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Reportage

Mis en ligne le 01/11/2005

Liège-Guillemin-TGV avance bien


Même s’il y du retard sur le timing prévu en 2000, lorsque la phase I de la nouvelle gare T.G.V. des Guillemins a démarré, on peut dire maintenant et sans jeu de mot, que les choses avancent bon train.
En effet, après le dernier poussage de 5 nouveaux arcs, toutes les Liégeoises et les Liégeois peuvent désormais voir ou avoir une idée de ce que sera dans peu de temps finalement (si tout se passe bien on devrait inaugurer Liège-Guillemins-TGV en 2007, c'est-à-dire dans un peu plus d’un an) la gare que beaucoup nous envierons.
Sur le terrain de ce chantier phénoménal autant que grandiose, on en est depuis quelques mois déjà, à la pose de la voûte de la gare. Un travail particulièrement délicat et qui se fait au-dessus des voies existantes sans pour cela perturber le trafic ferroviaire. Tout comme pour le fameux viaduc de Millau (dont la réussite passe par le bureau d’études liégeois Greisch qui est également impliqué dans le « nouveau Guillemins », c’est par poussage, côté ville vers côté colline de Cointe, que s’effectue la mise en place de la monumentale verrière.
Rappelons que cette verrière qui culmine à 40 mètres, d’une superficie de plus de 32.000 m2 (l’équivalent d’environ 5 terrains de football) est composée de 39 arcs et l’ensemble pèse quelques 6.500 tonnes.

On a vu l’effet du poussage

Ces éléments sont assemblés par tranches longitudinales de 9 mètres 60 (qui représentent 5 arcs et les portions de passerelle sur lesquelles ils prennent appui) sur une plateforme de travail provisoire installée sur le premier quai, côté ville. Ils sont ensuite poussés progressivement au-dessus des voies, vers la colline. Deux premiers poussages avaient déjà été effectués depuis le début de l’année mais, pour le profane, ce travail pourtant titanesque n’était pas nécessairement très visible.
La nouvelle opération de poussage de la structure métallique qui a été réalisées dans les nuits du 26 au 27 et du 27 au 28 octobre, est par contre nettement plus spectaculaire et le public peut maintenant vraiment se rendre compte que la charpente avance inexorablement vers la colline où les travaux du parking qui reliera directement l’autoroute à la gare avancent aussi à grand pas.
Pour en revenir à ce qui vient d’être fait, il faut savoir qu’il a fallu près de 2 mois pour assembler, sur la plateforme provisoire de montage, le un nouveau tronçon de 5 arcs et les portions de passerelles sur lesquels ils prennent appui.
C’est ce nouveau tronçon, plus les deux tronçons déjà montés et poussés précédemment qui ont été poussés au-dessus des voies au cours des deux nuits passées.
Cette fois, c'est un ensemble de près de 30 mètres (15 arcs + les tronçons de passerelles correspondants) qui a été déplacé, soit environ 2 200 tonnes d'acier. Il a progressé d'environ 10 mètres pour libérer la plateforme de travail provisoire et permettre l'assemblage de la tranche suivante.

Plusieurs heures

Plusieurs heures ont été nécessaires pour réaliser ce déplacement qui implique de nombreuses manipulations, dont celles nécessaires au passage à travers les échafaudages, des tirants provisoires fichés dans les passerelles. Un grand nombre de contrôles de stabilité et des mesures permanentes de l'évolution du déplacement sont effectués au cours du processus. L'opération requiert également la mise en application de moyens de sécurité appropriés à ce type de travail. Enfin, les conditions météorologiques doivent être favorables (vitesse du vent inférieure à 50 km/h).
L'opération s'est déroulée de nuit car pour la première fois au cours de ce poussage, les tronçons des passerelles de la structure métallique devaient passer au-dessus des caténaires; l'alimentation électrique a donc été interrompue par mesure de sécurité. Les coupures de voies ayant une moindre incidence sur le trafic ferroviaire durant la nuit, la décision a été prise d'opérer de la sorte.
Pour rappel, les opérations de poussage précédentes ont eu lieu fin mai et à la mi-août derniers, soit un poussage tous les deux mois et demi environ.
Au total, 7 poussages seront nécessaires pour construire la voûte; 35 des 39 arcs et les passerelles sous-jacentes seront ainsi progressivement poussés et il restera deux arcs à mettre directement en place, côté ville. Viendra enfin, dans la foulée, le montage des 2 arcs qui, de part et d'autre de la voûte, assureront la liaison avec les futurs auvents.

Pour les puristes et amateurs de technique

Pour supporter la charpente le temps de l'assemblage du chaque tronçon, 5 structures auxiliaires provisoires sont nécessaires : la structure centrale, deux structures extérieures (pour soutenir la retombées des arcs) et deux structures mobiles qui sont posées sur les passerelles et qui forment un plancher de travail.
Les 39 arcs qui constituent la grande voûte sont assemblés par groupe de cinq grâce aux structures auxiliaires. Assemblage longitudinal d'abord, transversal ensuite avec la pose des pannes qui, avec les arcs, forment le quadrillage de la voûte.
Ces 5 arcs prennent appui sur les tronçons des deux passerelles qui surplomberont les quais. Lorsque l'ensemble arcs/passerelles est solidarisé, il est alors poussé progressivement au-dessus des voies, libérant l'espace pour assembler un nouvel ensemble arcs/passerelles. Quand celui-ci est achevé, il est arrimé au groupe précédent et le nouvel ensemble formé, solidarisé, est à son tour poussé.
Les ensembles arcs/passerelles à pousser s'additionnent donc au fil du temps : cinq arcs au premier poussage, 35 au septième. Ce seront alors près de 6 000 tonnes d'acier qui seront poussées. Il restera encore quatre arcs à construire directement en place, dont les deux situés de part et d'autre de la voûte qui seront montés en même temps que les auvents.

Le dispositif

Entre les pieds d’assise de l’auvent côté ville, et dans une étroite proximité avec ceux-ci, deux culées de poussage supportent chacune une poutrelle de plus ou moins 18 mètres de long dont l’autre extrémité repose sur un appui provisoire situé au bord du quai I. Une poutre de poussage munie de rouleurs est placée sur chaque poutrelle. Un vérin mobile est accroché à l’extrémité (côté Ville) des deux poutres de poussage.
Les 5 premiers arcs ont été montés à l’aide des structures de montage auxiliaires installées sur le quai I.
Un contreventement provisoire a été installé uniquement entre les 5 premiers arcs.
Deux tirants par tronçon de 5 arcs, sont ancrés dans les portions de passerelles sous-jacentes, au dessus des caténaires. Ils resteront en place jusqu’à ce que les 37 arcs soient installés. Ils assurent le maintien de la structure avant qu'elle repose sur ses appuis définitifs.
Un avant-bec permet le glissement de la structure en prenant appui sur un support placé sur le quai suivant. Elle progresse grâce aux vérins de poussage
L’opération est répétée 7 fois jusqu’à ce que les 35 arcs et les portions de passerelles correspondantes soient amenés à leur position transversale définitive.
Deux arcs sont alors construits directement en place et l’ensemble de la structure est installée et fixée sur ses appuis définitifs (les 10 quadripodes et les 10 poutres situées entre les escalators reliant les quais aux passerelles).
Afin de limiter la déformation de la structure pendant l’opération, les conditions météorologiques sont déterminantes. Pour le premier poussage, la vitesse du vent devait être inférieure à 25 km/h. Pour les poussages suivants, elle est limitée à 50 km/h.

La plus belle gare d’Europe ?


Comme on peut le voir, la construction de « Liège-Guillemins-TGV », œuvre de l’architecte ingénieur Santiago Calatrava n’est pas une mince affaire. Ce qui est assez extraordinaire, c’est que pendant ce temps, le trafic de la gare actuelle n’en est que très peu perturbé. Et pour celles et ceux qui se poseraient des questions sur le nettoyage des verrières qui surplomberont les quais, sachez que tout a été prévu, comme notamment des nacelles et des rails à l’intérieur et à l’extérieur pour les travaux d’entretient.
C’est en 2007 que tout, en principe devrait être entièrement terminé et que commencera la démolition de l’ancienne gare.
« Liège-Guillemins » aura vécu, mais la nouvelle « Liège-Guillemins-TGV » sera probablement l’une, si pas la plus belle, gare d’Europe. La seule chose qu’on puisse espérer c’est que la place que l’on prévoit en face de ce monument au transport ferroviaire du 21ème siècle, sera aussi à la hauteur.
Si vous êtes passionné par ce chantier dont la réalisation finale (avec tout ce qu’elle sous-tend) sera, à n’en pas douter, un des fers de lance du renouveau économique du Pays de Liège, vous pouvez aller sur le site www.euro-liege-tgv.be

Les photos de haut en bas:

- Vue arrière de la future gare
- Vue de côté de l'avenue de l'Observatoire
- Vue de côté de la rue Varin
- Vue générale avec le point haubanné qui reliera l'autoroute et l'avenue de l'Observatoire au parking de la nouvelle gare des Guillemins
- Photo de la maquette de Liège-Guillemins-TGV (Photo d'Euro-Liège TGV)





Gaston Lecocq