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Il y a déja

Mis en ligne le 25/06/2005

Expo Universelle de 1905: Comme si "Proxi-Liège" y était allé. Série de Pierre André N°10

En 1905, il n’existe point de « all inclusive » proposant la découverte des pays exotiques, ni de « carnets du bourlingueur » expliquant les astuces déjouant les traîtrises rencontrées dans pareilles aventures. Qu’importe. Pour donner à chaque visiteur de l’Expo, le bonheur Ulyssien d’avoir fait un beau voyage, un « Village sénégalais » s’installé sur le site de Fragnée. Liège s’est inspiré d’une recette créée en 1534 par Jacques Cartier qui a ramené, du Canada, au roi François 1er, deux Hurons, Domagaya et Taignoagny. La pub du « Village » annonce « 150 Sujets Hommes, Femmes et Enfants représentant toutes les races du Sénégal exerçant diverses industries telles que : Bijoutiers, Tisserands, Brodeurs, Tailleurs, Cordonniers. Partie attractive Jeux – Danses - Tam-Tam – Chants et Plongeurs ». La pub signale que le public peut se procurer des « cartes postales illustrées ».
Au début du 20ème siècle, ce genre de présentation foraine de « Sujets » a la cote. Il n’en est plus de même en ce début de 21ème. Selon l’archiviste de la ville de Liège, Christine Renardy : « il y a ce dédain de la personne humaine qui côtoie des grandes idées de progrès ».
A notre connaissance, il n’y a pas eu, comme dans d’autres Expos de l’époque, de Sénégalais décédés durant le séjour de ces « gens de couleur ». Les Sénégalais venus à Liège sont tous rentrés dans leur pays. Sans doute, ont-ils été mieux encadrés que les officiers de la République démocratique du Congo venus, un siècle plus tard, se former au camp militaire d’Elsenborn, à l’est de la province de Liège, et dont le tiers a disparu dans la nature… !

Connaître la sensation de s’envoyer en l’air.

Sur le même site de Fragnée, se trouve une autre attraction « les aréoplanes captifs Maxim » qui, quelques 15 ans après que le Français Clément Ader a réussi son premier vol, sont censés procurer aux visiteurs de l’Expo « l’illusion complète d’un voyage dans les airs, la griserie de la vitesse comprise ». L’invention est due à l’ingénieur anglais, sir Hiram Stephens Maxim. « Le même qui fit les canons célèbres dans la guerre anglo-boer » précise le guide Desoer qui paraît oublier que le cœur des Liégeois a penché vers les Boers, durant ce conflit qui s’est achevé en 1902.
Faut-il rappeler ce 26 novembre 1899 où les Liégeois ont assisté en masse, à en concert donné au parc d’Avroy par la Philharmonie de Liège en faveur de « Une ambulance belge pour le Transvaal » ? Les Anglais ont gagné, le président Kruger a choisi la voie de l’exil...Vae victis !

« Les aréoplanes captifs Maxim procurent ce que l’on peut vraiment appeler une sensation nouvelle, très originale et pas désagréable ». Deux cents personnes peuvent simultanément utiliser cette « sorte de parapluie formidable dont chaque baleine supporte une embarcation. Le parapluie possède dans son manche une forte machine qui le fait tourner avec une rapidité toujours croissante. Emportées dans les airs, attachées par le haut à des câbles mobiles, les embarcations décrivent un cercle, déroulent une spirale et s’élèvent à mesure que leur mouvement de rotation va croissant ». Présenté par son directeur M. Dolphens comme la plus grande attraction du siècle, avec des embarcations suspendues dans l’air « marchant à une vitesse de 60 kilomètres à l’heure », ce carrousel perfectionné a du se soumettre à des tests de sécurité. Mais comme « la machine complète sort des ateliers Cockerill », cela suffit « à la déclarer sans danger… » Dans sa publicité, la Société française des aéroplanes captifs ne manque pas de stipuler « Brevets Maxim, Machine de la Société Cockerill ».(à suivre) (à suivre)
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L'affiche est celle que l'on voit partout pour le moment dans le quartier des Vennes





Pierre André