• Visiteur(s) en ligne : 3
  • |
  • Visiteurs total : 3158040

Reportage

Mis en ligne le 19/05/2008

Bravo les jouteurs



Spectacle hors normes ce samedi où deux sociétés françaises de jouteurs du Nord - Pas de Calais (des Ch’tis) s’affrontaient sur la Meuse


Dans le cadre des Fêtes nautiques organisées par la Ville de liège et des "30 ans du Service des Sports de la Province de Liège", le club d’aviron du RCAE (Royal Club athlétique des étudiants de l’ULg) a eu l’idée originale d’organiser, ce samedi 17 mai, des joutes nautiques sur la Meuse, à hauteur du Club Nautique.
En compétition amicales, deux clubs provenant du Nord-Pas-de-Calais, les clubs d’Etreux et d’Ors, se sont affrontés une centaine de fois (près de 7 catégories d’ages par équipe : jeunes filles, femmes, minimes, juniors, seniors, etc…) sur le plan d’eau mosan où, pour la sécurité, officiaient une vedette de la police fluviale et un « Zodiac » du corps des pompiers liégeois.
C’est ainsi que durant près de 3 heures, sous un ciel dégagé mais avec de la pluie en finale, pour le plus grand plaisir d’un public malheureusement peu nombreux (les absents ont raté une occasion de suivre un sport hors du commun) ont suivi leurs assauts spectaculaires et forcément mouillés. On a même failli voir une barque (aluminium) sombrer à un cheveu près.
Excepté les jeunes filles et les femmes qui joutaient selon la méthode dite « parisienne » parce qu’elles portent un plastron protecteur, les hommes s’affrontaient selon la méthode dite «alsacienne»

Quelques mots d’explication

Les barques sont manoeuvrées par quatre rameurs et barrées par un « capitaine », qui gouverne à l’aide d’un « stachelrime » (rame semblable à une pagaie). Ces barques en aluminium ont une longueur d’environ 10m pour une largeur de 1.40m pour une hauteur sur l’eau, de 45cm. Malgré leur poids de quelque 1000 à 1500 kg, leur rapidité leur donne une élégance comparable aux embarcations réservées aux compétitions d’aviron. Elles se croisent à droite et une rotation jouteur rameurs, s’exerçant au sein d’une équipe de six, donne à cette méthode un caractère éminemment sportif.
Le jouteur, se tient sur une petite plate-forme, appelée «bock » ou « trinquet », montée à l’arrière du bateau. Il est armé d’une lance de 2,50 m dont l’extrémité et terminée par un tampon en cuir. C’est la « poitrine nue » qu’il affronte le coup de lance de son adversaire.
C’est bien évidemment celui qui tombe à l’eau qui a perdu le point, mais il arrive parfois que les deux jouteurs perdent l’équilibre ou qu’aucun ne soit déstabilisé (on l’a vu samedi). Par contre, si l’un des deux laisse tomber sa lance à l’eau, il perd le point également.
Enfin, ceux qui ont suivi la compétition auront remarqué que chaque jouteur ayant réussi à faire tomber l’adversaire faisait tourner deux fois sa lance au-dessus de sa tête. Il s’agit d’un point du règlement destiné à faire savoir que le jouteur vainqueur de la passe a conservé toute son intégrité physique malgré le coup de lance de son adversaire.

Un vraiment beau spectacle dont nous vous livrons quelques photos ci-dessous.









Gaston LECOCQ