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Musique

Mis en ligne le 16/03/2009

Liège et «Ars Musica» rendront hommage à Henri Pousseur ces jeudi 19 et samedi 21 Mars


La rupture entre l’Orchestre Philharmonique de Liège et son directeur musical Pierre Bartholomée il y a près de dix ans (lors de l’été 1999) conduisit à une distanciation de l’O.P.L. et du Festival de musique contemporaine « ARS MUSICA » fondé en 1989 et où Pierre Bartholomée est toujours resté actif, en particulier comme compositeur .
Sous un titre anglais « BEYOND » signifiant « au-delà de » (ces querelles ?), la vingtième édition de ce Festival renoue jusqu’au 10 avril avec Anvers, Bruges, Liège et Mons.
Mais selon la recette du pâté d’alouette bruxellois car sur cinquante quatre prestations à l’agenda d’Ars Musica, il y en a deux à Mons, future capitale culturelle européenne, quatre à Bruges, cinq à Anvers et cinq à Liège, soit sept en Wallonie et neuf en Flandre ou bien encore seize « en province » mais trente-huit à Bruxelles-Capitale de l’Europe, du Royaume, des Communautés flamande et française qui, pour une dizaine de pour cent de la population belge, reçoit septante pour cent de la programmation de ce Festival, pourcentage cependant inférieur à celui des institutions culturelles fédérales qui, lui, serait de 100 % s’il n’y avait un jardin à Meise et le Musée d’Afrique centrale à Tervuren (plutôt qu’à Kinshasa). C’est cela la Belgique chère à son establishment centralisateur où Wallons et Flamands sont, ensemble, roulés dans la farine.
Nous partageons le point de vue de Jean-Pierre Rousseau qui déclara que le langage employé pour écrire au sujet de la musique contemporaine est trop souvent « abscons » (qualificatif à ne pas résumer à ses quatre dernière lettres mais signifiant caché, peu clair, difficile à comprendre). Il suffit de lire le programme des 20 ans d’Ars Musica pour en recueillir de nombreuses illustrations. Il n’est pas toujours plus aisé de distinguer dans les formes musicales les plus « modernes » celles qui ouvrent de fécondes voies nouvelles et les fumisteries. Comme beaucoup de mélomanes, il nous arrive de décrocher par rapport à des créations qui nous étonnent plus qu’elles nous réjouissent. En regardant une vidéo présentant une des œuvres programmées, nous nous disions mieux vaut voir cela que d’être… sourd.
Toujours est-il qu’entre le 10 mars et le 10 avril, les Liégeois (qui contrairement aux Bruxellois qui eux pourront s‘en aller collectivement en province n’ont pas de cars pour aller à Bruxelles ou ailleurs) auront le droit à trois soirées et à cinq prestations.
Pascal Rophé dirigera l’Orchestre Philharmonique Boulevard Piercot ces jeudi 19 à 19 h. 30’et vendredi 20 mars à 20 h. d’abord dans des compositions d’Henri Pousseur (Scambi et Rimes) avec la collaboration du CRFMW (pour les non initiés Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie) puis le lendemain dans une œuvre de Ligeti et en présence des compositeurs des créations de Dusapin et Mantovani (pas le Consul de la République tchèque à Liège Serge mais le musicien Bruno).
Le premier soir (19 mars) à 21 heures, un autre Serge, Rangoni directeur du Th2âtre de la Place - plus attiré pat la danse que par la volonté de servir (et non de se servir) des grands textes de l’art dramatique - espère, nous citons, « surprendre et réjouir à la fois les balletomanes et les mélomanes » en présentant dans l’ancien manège de la caserne Fonck « More Mouvements für Lachenmann » ce dernier étant un musicien prénommé Helmut qui a inspiré un chorégraphe français installé à Berlin, Xavier Le Roy.
Enfin le retour du printemps pourra être fêté le samedi 21 mars en la salle philharmonique à 20 h. et 22 h. 30’ avec des étudiants du Conservatoire de Liège : d’abord un ensemble de sopranos qui avec le concours du CFRMW précité et des Nouvelles Musiques de Chambre interpréteront trois œuvres d’Henri Pousseur Mnémosyne, Les éphémérides d’Icare 2 et Trois visages de Liège œuvre électronique enregistrée qui aurait été commandée (avant la fusion
des communes) par la Ville mais refusée et non payée par elle ( ?). Ce n’est pas la raison pour laquelle l’entrée sera gratuite à 20 heures comme à 22 heures 30’ pour des créations et improvisations (préalablement présentées à Bruxelles) sur des œuvres de Pousseur dirigées par Jean-Pierre Peuvion et animées par Garrett List, Frédéric Rzewski et la classe d’improvisation « Rock de Chambre » que mène Michel Massot au Conservatoire.

Henri Pousseur

« Ars Musica » voulait donc pour ses 20 ans rendre, d’abord à Bruxelles puis à Liège, hommage à Henri Pousseur pour ses 80 ans. Malheureusement cette personnalité majeure de la musique au XXème siècle est décédée le jeudi 5 de ce mois de mars 2009.
Henri Pousseur était né le 23 juin 1929 dans la partie wallonne (Malmédy) de ces « cantons de l’est », prussiens de 1815 à 1919 et carrefour des cultures germanique et latine, si fécond dans le domaine musical. Etudiant aux Conservatoires de Liège et de Bruxelles de 18 à 24 ans, Pousseur se lia dès 1951 à Boulez, Stockhausen, Bério etc…, voyageant de Paris à Milan en passant par Darmstadt ou Donaueschingen. A vingt cinq ans il épousa une fille d’une famille de musiciens Théa Schoonbrood qui lui donna quatre enfants, tous devenus artistes : Isabelle, Denis, Marianne et Hélène.. Après son mariage il fonda l’ensemble Musique nouvelle avec Pierre Bartholomée notamment. Collaborateur de l’écrivain Michel Butor, compositeur de plus de deux cents partitions, Henri Pousseur s’avéra un pédagogue très apprécié de ses étudiants auxquels il veillait à donner un maximum de libertés. Professeur à l’Université et au Conservatoire de Liège dont il fut le Directeur de 1975 à 1994, il fut appelé à enseigner à Cologne, à Bâle, à Buffalo aux U.S.A. et même à Leuven et il créa, avec l’appui de Robert Wangermée (le patron de la R.T.B.F.) le CFRMW (bien connu !) et l’Institut de pédagogie musicale du Parc de la Villette, embryon de la Cité de la Musique à Paris.
Une de plus grandes figures artistiques de notre Province s’en est donc allée.
Ce maître de la création musicale avait en outre un sourire qui démontrait combien s’alliait chez lui chaleur humaine et sens de l’humour. Salut l’artiste !





Jean-Marie ROBERTI