espérais y parvenir dans les Vêpres. » L'oeuvre se divise en 15 cantiques ; neuf d'entre eux reprennent les mélodies orthodoxes traditionnelles, chants znamenny (équivalent du chant grégorien occidental), chants de Kiev (variante locale du znamenny).Rachmaninov y développe un style d'écriture où les voix s'associent ou s'opposent pour créer des effets d'orchestration d'une grande variété de timbres.Après la Révolution russe de 1917, les Vêpres de Rachmaninov sont bannies des salles de concert soviétiques pendant 60 ans, mais elles se maintiennent dans l'Église orthodoxe où elles sont notamment chantées durant la nuit de Pâques.Ce n'est qu'en 1982, à la faveur de l'effondrement du régime soviétique, que l'oeuvre retrouve le chemin des salles de concert.
Les concertos pour choeur
Influencés par la polyphonie occidentale, les compositeurs russes créent au XVIIe siècle un genre typique de la liturgie orthodoxe, le « concerto pour choeur ». En 988, le christianisme devient la religion officielle de la Russie, mais le modèle choisi étant Byzance plutôt que Rome, son expression artistique se développe selon un chant strictement monodique (c'est-à-dire à une seule voix).Ce n'est qu'au milieu du XVIIe siècle que les choses changent : sous l'influence de la Pologne et de l'Allemagne, la musique polyphonique gagne l'Ukraine puis la Russie. Titov, le premier, publie des choeurs sous le titre de Concerti, mais alors que ceux-ci désignent chez les frères Gabrieli et les compositeurs italiens du XVIIe siècle des oeuvres religieuses pour voix et instruments, Titov prend la précaution de préciser dans le titre qu'il s'agit de Concertos pour choeur - uniquement -, conformément aux prescriptions de l'église orthodoxe interdisant tout usage d'instruments, orgue y compris. Depuis cette époque, les compositeurs russes n'ont cessé de composer des Concertos pour choeur, pour former aujourd'hui un répertoire de quelque 500 oeuvres. Parmi eux : Dimitri Bortnianski (1751-1825), Pavel Tchesnokov (1877-1944) et Mili Balakirev (1837-1910).

Bartok, Mendelssohn et Chen

Comme « Le Sacre du Printemps » de Stravinski, le « Concerto pour Orchestre » du hongrois Béla Bartok (1881 – 1945) est un sommet de la musique du XXe siècle. C'était pourtant un Bartok malade, exilé aux États-Unis, qui récapitulait en 1943 toute sa science de l'orchestre en un véritable feu d'artifice.
Les jeudi 8 à 20 heures et samedi 10 décembre à 15 heures en la Salle Philharmonique du Boulevard Piercot, ce chef d’oeuvre de Bartok sera précédé d’une composition romantique par excellence, le deuxième « Concerto pour violon » du musicien allemand Félix Mendelsshohn-Bartholdy (1809-1847), interprété par le jeune virtuose français d'origine albanaise, Tedi Papavrami (la photo). Et par une découverte : celle des « cinq éléments », du compositeur franco-chinois Qigang Chen. Il s’agit de cinq miniatures de deux minutes pour évoquer l'eau, le bois, le feu, la terre et le métal. Ce sera une création en Belgique.
Le mercredi 7 décembre à 18h30, lors d’une séance commentée intitulée « Le Dessous des Quartes » , l’Orchestre Philharmonique de Liège, son directeur musical Louis Langrée et Claude Ledoux présenteront le « Concerto pour orchestre » de Bartok.
Le concert du jeudi 8 Décembre à 20 heures sera retransmis par la R.T.B.F. en direct sur Musiq'3
Les artistes
Né en Albanie, Tedi Papavrami reçut une bourse pour étudier en France avec Pierre Amoyal, au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dès 1982. Il vient d'enregistrer l'intégrale des sonates et partitas de Bach (firme « AEON », distribution Harmonia Mundi).
Tedi Papavrami est depuis cinq ans traducteur officiel de l'écrivain albanais Ismail Kadaré.
Il a joué avec Catherine Deneuve dans « Les Liaisons dangereuses » de Josée Dayan (en 2003). En janvier 2004, il interprétait le quatrième Concerto de Mozart, avec l'Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Stefan Sanderling.
En ce mois de novembre, Louis Langrée a dirigé l'Orchestre Symphonique de Birmingham (dans des œuvres de Mozart et de Bruckner) ainsi que l' »Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi » (lors d’un concert Beethoven). En décembre et janvier, il sera à Liège puisque, outre ses prestations déjà présentées, il dirigera le vendredi 23 décembre la troisième Symphonie de Mahler (avec Anne-Marie OWENS, le Choeur Symphonique de Namur et la Maîtrise de l'Opéra Royal de Wallonie). Les samedi 14 à Liège et lundi 16 janvier à Bruxelles, il conduira l’O.P.L. et la soprano Charlotte Margiono dans un concert Richard Strauss( Le chevalier à la rose, Suite / Lieder avec orchestre / Ainsi parlait Zarathoustra). Puis viendra du lundi 23 au dimanche 29 janvier 2006, la commémoration d’un 250ème anniversaire dont nous reparlerons avec le Festival : « Il est né le divin Mozart ».
Les compositeurs

Né à Shanghai en 1951, Qigang Chen (la photo) subit une « rééducation idéologique » en Chine, puis fut néanmoins reçu au Conservatoire de Pékin en classe de composition. Depuis 1982, il est citoyen français et il a notamment été l'élève de Messiaen. En 1998-1999, il a mis en musique les cinq éléments en 5 mouvements de 2 minutes, conçus pour être diffusés séparément chaque jour de la semaine sur Radio France (qui avait commandé l'oeuvre pour l'émission « Alla Breve »), puis il les a réunis le week-end pour une diffusion intégrale.L'OPL et Louis Langrée ont créé cette oeuvre en concert, en décembre 2004, à la Maison de Radio France à Paris.

Alors que le premier concerto de Mendelssohn (le portrait) écrit à l'âge de 13 ans a complètement disparu des programmes de concerts, le second connaît une notoriété qui ne s’est jamais démentie : c'est « le » concerto romantique par excellence.En 1838, Mendelssohn écrivaitt à son ami Ferdinand David, premier violon solo de « son » orchestre du Gewandhaus de Leipzig : « J'aimerais t'écrire un concerto pour violon l'hiver prochain. J'en ai un en mi mineur en tête, et son début ne me laisse pas en paix ».Parmi ses particularités, l'entrée du soliste dès la deuxième mesure de l'oeuvre (alors que souvent, elle est précédée d'une longue introduction orchestrale), et une cadence entièrement écrite par Mendelssohn au lieu d'être laissée à l'improvisation du violoniste.

Exilé aux états-Unis en octobre 1940, Béla Bartok connut des années très difficiles : il était gravement malade et en grande difficulté financière. Son ami Serge Koussevitski, chef de l'Orchestre de Boston, lui commanda un « Requiem orchestral » à la mémoire de son épouse ; en quelques semaines, Bartok composa le « Concerto pour orchestre ».Un concerto pour un orchestre : paradoxe ? Bartok s'explique : « Cette oeuvre orchestrale traite les instruments isolés ou les groupes d'instruments de manière 'concertante' ou soliste. Ce trait en explique le titre de Concerto pour orchestre ».Créée en 1944 avec grand succès, cette oeuvre récapitule la science mélodique et orchestrale de Bartok : un feu d'artifice où tous les pupitres de l'orchestre resplendissent.
Les réservations s’effectuent du lundi au vendredi, de 12h30 à 17h30 Tél. :04 220 00 00 Courriel: location@opl.be







Jean-Marie Roberti