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Santé

Mis en ligne le 18/12/2008

«Fondation Simone et Pierre Clerdent»


Son prix, au service de la recherche neurologique en Wallonie et à Bruxelles a été remis pour la 1ère fois à Liège à Pierre Vanderhaeghen, chercheur à l’ULB.
A 31 ans, le jeune avocat Pierre Clerdent (la photo)succéda à Antoine Delfosse (parti à Londres rejoindre, en tant que ministre liégeois, le gouvernement en exil) comme chef national du mouvement qu’ils avaient appelé l’Armée de la Libération. Celle-ci acquise, le responsable en territoire occupé de la radiodiffusion belge fut unanimement (communistes compris) élu président de l’Union nationale de la Résistance. Il obtint la même unanimité pour ériger à Liège, où se trouvait l’Enclos national des fusillés, le Monument national de la Résistance.
A 36 ans, fin 1945, ce Liégeois, alors choisi par la gauche luxembourgeoise, fut nommé Gouverneur de la Province de Luxembourg. Huit ans plus tard, sa « mutation » vers Liège fut contestée par la majorité socialiste-libérale. Par contre, André Renard dont Pierre Clerdent avait fait aider financièrement un groupe de résistants par un délégué de Londres vint lui souhaiter bonne chance. Le Gouverneur n’en manqua pas. Il fut de tous les combats pour Liège : autoroutes, T.G.V. (y compris l’arrêt en ville et le tunnel de Soumagne), port (et les écluses fluviales pour y accéder), aéroport, investissements étrangers, développement économique (SPI), concertation des « forces vives » (groupe Japon puis Liège 2000) mais aussi opposition à l’injuste annexion des Fourons au Limbourg.
A 62 ans, sur les conseils de son médecin, il demanda à être déchargé de sa mission. Il subit une lourde opération chirurgicale et… se retrouva en pleine forme. Il accepta en 1971 la présidence de Cockerill qu’il exerça jusqu’en 1979 tout en y restant ensuite chargé de relations extérieures. En 1981 il se laissa convaincre par Jean Gol de mener la liste libérale au Sénat et il fut un parlementaire actif jusqu’en 1988, à l’aube de sa quatre-vingtième année. Actif, il le fut encore une quinzaine d’années. Par exemple en septembre 2004, il accepta d’être le principal orateur de la commémoration par la Ville du soixantième anniversaire de sa libération et ce nonagénaire s’exprima longuement et très clairement devant une assistance de plusieurs centaines de personnes aux premiers rangs desquelles se trouvaient de nombreuses personnalités dont en cette circonstance l’Ambassadeur des U.S.A.
En prévision de son décès (qui survint le 10 juin 2006), Pierre Clerdent créa une fondation en souvenir de son épouse Simone disparue des suites d’une maladie neurologique particulièrement pénible. Ils n’avaient pas pu avoir d’enfant et n’étaient pas inutilement dépensiers. Leur fortune, celui qui fut fait, par le Roi, baron en 1971 et comte en 1995 et qui reçut en 1999 le plus haut grade personnel dans l’Ordre de la Légion d’Honneur (celui de Grand-Croix), Pierre Clerdent la légua à cette fondation dont il choisit les administrateurs et le comité scientifique international de très haut niveau. Le but principal est d’encourager en Communauté française un projet de recherches neurologiques d’une durée de trois ans.

Ce prix a été remis pour la première fois ce 17 décembre 2008 en présence de la Princesse Astrid. Même s’il est triennal, son montant s’avère vraiment non négligeable : 400.000 € (soit 16 millions 136.000 francs belges). C’est un jeune quadragénaire maître de recherches au Fonds national de la recherche scientifique, travaillant à l’institut interdisciplinaire en biologie humaine et moléculaire de l’Université libre de Bruxelles, Pierre Vanderhaeghen (la photo) qui a été unanimement choisi afin d’étudier génétiquement le comportement cérébral en tentant d’opérer des réparations au départ de cellules souches.

Ajoutons encore que c’est le chef du service de neurologie du C.H.U. liégeois, le Professeur Gustave Moonen , doyen de la Fac’ de Médecine de l’U.Lg qui préside le Conseil d’administration de la Fondation Simone et Pierre Clerdent dont l’exécuteur testamentaire Me Didier Matray est membre à vie. Quant au Conseil scientifique il est présidé par le fondateur du service de neurologie de l’hôpital Erasme à Bruxelles, le Professeur et Sénateur M.R. Jacques Brotchi qui est un Liégeois de Bruxelles (et même en partie un Fouronnais car enfant juif il fut caché par notre ami de Mouland André Lebfèvre ancien responsable de la Protection civile à Kemexhe et militant de l’Action fouronnaise et de l’Association wallonne des Anciens Combattants, l’A.W.A.C.).
Lors de la séance académique dont l’accueil fut assuré par le Gouverneur Michel Foret, le délégué du Bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (retenu par un conseil d’administration d’Ethias), l’Echevin de la Culture Jean-Pierre Hupkens annonça que la commission communale de toponymie a proposé dès le 12 novembre 2007 de nommer une voirie « Gouverneur Pierre Clerdent » ce que le Collège présentera au Conseil communal dans le cadre de l’aménagement des abords de la gare TGV. Enfin, la Ville de Liège annonce officiellement qu’un monument à la mémoire de Pierre Clerdent sera érigé à son initiative et en concertation avec la Fondation.





Jean-Marie ROBERTI