• Visiteur(s) en ligne : 7
  • |
  • Visiteurs total : 3098692

Economie

Mis en ligne le 14/11/2005

Des outils concrets pour le développement économique de la Cité ardente

Début de la semaine dernière, à l’initiative du bourgmestre Willy Demeyer, une cinquantaine de représentants d’institutions économiques de la région, étaient invités à la Violette pour prendre connaissance du rapport final de « L’étude sur le développement économique du territoire communal liégeois ». Comme nous l’a expliqué le bourgmestre : « Cette étude a été réalisée à la demande de la Ville, par le SEGEFA (Service d’étude en géographie économique fondamentale et appliquée NDLR). Cette étude nous permettra de donner plus rapidement les bonnes réponses aux investisseurs potentiels qui souhaitent venir s’installer en ville. C’est parce que maintenant la Ville dispose de moyens qu’elle n’avait pas encore il y a deux ans que nous avons pu nous permettre de faire réaliser cette étude et que, dès janvier, nous allons mettre en place une « Cellule d’accueil pour investisseurs ».
Il faut aussi savoir que le travail réalisé par la SEGEFA (département de l’Université de Liège dirigé par le professeur Bernadette Mérenne-Schoumaker, a demandé près de 10 mois de travail et a été financé par le Pan Fédéral des Grandes Villes.
Alors que l’on pouvait croire que Liège-Ville n’avait pratiquement plus de sites pour l’activité économique, cette étude a localisé 40 sites potentiels de développement.
Comme le dira encore Willy Demeyer : « Il s’agit d’un potentiel de 260 hectares, nous avons bien l’intention de tout mettre en œuvre faire pour les valoriser… » Et l’on peut comprendre l’engouement du bourgmestre lorsque l’on sait que sur un hectare on peut, selon les cas, espérer créer entre 25 à 100 emplois.
Pour l’échevin de l’Urbanisme, Michel Firket, directement intéressé par ces perspectives : « Nous sommes convaincus qu'en créant de nouvelles activités en ville, nous ramènerons des habitants dans le centre de Liège, ce qui est un de nos grands objectifs… » et de préciser qu’il ne s’agira pas de faire tout et n’importe quoi mais d’installer dans ces zones des activités compatibles avec l’habitat urbain Il s’agira évidemment d’acticités non polluantes, non dangereuses.

Axes routiers

Comme l’expliquera Gaël Devillet, du SEGEFA, l’étude s’articule autour de deux logiques croisant transversalement les données récoltées.
La première logique détermine que l’activité économique se concentre naturellement le long ou aux extrémités des axes fluviaux, routiers et ferroviaires. Ces axes, ou pénétrantes (qui sont 10 et que vous pouvez distinguer sur le plan ci-dessous, s’ils sont généralement moins peuplés conduisent aussi vers des quartiers à forte densité de population.
Ces axes où l’on trouve les zones exploitables (aux différentes portes de la Ville) constituent également un lien incontournable vers d’autres communes. Ce sont ces zones qui devront être mises en valeur et qui devront faire l’objet d’attention lors de la délivrance de permis d’urbanisme et d’environnement.
C’est pour cette raison que le tissu cadastral des terrains disponibles a été analysé permettant ainsi de connaître exactement qui est propriétaire de quoi, c’est ainsi que l’on y trouve des propriétaires privés, mais également des propriétaires publics ou assimilés comme par exemple la SNCB, l’Université, la Ville, etc.…


Sur la carte on découvre ainsi :

Axe 1 : Sclessin-Val Benoît

Axe 2 : Renory,

Axe 3 : De l’Université à la Ville

Axe 4 : La vallée de l’Ourthe

Axe 5 : La route Charlemagne

Axe 6 : E 25 et zone portuaire

Axe 7 : Le faubourg Saint-Léonard

Axe 8 : E 313 La porte d’Anvers

Axe 9 Rocourt : Chaussée Romaine

Axe 10 : A 604 La porte de Bruxelles.


Sur la carte, les zones cerclées de mauve indiquent les espaces densément urbanisés à caractère résidentiel; cerclés de rouge, les espaces à caractère résidentiel, les tracés jaunes indiquent les axes structurant à vocation économique, le triangle bleu: le centre et l'étoile bleue, la nouvelle des Guillemins-TGV.

Les secteurs d’activité

La seconde logique détermine les différents secteurs d’activités potentiellement susceptibles de générer des emplois tout en étant compatible avec l’environnement urbain déterminé par la première logique et tenant compte aussi de l’activité qui y existe déjà.

C’est ainsi que des activités agroalimentaires pourraient très bien se situer sur l’axe 6 ; l’imprimerie et l’édition sur l’axe 4 ; de la construction sur les axes 6, 4 et 10 ; l’information et la communication trouverait bien sa place le long des axes 3, 1 et 4, ce dernier site étant celui de la future "Médiacité" (photo); les biotechnologies, la génomique, le spatial, l’aéronautique, les microtechniques (nanotechnologies) sur les axes 3 et 1, tout ce qui concerne l’environnement et le traitement des déchets et les emballages sur les axes 6 et 3, le transport et la logistique sur les axes 6 et 2, tandis que l’artisanat serait à sa place sur l’axe 7 « Saint-Léonard »…
La juxtaposition de ces deux logiques donne ainsi une carte stratégique qui devrait être efficace pour tout investisseur souhaitant s’installer dans la Cité Ardente.
Pour l’échevine du Développement économique Maggy Yerna, qui participait aussi à la présentation de ce nouvel outil : «Cette étude ne fixe évidement pas des murs hermétique et il faut savoir que la mixité des zones ne concernera en aucun cas des entreprises polluantes. »
Enfin, pour répondre, avant même que la question ne soit posée par voix de communiqué de presse, Michel Firket précisa : «Avant d’y installer quoi que ce soit, il faudra d’abord réaffecter les sites qui ne sont pas tous propriétés de la Ville. Mais maintenant, nous disposons d’une « bible » cadastrale bien faite. Et laVille pourrait ainsi racheter des terrains ou créer une bourse d’échange mettant en contact propriétaires et investisseurs potentiels… »

Le Cellule d’accueil pour les investisseurs

Cette carte ou « tableau de bord » ou « bible économique » sera bien évidement l’outil de ceux qui seront chargés, dès la mi-janvier, de faire fonctionner la « Cellule d’accueil pour les investisseurs » et qui sera installée en plein entre pratiquement, dans le superbe bâtiment restauré de l’ancienne « Halle aux viandes » à deux pas de la Cité administrative.

A propos de ce nouvel outil, Willy Demeyer explique : « Cette cellule travaillera en synergie avec les outils socio-économiques locaux et régionaux existants. Elle sera l’interlocuteur privilégié de ces institutions en matière de développement économique. Elle aura un rôle proactif, consistant à valoriser les différentes opportunités auprès des acteurs susceptibles d’investir à Liège, qu’il s’agisse des développeurs, promoteurs ou utilisateurs finaux.
Son rôle sera aussi réactif qui consistera à apporter rapidement une réponse adéquate à toute sollicitation d’investisseurs. Elle devra guider le candidat investisseur dans ses démarches internes à l’administration communale, mais aussi l’aiguiller vers les autres institutions susceptibles de soutenir son projet. »
Et d’ajouter, pour que ce soit clair (et cela répond à la conseillère communale Christine Defraigne qui, deux jours plus tard envoyait aux rédaction un communiqué dans le plus pur style non constructif d’un parti d’opposition) : « Il n’est en aucun cas question de vouloir se substituer à qui que ce soit (allusion à la SPI + ou au GREL -Groupement de relance économique liégeois) : la cellule jouera tant en interne qu’en externe, un rôle de facilitateur dans les démarches des candidats investisseurs ».
Par ailleurs, la « Cellule d’accueil des investisseurs », qui soit dit en passant est déjà active dans pas mal de domaines et amènera probablement rapidement des résultats concrets, servira de lieux pour différentes réunion à caractères économiques ainsi que pour certains événements thématiques.
Pour ceux qui se demandent ce que la Ville peut bien faire dans le cadre du redéploiement économique de la région, mais aussi de la Cité ardente, nous pensons que des réponses viennent d’être apportées d’une manière plutôt magistrale. Tant pis pour ceux qui n’y croient pas, mais qu’ils ne viennent surtout pas, une fois de plus, jeter des peaux de bananes sous les pas de ceux qui essayent de faire quelque chose et qui ont jeté les bases d’une stratégie qui n’a rien d’irréaliste. Nous serons vigilants, c’est dans l’intérêt de toutes les Liégeoises et les Liégeois.






Gaston Lecocq