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Politique

Mis en ligne le 14/06/2010

Au lendemain des élections législatives ...


L’analyse toujours très fine et très mathématique des résultats électoraux par notre brillant spécialiste en la matière, Pierre ANDRÉ

Tout comme à Liège, où chacun aime Papa
(sur la photo ci-contre, alors qu’ils scellaient tous deux la «pax electoralia» le 1er mai à Liège devant Willy Demeyer qui a fait un excellent score au Sénat, 55.860 voix) – un Papa préféré au fils de (72.194 pour l’un, 42.730 pour l’autre) -, en Flandre, chacun aime Bart De Wever même la présidente du sp.a, Caroline Gennez, qui a félicité, aux environs de 20h. ce dimanche, son ami Bart De Wever pour son beau succès.
Effectivement, la Nieuw-Vlaamse Alliantie – un parti créé en 2001 – remporte un beau succès – 27 sièges sur 150, soit près d’un cinquième de l’hémicycle. Beau succès pour son président qui décroche 764.904 voix de préférence. Un score moindre toutefois que le candidat du CD&V- NVA, Yves Leterme en 2007 (796 521) ou que le CVP Léo Tindemans dépassant le million dans les années 70.

La Flandre est profondément nationaliste. Les francophones doivent s’en accommoder et ne pas trop espérer des «pas réciproques» lors des discussions institutionnelles qui doivent aboutir à une réforme «équilibrée» du Royaume.

Élections anticipées et participation électorale

Dans un pays où le vote est obligatoire, il est un peu curieux de constater que le nombre d’électeurs inscrits ne corresponde pas – hormis les morts – au nombre de bulletin déposés dans les urnes.
Dans un pays où le vote est obligatoire, il y donc des «abstentions». Le mot à ne pas prononcer en Belgique où l’on préfère utiliser l’expression «ne pas aller voter». D’ailleurs, l’abstentionnisme est puni par la loi. Une cinquantaine d’€ pour une première infraction, voire une déchéance de droit politique pour le multi-récidiviste.
Le pourcentage n’atteint pas les taux des pays où le vote est facultatif. Calculée sur l’ensemble du Royaume, la différence entre le nombre des électeurs inscrits et le nombre d’électeurs ayant déposés leur bulletin de vote oscille entre 8,37 % (18 mai 2003) et 8,97 % (13 juin 1999).
Ce 13 juin 2010, la différence est de 10,78 % .Une fâcheuse tendance que la voix de Jacques Brédael, dans le spot du «Triangle Rouge» a permis de limiter.

Dans la circonscription électorale de Liège, le nombre des gens qui choisissent de «ne pas aller voter» a toujours dépassé la moyenne nationale. Le pourcentage oscillait de 10,92 % (13 juin 1999) et 10,92 % (10 juin 2007). À ces élections-ci, il atteint 13,56 % !

Les petits partis

Redoutant comme la peste de voir s’accroître le nombre de citoyens choisissant de «ne pas aller voter», en Wallonie, les quatre grandes formations ont choisi de laisser un espace plus grand dans les médias tant public, de service public ou privé à ce qu’il est convenu d’appeler les «petits partis».
Dans la circonscription électorale de Liège, le nombre de «petits partis» ne varie guère d’une consultation électorale fédérale à l’autre. Onze en 1999 et 2010, douze en 2007, dix en 2003.
Le PTB+ triple, à quelques voix près, en 2010 ses résultats de 2007 (6.323). Il atteint le score de 18.706, le plus élevé devant le Parti Populaire (18.642). Le dernier classé est, avec 1.293 voix, est le MSplus. En d’autres temps – et sous une autre bannière -, les proches du MSplus ont connu des chiffres plus flamboyants.

Aux élections antérieures, les quatre grandes formations se sont partagés en 1999, 88,86 % des votes valables. 88,99 % en 2003 et 90,42 % en 2007. Le 13 juin 2010, les quinze élus de la Province – 7 PS, 4 MR, 2 cdH, 2 ECOLO – se contentent de 85,85 % des votes valables émis.

Qui gagne dans le Royaume ?

C’est en 1995 – le 21 mai – que les Belges ont élu pour la première fois 150 députés au lieu de 212.
Résultats cette année-la des partis francophones pour le Royaume : 21 PS, 18 PRL-FDF, 12 PSC, 6 ECOLO.
Scrutin du 13 juin 1999 : 19 PS, 18 PRL-FDF, 11 ECOLO, 10 PSC,
Scrutin du 18 mai 2003 : 25 PS, 24 MR (nouvelle appellation de l’ex PRL-FDF), 8 cdH (nouvelle appellation de l’ex-PSC), 4 ECOLO.
Scrutin du 10 juin 2007 : 23 MR, 20 PS, 10 cdH, 8 ECOLO.
Scrutin du 13 juin 2010 : 26 PS, 18 MR, 9 cdH, 8 ECOLO.
Les chiffres sont plus éloquents que les politologues et présidents de parti sur les plateaux de TV…
Ci-dessous, le «camembert» de la Chambre par l’IBZ


Qui gagne dans la circonscription électorale de Liège ?

Laissons parler les chiffres.

Au scrutin de 1999 : 5 PS, 4 PRL-FDF, 3 ECOLO, 3 PSC.
Au scrutin de 2003 : 6 PS, 6 MR, 2 cdH, 1 ECOLO.
Au scrutin de 2007 : 6 PS, 5 MR, 2 cdH, 2 ECOLO.
Au scrutin de 2010 : 7 PS, 4 MR, 2 cdH, 2 ECOLO.


Tu élis une brune, c’est une blonde qui siège !

Autrefois, dans la plupart des partis, les militants choisissaient, au poll, les candidats qu’ils espéraient voir siéger si l’électeur apportait son suffrage. Ce serait angélisme de croire que cette formule était dépourvue de tractations et autres discussions. La constitution d’une liste est toujours délicate. Il y des places éligibles – avec l’aide bienveillante du pot -, des places de combat et les autres places dont la tâche est de ramener des voix. Qui en ramène plus a des chances de progresser vers ces autres places tant convoitées lors de scrutins ultérieurs.
Aujourd’hui, les choses ont évolué. L’essentiel est de séduire l’électeur. Alors, aux élections régionales, les partis désignent en titulaires certaines personnalités médiatisées qui font carrière au fédéral tout comme aux élections législatives, les partis désignent en titulaires certaines personnalités médiatisées qui font carrière au régional.
L’électeur n’y voit que du feu et cette manière d’agir comble d’aise les suppléants qui sont appelés à siéger. Bref, tu élis une brune et c’est une blonde qui siège. Ce n’est nullement péjoratif. Des abonnés à la suppléance font d’excellent chef de groupe et assument avec un égal bonheur, d’autres responsabilités.

Ainsi prenons l’exemple de Thierry Giet(la photo). En 2010, sur la liste numéro 5, il figure au titre de premier suppléant. Il siègera car la candidate titulaire en 11ème position Julie Fernandez-Fernandez élu au fédéral est parlementaire régionale.
C’est en qualité de suppléant que le 28 juin 1995, Thierry Giet devient député fédéral en remplacement de Michel Daerden nommé Ministre des Transports du gouvernement fédéral.
C’est en qualité de suppléant que le 14 juillet 1999, Thierry Giet devient député fédéral en remplacement de Michel Daerden nommé Ministre de l’Emploi du gouvernement wallon.
C’est en qualité de suppléant que le 7 mars 2001, Thierry Giet est député fédéral en remplacement de Maggy Yerna, démissionnaire le 28 févrie 2001.
C’est en qualité de suppléant que le 5 juin 2003, Thierry Giet devient député fédéral.
Au cours des législatures précédentes, il a été premier vice-président de la Chambre. Il a été aussi secrétaire de la Chambre.
C’est en qualité de suppléant que le 5 juillet 2007, Thierry Giet devient député. Il est désigné chef du groupe PS à la Chambre. On voit à travers cet exemple – et il est d’autres – que les voies de la suppléance conduisent, à coup sûr, au mandat.

Pierre ANDRÉ

Ci-dessous : l’autre camembert de l’IBZ : le Sénat


Pour tous les chiffres et résultyats concernant le pays, nous vous renvoyons sur le site de l'IBZ : www.elections2010.belgium.be