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En Ville

Mis en ligne le 21/09/2008

Allocution de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège


Dans le cadre du 178ème anniversaire des Evénements de 1830 et de la célébration des Fêtes de Wallonie. La Ville de Liège, le Pays de liège, entrent dans une aire nouvelle…

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité du discours que Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, aura prononcé ce dimanche 21 septembre à l’Opéra Royal de Wallonie à l’occasion des Fêtes de la Wallonie à Liège et aussi dansle cadre du 178ème anniversaire des Evènement de 1830.
Etant en voyage à l’étranger, nous n’avons pu cette année, assister comme les années précédentes à cette cérémonie qui marque le vie des Liégeoises et des Liégeois.


Bonne lecture.

Le discours

La Ville de Liège, le Pays de Liège entrent dans une ère nouvelle.

La dette historique de la Ville de Liège (47 millions d’euros par an) et la majeure partie du financement des pensions de nos agents communaux sont désormais reprises par la Région wallonne à travers sa réforme du Fonds des Communes.

Cette dette fait donc partie du passé et de l’histoire de la Ville.

Elle a hanté les esprits de plusieurs générations d’élus et les a traumatisées avec des épisodes douloureux pour notre personnel et pour notre région.

Je peux, à titre personnel, en témoigner, moi qui suis présent au Conseil communal depuis 20 ans et à la tête de la Ville depuis bientôt 10 ans.


Je voudrais ici saluer la sagesse du Gouvernement wallon, et en particulier des Ministres liégeois Daerden, Marcourt et Simonet, qui ont entendu nos appels et avalisé nos arguments de sérieux, de bonne gestion et d’équité.

Ne nous trompons pas : tant la somme sollicitée était importante, notre dossier devait être parfait.

Je veux avoir ici une pensée spéciale pour les sacrifices consentis depuis 20 ans par le personnel communal, que je tiens à remercier pour sa maturité tout au long de ces années et pour les efforts de notre population, à travers la fiscalité.



Mesdames, Messieurs, sommes-nous aujourd’hui plus riches qu’hier ?

Que nenni !

Nous n’avons pas plus d’argent mais nous sommes redevenus libres.

Pour la première fois, en 2009, nous pourrons assurer le service public sans emprunter, sans endetter les générations futures, comme le furent malheureusement les précédentes.

Mais la réforme du Fonds des Communes ne nous permettra pas de raser gratis.

Elle nous autorise seulement, mais c’est fondamental, à stabiliser durablement l’institution et à concentrer notre action sur le renouveau de la Ville et sur les conditions de travail de son personnel.

A cet égard, avec les organisations syndicales, notre Collège souhaite harmoniser les statuts en appliquant le principe : à travail égal, salaire égal. Nous adapterons également le cadre de notre personnel aux nouvelles missions à remplir par la Ville.

La dette historique disparue, j’ai annoncé que, dès la prochaine législature régionale, la Ville de Liège poursuivrait son dialogue avec le Gouvernement wallon dès la prochaine législature régionale, pour faire reconnaître le statut particulier des grandes villes et le financement qui doit l’accompagner.

Chaque chose en son temps.




Mesdames, Messieurs,

Cette décision capitale pour la Ville nous permet de passer un cap et de libérer les énergies vers des objectifs nouveaux.

Désormais, nous ne passerons plus notre temps à tenter de trouver des solutions pour boucler le budget.

Pour Liège, je vous invite, avec tout le Collège communal, avec la Province de Liège, avec la Conférence des Bourgmestres, avec nos Ministres, à nous rassembler toutes et tous pour atteindre un objectif :
affirmer notre statut de métropole culturelle et économique eurégionale.

C’est ce que nous faisons en réactualisant le Projet de Ville qui énumère des priorités concrètes, chiffrées, planifiées et convergentes.

Cette méthode, j’entends la proposer pour notre arrondissement à la Conférence des Bourgmestres.

Avec les maïeurs des 24 communes, les Collèges et les Conseils communaux, avec nos 600.000 habitants, avec l’association étroite de la Province de Liège, nous devons maintenant nous engager dans la définition d’un véritable Projet d’Agglomération

Pourquoi ?

J’ai eu le plaisir de conduire, il y a quelques jours, une délégation de notre Conseil communal à Saragosse, siège de l’Expo internationale de l’Eau.

Sir Peter Hall, brillant professeur de planification urbaine de l’Université d’Oxford, y déclarait ceci lors d’un colloque consacré aux conditions de développement des villes :

« Les métropoles qui gagnent sont celles qui allient culture, technologie et économie tout en gérant la mobilité et l’enseignement de manière optimale. »





Mesdames, Messieurs,

Allons-nous dans cette direction ?

Je le pense très sincèrement.

La Ville de Liège épouse la même courbe de redressement que la Région wallonne.

Toutes les décisions majeures, toutes les réalisations engrangées, au cours des 12 mois qui se sont écoulés, vont bien dans ce sens.

5 exemples pour illustrer mon propos.

Premièrement, la mobilité.

À Blegny, en décembre 2007, la Conférence des Bourgmestres que je préside a tenu une réunion essentielle.

Les 24 bourgmestres des communes de notre arrondissement et leurs Echevins de l’Urbanisme se sont en effet accordés sur la priorité à donner au retour du tram, en lien avec une desserte de bus réorganisée, une utilisation accrue du réseau SNCB, et une implantation sur l’agglomération d’un système de vélos en libre-service, comme à Paris ou à Lyon.

Notre objectif commun est de mieux structurer notre arrondissement, d’améliorer la qualité de la vie des habitants et d’agir concrètement pour le développement durable.

Cette prise de position forte en faveur du tram a fait basculer les décideurs wallons de notre côté : sur base d’une analyse de fréquentation en constante augmentation (démontrant l’attractivité croissante du centre-ville), le Gouvernement wallon a décidé du principe de la réalisation d’une première ligne desservant la vallée sur la rive gauche de la Meuse, de Seraing à Herstal.

Dès à présent, la Ville prend les contacts utiles pour la définition fine du futur tracé du tram.

Ce nouveau mode de déplacement ne doit en effet pas être qu’un moyen de transport mais bien une nouvelle manière de vivre les villes et de vivre en villes.

Avec les Bourgmestres de Seraing et d’Herstal et tous ceux intéressés, nous formulerons, ensemble, les choix judicieux pour l’avenir.

Je suis également persuadé qu’une ligne c’est bien, mais qu’un bouclage de la rive droite et d’autres communes, d’Ans à Fléron, c’est encore mieux. Je revendique pour l’arrondissement cette 2ème ligne.

En 12 mois, les décisions de principe en matière de mobilité ont plus évolué qu’au cours de ces 10 dernières années.

Deuxième projet emblématique : celui de la plaine de Droixhe.

Sans l’opiniâtreté de l’Echevin du Logement Maggy Yerna, ce projet n’aurait jamais abouti.

Aujourd’hui, après avoir vaincu récemment les dernières difficultés, la transformation du quartier de Droixhe va réellement débuter avant la fin de cette année. Il s’agissait là du dernier caillou historique dans la chaussure de notre Ville et de notre Région.

Là aussi, nous marquerons le début d’une nouvelle époque, celle d’une mixité réelle et de la fin de la stigmatisation injuste d’un quartier vivant.

Troisième dossier majeur : le financement européen.

Vous l’aurez remarqué, la Ville de Liège a reçu des moyens financiers importants dans le cadre de l’attribution des Fonds FEDER.

Grâce à la qualité des projets, que j’ai eu le plaisir de défendre avec l’Echevin de l’Urbanisme Michel Firket, nous pouvons certifier aujourd’hui que la transformation du quartier des Guillemins ne se limitera pas à la réalisation de la place en face de notre nouvelle gare TGV.

Désormais, nous avons la certitude de réaliser une magnifique percée urbaine qui comprendra une passerelle pour les cyclistes et les piétons enjambant la Meuse, un enfouissement de la circulation automobile à l’intersection du quai de Rome et de l’avenue Blonden et la rénovation du musée d’art moderne et d’art contemporain.

Tout ceci, à quelques mètres de la Médiacité, dont l’impressionnant chantier laisse deviner l’intense activité économique, commerciale et culturelle que l’on y trouvera.

Ce projet, de la Gare à la Médiacité, c’est le Liège du 21ème siècle qui retrouve couleurs et ambitions.

En quatrième lieu, je dois souligner les avancées essentielles dans le domaine culturel.

Le complexe du cinéma Sauvenière a ouvert ses portes et je salue ici le dynamisme de toute l’équipe des Grignoux qui œuvre depuis 25 ans sur le terrain ;

Le Théâtre Royal a reçu l’assurance d’être rénové de fond en comble au grand bénéfice de l’Opéra ;

L’Emulation est devenu une certitude pour le Théâtre de la Place ;

L’Orchestre philharmonique a récemment triomphé en Amérique du Sud ;

La Ville et plusieurs de ses acteurs culturels ont conclu des accords croisés avec Maastricht, le Limbourg néerlandais, et d’autres villes belges et européennes pour permettre à nos artistes de se faire connaître ;

La RTBF vient de poser la première pierre de son bâtiment qui doit abriter 320 travailleurs et le plus moderne des studios d’enregistrement du pays ;

L’activité audiovisuelle et cinématographique, stimulée par le Bureau de tournage provincial, est en plein développement et le Pôle Image est une réalité dans le quartier du Longdoz ;

le Festival rock « Les Ardentes » a définitivement pris son envol et resitue Liège sur la carte des festivals d’été pour les jeunes.

L’Echevin de la Culture, Jean Pierre HUPKENS, a comme priorité de s’atteler à la création, à Liège, d’un véritable pôle d’arts contemporains et à la redynamisation de l’ensemble des musées dans la foulée de l’ouverture du Grand Curtius en mars prochain.




Par ailleurs, je suis d’accord avec l’idée qui consiste à faire de Liège une capitale « off » en 2015. Nous allons nous structurer en partenariat dynamique avec Mons, comme avec Maastricht en 2018.


Mesdames, Messieurs,

Jamais une ville endettée n’a fait autant pour la culture. Ce n’est pas maintenant que nous allons nous arrêter. Que ce soit dans les briques ou au profit des artistes et du public, que ce soit durable ou éphémère, la culture sera, avec le tourisme et le patrimoine, au centre de nos préoccupations.

Liège est et sera culturelle, aujourd’hui et demain.

Je conclurai cette liste d’avancées majeures en évoquant l’économie de notre région.

Notre appel d’offres international au Port autonome de Liège pour le développement du Trilogiport a été un succès.

J’ai pu constater, avec le Conseil d’administration du Port, que les investisseurs étrangers se sont pressés au portillon.

L’atout que représente la Meuse sera valorisé de manière optimale. Ce projet débouchera sur la création de milliers d’emplois grâce à l’intensification du trafic fluvial qu’il va générer.

Je voudrais également souligner le développement croissant des activités de l’aéroport de Liège et les avancées en terme de TGV Fret.

Enfin, les entreprises liégeoises sont performantes et sont rejointes par de nouvelles sociétés, attirées par nos atouts et notre dynamisme.










Mesdames, Messieurs,

Cette énumération doit nous convaincre d’une chose : nous retrouvons le chemin du succès pour notre métropole.


Mesdames, Messieurs,

Il n’y a pas de fatalité.

Seuls ceux qui prennent en main leur destin avec audace assurent leur avenir et celui de leurs enfants.

Comme la Région wallonne, qui progresse pas à pas dans tous les domaines, comme le Standard de Liège dont le titre retrouvé nous a mieux fait prendre conscience de nos possibilités, l’heure est venue de nous affirmer à nouveau.

L’heure est venue de reprendre notre rang en Wallonie, dans le pays et au niveau international.

Il ne s’agit pas, comme par le passé, de dépenser sans compter, et de croire qu’il nous suffira de paraître pour vaincre.

Dans un monde hostile, impitoyable, nous devons profiter de notre stabilité retrouvée. Il nous faut dire avec méthode et sérieux à tous nos interlocuteurs : « Liège est de retour ! »

C’est la raison pour laquelle je suis fier de l’initiative citoyenne lancée pour soutenir la candidature de Liège comme capitale culturelle européenne en 2015.

Les Liégeois s’expriment, sont fiers de leur ville et veulent que celle-ci rayonne.

Je leur dit : banco !




Vous le savez, comme le Gouvernement de la Communauté française, comme le Gouvernement wallon, comme les Premiers Ministres, le Conseil communal a majoritairement estimé que la voie proposée n’était pas adéquate et allait nous faire perdre beaucoup d’énergie.

Par contre, nous devons capitaliser sur la force créatrice des Liégeoises et des Liégeois qui s’expriment, sur leur génie artistique et sur la chaleur des citoyennes et des citoyens du Pays de Liège pour développer un projet emblématique d’envergure internationale

A l’heure actuelle, nous réfléchissons à deux voies : l’organisation d’un Forum universel des cultures sous l’égide de l’UNESCO et l’organisation d’une Exposition internationale, à l’instar de celles de 1905 et de 1939, qui ont fait venir le monde entier à Liège.

Nous en sommes au stade où nous rassemblons toutes les informations pertinentes sur les contraintes et les opportunités de développer de telles manifestations.

Dans tous les contacts que j’ai pris depuis 3 mois sur ces sujets, je sens que ces manifestations pourraient rencontrer l’assentiment de tous et l’aspiration de notre population.

J’ai perçu en tous cas un accueil enthousiaste des Forces vives liégeoises à leur égard.

D’ici à la fin de l’année, si les conclusions de nos études sont favorables, nous transmettrons aux différents gouvernements du pays un document officiel pour faire acter notre candidature de principe.

Il faut être clair : sans un appui franc et massif des gouvernements régional, communautaire et fédéral, rien ne sera possible.

J’en appelle déjà aux responsables liégeois présents au sein des divers exécutifs du pays afin qu’ils défendent Liège.
Chacun doit comprendre que le rayonnement international d’une métropole wallonne profitera au pays tout entier.







Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui le pays est à la croisée des chemins.

La seule voie qu’il doit prendre est celle qui apporte un plus aux citoyens, quels qu’ils soient.

La Wallonie se redresse. La Wallonie aide ses villes.

Liège se redresse et aide la Wallonie

Liège est en mouvement.

Liège entend retrouver son rang. Elle s’en est donnée l’ambition et en a retrouvé les moyens.

Comme les grandes métropoles d’aujourd’hui, Liège, à plusieurs moments de son histoire, a joué un grand rôle en Europe et dans le monde.

Souvenons-nous de la Principauté de Liège de Notger , du siècle des Lumières dans notre vallée de Velbruck et de la révolution industrielle
de John Cockerill.

Je le réaffirme : Liège est la métropole culturelle et économique eurégionale de demain

Pour atteindre cet objectif, Liège aura besoin de tout le monde mais surtout des Liégeoises et des Liégeois.

Ayons la maturité de nous unir pour que Liège, sa ville, ses communes son agglomération se réaffirment.

Ne commettons pas entre Liégeois ou entre Wallons les erreurs de comportement que nous dénonçons au niveau fédéral.








Mesdames et Messieurs,

La richesse qui est en nous m’autorise à vous promettre des jours meilleurs, des jours enthousiasmants, des jours heureux.

Tous ces progrès constatés, tous ces résultats engrangés, tous ces investissements géniaux largement engagés le présagent. Ils ne poursuivent qu’une seule finalité, qu’un seul but : donner du bonheur à toutes les Liégeoises et à tous les Liégeois, à celles et ceux qui nous visitent, à celles et ceux qui nous rejoignent, à nos enfants.

Et cela, c’est le plus beau des projets.

Je vous le disais au début de ce discours…..

la Ville de Liège, le Pays de Liège entrent vraiment dans une ère nouvelle.

Vive Liège.

Vive la Wallonie.