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Musique

Mis en ligne le 18/11/2005

"Magic Box - La Boîte à joujoux" au Théâtre de la Place pour les 10 ans de l'Orchestre à la portée des enfants

Pour la dixième année consécutive, les Jeunesses Musicales et l’Orchestre Philharmonique de Liège, proposent au jeune public « l’Orchestre à la Portée des Enfants ».
Présenté par un narrateur de renom (Marie Gillain, Benoît Poelvoorde, Maurane, Laurence Bibot, Valérie Marchant, Maureen Dor, Bruno Coppens...), « l'Orchestre à la Portée des Enfants » propose des concerts symphoniques destinés aux enfants accompagnés de leur famille : mêlant spectacle et pédagogie, ces concerts sont spécialement conçus pour aiguiser le goût et l'envie de musique des enfants dès 6 ans.
Succès jamais démenti depuis la création du cycle, « l’Orchestre à la Portée des Enfants » compte aujourd’hui 120 représentations et plus de 158.000 spectateurs.
Au cours de la saison 2005-2006, trois nouveaux spectacles sont proposés : « Magic Box / La Boîte à joujoux » de et avec MariannePousseur, en collaboration avec le Théâtre de la Place,
Billy the Kid et Don Quichotte.

Les Jeunesses Musicales de Liège

Les Jeunesses Musicales de Liège répartissent leurs activités entre les ateliers, les stages, les concerts et animations scolaires, les concerts publics et divers événements ponctuels en collaboration avec d’autres organisateurs liégeois, tels que le Festival des Nuits de Septembre, l’Orchestre à la Portée des Enfants, le Festival Enfanfare de Blegny ou encore le Festival Tempo Color et la Semaine du Commerce Equitable.
Activité majeure du centre liégeois, l’école de musique accueille chaque année plus de 300 élèves, 200 pour la Rock & Blues School et une centaine pour « Bruits, Sons, Notes », ateliers destinés aux plus jeunes. Ce à quoi viennent s’ajouter plus de 1.000 heures de stages, proposés durant les vacances scolaires, auxquels participent près de 620 enfants de 6 mois à 18 ans.
Les écoles de toute la Province de Liège ne sont pas en reste non plus, puisque 3.500 séances/ateliers s’y déroulent d’octobre à juin dans le primaire et 300 concerts scolaires sont accueillis au sein des établissements ou dans les centres culturels.
Enfin, 40.000 spectateurs assistent chaque année aux quelques 150 concerts publics auxquels les JM de Liège collaborent, qu’il s’agisse de jazz, de rock, de musique du monde, d’électro ou de musique classique.

« L’Orchestre à la Portée des Enfants » initiative à Liège de Claire Ringlet

En octobre 1975, André Vandernoot à la tête de l'Orchestre de la R.T.B.F. inaugure, au sein des Jeunesses Musicales de Bruxelles, un nouveau cycle de concerts symphoniques « Jeune Public » au Palais des Beaux-Arts : « la Musique racontée aux enfants ». Cette très belle initiative ravira les familles seize saisons durant.
Après cinq ans d’interruption, Thérèse Preutens, Directrice des Jeunesses Musicales de Bruxelles et Claire Ringlet, alors Directrice des Jeunesses Musicales de Liège, ressuscitent le concept et l’actualisent, notamment en associant à l’Orchestre et au Chef, un narrateur de talent.
L’Orchestre à la Portée des Enfants est ainsi créé en novembre 1996 avec la Boîte à Joujoux de Claude Debussy. L’Orchestre Philharmonique de Liège, orchestre attitré du projet depuis sa création est, depuis plusieurs saisons, co-producteur de l’événement.
Côté chefs d’orchestre, Patrick Baton a assuré la création et la direction de toutes les productions de 1996 à 2002. Depuis son départ, cinq chefs, belges ou étrangers, ont dirigé l’Orchestre dans ce projet : Jonathan Haskell, Louis Langrée, actuel directeur musical de l’Orchestre, Mélanie Thiébault, Didier Benetti et Jean-Pierre Haeck.
Côté narrateur, si Marie Gillain, Benoit Poelvoorde, Maurane ou Bruno Coppens assuraient par le passé une ou deux saisons entières, depuis deux ans, différents narrateurs se succèdent chaque saison, : Maureen Dor, Laurence Bibot, Valérie Marchant et toujours Bruno Coppens. L’année 2004 a vu l’arrivée d’une nouvelle tête dans l’équipe artistique : Sybille Wilson a insufflé un renouveau dans la mise en scène de « l’Orchestre à la Portée des Enfants ».
Du côté des œuvres, « l’Orchestre à la Portée des Enfants » a proposé au public plusieurs concerts symphoniques parmi lesquels les grands classiques du répertoire : Le Carnaval des Animaux (Saint-Saëns), L'Apprenti Sorcier (Dukas), Casse-Noisette (Tchaïkovski), Piccolo, Saxo & Cie (Popp), Babar (Poulenc), Les Exploits du Soldat Hary Janos (Kodaly), L'Oiseau de feu (Stravinsky), Un Américain à Paris (Gershwin), West Side Story (Bernstein), Roméo et Juliette (Prokofiev), Pétrouchka (Stravinsky), et d'autres.
Trente productions différentes qui, en plus de Liège et Bruxelles, ont tourné à Namur, La Louvière, Charleroi et Monaco.

La saison 2005-2006 : d’abord, «Magic Box : La boîte à joujoux » de Debussy

Cette saison s’ouvre sur des représentations de « Magic Box : La Boîte à joujoux » de Claude Debussy, interprétées par l’Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Jean-Pierre Haeck.
Ce concert-spectacle a été conçu, écrit et mis en scène par Marianne Pousseur et Enrico Bagnoli (de la Compagnie Khroma). Il s’agit d’une coproduction : Théâtre de la Place - Jeunesses Musicales - Orchestre Philharmonique de Liège et Arcadi
Que se passe-t-il lorsqu’une mère excédée, ayant décidé de se débarrasser des jouets encombrants de ses enfants, retrouve les siens, perdus dans une tempête trente ans plus tôt ? Elle se souvient avec émotion des moments passés en compagnie de Polichinelle, du Soldat et de la Danseuse, toute son enfance refait surface. Ce sont ces jouets, retrouvés dans la boîte, qui vont progressivement prendre vie sous les yeux du public, s’émanciper et vivre la véritable histoire de « La Boîte à joujoux ».
Claude Debussy écrivit « la Boîte à joujoux » peu de temps avant sa mort, pour sa fille Claude-Emma, dite Chouchou. Il l’a composée avec toute la candeur et le sens de l’humour dont il était capable, sans jamais rien sacrifier à l’intelligence de son écriture, à l’aspect expérimental et inventif de sa musique. « Les boîtes à joujoux sont en effet des sortes de villes dans lesquelles les jouets vivent comme des personnes. Ou bien les villes ne sont peut-être que des boîtes à joujoux dans lesquelles les personnes vivent comme des jouets? » écrivait-il à propos de « La boîte à joujoux », montrant par là à quel niveau d’exigence il plaçait cette œuvre. L’idée de s’adresser à des enfants permet d’abattre une série de contraintes de type formel, et Debussy nous fait entendre une musique qui donne l’impression d’être perpétuellement improvisée par sa fluidité, par le rapport dialectique qu’elle établit avec la narration, et à la fois se nourrit d’un pouvoir visionnaire qui fait encore aujourd’hui, de lui, un compositeur phare de notre temps. « La boîte à joujoux » a été écrite à l’origine pour piano, puis orchestrée et l’orchestration en a été terminée par André Caplet après la mort du compositeur.
Lors de cette création pour «L’Orchestre à la Portée des enfants », c’est tout un univers pictural mouvant qui sera inventé : à la technique d’animation de dessins, s’ajoutera une vidéo captée, transformée et projetée en direct. Le réceptacle de ces projections sera la boîte elle-même, la boîte à jouets, qui permettra la projection en trois dimensions, l’action théâtrale en transparence, un jeu d’ombres chinoises…
En guise d’introduction, une autre composition ironique et tendre de Debussy sera présentée : la suite pour piano, également dédiée à la fille Chouchou « Children’s corner » (1906-1908).
Modestie et amour paternel pour un moment de pur bonheur musical et théâtral qui aura lieu au
* Théâtre de la Place de Liège du 29 novembre au 3 décembre 2005 (Infos et réservations : 04/342 00 00).

Ensuite “Billy the kid” de Copland

C’est une composition de l’américain Aaron Copland : « Billy the kid » qui poursuivra la saison.
L’Orchestre Philharmonique de Liège sera placé sous la direction de Didier Benetti.
Bruno Coppens sera le narrateur. La mise en scène sera signée Sybille Wilson et les a ccessoires et costumes Satu Peltoniemi.
Considéré comme le père de la musique américaine, Aaron Copland est l'un des premiers compositeurs à avoir donné à la musique du Nouveau Monde une identité et une notoriété qui lui ont permis d'être diffusée dans le monde entier. Lorsqu’un célèbre chef d’orchestre américain (Walter Damrosch) créa la Symphonie pour orgue et orchestre d’Aaron Copland, le 11 Janvier 1925, il eut ce mot célèbre: "Si un jeune peut écrire une telle pièce à l’âge de 23 ans (il en avait en réalité 24), il sera prêt dans cinq ans pour commettre un meurtre." La prédiction ne fut heureusement pas accomplie ! Mais elle donnait une flatteuse idée de la considération que le jeune homme en question avait acquise et qui lui vaudra d’être un jour surnommé "le doyen de la musique américaine".
Son talent a permis l'union de la grande tradition musicale européenne avec l'authentique musique américaine, le jazz mais aussi le folklore. Son écriture se caractérise par une infinie variété de langages et de techniques, mêlant des structures dissonantes à un sens développé de la tonalité. Mais il a su opérer la synthèse des genres tout en restant très personnel.
Le compositeur new-yorkais, se tournant vers le folklore de la Nouvelle-Angleterre ou du Wild West, a composé une série de chefs-d’œuvre de fraîcheur mélodique et de vivacité harmonique que sont le ballet Billy the Kid (1938), l’émouvant Lincoln Portrait (1942), le ballet Appalachian Spring (1944), sa Symphonie n°3 (1946) ou The Tender Land (1954), son opéra inexplicablement méconnu des Européens.
Selon la légende, Billy the Kid, dont le vrai nom était William H. Bonney, serait mort en 1881 à l'âge de 21 ans après avoir tué 21 hommes, un pour chaque année de sa vie. C'est le Shérif Pat Garrett qui l’aurait tué d'une balle au coeur à Fort Sumner, au Nouveau-Mexique. Durant de nombreuses années, cette histoire fut répétée dans les livres, les journaux, au cinéma et surtout de bouche à oreille. Les célébrités qui ont le malheur de mourir jeunes deviennent souvent des légendes en très peu de temps. Leurs admirateurs se plaisent à imaginer ce qu'ils auraient pu devenir s'ils avaient survécu. On les prend en pitié à cause de leur mort prématurée…
Aaron Copland ne pouvait qu’être inspiré par ce cow-boy de légende : en musique, avec une succession de scènes pittoresques, le compositeur parvient à évoquer l’Amérique sauvage de l’époque : « cow-boys avec des lassos » ou « danse mexicaine » peignent merveilleusement l’univers dans lequel vécut Billy The Kid.
* Les représentations en la Salle Philharmonique de Liège auront lieu le vendredi 17 février 2006 à 18h et 20h (Infos : 04/223 66 74 Réservations : 04/220.00.00)

Et, enfin, « Don Quichotte » de Richard Strauss

La saison 2005-2006 de « l’Orchestre à la portée des enfants » se clôturera par l’interprétation de «Don Quichotte» de Richard Strauss. L’Orchestre Philharmonique de Liège sera placé sous la direction de Mélanie Thiébaut.
Le violoncelliste David Cohen assurera une narration mise en scène par Sybille Wilson , assistée pour les accessoires et costumes par Satu Peltoniemi.
Le livre de Miguel de Cervantès « El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha », écrit au début du XVIIème siècle, est souvent considéré comme le plus grand roman jamais écrit.
Il se situe dans une position unique entre la romance chevaleresque médiévale et le roman moderne. Ce n’est donc pas étonnant qu’il ait inspiré beaucoup d’artistes dont nombre de compositeurs célèbres (Telemann, Massenet, Strauss, de Falla et Ravel).
Mais qui est donc ce Don Quichotte ? C’est un Hidalgo (un petit noble au bas de la hiérarchie) qui est obsédé par des histoires des chevaliers errants. Ses amis et sa famille pensent qu'il est fou quand il décide de devenir à son tour un chevalier de roman et de parcourir l'Espagne sur son cheval, Rossinante, en combattant le mal et protégeant les opprimés. Sancho Pança, son écuyer, croit que son maître est un peu dingue, mais il joue le jeu. Les deux compères, cheminant sur les déserts de Castille, ont beaucoup d'aventures, provoquant souvent plus de dégâts qu'autre chose, malgré leurs intentions nobles. Ils se présentent comme les deux aspects de l'âme humaine. Alors que Sancho Pança reflète le bon sens commun et ses limites, Don Quichotte, redresseur de torts, veut imposer amour, honneur et justice au beau milieu des trivialités de la vie courante. Il poursuit jusqu'à la mort un rêve imaginaire et généreux que dément cruellement le réel.
L’Orchestre à la Portée des enfants propose de découvrir ces truculents personnages avec l’un des chefs-d’œuvre de Richard Strauss : « Don Quixote », Variations fantastiques sur un thème de caractère chevaleresque, op. 35, Romance en fa majeur. Le compositeur traite son Don Quichotte avec moquerie, mais sans méchanceté, témoignant à son égard beaucoup de sympathie. Il ne pouvait en être autrement : Strauss n’est-il pas, à sa manière, un Don Quichotte du XXe siècle ? En voulant faire ressurgir des époques et des styles révolus, Strauss, à l’instar du héros de Cervantès, a dressé un inventaire de la musique tonale dont il devait être le dernier pilier. Le compositeur s’en donne à cœur joie, laissant fuser à tout-va son sens du comique, comme dans cette séquence qui reproduit les impressions sonores d’un troupeau de moutons bêlants. Le chevalier lunaire, rêveur, idéaliste, à l’aspect grotesque mais non dépourvu de majesté s’oppose au réalisme terre-à-terre de Sancho Pança.
Avec, en soliste, le jeune violoncelliste David Cohen qui incarnera Don Quichotte.
* Cette dernière prestation aura lieu en la Salle Philharmonique du Boulevard Piercot à Liège le vendredi 28 avril 2006 à 18 et 20 heures (Tél : 04 223 66 74 et réservations 04 220 00 00).
Elle sera non seulement « décentralisée à Bruxelles » (quelle belle expression !) deux fois le lendemain (comme les deux interprétations précédentes) mais elle aura également lieu l’avant-veille au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.





J-M. Roberti