• Visiteur(s) en ligne : 2
  • |
  • Visiteurs total : 3171371

Théâtre

Mis en ligne le 20/07/2008

49 ème Festival du théâtre de Spa


Au cœur de l’Ardenne : un Festival au service du Théâtre…et donc du public du 8 au 22 août.

Du 8 au 22 août, vivez une quinzaine estivale intense. Complétez ou remplacez votre cure thermale : découvrez la théâtrothérapie ! A cette fin, dénichez une Cité riche d’une longue tradition. Amenez-y une équipe amoureuse de l’art dramatique. Parce qu’elle s’intéresse en permanence aux meilleurs spectacles des autres. Et parce qu’elle se passionne pour la (re)découverte de textes, contemporains ou non et cela avec la volonté non pas de s’en servir mais bien de les servir. C’est-à-dire de les respecter en les mettant en scène et en les interprêtant. C’était il y a un bon demi-siècle la recette en Avignon (sans festivals off) et à Chaillot de Jean Vilar et de son T.N.P.. Il n’y en a pas eu de meilleure depuis.

Petit rappel d’une tradition dramatique ancienne.

Au début du XIVème siècle, les fourneaux sidérurgiques avaient besoin de minerai et de grandes quantités de charbon de bois (la houille – nom venu de la langue wallonne et adopté par la langue française – ou « charbon de terre », souvent souterrain, n’étant pas encore exploité).
Deux de ces fourneaux (des bas fourneaux pour produire de la fonte avec des minerais pauvres) étaient distants de quelque deux kilomètres, l’un à Spa, l’autre à Creppe.
Cette activité conduisit à la découverte d’un premier point d’eau assez ferrugineuse. Ce qui attira des curieux qui cherchèrent et trouvèrent d’autres sources.
Les voies de communication créées pour la sidérurgie permirent, peu à peu, l’arrivée de touristes et bientôt de curistes.
Plus intéressant encore que la « publicité » produite par les venues du Tzar Pierre le Grand ou de l’Empereur Napoléon III et même par celles de Casanova et de Victor Hugo, fut le « mandement » donné en 1751 par le Prince-Évêque de Liège, Jean-Théodore de Bavière, qui octroyait à Spa, « le privilège exclusif de donner des bals, des concerts et autres divertissements dans la Principauté de Liège ».
Forte de cette exclusivité, Spa vit, dès 1771, s’ouvrir la « Salle de la Comédie », une des plus jolies de l’Europe du XVIIIème siècle. En 1782, l’Empreur Joseph II appela la Cité des bobelins et du peuple spadois « le Café de l’Europe » tellement les « grands seigneurs » y affluaient avec leurs entourages et domesticités.
En 1908, il y a donc exactement un siècle, fut construit le grand bâtiment central de la Ville, avec ses salles de jeux, la majestueuse salle de bal et un joli lieu que les Spadois allaient appeler « le Petit Théâtre ».
Incendié en 1917, reconstruit dans les années ’20, ce « petit théâtre » était essentiellement consacré aux opérettes et à des concerts. La seconde guerre mondiale interrompit à nouveau toute activité et à la fin du conflit, ce théâtre perdit pied. Et alors un événement important se produisit qui va (rassurez vous) progressivement nous mener au Festival.
Il y a précisément un demi siècle (c’était pendant l’expo ’58 alors que je faisais durant tout l’été un stage en journalisme dans le quotidien où, quarante plus tôt, le même directeur – le troisième des quatre Joseph Demarteau successifs - avait engagé Georges Simenon ), une troupe vint jouer à Spa. Il s’agissait du Théâtre National de Belgique, créé le 19 Septembre 1945 par un Arrêté du Prince Régent , contresigné par le Ministre Auguste Buisseret qui devint ensuite Bourgmestre de Liège de 1959 à 1963. Ce fut lors de ces représentations que le Directeur Jacques Huisman (dont le « petit théâtre » rénové porte aujourd’hui le nom) découvrit les extraordinaires possibilités du complexe des salles spadoises construites un demi-siècle plus tôt. Il craignait de ne pas pouvoir réunir un large public mais néanmoins conçut l’idée d’un « Festival du Théatre national » . Il y a 49 ans (c’était le 15 août 1959) ce Festival naissait et vécut près de 30 ans grâce à l’équipe de Jacques Huisman parmi les collaborateurs du quel Marcel Deglume, Billy Fasbender et Robert Vannueten méritent particulièrement d’être cités. Ils remplirent les salles en des lieux multiples lors d’un nombre de spectacles variant annuellement entre soixante et cent.

Il y a vingt ans, sous la direction de Billy Fasbender et d’André Debaar, la formule changea et le Festival ne fut plus animé par une troupe mais devint en été la vitrine de la production théâtrale de la Communauté française.
En 1999, il y aura dix ans l’an prochain (année du cinquantenaire de cette manifestation désormais plus que majeure de l’art dramatique chez nous), la Ville de Spa (sous l’impulsion permanente de son Bourgmestre Joseph Houssa qui atteint en 2008 sa trentième année de mayorat) décida de confier la direction générale du Festival à un Wallon qui est parvenu à animer une équipe ayant ses productions propres à l’Atelier théâtral Jean Villar qu’il fonda en 1968 à Louvain-la-Neuve. Ce directeur général est Armand Delcampe. Avec l’excellente comédienne Cécile Van Snick comme co-directrice artistique, il signa le 29 octobre 2002 avec la Communauté française alors représentée par Richard Miller et la Ville de Spa un contrat-programme de cinq ans. Un avenant a prolongé ce contrat jusque la fin de cette année. Il est instructif de comparer ce que la Communauté française octroie comme subventions d’une part au Festival de théâtre de Spa et , par exemple, d’autre part, au « KUNSTENFESTIVAL des Arts » te/à Brussel-Bruxelles van Mevrouw (de Mme) Frie Leysen en van Meneer (et de Mr.) Geert Van Istendael. Nous n’y insisterons pas aujourd’hui mais que la majorité wallonne de la Communauté française laisse faire de telles inepties dépasse l’entendement.
Mais – en tout cas – ce qui n’est pas contestable, c’est la richesse de la tradition théâtrale spadoise.
En 48 saisons, plus de 3.000 représentations auront été données par le Festival théâtral de Spa, à près d’un million de spectateurs. Quelque 750 acteurs belges différents ont présenté un bon millier de pièces de tous les grands auteurs classiques mais aussi d’auteurs contemporains, consacrés ou prometteurs.
Il est dès lors naturel qu’en août, pendant une quinzaine de jours, la théâtrothérapie revête à Spa une importance qui rejoint celle du thermalisme dans une ville qui a donné son nom aux centres thermaux de multiples villes et complexes hôteliers du monde entier.
Cette introduction historique me paraissait préférable à une énumération des dates, des heures, des lieux, des auteurs, des titres, des metteurs en scène, des comédiens etc…
Vous trouverez sur le site officiel du 49ème Festival, une synthèse introductive en quelques mots et chiffres : 15 jours, 9 lieux, 37 spectacles dont 10 créations, 76 représentations, du théâtre pour enfants,
des rencontres et des lectures...

Ce site est simple à trouver : http://www.festivaldespa.be . Depuis le 7 mai, Proxiliège vous répète que la billeterie a été ouverte la veille et que vous pouvez les appeler gratuitement pour toute information au 0800/24140 et leur écrire à leur adresse de courrier électronique: info@festivaldespa.be Quant à moi, j’espère vous donner mon avis à deux reprises pendant ce Festival à l’occasion duquel j’ai demandé à Armand Delcampe (la photo) de pouvoir l’interroger sur une éventuelle régionalisation de l’art dramatique.
Voici mon choix. Quel est le vôtre ?
J’envisage donc de me rendre à Spa pendant quatre des quinze journées du Festival en vue de ce double compte-rendu que j’évoquais (les 8 & 9 puis les 14 & 15 août) afin d’écouter et de voir dix des trente sept spectacles programmés dont cinq des dix créations (celles qui ont été les plus commentées lors des conférences de presse).

Voici ce programme :
- le vendredi 8 août deux « incontournables » : d’abord de Jacques Henrard, décédé à l’âge de 88 ans, le 11 mai dernier à Tihange, son ultime œuvre dramatique mise en scène et interprétée par une Cécile Van Snick qui maîtrise parfaitement son grand talent de comédienne : « Amour, amour » à 18 h. puis une pièce sur la problématique du cancer à 20 h. 45’ « L’arbre de joie » avec notamment Alexandre von Sivers (la photo) né il y a 65 ans en Pologne, d’origines russes, géorgiennes et estoniennes, docteur en droit et syndicaliste FGTB mais aussi et surtout, depuis plus d’un tiers de siècle, un exceptionnel serviteur de l’art dramatique à Bruxelles et en Wallonie;
- le samedi 9 août, la « totale » avec, d’abord, à 15 h. 30’ la lecture d’une pièce de Jean-François Viot : « Sur la route de Montalcino » cette cité du sud de la Toscane où l’on produit le meilleur vin d’Italie : le Brunello, puis à 18 h. 30’ avec le très sympathique Léonil Mc Cormik âme du théatre bruxellois de La Valette : « Le voyage » à Dachau d’une père accompagné de son fils et ensuite à 21 h., la reprise d’un succès du Festival d’il y a deux ans « L’Amérique » ;
- le jeudi 14 août : à 18 h. 30’ un double vaudeville inspiré d’Eugène Labiche et joué par le Théâtre des Sources « Embrassons-nous » puis à 20 h. 30’ sous le chapiteau des Baladins du Miroir une re-création par Nele Paxinou et les Baladins de la légende de « Tristan & Yseut » et
- enfin le vendredi 15 août à 18 h.. une pièce sur des jeunes violents écrite par une anglaise de vingt ans « Mon petit soldat » de Polly Stenham puis à 21 h « La Molière » où Frédérique Tirmont incarne Madeleine Béjart et à 22 h.30’ un spectacle de cabaret avec « Les (aguicheuses) Olives noires ».
C’est à vous à présent qu’il appartient de faire votre choix en consultant le site www.festivaldespa.be.





Jean-Marie Roberti.