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Cinéma

Mis en ligne le 17/10/2008

Les LIP, l’imagination au pouvoir à voir au Churchill, jusqu'au 10 novembre



Un film à voir , en avant-première au cinéma « Sauvenière » le mardi 21 octobre. L’ histoire vraie d’une lutte prolétarienne du siècle dernier (1973). Et comme l’histoire replace les mêmes plats au 21ème siècle…

C’est en présence du réalisateur Christian Rouaud, avec une introduction de Marc Goblet, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme, qu’aura lieu, ce mardi 21 octobre à 19h45, au Cinema Sauvenière (place Xavier Neujean à Liège), la présentation en avant-première en Belgique du film : «Les LIP, l'imagination au pouvoir ».
« Les LIP, l’imagination au pouvoir » un film de Christian Rouaud, (France, 2007), 1h58. Avec Charles Piaget, Roland Vittot, Fatima Demougeot, Raymond Burgy.

Nous avons eu un véritable coup de cœur pour ce documentaire resté inédit en Belgique. Voici enfin l’occasion de le découvrir ! Il nous replonge dans les années 70, en pleine prise de pouvoir de l’usine LIP (des montres prestigieuses à l’époque) par ses ouvriers, une affaire qui prendra rapidement une ampleur internationale, symbole des luttes ouvrières à venir.
Engagé mais nuancé, « LIP, l’imagination au pouvoir » retrace le combat pour sauver de la faillite l’usine de fabrication de montres LIP, depuis la prise d’otage des administrateurs et l’assaut des CRS jusqu’au sabordage de l’entreprise par l’entremise de Giscard. Entre les deux, une expérience autogestionnaire fructueuse, et un slogan qui fait date : « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie ! »
Le film parvient non seulement à retracer de manière haletante l’histoire des LIP (ce qui, pour un documentaire composés majoritairement d’entretiens, est un coup de maître), mais à nous replonger dans ce combat en totale empathie avec les protagonistes de l’époque.
On ne peut que constater les résonances actuelles de leur combat. Car là, à Besançon, une fois les patrons et les CRS partis, se sont jouées – outre la mise en œuvre de l’autogestion – les bases des avancées des droits ouvriers futurs : la répartition des salaires (« à travail égal salaire égal ») et le rôle des femmes dans la gestion de l’usine.
Cela se passait le siècle dernier, en 1973. Aujourd’hui, en pleine crise financière mondiale, en période d’austérité accélérée, de précarité infligée volontairement par les tenants du pouvoir et de l’argent (les deux vont généralement de paire) l’histoire vraie que raconte ce film pourrait se reproduire. L’histoire replace souvent les mêmes plats qui ne sont pas toujours très commestibles. Mais à qui la faute ? Pas aux travailleurs en tout cas.

C’était possible…

Pour Serge Halimi écrivain français d’origine tunisienne et journaliste au Monde diplomatique depuis 1992 et dont il est depuis mars 2008, directeur de la rédaction :
«Au départ, en avril 1973, quand Lip annonce aux quelque 1 300 salariés que des licenciements vont intervenir dans l’entreprise d’horlogerie, le syndicaliste ouvrier Charles Piaget se montre hostile à la grève. Il préfère que ses camarades freinent le rythme des machines et celui des mains. Ils arrêtèrent de travailler dix minutes par heure. Ainsi commença la longue aventure des Lip qui, comme souvent dans l’histoire des mouvements ouvriers, partit de revendications très « raisonnables » (ne pas perdre son travail à une époque où le chômage reste modeste) et, chemin faisant, découvre que (presque) tout est possible.
(…) Alors, (une fois les CRS et les administrateurs partis) parmi les ouvriers, il y en a un qui a dit : « et si on prenait les montres ? » Soit, mais que faire de toutes ces montres ? On décide de les vendre et de remettre en route l’usine pour en produire de nouvelles, cette fois sans patron. La vente est un énorme succès. En six semaines, le chiffre d’affaires ainsi réalisé correspond à 50 % du total d’une année ordinaire. Il y avait des caches pour les montres, il y en aura d’autres pour l’argent. Chargements clandestins sur les routes, déguisements, perruques : la folie des jeunes ouvriers rencontre la sagesse des anciens. « Le plus grand moment d’exaltation, se rappelle une ouvrière, ça a été notre paie sauvage. On a touché du doigt le fait que c’était possible. »

La FGTB offre des places pour cette soirée spéciale. Téléphoner au 04.221.97.34 pour réserver des places.


Autres séances et autre projection spéciale le 6 novembre

Le film sera encore projeté au Churchill le samedi 25 octobre à 15h45, le dimanche 26 octobre à 18h00, le lundi 27 octobre à 20h15, le mardi 28 octobre à 20h00, le jeudi 30 octobre à 18h15, le vendredi 31 octobre à 12h05, le samedi 1er novembre à 19h45, le dimanche 2 novembre à 16h00 et à 20h15, le lundi 3 novembre à 17h00, le mardi 4 novembre à 18h00, le dimanche 9 novembre à 15h30, le lundi 10 novembre à 12h00.

Une projection spéciale aura également lieu au Parc le jeudi 6 novembre à 19h45, suivi d'une rencontre "L'autogestion, toujours d'actualité" avec Marie-Thérèse Coenen, Jean-François Orianne, Raymond Coumont et Christian Legrève qui animera le débat. Dans le cadre d'un partenariat avec le CNCD sur la campagne "Travail décent", Arnaud Zacharie présentera l'ensemble de la campagne en introduction de cette soirée.

http://liplefilm.com





Gaston LECOCQ