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Reportage

Mis en ligne le 08/11/2005

60 Liégeoises et Liégeois au Festival de Chanteurs de rue de Quintin en Côte d'Armor

Une commune de 2938 habitants qui possède une salle des fêtes ultramoderne et qui peut se permettre d’y accueillir près de 750 personnes, c’est assez exceptionnel. Pourtant, c’est ce que nous avons vu samedi soir, à Quintin (20 km de Saint-Brieuc) dans le département des Côtes d’Armor en Bretagne, à l’occasion de la remise des prix du «Festival des chanteurs de rue de Quintin ».
Comme nous l’expliquions déjà dans notre article de ce samedi, cette année, ce Festival unique en son genre et qui commence à devenir une institution dans ce genre très particulier, avait décidé, et pour la première fois d’ailleurs, de mettre en exergue un « invité d’honneur ». Et c’est la Province de Liège qui a bénéficié de cette « première » puisque, invitée par le Conseil Général des Côtes d’Armor, elle a pu faire découvrir, non seulement des artistes, mais également des artisans et des spécialités de bouche de notre beau Pays de Liège. Tout cela pendant deux jours et dans une ambiance riche en senteurs, saveurs, couleurs et convivialité, le « Festival des chanteurs de rue » s’inscrivant dans la « Foire Saint Martin », une foire qui existait déjà à Quintin au 15ème siècle et remise au goût du jour en 1993 après 74 ans d’absence.

Il faut savoir que Quintin se trouve entre Armor et Argoat, que c'est une ancienne ville close et aussi une cité mariale. A Quintin, on trouve également pas moins de 13 monuments historiques classés dont le menhir de la Roche Longue et des Roches.Son patrimoine urbain aux riches architectures provient de deux siècles de prospérité de la manufacture des toiles "Bretagnes" tissées en lin. Cette cité, fleurie dès le printemps est installée dans la riante vallée de la rivière "Le Gouët". En partant de la place centrale, le visiteur y découvrira des rues à forte tradition commerciale, des ruelles et des venelles ainsi qu'une succession très dense de réalisations patrimoniales remarquables et diversifiées: édifice religieux, fontaines, parc ombragés, points de vue panoramiques...
Et quant à l'accueil : c'est évidemment un bonheur de sympathie, convivialité mais aussi d'efficacité de bon aloi. On y retournera, c'est sûr!

Près de 30.000 persones en deux jours


Le samedi matin, dès 8h, les artisans de produits du terroir quintinais mais aussi d’ailleurs en Côte d’Armor se pressaient pour installer leurs échopes dans les petites rues et ruelles typiques de cette « Petite cité de caractère » (il s’agit d’une appellation contrôlée par le département du Tourisme). Par ailleurs, entre les étals, des petits podiums étaient dressés sur lesquels les chanteurs de rue, tout au long des deux jours, ont pu exprimer leur art avec des airs et chansons du passé, d’aujourd’hui et même de demain pour certains d’entre eux. Par ailleurs, sur le place centrale, c'est sur un grand podium installé par l'armée de l'air, que les candidats participaient à la joute bien sympathique et le soir y organisaient, tous ensemble, un "boeuf" du tonnnerre.
Accompagnés de leur accordéon, d’un limonaire, d’un orgue de barbarie ou de guitares sèches ou électriques, ces artistes ders rues ont bien fait vibrer le cœur des milliers de visiteurs spécialement venus pour l’événement.

Comme l’explique Claude Morin, le maire de Quintin, il y a entre 15 et 30.000 personnes qui viennent à Quintin pour les deux jours. C’est en fait, un peu leur « Quinze août »…
Vers 10h, bien que l’on entende déjà chanter un peu partout, un cortège regroupant les personnalités de la Ville (tous vêtus de tenues de la Belle époque), mais aussi du Conseil général des Côtes d’Armor et cette année, de la Province de Liège, représentée par les députés permanents Paul-Emile Mottard (culture et artisans) et Georges Pire (relations extérieures) a défilé (les personnalités en calèche) entre les maisons typiques en granit et pan de bois.

La Rue des Liégeois

A l’occasion de ce Festival et pour deux jours seulement, la municipalité de Quintin avait décidé de rebaptiser la rue Au Lait en « Rue des Liégeois ».

Après quelques petits discours de circonstance, ponctués de blancs dû à des défaillances du micro sans fil, une plaque émaillée au nom de « Rue des Liégeois » et sur laquelle on pouvait lire : « Lors du 12ème Festival des Chanteurs de rue (2005) une délégation de la Province de Liège est venue à l’invitation du Conseil Général des Côtes d’Armor. A cette occasion, cette plaque fut dévoilée part Claudy Lebreton, président du Conseil général, Georges Pire et Paul-Emile Mottard, députés permanents de la province de Liège, Marc Le Fur, député au Conseil général, Claude Morin, maire de Quintin et Robert Lemay, président du Festival des chanteurs de rue. »
C’est dans la rue des Liégeois que l’on retrouvait les différents artisans et spécialistes en produits de bouche, comme par exemple la « Confrérie des saveurs de la Lienne », le Pommelou, la Siroperie Nyssen, Les Escargots de Claudine, la Bergerie des Aris, le Chocolat Charlemagne, le Foie Gras de Hesbaye, les Bonbons à l’Ancienne et les Gaufres Geurts.

Parmi les artisans d’art, signalons la présence de Robert Minetti et France Trisman (textile) ; Marita Braet et Robert Pagura (céramique) ; Raymond Collas et Anne-Marie Gilon (bois retourné et peinture sur objets) ; côté musique, le band « Les copains d’abord », côté chanson Fanchon Daemers, une voix exceptionnelle et des instruments venus d’ailleurs et du théâtre de rue avec le « Polichineur du tiroir » Stéphane Georis. Enfin du côté des artistes : la peintre Joëlle Brouwers et le photographe Jim Sumkay.
C’est dire si notre Pays de Liège était bien représenté. La matinée s’est terminée par le vin d’honneur et le cochon grillé (le cochon étant le thème retenu cette année pour la Foire Saint Martin), dans la cour du château de Quintin (17ème siècle).

Alors que l’animation battait son plein dans les rues de la cité, la délégation officielle ainsi que les représentants de la presse étaient invités, par Claudy Lebreton, le président du Conseil Général des Côtes d’Armor à l’auberge « Grand’Maison » à Mur de Bretagne (que connaissent bien les passionnés du Tour de France), pour déjeuner.
Là, le chef Christophe Le Fur, nous a fait découvrir une autre facette du pays armoricain. En effet, avec sa cuisine créative « terre-mer » il nous a raconté la Bretagne en passant des forêts à l’océan en nous faisant apprécier la générosité des produits et de leur vraie nature…

L’abbaye de Bon Repos et la Maison de la Toile…

Quoi de plus naturel après ce repas de s’octroyer un bon repos. En guise de sieste nous avons visité un des sites (mais en Côte d’Armor ils sont légions) phare culturel de la région, à savoir l’abbaye de Bon Repos, en bordure du canal Nantes-Brest à Saint-Gelven.
Un détour qui vaut le déplacement, notamment pour y découvrir comment, en quelques années, avec beaucoup de patience, d’acharnement, on parvient à restaurer une abbaye cistercienne fondée le 23 juin 1185, incendiée par les Chouans en 1795, ayant servi de carrière lors de la construction du canal en 1832 puis abandonnée et envahie par la nature jusqu’en 1986. C’est à cette date que l’Association des Compagnons de l’Abbaye de Bon Repos décida de sa restauration. Celle-ci qui a demandé pas mal de travail, d’argent (dons) et de subsides (pas assez) est partielle, mais suffisante pour le moment pour y faire un lieu culturel de première importance (des expositions y sont organisées) ainsi que des spectacles de sons et lumières qui valent le détours. Si vous allez dans le coin, ne manquer pas d’y passer…Pour d’autres infos, vous pouvez aussi visiter le site www.bon-repos.com.

Après Saint-Gelven, départ pour Saint-Thélo où il y a deux ans a été instaurée la « Maison de la Toile ». qui est aussi le départ de la « Route du Lin ».
Pour faire naître ce projet, une fédération de communes de Loudéac et d'Uzel ont créé un syndicat de la route du lin. Tout est parti de la réhabilitation, par des artisans locaux, du patrimoine lié au lin : entrepôts, bassins de blanchiment, demeures de tisserands... C'est dans l'une d’elle, à Saint-Thélo, qu'a été créée la " Maison de la toile ". On y suit un parcours muséographique de premier plan, pour découvrir toute l'histoire de la culture, du tissage et du commerce du lin dans les Côtes d'Armor. » Ce musée très vivant, vous explique très bien comment, il y a plusieurs siècles, le lin a fait la richesse, non pas nécessairement des cultivateurs ou des fileurs de lin, mais surtout des marchands qui écoulaient les productions vers l’Espagne et de là vers l’Amérique du Sud.
Cette " Maison de la toile " est la première étape de plusieurs circuits-découvertes du patrimoine : la " Route du lin ", à laquelle le syndicat entend donner aussi une dimension économique.
Plusieurs projets sont en cours autour de cette idée : boutiques spécialisées dans les produits à base de lin (décoration, alimentation), installation d'artisans du textile, création d'un label de gîtes et chambres d'hôtes " Du lin à l'hôte ", composition de menus à base de lin chez les restaurateurs... Un projet ancré dans l'histoire d'un territoire, associant tourisme, réhabilitation du patrimoine, économie locale. En visite ou en vacances dans les Côtes d’Armor, c’est aussi une étape à glisser dans son itinéraire…

750 Quintinaises et Quintinais, debout pour « Le chant des Wallons »

Revenons maintenant à la soirée au centre des fêtes de Quintin. Il faut savoir que pour parvenir à servir 750 convives dans les meilleures conditions, les organisateurs du Festival des Chanteurs de rue de Quintin et de la Foire Saint-Martin, ont fait appel à près de 300 bénévoles. Chapeau pour le service et la gentillesse. Durant le repas, nous avons eu droit au passage des candidats qui, durant la journée ont égayé les rues de la cité médiévale. Mais avant le début des festivités, nous avons eu droit à quelques mots de nos hôtes, à savoir le maire de Quintin, le président du Festival, mais également le Président du Conseil Général des Côtes d’Armor et de nos deux députés permanents Georges Pire et Paul-Emile Mottard.
Ensuite les Quintinais et les Quintinaises ont redécouvert Fanchon Daemers qui, avec sa voix inimitable et ses instruments personnels, a interprété quelques airs de son répertoire prévu pour la circonstance, à savoir « le cochon ».

Cerise sur le gâteau, car juste après le dessert et avant la proclamation des résultats, le député Paul-Emile Mottard a tenu sa promesse de faire chanter la délégation des journalistes liégeois. Ceux-ci, accompagnés par le band « Les Copains d’abord » ont entonné le « Valeureux-Liégeois » suivi tout de go par «Le Chant des Wallons » qui a vu 750 convives se lever pour la circonstance et applaudir à tout rompre.
Voilà, pour la journée du samedi, vous savez à peu près tout ce que les Liégeois ont pu faire au Pays des Côtes d’Armor avec lequel, il y a 10 ans, la Province de Liège a signé une charte d’amitié et de coopération dans de nombreux domaines : touristiques, économiques, culturel et de la communication.
Ah oui, j’allais oublier : c’est à Dany (Dany Fournier) de Saint-Gonlay (Arrondissement de Rennes, département de l’Ille-et-Vilaine) et qui s’accompagnait à l’accordéon, qu’est revenu le 1er Prix du « Festival des Chanteurs de rue de Quintin 2005. »

Le pays des coquilles Saint-Jacques



Sur le chemin du retour, nous avons pu, grâce à Gil Pellan, directeur de l’Information, de la Communication et de la Promotion du Conseil Général des Côtes d’Armor, avoir un aperçu de la Côte de Goelo au large de laquelle, dans la Manche, est pêché en ce moment même, la production des célèbres coquilles Saint-Jacques, ces petites bêtes qui ont tellement de saveur lorsqu’elles sont cuisinées avec amour…
C’est ainsi que nous avons pu visiter l’une des criées, ultra moderne où près de 40 % des coquilles pêchées dans la baie de Saint-Brieuc, sont vendues, soit pour être dirigées directement et fraîches vers les négociants, soit pour être confinées en préparations de garde.

Il s’agit de la criée de Saint-Quay Portrieux où nous avons eu droit aux explications techniques et très pédagogiques de Georges Brezellec, patron pêcheur mais également vice-président des producteurs de la Cobrenord (Société coopérative des pêcheurs de Bretagne du Nord). C’est aussi par lui, que nous savons maintenant que le port de Saint-Quay est, depuis 1990 (et les nombreux travaux qui y ont été faits), le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest. Cela lui a permis de redonner, tant pour la plaisance que pour la pêche (parce que l’on ne doit plus tenir compte des marées pour quitter ou rentrer au port), le dynamisme attendu pour un tel site. C'est aujourd'hui le 10ème port de pêche français et la capitale de la coquille St-Jacques en France. Sur le chemin de Saint-Brieuc, avant de prendre le TGV, nous nous sommes arrêtés à Binic, autre cité maritime d’excellence où nous avons fait honneur à un plateau de la mer, dans le sympathique « Pub Le Commerce » sur le quai de Courcy. On vous le recommande, d’ailleurs, le patron aime beaucoup les Liégeois qu’il semble bien connaître.
Enfin, si vous souhaitez savoir d’autres choses sur cette région magique des « Côtes d’Armor », vous pouvez aussi visiter le site :www.cotesdarmor.com.
Vous pourez aussi en savoir davantage et même rencontrer des Costarmoricains, puisqu'ils seront eux aussi, invités d'honneur à l'occasion de la Foire du Printemps à la F.I.L. en février prochain.

Les photos de haut en bas:

- Un artiste dans une rue de Quintin
- Une rue typique de Quintin
- Dans la calèche on reconnait le vice-président du Conseil général des Côtes d'armor, le maire de Quintin et les députés permanents Paul-Emile Mottard et Georges Pire
- Une partie du cortège
- La plaque de la Rue des Liégeois dont une copie a été remise à nos députés permanents
- Entre nos deux députés permanents, le maire de Quintin déguste une bière de la Lienne
- Le château de Quintin et la basilique de Notre-dame-de-la-délivrance où est conservée un morceau de la ceinture de Marie, mère de Jésus...
- l'Abbaye de Bon Repos
- La Maison de la Toile
- Pendant la remise des prix, de gauche à droite: le maire de Quintin, Claudy Lebreton, président du Conseil général, Georges Pire et Paul-Emile Mottard
- Fanchons Daemers pendant sa prestation
- Le port de Saint-Quay vu du sentier des douaniers
- Georges Brezellec et une drague pour coquilles Saint-Jacques






Gaston Lecocq