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Politique

Mis en ligne le 02/05/2010

Un 1er mai de combat et d’unité à Liège



Les discours du 1er mai 2010 resteront probablement comme ceux d’un retour à l’unité au sein de la Fédération liégeoise du PS, mais aussi d’une pugnacité retrouvée…

On s’y attendait, le 1er mai 2010 (on l’a aussi vu ailleurs qu’à Liège), a été un 1er mai de combat mais aussi électoral, puisque lançant la campagne pour les législatives anticipées de juin prochain.
Le meeting et la manifestation organisée au départ du kiosque d’Avroy par la Fédération liégeoise du Parti Socialiste a tenu ses engagements et sous un ciel mitigé, a, nous semble-t-il, rassemblé nettement plus de sympathisants et de militants que les quelques années précédentes. C’est que l’heure est cruciale pour le Parti socialiste. Comme vous pourrez le lire dans trois des cinq discours qui ont été prononcés samedi, l’heure n’est pas vraiment à la rigolade et le PS a bien compris qu’il avait l’obligation de s’unir et de redresser la barre vis-à-vis d’une dérive que beaucoup qualifient de beaucoup trop conciliante vis-à-vis des amis du capital. C’est aussi du reste le message qu’à livré, tout en réaffirmant sa totale solidarité vis-à-vis du PS liégeois, Marc Goblet, président de la FGTB Huy-Waremme. Ci-dessous, vous découvrirez, in extenso, les discours de Willy Demeyer (président de la Fédération liégeoise du PS et bourgmestre de Liège), Michel Daerden (ministre fédéral des Pension) et Jean-Claude Marcourt (vice-président de la Région wallonne, ministre l’Economie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies nouvelles et de l’Enseignement supérieur). Les parties en gras nous semblent être les plus significatives de ces discours qui ont été à la hauteur de l’événement.

Le discours de Willy Demeyer : pragmatique et fédérateur



« Dans un calendrier électoral totalement fou, 2010 devait être une année de répit. Pas d'élections prévues ! Il faut croire que certains étaient en manque.
Alors que tout était réuni pour trouver un accord équilibré et négocié au problème de BHV, les libéraux flamands n'ont pas voulu assumer leurs responsabilités. Ils ont préféré leur parti à l'Etat.
Ils ont pris le pays en otage pour leurs propres intérêts. Ils prennent le risque d'un rejet généralisé de la politique et d'un retour des extrêmes.
Car, Camarades, j'ai multiplié les contacts ces derniers jours avec la population Et je peux vous assurer d'une seule chose : les gens n'y comprennent rien.
Ils ne comprennent pas pourquoi leurs problèmes, bien réels et bien concrets, en ces temps de crise libérale, ne sont pas jugés plus importants que le sort d'un arrondissement électoral.
Ils n'admettent pas que les extrémistes de chaque camp empêchent d'avancer.
A ce sujet, le PS a été d'une loyauté totale. Notre Président, nos Ministres, nos Députés, nos Sénateurs, ont travaillé, respecté les consignes de discrétion et ne se sont jamais lancés dans des déclarations susceptibles d'attiser le brasier communautaire.

Pourquoi ?
Parce que le PS n'a jamais oublié que le principal combat, c'est celui qui doit être mené au nom et pour les gens.
En ces temps de crise financière, les débats essentiels me semblent se résumer au nombre de trois :
- comment financer la sécu, en particulier les pensions ?
- comment renforcer les services publics et en particulier les services liés à la sécurité ?
- comment soutenir l'emploi dans un modèle durable de développement ?
Car je vous le dis tout net : à BHV, je préfère ESP. Emploi Service Public et Pensions
Camarades, plus que jamais nous devons affirmer les valeurs qui nous unissent, en particulier celles de la solidarité et de l'égalité.
Dans ce monde injuste, nous devons être le rempart à toutes les formes de dérégulation, assurer le maintien des centres de décision dans nos villes, dans nos communes, dans notre région et être aux côtés de ceux qui souffrent. II y a quelques années, les libéraux ricanaient en stigmatisant la Wallonie pour son nombre d'emplois publics.
Aujourd'hui, après le passage de la tempête financière, tous les analystes estiment que les emplois publics ont permis, à notre région, de nettement mieux résister que la Flandre.
Sans institutions publiques bien gérées, sans service public financé, les bases de la société vacillent et il est impossible de correctement faire face aux injustices de la vie.

La catastrophe de la rue Léopold l'a démontré : sans service public fort, nous ne sommes collectivement rien. C'est la raison pour laquelle j'enrage que des débats du type BHV viennent occulter ces enjeux fondamentaux pour l'avenir.
Bien sûr, l'heure est à la défense des droits des francophones, en particulier celles et ceux qui ne vivent pas à Bruxelles et en Wallonie.
Mais il ne faut pas oublier les vrais débats et les vrais enjeux.
J'espère que la raison l'emportera et que les vraies questions soient au centre de cette campagne électorale.
Je dois bien vous avouer que j'ai une crainte : c'est que la situation politique et le résultat électoral en Flandre rendent impossible la gouvernance de la Belgique.
On l'a déjà vu au moment de la funeste période de l'orange bleue : le pays était pris en otage. Pour éviter ce scénario, il faut renforcer encore le poids des socialistes tant au sud qu'au nord du pays. Car Socialisme rime avec sérieux et sérénité.
Et j'ai envie de lancer un appel à nos camarades du SP.a.
Kamaraden, Het land heeft er nood aan dat we samen handelen om de waarden die we delen te verdedigen. Camarades, Le pays a besoin que nous agissions ensemble pour défendre les valeurs que nous avons en commun.
Surtout, refusez de participer à la kermesse du parti le plus flamand organisée par le VLD : vous avez tout à perdre !
Avant d'être flamand, bruxellois ou wallon, soyons d'abord Socialiste.

Je pense que c'est comme cela que nous pourrons gagner et faire progresser le bien-être des populations, wallonnes, germanophones, bruxelloises et flamandes qui composent notre pays.
Comme Président de la Fédération liégeoise du Parti socialiste et comme Président de la Fédération provinciale du Parti socialiste, je veux des listes fortes et unies qui seules nous permettront de remporter les élections au bénéfice du plus grand nombre par la résolution des problèmes qui se posent à notre population.
A Liège, nous sommes convaincus que la solidarité passe par l'Action commune. Parti, syndicat, mutualité, chacun dans son rôle mais toujours unis quand il s'agit de construire un modèle de société plus juste et plus solidaire. »

Le discours de Michel Daerden : un bilan, une parole, une présence…


« Il y a tout juste un an, ici même avec vous, pour célébrer notre fête du travail, avouons-le, le moral n’était pas au mieux.
A cinq semaines des élections régionales et européennes, tous les sondages nous promettaient la bérézina !
Jusqu’à la veille de l’élection, les prévisions ne vont qu’empirer :
« Berwète po les Socialis’ ! »
Et puis, contre toute attente, le PS réalise - un résultat hors du commun consolidant sa place de première force politique en Wallonie et en Communauté française
- Et puis contre toute attente, le PS liégeois conserve ses 6 sièges au Parlement wallon
- Et puis, contre toute attente, les trois Députés européens PS sont tous liégeois : quelle démonstration !
- Et puis, contre toute attente, alors que le déclin de la Daerdenmania est annoncé urbi et orbi, je réalise, grâce à vous, un score historique !
A mon sens, ces résultats exceptionnels, sont dus : à une liste intelligemment composée en - concertation avec notre Président et ami Willy Demeyer
- au travail colossal de tous nos militants (que je remercie chaleureusement une fois encore) regroupés au sein du Parti, du Syndicat et de la Mutualité, cette Action commune seule susceptible de faire triompher la Gauche !
- à ce coup de génie de notre Président Elio Di Rupo, qui, à la fin de la campagne, assène : « Pas avec le MR à la Région ! ».
A peine le temps de savourer cette victoire collective et individuelle que j’accède au Gouvernement fédéral abandonnant ainsi l’Exécutif régional wallon où j’ai tant d’excellents souvenirs : le Prêt jeunes ; l’allègement de la fiscalité wallonne ; le programme exceptionnel d’investissement pour le logement social (36.000 logements et un milliard € !) ; l’assainissement des finances publiques régionales et communautaires ; les milliards d’€ investis dans les travaux publics, les infrastructures sportives, la rénovation urbaine et le patrimoine.
Je pense ainsi avoir contribué, avec mes collègues (dont Jean-
Claude), à refaire de la Wallonie une terre d’accueil et de développement économique comme en témoignent les analystes internationaux dont le “Financial Times”.
Région wallonne où pourtant j’avais encore à cœur de finaliser divers chantiers tels que : la suppression de l’intégralité de la télé-redevance ; la mise en application de la vignette autoroutière ; la réalisation de la liaison autoroutière Cerexhe- Heuseux/Beaufays. Là, je dis à mes amis Ecolo :
« Attention : rappelez-vous la leçon de Francorchamps ! »
Autant de thèmes qui ont dû être postposés en raison de la crise financière, mais que, j’espère, le Gouvernement wallon mettra en application dès que possible.
Région wallonne où, je me suis montré particulièrement attentif au Pays de Liège et à sa Cité ardente avec : la réforme du Fonds des Communes (tu te rappelles, Willy, le coup exceptionnel de la reprise de ta dette ?) ; le Trilogiport, cette immense plateforme logistique à Hermalle qui va permettre la création de plus de 2.000 emplois ; la future esplanade et le boulevard de la gare TGV des Guillemins, gare dont j’ai été, en début de carrière ministérielle au fédéral, l’un des initiateurs convaincus ; le développement significatif de Liège Airport qui va célébrer ses 20 ans dans quelques jours ; la rénovation du circuit de Spa-Francorchamps considéré comme un des si pas le plus beau du monde ; et tout le foisonnement culturel sans doute lié au passé principautaire : l’Opéra royal de Wallonie, l’Orchestre philharmonique, le futur Centre international d’art et de culture (CIAC) à la Boverie, le Country Hall de Liège auquel j’ai eu raison de croire et crois plus que jamais ; la réalisation de l’Académie Robert Louis-Dreyfus du Standard de Liège.
Un Pays de Liège où nous devons aussi veiller à réussir prochainement, dans l’harmonie de l’action commune, le rapprochement entre l’ALG et Tecteo et pour lequel j’ai modestement contribué au volet “pensions” par la reprise à l’ONSSAPL des deux institutions en laissant ainsi à ces dernières des ressources financières très importantes à consacrer au développement économique futur du Pays de Liège ! Au-delà, je veux dire à mon ami Marc Goblet que je mets tout en œuvre pour solutionner le problème qu’il vient d’évoquer notamment pour Tecteo.
Les pensions ! Parlons-en : quelle matière - complexe et ardue !
Quel défi pour l’avenir ! Quelle responsabilité m’a confiée là en juillet dernier notre Président DI RUPO !
Incontestablement, les pensions constituent aujourd’hui l’un des plus grands enjeux sociétaux de l’Europe occidentale. Elles ont déjà fait descendre le peuple espagnol dans la rue et constituent d’ores et déjà en France le thème majeur de la campagne présidentielle de 2012.La plupart d’entre nous, même les plus jeunes, sont légitimement inquiets à ce sujet.
Que les choses soient claires : malgré tous les propos alarmistes véhiculés par d’aucuns, je puis vous l’affirmer : OUI, toutes les pensions seront payées, au même titre que la sécurité, la justice ou encore la santé et l’école !
Sous l’impulsion des socialistes Christian Dupont, Marie Arena et moi, des avancées significatives ont été opérées principalement en faveur des pensions les plus basses : la pension minimale des fonctionnaires : + 8,2% ; la GRAPA (Garantie de revenus aux personnes âgées):+ 8,5% ; la pension minimale des travailleurs salariés : + 9,3% ; la pension minimale des travailleurs indépendants : +11% . Certes ces améliorations sont appréciables mais il faut aller plus loin encore.
Et moi là, en tant que ministre socialiste des Pensions, j’ai un rêve : 900€ de revenu minimal – la fameuse - GRAPA-pour chacun quels qu’aient pu être les aléas de la vie (seuil de pauvreté) ; 1.150€ minimum pour une carrière complète de salarié ou d’indépendant (salaire minimum interprofessionnel) ; mieux même, 1.500€ pour un maximum d’entre nous au travers d’une pension complémentaire généralisée (seuil de bien-être).
Dans ce contexte, il est évident que jamais je n’accepterai qu’on touche aux pensions des fonctionnaires…sauf si c’est pour en augmenter certaines si possible…(je pense notamment aux « fonctionnaires contractuels » .

Camarades, notre pays connaît, ces derniers jours, de nouvelles turbulences communautaires. La faute à qui ? Certainement pas aux socialistes qui, forts de leurs 125 ans d’expérience, ont tout fait pour que, dans la loyauté fédérale et dans l’intérêt socio-économique de ce pays, un gouvernement soit maintenu à sa tête ! Comme chacun le sait désormais cette lourde responsabilité est à imputer aux libéraux …particulièrement flamands.

Nous allons donc retourner aux urnes avec un seul objectif : faire du PS la première force politique de Belgique !Ce n'est pas gênant d'aller voter. Il y a encore des pays où l'on meurt pour pouvoir voter, ne l'oublions pas !
Cela ne sera possible que si nous sommes unis au sein de l’Action commune !
Personnellement, je me sens serein, confiant, d’attaque et disponible pour ce prochain combat pour autant, bien entendu que les instances de notre parti et ses militants le souhaitent et, ce, dans la paix et l’harmonie de la Fédération liégeoise que j’entends encore contribuer à consolider notamment par le respect de l’accord que j’ai signé il y a un an. (Il s’agit de laisser la tête de liste à Alain Mathot, député bourgmestre de Seraing ndlr)
Vous l’aurez bien compris : Papa n’est ni en retrait, ni à la retraite !»

Le discours de Jean-ClaudeMarcourt : au cœur du combat…


« La crise libérale n'en finit pas de faire des dégâts. Après avoir transmis son poison au cœur même de son système financier, le libéralisme et son expression la plus visible qu'est la spéculation, s'attaque sans vergogne à ceux qu'il avait appelés voici quelques mois à peine à voler à son secours : les Etats. Au cynisme, il ajoute l'indécence. Ainsi, après avoir été spoliés par un gouvernement de droite dopé aux mensonges, les Grecs se voient aujourd'hui imposés des mesures dramatiques parce que les banques jouent leur Etat comme d'autres jouent au casino.
L'heure est grave parce que la crise libérale, toujours elle, n'en finit pas de tourmenter, de torturer les travailleurs. Le Premier Mai, c'est le travail qu'on célèbre et les travailleurs, c'est le moins qu'on puisse dire, ne sont pas vraiment à la fête.
Difficile de faire la fête quand nombre d'entre nous sont économiquement fragilisés. Quand le travail lui-même n'est plus un rempart contre la pauvreté et que nous voyons se multiplier le nombre de travailleurs pauvres.
Quand on est en proie à l'angoissante impression d'être tirés vers le bas alors qu'on ne possède déjà rien ou qu'on doit vivre avec 800 euros par mois.
Comme si cette crise libérale ne suffisait pas, les libéraux flamands nous imposent une crise institutionnelle, conséquence directe de la manière même plus masquée dont certains envisagent l'avenir de la Belgique : ce qui n'est pas notre position est impropre au dialogue. Cela avec la complicité d'autres libéraux, il faut le dire, pour qui la recherche d'une solution signifierait la clef sous le paillasson. Les uns et les autres n'existent, politiquement, électoralement, que par l'absence de consensus et de bonne volonté, quitte à mettre en péril notre situation socio-économique gage d'une qualité de vie pour l'ensemble de la population. »

« Dans les jours et les semaines qui viennent, on va continuer à entendre, comme une rengaine, presque comme un slogan, les trois lettres BHV, alors que les vrais problèmes des travailleurs avec ou sans emploi, des retraités ou des étudiants sont bien ailleurs, eux qui s'interrogent sur leur avenir et qui vivent aujourd'hui dans une incertitude angoissante quand ce n'est pas dans des difficultés pires encore.
Je ne suis partisan ni du chaos ni du pire. Mais je suis par contre déterminé, résolu, combatif. Alors, si certains sont adeptes du pire, s'ils spéculent sur le chaos pour en voir émerger je ne sais quel fantasme, ait-il une gueule de lion, moi je vous dis : n'ayons pas peur.
Nous devons avoir confiance en nous. Nous avons des atouts indéniables : des travailleurs au savoir-faire reconnu, des infrastructures modernes, notre qualité de vie, notre situation géographique. Il est temps, il est grand temps `d'en prendre conscience. Cinquante ans bientôt après l'hiver 60 et la belle aventure du Mouvement Populaire wallon, je suis, à cet égard, plus renardiste que jamais.

Et c'est dans cet état d'esprit que, campagne électorale ou pas, j'entends continuer à travailler pour ma région. Moderniser la Wallonie, y créer activité économique et emploi, la mettre sur la voie de l'innovation, c'est mon ambition et mon engagement. Pas question de relâcher l'effort. »

« Notre parti a montré, depuis 125 ans, qu'il était une force de changement. Qu'il était la force de progrès. Il doit le rester et l'être plus que jamais.
Notre mission, notre devoir restent identiques, même s'ils doivent s'exprimer différemment, s'ils doivent emprunter des chemins nouveaux.
Notre priorité reste le socio-économique et je dois vous avouer que, parfois, j'ai le sentiment que nous sommes les seuls, hélas les seuls, à vouloir un développement socio-économique durable. Nous voulons de l'emploi, de l'emploi en quantité et de l'emploi de qualité. Je pourrais vous parler de cette solitude pendant des heures notamment à propos de l'avenir de la sidérurgie dans notre bassin.
Que n'ai-je entendu à ce sujet, combien de revers avons-nous dû essayer. Mais aujourd'hui, du HFB à Chertal, toute la ligne à chaud est en activité. Avec les milliers d'emplois que cela implique. »
« Le 125è anniversaire de notre parti nous donne l'occasion de mettre en avant les conquêtes sociales que, du POB au PS, nous avons forcées, arrachées. Ces conquêtes sociales, de la sécurité sociale aux congés payés, des pensions à l'enseignement obligatoire..., nous devons les défendre pied à pied, c'est évident.
Comme je viens de le dire, lorsqu'une crise financière, puis économique éclate, ce sont les travailleurs qui trinquent. Celle que nous traversons est d'une violence rare. Paradoxalement, dans ce pays, les dégâts sociaux ont été, malgré tout, relativement contenus par rapport à d'autres et ce, grâce à cet amortisseur génial qu'est la sécurité sociale et des mécanismes tels le chômage économique, la réduction du temps de travail et des mesures anticrise spécifiques... que la droite vient de refuser de prolonger en l'attente d'un nouveau gouvernement. »
« On a entendu peu de patrons se plaindre des facilités du chômage économique, que du contraire. Pourquoi alors certains veulent-ils régulièrement détricoter la sécu, « notre » sécu : limitation ou diminution des allocations de chômage, limitation de l'accès à la prépension, pensions et règles de licenciement,... ? Les règles de la sécu ne peuvent être différentes selon que l'on est bénéficiaire ou contributeur ; c'est pourquoi il est important que les interlocuteurs sociaux soient les premiers à en définir le cadre et le fonctionnement. J'ajoute à cet égard que je suis à 100% d'accord avec la FGTB wallonne quand elle propose une sorte de groupe des 10 au niveau de la Wallonie, pour que patrons et syndicats puissent avoir un organe de concertation et de dialogue permanent.
Mais défendre ces conquêtes, ce n'est pas les figer, les momifier. Ces conquêtes que certains appellent parfois des acquis, or rien n'est jamais acquis en matière de justice, de liberté, de solidarité, de fraternité.
Laurette a raison quand elle dit qu'il nous faut construire un nouveau pacte social. Je pressens, dans un monde qui se complexifie toujours davantage, que les prochaines grandes étapes de la concertation sociale seront difficiles. Je n'ai pas envie que l'on arrive ,au bout du modèle. Je veux que demain, réclamer plus de pouvoir d'achat ne soit pas ressenti comme une insanité mais je veux aussi que la Wallonie soit perçue par le reste du monde comme une région où il fait bon investir et où il fait bon travailler. »


« Le socialisme garde aujourd'hui toute sa raison d'être. Mais il nous faut inventer de nouvelles voies, tracer de nouveaux chemins, pour atteindre notre but : l'avènement d'une société plus juste, plus libre, plus solidaire, plus fraternelle. Nous pensons que le bonheur des femmes et des hommes ne peut se ramener à la distribution de stock-options, par ailleurs porteuses d'injustice, ni que ce bonheur peut s'évaluer à la bourse ou à la banque, surtout quand on sait la fiabilité des produits bancaires qui ont anéanti les espoirs de millions, de centaines de millions de petits épargnants.
Nous pensons par contre que soutenus par des conditions matérielles décentes pour tous, les rapports humains sont aussi des facteurs de richesse. Que. la complicité, la camaraderie, la fraternité dans un quartier, un atelier, un bureau, un club de sport, une salle de spectacle, une école bien sûr, sont aussi des facteurs d'émancipation, de mieux vivre, de compréhension mutuelle, d'harmonie pour l'ensemble de la société et pour chacun de celles et ceux qui la constituent.
Et pour y arriver, nous n'avons pas, nous, la prétention de changer l'homme mais plus que jamais nous devons avoir l'ambition de changer la société.
Ces derniers temps, nous avons vu des porte-drapeaux d'un autre âge manifester pour limiter le droit des femmes et donc de l'homme, pour revenir sur la loi autorisant l'intervention volontaire de grossesse, vingt ans après que la Belgique l'eût enfin autorisée. Ailleurs, des amalgames inacceptables sont proférés par ces mêmes tenants du retour à l'ordre moral. »
« Dans le même temps, certains veulent revenir sur le vote obligatoire. Au nom de la liberté disent-ils. Comme ils veulent ramener à portion congrue le premier pilier de pensions, pour, disent-ils, favoriser le choix individuel à contracter une assurance vieillesse individuelle. Comme si le choix de mettre de côté pour demain existait pour celles et ceux qui peinent déjà à nouer les deux bouts aujourd'hui. Et les mêmes ne rêvent que de limiter, cadenasser, réduire à rien le droit de grève pour la même pseudo raison.
A tous ces réactionnaires, nous devons opposer notre action, notre force d'action, notre envie d'action pour un monde meilleur pour tous et un monde meilleur pour tous, c'est d'abord un monde meilleur pour ceux qui triment, pour ceux qui souffrent, qu'ils soient exclus du système ou exploités par celui-ci.

Alors Camarades, en ce Premier mai de lancement de campagne électorale, notre route est tracée. Nous devons impérativement redevenir, au Parlement fédéral, la première force politique de Wallonie et de Bruxelles et pourquoi pas de Belgique. C'est comme cela que nous pèserons sur les décisions, qu'elles soient institutionnelles et surtout socio-économiques. Unis et déterminés, je suis persuadé que nous y arriverons. »





Gaston LECOCQ