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Médias

Mis en ligne le 15/09/2009

CLIMAT : Carbonique ta mère


C’est ce qu’on peut lire sur le site Internet de «Libération», le 12 septembre 2009 à propos de la taxe carbone française. Chez nous on aurait appelé ça les écotaxes

D’ici peu, nos voisins français vont connaître les joies de l’application de la nouvelle « taxe carbone » (CEE), une idée géniale mise en avant par les Ecolos français et récupérée par l’UMP et le président Nicolas Sarkozy qui n’attend pas qu’on lui remonte les bretelles sur ce sujet. Tout cela est tellement prégnant que quelques jours après le discours de Nicolas Sarkozy sur les modalités de mise en place de la Contribution Climat Energie (CCE), l'association de consommateurs CLCV lançait un calculateur en ligne pour que les ménages français puissent savoir combien cette taxe leur coûtera et à quelle hauteur cette dépense sera compensée. C’est dire si tout cela était déjà bien préparé. Les caisses de l’Etat sont vides, alors on créée une nouvelle taxe pour les remplit. Car finalement, l’Etat de la planète, on s’en fout un peut puisque les nantis pourront toujours polluer comme par le passé, il leur suffira de payer un peu plus, ce qui ne les gênera pas le moins du monde. Onpeut se demander à quelle « sauce carbonique », nous en Région wallonne, nous seront mangés. On ne l’appellera sûrement pas la «taxe carbone », parce qu’on connait les « écotaxes »… A quand le grand coup fumant… ?
C’est la raison pour laquelle, pour un peu réfléchir à tout ça, que je vous invite à lire le texte paru sur le site internet de « Libération » le 12 septembre dernier…et qui s’intitule :

Carbonique ta mère

Par MATHIEU LINDON

Près des deux tiers des Français seraient contre la taxe carbone. Mais il y aurait une taxe nazis ou une taxe racisme, deux fléaux aussi condamnables que le massacre de la planète, on serait contre également si ça touchait à notre portefeuille. Si l’ISF est un impôt qui recueille l’assentiment de la majorité, c’est que la majorité ne le paie pas. Si on demandait à nos voisins européens si les Français devraient payer une taxe carbone, ils n’y verraient pas d’inconvénient. Mais si on commence à regarder la popularité des taxes, on en arrivera vite à supprimer l’impôt sur le revenu lui-même, et dans tous les pays.
Sur le fond, la taxe carbone a quelque chose de sympathique. C’est le principe catholique des indulgences modernisé et laïcisé. Payer n’est pas pécher. On devrait même militer pour une extension du domaine de la taxe carbone. On pourrait créer une taxe adultère - il suffirait de payer sa femme pour avoir le droit de coucher avec une autre, le contraire même de la prostitution -, une taxe gourmandise qui ouvrirait le chemin aux sept taxes capitales. Et une taxe vol, qui ne devrait pas dépasser 80 % ou 90 % du montant du larcin pour ne pas pénaliser l’initiative individuelle et réduire le secteur à l’inactivité. Et une taxe sur les éternuements ? C’est le moment ou jamais. On achèterait des tickets-éternuement à la pharmacie. Avant, on faisait des commissions pour enterrer les problèmes. On est plutôt dans une période où on imagine des lois contre tout ce qui gêne. Et si on passait aux taxes ? Sur le modèle de l’aide juridictionnelle, il faudrait créer un fonds d’aide judiciaire pour ceux qui n’auraient pas de quoi se payer un viol ou un meurtre. On connaît l’effet néfaste de l’aérophagie des vaches sur la planète : il serait injuste que seuls les riches aient le droit de péter tandis que les pauvres pollueraient plus haut que leur cul. La taxe carbone, c’est une façon de polluer à l’amiable. Les prochains paradis fiscaux seront écologiques : un petit passage par la Suisse et ses belles montagnes et on obtiendra le blanchiment du carbone sale. Car, taxe carbonique ou pas, certains vont polluer au noir.
En plus de celui du gaz et d’électricité, on aura chez soi un compteur de carbone qu’un employé viendra relever deux fois par an. Et si on oublie de payer ou qu’on est en retard, on nous coupera l’air et on trouvera alors que c’est une taxe qui ne manque pas de carbone. En avion, sur les vols internationaux, il faudra payer la taxe pour l’ensemble du parcours ou juste sur le territoire français ? Est-ce que ce sera plus économique de partir de Bruxelles ? Le cartel des producteurs de carbone doit se dire : «Pourquoi nous ? Et les producteurs d’amiante, de mercure ?» Tout va devenir comme le Coca. Il y aura le taxi light à effet de carbone minimal, l’avion zéro à développement durable qui n’inspirera peut-être qu’une confiance limitée. En fait, la fiscalité suit tout bonnement la voie des ordures ménagères. Avant, il y avait une grosse poubelle, maintenant il y a un impôt vert, un impôt jaune, un impôt bleu. Et, mine de rien, on est passé d’une poubelle à quatre.

Source : www.liberation.fr/chroniques/0101590384-carbonique-ta-mere

Pour savoir à quoi vous en tenir sur le climat, je vous invite à découvrir le texte, sur « Proxi-Liège », intitulé
«L’Iceberg du GIEC serait-il aussi en train de fondre…. ?»





Ga. L.