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Société

Mis en ligne le 22/07/2008

Pour Marcel Conradt : Les "étrangers" plus dangereux pour l'Union européenne que les "lobbies religieux et les sectes" ?

A un peu plus d'un mois d'intervalle, le Parlement européen ferme les portes de l'Europe à l'immigration en votant une directive déjà surnommée " directive de la honte" et les ouvre " grandes ouvertes" aux lobbies religieux de quelque nature que ce soit. L'Europe n'est donc plus la forteresse que certains dénoncent. Enfin, elle l'est pour certains et pas pour d'autres!

Si la presse et bon nombre d'Ong ont longtemps rapporté et fait écho aux discussions précédant le vote de la directive sur le retour forcé... par contre, peu, voire personne n'a relaté le vote de l'amendement 3 de la législation visant à rendre transparente l'action des lobbies au sein des Institutions européennes. Ou plus exactement son rejet!

Un amendement visant à inclure dans la définition des groupes à considérer comme "lobbies", les organisations religieuses et les associations représentant les églises sans que cette notion d'église ne soit cependant définie. Ce qui permet, par exemple, que l'église de scientologie soit admise tout à fait officiellement au Bepa de la Commission européenne, ce bureau d'experts oeuvrant au dialogue entre la Commission et les organisations religieuses et de conviction.

Les associations proches des églises sont pourtant bel et bien à considérer comme des lobbies puisque la définition d'un lobby est: " des acteurs (...) tant publics que privés, en dehors des institutions européennes, qui répondent à cette définition et influencent fréquemment les institutions (...) dès lors qu' (elles) ont l'intention d'influer sur l'orientation d'une politique(...)",
des acteurs " qui visent à influer sur l'élaboration des politiques et les processus décisionnels des institutions européennes (...)"

Le rejet de cet amendement par 316 députés garantit ainsi aux lobbies religieux l'opacité la plus totale puisque, contrairement aux lobbies "officiellement reconnus par le Parlement", ils ne devront ni s'inscrire sur un registre, ni déclarer leurs sources de financement, ni "qui" les subsidient, ni pour qui ils travaillent vraiment. Ou qui se cache derrière leur appellation, une appellation parfois très opaque .

A la suite de ce vote, le porteur de la résolution, Alexander Stubb, en a conclu que, de ce fait, selon les traités en vigueur, les associations religieuses et les églises devaient alors être considérées comme des "partenaires" et non comme des lobbies.

Belle victoire du lobbying religieux! Voici donc les églises et autres associations religieuses " partenaires" de l'Union. La notion de laïcité est enterrée.

Marcel CONRADT

Assistant parlementaire au Parlement européen
Auteur de : " Sectes et lobbies religieux à l'assaut de l'Europe" Editions du Grand Orient de Belgique . Voir article sur . « Proxi-Liège » du 6 mars 2008