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Culture

Mis en ligne le 28/05/2008

Pourquoi nous ne sommes pas entrés dans le mouvement de la pétition «Liège 2015» ?


Les réponses du bourgmestre Willy Demeyer et du député provincial Paul-Emile Mottard sur le même sujet correspondent parfaitement à ce que nous pensons…

«Liège capitale européenne de la culture ! » C’est effectivement un beau titre. C’est aussi une belle opportunité (une de plus, car elles ne manquent pas depuis plusieurs années) de faire connaître Liège au-delà de nos frontières.
Alors pourquoi, direz-vous, «Proxi-Liège» ne s’est-t-il pas impliqué dans le mouvement «Liège 2015», lancé, au début du mois ?
Personne ne pourra pourtant dire que «Proxi-Liège» (depuis sa création en 2000) ne fait pas le maximum pour l’image de Liège et du Pays de Liège en général ainsi que pour la «culture liégeoise» en particulier. Nous ne ménageons pas nos peines (je vous rappelle que nous travaillons gratos) pour donner à Liège, et à tout son paysage culturel, une visibilité extraordinaire, grâce à la magie d’Internet. Les chiffres de notre lectorat sont significatifs à ce sujet.
Nous n’avons donc sûrement aucune leçon à recevoir de quiconque concernant nos choix et notre politique éditoriale.
Ceci étant dit, je voudrais rappeler à nos aimables lecteurs «culturels» qu’en 2004, alors qu’à l’unanimité, les membres des gouvernements de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne, votaient pour « Mons 2015 », seul «Proxi-Liège» avait poussé une gueulante contre un tel choix. J’avais même écrit, faisant référence à la multitude de manifestations et de lieux culturels qui foisonnent chez nous que, quoi qu’on dise ou qu’on écrive, Liège était de fait «capitale culturelle de la Wallonie».
A l’époque, personne n’avait embrayé, considérant sans doute que les élucubrations d’un vieux scribouillard ne valaient pas la peine qu’on s’y attarde. Je m’étais d’ailleurs dit, vu l’absence de réactions, que le climat toujours très «constructifs», «confraternel» et «solidaire» du landerneau culturel liégeois y était pour quelque chose et je ne suis plus revenu sur le sujet, puisque personne ne semblait s’en émouvoir.
Quatre ans plus tard, ce même landerneau culturel se réveille. Pour moi, il est trop tard, je me suis rendormi et je compte bien que l’on me foute la paix sur ce sujet.
D’ailleurs, les positions développées par le bourgmestre Willy Demeyer (suivi par sa majorité au Conseil communal de ce lundi 26 mai) et celles du député provincial Paul-Emile Mottard, lors du Conseil provincial du jeudi 22 mai, correspondent, pratiquement à ce que je pense. Je vous invite à lire leurs déclaration in extenso ci-dessous.
Ceci étant, même si je me suis endormi sur ce sujet et que je n’ai pas l’intention de suivre qui que ce soit dans la polémique (à mon âge cela devient très fatigant et de toute façon, ça ne sert à rien), je continuerai, avec mes maigres moyens, ni plus ni moins, à parler de la culture liégeoise. Quant à ce qui se passera en 2015, 2018 ou 2020, essayons au moins de bien faire ce qui est prévu à plus brève échéance. Liège n’en sera que plus auréolée.

Gaston LECOCQ


Intervention du bourgmestre Willy Demeyer à l’occasion du débat relatif à la candidature de Liège comme «Capitale culturelle européenne 2015»

«Le débat qui est posé aujourd’hui, est un débat qui ne peut se développer que dans une ville en plein renouveau, dans une ville qui progresse, dans une ville qui s’affirme.
Il était impensable qu’un certain nombre d’artistes ou de citoyens se mobilisent il y a 20 ou 10 ans. A cette époque, nous pansions nos plaies.
Avec plusieurs d’entre vous, nous nous battons depuis lors pour permettre à Liège de retrouver son rang. Depuis 10 ans, malgré une politique de dénigrement systématique, la population le constate : le travail porte ses fruits.
Aujourd’hui, sans que nous ne soyons plus riches, nous sommes libérés du poids de la dette.
Aujourd’hui, le statut de grande métropole wallonne est reconnu sans ambiguïté à Liège et à son arrondissement par la Région wallonne dans l’attribution des fonds européens.
Un journal important de la place disait à ce sujet : « Liège a l’ambition d’une capitale.»
Réjouissons nous que cette ambition ait été reconnue au niveau wallon.
Je tiens à souligner ici l’effort considérable que les pouvoirs publics wallon, communautaire, provincial et bien entendu communal ont réalisé tout au long de ces années de disette.
Je ne connais pas d’autre exemple de ville endettée qui ait autant investit dans la culture.
Quand certains s’en étonnent, je leur réponds que «la culture est consubstantielle à Liège.»
En un mot comme en cent, Liège sera culturelle ou ne sera pas !
C’est la raison pour laquelle le Collège communal a pris résolument l’option de privilégier une politique structurelle et de long terme en faveur de l’ensemble du vivier culturel liégeois, tant en infrastructure qu’en moyens de financement.
Jugez plutôt et rappelons-nous :
- la salle du Philharmonique est remarquablement rénovée, l’OPL a un contrat-programme ;
- l’Opéra a désormais la certitude de se produire dans un écrin et possède un contrat-programme ;
- le Théâtre de la Place a la certitude de s’installer définitivement à l’Emulation et il a un contrat-programme ;
- les Grignoux, fer de lance du vivier cinématographique liégeois vient d’ouvrir 4 nouvelles salles, avec l’aide des pouvoirs publics ;
- le festival international de jazz à Liège est le plus grand du pays dans son genre et nous l’aidons depuis le début ;
- Liège est, de manière crédible, sur la carte des festival-rock grâce à l’action de l’équipe de la Soundstation que nous soutenons ;
- Liège reçoit à nouveau de grandes donations, comme la récente collection du Baron Duesberg en témoigne ;
- Le Grand Curtius, vitrine de nos collections d’art et d’histoire, ouvrira ses portes au printemps 2009 ;
- Et demain, le centre international d’art à la Boverie …
Croyez-vous que tout ceci est le fruit du hasard ? Croyez-vous que sans la volonté farouche du Collège d’assurer notre avenir culturel et sans les moyens importants – parfois énormes – sollicités et obtenus auprès de la Région wallonne et de la Communauté française, nous aurions pu faire autant progresser la culture à Liège dans un contexte difficile ?
Pendant que nous menions cette bataille, d’autres se sont profilées et ont rappelé, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, les répartitions de rôle entre les villes wallonnes.
Jean-Maurice Dehousse l’a rappelé récemment : Mons a émis le souhait depuis dix ans que le rôle culturel qui lui avait été attribué soit reconnu à travers l’obtention du titre de capitale culturelle européenne.
A l’époque, le Collège des Bourgmestre et Echevins a dit : «Pas de concurrence entre villes wallonnes ». Aujourd’hui, je reprends cet argument à mon compte.
Au vu des gestes très importants de solidarité que la Wallonie a posé à l’égard de Liège en reprenant sa dette cumulée et en assurant le paiement de ses pensionnés jusqu’en 2050, en lui attribuant des moyens européens équivalents à ceux d’une capitale culturelle, je pense qu’il serait inopportun et malhonnête sur le plan intellectuel et politique de déposer une candidature liégeoise pour 2015.
a) Inopportun d’abord : pour moi, la Wallonie, ce n’est pas un concept creux que j’utilise en campagne électorale. C’est une identité, c’est une réalité à l’égard de laquelle nous avons une responsabilité en tant que liégeois. Et venir déposer une candidature d’une ville wallonne, la nôtre, à l’encontre d’une autre qui s’y prépare au su et au vu de tous depuis dix ans, cela s’appellerait un déni de solidarité wallonne. Je suis le premier à défendre Liège en Wallonie mais ne serai jamais le premier, au nom d’un sentiment d’auto-satisfaction liégeois, à tirer dans les pattes de la Wallonie. Déposer une autre candidature, c’est faire le jeu d’une ville flamande aux yeux du jury de sélection et du Gouvernement fédéral.
b) La candidature liégeoise serait également malhonnête sur le plan intellectuel et politique : je ne peux pas admettre que des partis politiques démocratiques et responsables changent fondamentalement d’avis dans le temps et dans l’espace.
Quand un ministre-président libéral fait adopter par son Gouvernement le 17 mars 2004 le soutien total et entier de la Communauté française à l’égard de la candidature de la Ville de Mons, je ne peux pas croire un seul instant que d’autres responsables de ce parti contestent sérieusement, 4 ans plus tard, ce choix clair. Ou on a la force de s’opposer au profit de Liège et on le fait, ou on assume et on reconnaît. Ce que l’on dit à Bruxelles ou à Namur, il faut pouvoir l’assumer à Liège. Pour rappel, le Gouvernement d’Hervé Hasquin, qui a adopté cette décision unanime était composé, au-delà du MR, du PS et d’Ecolo.
Par la suite, le Gouvernement de la Communauté française, PS-CDH, issu des élections de 2004 a confirmé ce choix.
A Liège, on consolide les structures, on donne plus de moyens pour vivre, on rénove des bâtiments majeurs et on conforte son rôle de métropole et de capitale culturelle de fait. A Mons, on investit pour pouvoir briguer le titre pendant un an de capitale culturelle européenne.
D’ailleurs le Gouvernement wallon a fait de même le 29 novembre 2007 en soutenant Mons explicitement et en désignant les représentants des 4 partis au sein de la Fondation d’Utilité Publique « Mons 2015 ».
Pour information, le MR a désigné Jean-Luc Crucke et Ecolo Pierre Marie Sprokeels.
Cette répartition des rôles a donc été avalisée par les 4 principaux partis démocratiques du paysage politique francophone.
Cette répartition des rôles a été avalisée par les 4 partis après que la procédure européenne ait été modifiée et le rôle du jury renforcé !
Que chacun tire les conclusions quant aux intentions politiques qui animent les dépositaires de la motion.
Il va sans dire que le Collège communal adopterait la même attitude quelle que soit l’autre ville wallonne, quelle que soit la couleur politique de son Bourgmestre, pour autant que par ailleurs, Liège ait son dû et soit reconnu comme métropole wallonne.
Je voudrais revenir à la mobilisation citoyenne qui nous offre la possibilité de débattre aujourd’hui.
Pour avoir rencontré ces deux initiateurs, je comprends qu’il existe deux souhaits : nous mobiliser en faveur d’un événement à retentissement international qui se déroulerait à Liège et qui mettrait nos richesses, en particulier la culture, en valeur ; profiter de cet objectif à moyen terme pour brasser l’ensemble du potentiel culturel liégeois et redéfinir les relations à mettre en œuvre entre les pouvoirs publics, le milieu associatif ‘institutionnalisé’ et les tenants de la culture contemporaine et émergente. Ces deux demandes fortes, je veux y répondre.
Oui, après avoir consolidé nos bases, nous devons repartir sur le terrain culturel pour que chacun puisse profiter de notre renouveau.
Oui, je vous propose de nous mobiliser pour que se tienne à Liège un événement d’ampleur internationale à moyen terme : je propose au nom du Collège, et en anticipant les conclusions de notre Projet de Ville, de réunir toutes les forces liégeoises pour étudier le dépôt d’une candidature de Liège à une Exposition internationale entre 2015 et 2020, idéalement en 2017.
Après 1905 et 1939, Liège se tournerait vers l’avenir en renouant avec son glorieux passé. »

Réponse de M. Paul-Emile Mottard, député provincial, à la question de MM. Franck Theuninck (Ecolo) et Fabian Culot (MR), conseillers provinciaux sur Mons 2015 lors du Conseil provincial du 22 mai 2008

« Quelle est la position de la Province sur une éventuelle candidature de Liège au titre de capitale européenne de la culture, et sur celle de la ville de Mons ?
Un petit rappel pour commencer sur la procédure édictée par l’Europe pour la désignation des deux villes, belge et tchèque, capitales européennes de la culture en 2015.
Tout d’abord, l’appel officiel aux candidatures doit être lancé par le gouvernement fédéral, avant le 31 décembre 2008. Les villes candidates ont alors un délai de dix mois, jusqu’au 1er
novembre 2009, pour présenter leur dossier. La présélection des villes sera effectuée en décembre 2009 par un jury indépendant composé de 7 européens et 6 Belges, dont 3 flamands et 3 francophones. La décision finale de ce jury sera prise en septembre 2010 pour choisir la ville candidate officielle pour la Belgique. Et c’est seulement en mars 2011, que la ville candidate devra recueillir l’avis du Parlement européen puis sa désignation officielle par le Conseil des ministres de l’Union. Cela c’est la théorie.
Que s’est-il passé jusqu’à présent ?
C’est en 1999 déjà que Mons a annoncé sa candidature. Cette candidature a été officialisée en mars 2004 par le Ministre-Président de la Communauté française, M. Hervé Hasquin et ses ministres PS et Ecolo, dans une lettre à Guy Verhofstadt, par laquelle il marquait le soutien de la Communauté à la Ville de Mons. En juillet 2006, la Fondation Mons 2015 s’est mise en place et son Conseil d’administration s’est réuni pour la première fois en février 2008 sous la présidence de Guy Quaden, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique.
Les partenaires de cette Fondation sont la Communauté française, la Région wallonne, la Ville de Mons et la Province du Hainaut. L’enjeu est de réunir 60 millions d’euros minimum à l’horizon 2015. La candidature de Mons est donc préparée de longue date. Qu’en est-il de Liège ?
Une pétition circule sur Internet depuis le 2 mai qui demande aux responsables politiques liégeois de se réunir rapidement pour monter une candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015. Cette pétition est intéressante et son argumentation met en évidence des enjeux importants.
Je la cite : « Liège a aujourd’hui besoin d’un projet fédérateur à moyen terme, autour duquel puisse se construire une communauté urbaine et se concrétiser son énorme potentiel. Avec l’horizon de 2015 et la programmation qu’il faudra construire, Liège trouverait un défi à la mesure de l’enjeu : celui de son avenir ».
C’est une analyse que je partage pleinement. Parmi les 5000 signataires de cette pétition, nombreux sont ceux que je reçois régulièrement, et notamment ces artistes plasticiens, très actifs dans la contestation car bien souvent ignorés par certains pouvoirs publics.
Liège est la capitale culturelle de la Wallonie. A Liège, plus qu’ailleurs, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, les acteurs culturels, les institutions grandes ou petites font de notre province la véritable capitale culturelle. Quelques débuts de preuve. Croyez-vous que c’est le hasard qui fait que la presse régionale, nationale, internationale, parle du cinéma belge à Cannes ? Bien sûr les frères Dardenne ou Bouli Lanners, ou les sociétés de production Versus et les Films du Fleuve sont belges, mais surtout ils sont liégeois, profondément enracinés dans notre territoire. L’acteur vedette d’Eldorado de Bouli Lanners vient de sortir du Conservatoire de Liège.
Que dire du nouveau chef français qui a souhaité pouvoir diriger l’OPL, la meilleure phalange musicale du pays, ou le directeur italien de l’ORW qui a délaissé Bologne pour prendre la direction de notre maison d’Opéra.
Nous pouvons poursuivre avec le Théâtre de la Place, les cinémas des Grignoux, le seul Cinéma d’Art et d’Essai de Wallonie, une bibliothèque publique, la plus importante de la Communauté, des Musées en plein renouveau, une pléiade de musiciens de talents, sans oublier tous ces petits lieux de création et de diffusion qui créent le bouillonnement culturel que connaît Liège.
On ne crée pas une capitale culturelle par un décret. Une capitale culturelle, ce sont ses artistes, ses créateurs, ses acteurs et ses spectateurs qui la créent, qui la fondent, qui la font vivre. C’est pour cela que Liège est la vraie capitale culturelle de la Wallonie. Tout va bien me direz-vous alors? Non, malheureusement.
Car le drame de Liège, sa faiblesse, c’est son impuissance à parler d’une seule voix, c’est l’individualisme de ses acteurs, qu’ils soient culturels ou politiques. Tout se passe comme si, par principe, nous n’étions jamais d’accord entre nous, que nous étions toujours d’un avis opposé, chacun cherchant à se différencier de l’autre.
Malheureusement, ce qui nous manque à Liège, c’est cette capacité de nous fédérer autour d’une idée, d’un projet, d’un objectif, d’un enjeu.
Je souhaiterais attirer votre attention sur deux aspects du dossier capitale culturelle, l’un positif, l’autre négatif.
Le positif
Le succès de Lille 2004 a été de rassembler autour d’elle 193 villes et communes dont sept d’ailleurs étaient belges : Courtrai, Gand, Anvers en Flandre, et Comines, Mouscron, Tournai et Mons, dans la proche banlieue lilloise.
Luxembourg 2007 et la Grande Région, comme son nom l’indique a associé trois pays outre le Grand Duché, la France avec la Lorraine, l’Allemagne avec la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et la Belgique avec la Wallonie et la Communauté germanophone.
De nouvelles collaborations transfrontalières ont vu le jour et une nouvelle mobilité des publics est apparue. La Province de Liège s’y était inscrite et deux des cinq projets majeurs retenus par la Communauté pour Luxembourg 2007 se sont déroulés en Province de Liège : l’exposition « Arbres d’Acier » à Jehay et à Nancy, et la tournée EROS, inscrite dans le projet « Ca balance ».
Bref, dans les deux exemples cités, une ville a élargi et s’est associée à des partenaires territoriaux. Et d’ailleurs Essen en 2010 l’a très bien compris puisque le projet est Essen et la
Ruhr.
Le négatif
Etre désigné capitale culturelle pour un an c’est bien, mais ce n’est pas une garantie de notoriété et de développement culturel. Qui se souvient encore de Weimar en 1999, de Salamanque en 2002, de Graz en 2003, de Cork en 2005, ou plus près de nous, de Patras en 2006 et de Sibiu en 2007 ? Peu de gens certainement.
Donc une notoriété ne se construit pas en un jour, ni même en un an. Une notoriété se construit dans la durée, avec une perspective, à moyen et long terme, d’un développement tout à la fois culturel, touristique et économique.
Alors je lance ici un appel à tous, décideurs politiques, acteurs culturels, opérateurs économiques : mettons-nous autour de la table, rassemblons-nous, cessons nos vaines querelles, dépassons nos ambitions à court terme. Parlons d’une voix forte, unie et cohérente.
C’est à ce prix que Liège sera enfin reconnue, considérée à la hauteur de sa valeur, de sa capacité, de sa force. Pour dépasser ces clivages et ces divisions, il faut dépasser nos faiblesses et mettre en évidence nos forces. C’est dans ce sens que je vous propose de travailler. Une perspective tracée en quatre phases, la première en 2009, la seconde en 2012, la troisième en 2015 et enfin la quatrième en 2018.
La première étape est le projet « Passages », une expérimentation grandeur nature pour la région liégeoise. «Passages» est un projet novateur et fédérateur, un catalyseur de développement.
Réunis autour d’un thème commun, pendant un an, de septembre 2009 à septembre 2010, tous les acteurs du monde culturel, économique, touristique, académique, social et associatif travailleront ensemble, dans le même esprit pour créer, dans une même dynamique, une attraction forte autour de notre territoire pertinent : la province de Liège. Nos partenaires, ce sont bien sûr les grandes institutions culturelles, le monde associatif, l’ensemble des communes, mais également les syndicats, les patrons, les réseaux d’enseignement de la Province, des communes, de la Communauté française et du libre, l’Université de Liège.
La Commission culture du 16 juin fera le premier bilan de ce projet, puisque tous les acteurs que je viens de citer, nous les avons rencontré avec le Commissaire du projet, M. Roger Dehaybe. Ce projet fédérateur se déclinera également en 2012.
Pour ce qui concerne 2015, j’ai rencontré le commissaire de la Fondation Mons 2015, Yves
Vasseur. Il m’a proposé d’adhérer au projet en tant que partenaire, d’intégrer les parcours culturels qui seront créés à cette occasion, d’organiser en commun des activités qui rendraient place dans la programmation, de trouver ensemble les montages financiers.
Pour s’inscrire dans la réflexion des modèles Lille 2004, Luxembourg et la Grande Région 2007, et Essen et la Ruhr 2010, je pense que nous devons revendiquer Mons et la Région wallonne, capitale culturelle. C’est en tout cas la proposition que je formule dans le débat.
Enfin l’étape 2018. Ce sont les Pays-Bas qui désigneront leur ville. Maestricht est candidate.
Nous devons dès à présent agir pour que la Province de Liège soit à nouveau présente. C’est pourquoi début juillet, j’ai invité mes collègues responsables politiques de la Culture du Limbourg belge, de la Province du Limbourg hollandais et de la région d’Aix-La-Chapelle à inscrire ce point à l’ordre du jour de notre rencontre.
Voilà quels sont les enjeux, voilà quelles sont les perspectives, voilà quels sont les défis que je vous invite à relever.
Je pense que le choix par la Belgique de sa capitale culturelle est une belle opportunité pour la Province de Liège. Bien sûr, nous devons discuter des moyens financiers, et il ne peut être question que le projet ait pour conséquence de vider les caisses de la Communauté française et de la Région wallonne. Mais si nous voulons réussir avec les villes, avec la Province de Liège, c’est dans une démarche fédérative provinciale et surtout dans un vaste projet au niveau de la Région wallonne.»