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En Ville

Mis en ligne le 06/03/2009

Grand Curtius



7000 ans d’histoire d’ici et d’ailleurs, 5800 pièces à découvrir ou redécouvrir, vous attendent dans le plus beau musée de Wallonie. Il a été inauguré ce vendredi soir.

Comme prévu, c'est ce vendredi 6 mars 2009 en début de soirée (on l’attendait depuis 1992 lorsque l’idée a été lancée de regrouper les musées communaux liégeois), que devant un parterre impressionnant d’un bon millier d'invités, a été coupé le ruban inaugurant le «Grand Curtius». Ce geste tant attendu a eu lieu en présence des autorités communales liégeoises au grand complet mais aussi en présence des pouvoirs subsidiants, ceux qui ont aidé la Ville à édifier cet ensemble muséal hors du commun d’un montant de 46,3 millions d’euros. C’est ainsi que parmi les invités de premier rang, on notait la présence du commissaire européen José Palma Andrès ; Fadila Laanan, ministre de la Culture de la Communauté française ; Jean-Claude Marcourt, ministre du Patrimoine de la Région wallonne ; Benoît Lutgen, ministre du Tourisme de la Région wallonne et André Gilles, député provincial président. Une inauguration très originale puisque relayée en direct nonseulement sur les ondes de Vivacité mais également sur RTC Télé-Liège, une inauguration digne de l'événement.
Ces samedis 7 et dimanche 8 mars, le public liégeois pourra lui aussi visiter le Grand Curtius qui ouvrira ses portes gratuitement.

Nous l’avons visité pour vous

Ce lundi 2 mars, à l’invitation du bourgmestre et du Collège communal au grand complet, la presse liégeoise était invitée à visiter le «Grand Curtius». Ce vendredi, quelques heures avant l’inauguration, une seconde conférence de presse était également prévue pour la presse internationale.
Parce que le site Internet du Grand Curtius est fort complet, nous n’allons pas vous refaire l’historique de l’ensemble muséal. Nous nous bornerons à vous donner l’envie d’y aller, parce qu’il le mérité vraiment.

Dès l’entrée, on est conquis


Lorsque l’on sait que le Grand Curtius réunit en un seul et même lieux les principales collections des ex-musées d’Archéologie et d’Arts décoratifs, du Verre, d’Armes, d’Art religieux et d’Art mosan anciens musées d’arme, du verre, mais aussi des nouveautés comme la donation du baron François Duesberg (pendules uniques) ou encore des expositions ponctuelles (la première consacrée à Paul Delvaux commence le 26 mars), il a fallu un sacré savoir-faire beaucoup d’ingéniosité et aussi de l’imagination au bureau architectural liégeois Hautecler-Huygen, pour que cela ressemble vraiment à quelque chose d’unique et d’intéressant. Ce n’est pas une mince affaire de restaurer et de réunir des immeubles classés dont le plus vieux remonte à 1598 et d’en faire un musée du XXIème siècle architecturalement et techniquement parlant. Mais c’est un fait.

Déjà en franchissant l’entrée du 136 de la rue Féronstrée (une seconde entrée existe aussi quai de Maastricht), vous ne pouvez qu’avoir un apriori favorable en découvrant cette cours intérieure de la nouvelle aile contemporaine conçue (comme les autres cours et jardins) par l'architecte paysager Erik Dhont de réputation internationale qui affectionne ici, les jeux d’eau, les cascades, les dénivelés de vielles briques qui bientôt se couvriront de verdure.

Comment visiter ?

Comme l’explique le conservateur en chef, Constantin Chariot (qui avec ses quatre autres collègues a judicieusement pensé à la scénographie muséale) : «Il vous faudrait environ 14 heures de visite si vous restiez ne fut-ce que 10 secondes à contempler les 5.914 pièces exposées.».

C’est la raison pour laquelle, minutieusement ont été prévus deux types de visite. Tout d’abord un parcours chronologique annoncé d’une heure et demie (mais cela me semble un peu juste, car je crois qu’il faut bien une heure de plus) vous permet de passer de la préhistoire aux temps modernes sans se lasser tant la diversité d’objets est importante. Par ailleurs, des parcours thématiques vous permettent de ne voir, selon vos passions, que certains départements : celui du verre, des armes, des arts décoratifs, d’archéologie, d’art religieux et d’art mosan, Tout cela dans des galeries parfaitement éclairées, des présentations modernes, avec possibilité d’audio guides en quatre langues et une accessibilité pour toutes et tous avec ascenseurs et plans inclinées ?

Que voir ?

Evidemment, sur les 5914 pièces exposées il en est des plus intéressantes que d’autres, selon que l’on préfère l’art mosan ou religieux, les armes, les pendules, les tableaux anciens ou les verres estimables dont les collections liégeoises sont mondialement réputées.

Pour notre part nous en signalerons quelques unes : les sarcophages égyptiens, les vestiges découverts lors des fouilles gallo-romaines et mérovingiennes dans la région et notamment celles de la place Saint-Lambert, le vase à bustes de Jupille (Ier-IIIe siècle), les bronzes (culte de Mitra) trouvés à Angleur, trésor de mille pièces romaines de Vervoz ; près de 1300 pièces de verre dont celles de la de la fabuleuse collection liégeoise Baar, des productions du Val Saint-Lambert, des artistes anciens et contemporains, des chefs d’œuvres de la grande période vénitienne ; des œuvres de Jean Del Cour (qui occupe toute une pièces) ; la plus importante collection de «primitif flamands» de Wallonie ; des production de Gustave serrurier-Bovy ; des trésors (véritables) de l’art mosan et religieux dont l’évangéliaire dit de Notger et d’autres pièces d’orfèvrerie ;

le Bonaparte de Ingres ; la fameuse vierge d’Evegnée, dit Vierge Mitterrand ; et évidemment tout ce qui a fait la richesse de Curtius, de Liège et du Pays de Liège, des armes de toutes les époques. Sans oublier la reconstitution grandeur nature du studio d'Eugène Ysaye ainsi qu’une très intéressante maquette de la cathédrale Saint-Lambert.
Nous ne pouvons évidemment tout détailler, mais croyez-le bien, ce musée est tout bonnement génial. Vous pourrez y passer une après-midi, une journée, voire des semaines, sans jamais vous y ennuyer. De la belle ouvrage que tout cela.

Des photos pour se rendre compte….

Dès l’entrée, vous aurez aussi la possibilité de découvrir une exposition de photographies qui vous permettront de vous rendre compte comment ont est parvenu à mêler si harmonieusement l’ancien et le moderne pour mettre en valeur cet étonnant ensemble architectural composé de bâtiments de la fin du XVIe (Palais et résidence Curtius), de la fin du XVIIe (Hôtel Brahy et Maison De Wilde), du XVIIIe (Hôtel de Hayme de Bomal).

Cette exposition, on la doit à Alain Boos, photographe professionnel, ancien photographe de presse (Prix Nikon Press Award en 2001 récompensant les 3 meilleures photos de presse) et aujourd’hui membre du Service Protocole et communication de la Ville de Liège.
Comme l’explique Alain Boos : « Depuis janvier 2006, j’ai été chargé par l’échevinat des Travaux de photographier, au moins une fois par mois, l’évolution du chantier «Grand Curtius». Gros œuvre, décoration et montage des pièces en vitrine. L’idée m’est très vite venue de faire autre chose que la photo documentaire. Avoir un regard un peu décalé, une vision « artistique » avec des cadrage innovant ».

Il ne s’agit pas d’une banale exposition de photos documents ; Et Alain d’expliquer : « L’année 2009 étant l’année du bicentenaire de la création de l’écriture Braille, j’ai repris l’idée de l’alphabet braille et de ses pictogrammes. C’est ainsi que chaque lettre composant le «Grand Curtius» est traduit en Braille, de façon visuelle s’entend.
L’installation photographique se compose de 14 pictogrammes Braille de photos sur toile de 80x80 cm. De façon volontaire, il n’y a aucune légende, ni ordre chronologique, ni de date et les lieux ne sont pas identifiés. Il appartient au visiteur de reconstituer l’avant/après en se remémorant le parcours de sa visite ». Une excellente initiative de très bon goût qui démontre que le passé et le présent sont indissociables. Quant à l’avenir…

En pratique

Pour tous les renseignements pratiques concernant le lieux, les visites, les horaires, les tarifs, les futurs événement du Grand Curtius, mais aussi toute la chronologie et d’autres détails sur les collections, je vous invite à visiter son site Internet : www.grandcurtiusliege.be





Gaston LECOCQ