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Reportage

Mis en ligne le 11/05/2008

Expérience halieutique en République d’Irlande


A Belturbet, nous avons trouvé le paradis des pêcheurs de brochets et de la nature sauvage. L’IFC vaut vraiment le déplacement et aussi, qu’on y retourne. Avis aux amateurs…

Rappelez-vous ! Du 10 au 20 avril dernier, nous avions arrêté l’actualisation de «Proxi-Liège», pour cause de «expérience halieutique en République d’Irlande».
C’est que je suis, comme le disait le titre d’une chronique (Centre RTBF-Liège, émission Bons baisers de chez nous de Guy Lemaire) de notre regretté confrère et ami André Sécretin, «Un pêcheur, un homme comme les autres». Et nous vous avions promis de vous parler de cette expérience. Tout simplement, parce que dans notre bons pays de Liège, s’il y a de moins en moins de «Marcatchous» (pour nos amis français, un marcatchou – surnom d’un personnage réel qui a vécu à Liège au 19ème siècle et qui était autant infatigable que judicieux – est un pêcheur en langage populaire liégeois), ils en existent encore qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur la pêche en Irlande et plus précisément peut-être sur l'International Fisher Centre (IFC) de Belturbet.

Une semaine de dépaysement total et des poissons à la clé

Partir à l’aventure en se fiant uniquement à certains reportages parus dans des revues spécialisées et rédigés par des «chroniqueurs invités» même s’ils sont chevronnés, peut toujours sembler délicat. En effet : ce qu’on trouvera sur place correspondra-t-il vraiment à la réalité ? Quels sont les pièges ? Où se trouve l’erreur ?

Et c’est d’ailleurs pour que ce reportage soit le plus crédible possible que je n’ai pas annoncé ma venue comme journaliste en quête de reportage, mais comme simple pêcheur, désireux de passer une semaine hors des sentiers battus. Pour être traité comme n’importe quel client du IFC. En fait, à l’IFC, vous êtes plus considéré comme un pêcheur et en final un ami, qu’en client, même si, et ce n’est pas une critique, ce n’est pas donné. Mais ce n’est pas volé non plus.

Précisons aussi que nous n’y allions pas (mon fiston, qui a eu l’idée géniale de ce «voyage de pêche aux brochets» et qui l’a intelligemment organisé et moi) pour visiter l'Irlande, mais uniquement pour y assouvir une passion découverte il y a une quinzaine d’années. En effet, à l’époque, une mononucléose nous avait (tous les deux) contraint à trouver un sport de plein air que nous pensions à tort, de tout repos. Mais avant le poisson, nous avions bien engamé l’esche et nous ne savons toujours pas la lâcher.
Ceci étant dit, revenons à nos moutons où plutôt à nos poissons irlandais et à ce qui nous a valu un véritable dépaysement, un fameux bol, d’air pur et de véritable convivialité.

70 kg de bagages et à 5 heures de Liège :un accueil, plus que sympa

Si le trajet s’était effectué d’une traite (sans les attentes en gare, à l’enregistrement des bagages au départ, à la récupération des bagages à l’arrivée) on pourrait dire qu’entre Liège et Belturbet, il n’y a juste que 5 heures de voyage.

Pour deux, il faut compter sur environ 70 kg de bagages. Pour la saison de notre séjour, il fallait prévoir se vêtir chaudement (nous avons encore du gel matinal jusqu’au 16 avril) et être parfaitement imperméables (car c’est bien connu, même si c’est en avril qu’il y pleut le moins, il y pleut…). Ajoutez en sens votre matériel de pêche (on n’y loue pas de matériel) complet pour le brochet (cannes et montures spéciales, mepp’s, Rapalas, plombs, moulins avec différentes sortes de fils) et pour la pêche au coup pour les «blancs» qui serviront d’esche (appât). Et si vous préférez vous faire vos casse-croûtes de midi à votre goût et à vos prix, prévoyez quelques boîtes de pâtés, des saucissons secs, du fromage à tartiner. Avec tout ça, on n’est pas loin des 70 kg. Mais ce n’est pas grave, c’est le train et l’avion qui les porte.
A votre arrivée à Dublin après un vol sans problème sur Air Lingus, vous êtes directement pris en charge par Michel Neuville, le patron de l’IFC. Dès le début, le contact est franc et convivial mais aussi très professionnel. On sent chez cet homme que vous ne connaissez ni d’Ève ni d’Adam, une volonté de bien faire, de faire plaisir pour que, dès le début, votre appréhendiez un séjour sans problème. C’est réussi d’autant que c'est en français.

C'est dans un confortable mini bus que nous partons vers Belturbet, dans le comté de Cavan, à 150 km de Dublin, sur l’Erne, le fleuve de toutes nos découvertes et à la frontière de la très britannique Ulster (Irlande du Nord).
Deux heures de routes: parce que l’Irlande n’est pas comme chez nous, dotée d’autoroutes, et aussi parce que la circulation (avec conduite à gauche c’est toujours très étonnant la première fois sur un aussi long trajet) est assez impressionnante. Cela nous laisse le temps de découvrir la campagne irlandaise avec ses villes et ses villages aux maisons tellement sympathiques d’une propreté à faire pâlir un Suisse.
Pendant le trajet, le fiston impatient d’en connaître un peu plus sur les us et coutumes à l’IFC, et aussi sur les bons coups (de pêche évidemment) à y faire, entretient la conversation avec Michel Neuville. Le temps passe vite et puis nous franchissons les portes d’un véritable petit village réalisé par et pour des pêcheurs.

Bienvenue d’Olivier et mode d’emploi de l’IFC

Michel Neuville nous amène juste devant notre logement. Un confortable petit chalet mitoyen comprenant, au rez-de-chaussée, un salon et un coin à manger, une salle de bain avec WC séparé au rez-de-chaussée et à l’étage, deux chambres individuelles. Côté équipement : chauffage électrique individuel, réfrigérateur et bouilloire électrique pour le thé ou le café.

Sur le pas de la porte et sous la toiture formant auvent, un petit patio permet d’y laisser le matériel encombrant, vos bottes ou waders et vos cannes (lorsqu’elles sont montées) dans le porte cannes. Le matin on gagne du temps.
Michel vient à peine de monter nos bagages que son fils Olivier arrive. Aussi sympathique que papa, la première tâche d’Olivier, qui semble doté d’une vitesse de TGV (et si on est un peu surpris, on saura vite pourquoi) est de nous mettre au courant de ce qu’on doit savoir pour que tout se passe bien. Dans le désordre : notre barque, on apprend comment mettre en marche le moteur, un Yamaha 8 CV et comment fonctionne l’échosondeur ; comment on doit se ravitailler en essence et où l’on trouve les nourrices (indispensables pour ne pas tomber en panne sèche à 10 ou 50 km du centre). Olivier nous fait aussi un petit cours de géographie générale et halieutique en particulier sur l’Erne et ses lacs à Belturbet. On sait ainsi, carte en main (la photo) où on pourra pêcher (en République d’Irlande ou en Ulster) et où se trouvent les endroits les plus intéressants à prospecter. Il nous fait visiter le centre et nous montre où sont les locaux pour les esches et les amorces (pour pêcher les blancs), pour les récipients, les épuisettes à brochet (pas très utile) etc…
Important: il insiste sur l’heure des repas. Le petit déjeuner c’est entre 6h45 et 7h15. Le dîner c’est à 18 h 15 pétant.
Enfin, preuve de confiance, vous recevez un carnet avec le numéro de votre chalet dans lequel, vous indiquerez tout ce que vous consommerez (boissons, pains pour les casse-croûtes, esches, amorces, essence etc…) pendant votre séjour. On n’y parle pas d’argent, les tarifs sont clairs et affichés. A chacun de s’organiser.

La tête remplie de toutes ces infos, il nous reste le temps de grignoter un bout et puis d’aller pêcher quelques vifs pour la pêche du premier jour.
A 18h15, dans la chaude et accueillante salle à manger, la soupière fumante nous attend, suivie par l’entrée, le plat et le dessert…
Et en passant, un petit mot sur la cuisine de l’IFC : elle est française, concoctée chaque jour par Olivier et son épouse ainsi que la compagne de Michel. Toujours des produits frais, toujours variée, toujours succulente et, attention si vous êtes au régime, vous en reprendrez plutôt deux fois qu’une. Bref mérite aussi le détour pour cet aspect non négligeable du séjour.
Aux autres tables, une trentaine de pêcheurs (tous des Français) discutent entre eux de leur pêche du jour. Tout cela dans une franche ambiance de camaraderie mais avec la discrétion que le bon usage requiert lors d’un repas. Une heure plus tard, mais ce n’est pas obligatoire, tout le monde peut sortir de table ou rester à siroter son café et continuer la discussion, mais beaucoup repartent sur le fleuve, pour tenter le fameux «coup du soir».

Premier jour de pêche et les autres : 24 brochets et coups de soleil.

L’Erne (115 km) qui passe à Belturbet, est le deuxième fleuve de République d’Irlande avec le Shannon (368 km) auquel il est relié par un système de canaux aboutissant d’ailleurs pas loin de l’ IFC. Avant d’entrer en Ulster et de repasser en Irlande où il se jette dans l’Atlantique, l’Erne propose, pour la partie qui nous intéresse quelques 50 Km à prospecter et facilement une vingtaine de lacs naturels (formés par le fleuve). Cela représente au bas mot plus de 4000 hectares de lacs. De quoi s’y perdre et aussi perdre pas mal de temps à rechercher maître Esox.
C’est d’ailleurs pour cela que chaque pêcheur reçoit(c’est gratuit) la carte hydrologique générale du site ainsi que des plans détaillé de la partie de fleuve ou du lac qu’il veut prospecter. Ces plans mentionnent les profondeurs, la tenue des poissons, les distances, les points de repères, bref ce qu’il faut savoir pour ne pas tourner en rond et rentrer bredouille ! Bredouille: c’est un mot que je n’ai jamais entendu prononcer durant une semaine de la part de qui que ce soit. Ni même par nous qui mettions les pieds pour la première fois à Belturbet.

Premier jour : 8 h. Le matériel est installé, la barque dont le moteur démarre au quart de tour prend la direction du Nord. Ciel bleu, des nuages, un vent piquant, mais la pluie ce sera pour après-midi. Nous suivons tant bien que mal les indications d’Olivier qui pour cette première journée nous a conseillé d’aller pêcher dans le lac Derryvoney où des monstres attendent d’être pris dans des fosses de 4 à 8 mètres. Pas encore aguerris à la lecture des cartes fluviales, nous nous trompons de lac. Mais les profondeurs sont bonnes, les plantations rivulaires sauvages sont propices à la présence des brochets. On commence au lancé : le Rapala se montre attractif, plusieurs attaques ont lieu et finalement, c’est le premier. Un petit brochet de quelques 40 cm que nous décrochons avec attention et remettons à l’eau. Le même jour, nous en prenons encore deux ou trois, puis, heureux nous rentrons à l’IFC. C’est qu’on a quand même pêché et navigué pendant près de 10 heures. Et ce sera pareil toute la semaine.

Ce premier jour nous a permis de nous familiariser avec le maniement de la barque, celui de l’échosondeur, le passage des «portes» (toujours passer du côté blanc ; côté rouge, risque de hauts fonds, de rochers qui pourraient endommager le moteur).
Et pour ajouter à notre émerveillement, nous avons également joui de la nature encore sauvage : des berges surmontées de genêts grandioses, bordées de roselières magnifiques, des hauts fonds envahis de nénuphars, potamots, élodées ou renoncules. De fameux «postes à brochets» où l’on doit se mouvoir en toute discrétion. Sur le fleuve et ses berges (pratiquement toutes inaccesibles à pied d'où l'usage obligatoire de barques dont dispose chaque groupe de pêcheur), on découvre une faune qui ne semble pas effrayée par notre présence : de nombreux cygnes, canards, oies sauvages, .... et même bernaches du Canada, sans oublier le majestueux héron cendré qui lui aussi, aime le poisson. Et même si l’on a un peu froid et que l’on est mouillé pour cette première journée. Quel pied !

Niveau climat, les jours suivants ne vont pas du tout se ressembler. Le ciel sera pratiquement bleu tout le reste de la semaine (réverbération solaire à prendre en compte pour les coups de soleil sur le nez et les joues), même si on aura un fameux coups de vent le mercredi et des giboulées avec de fameux grelons.
Niveau pêche, on s’améliore et on prospecte de nouveaux lieux, et une demi douzaine d’autres lacs.On passe également en Ulster, où il est autorisé avec un permis, de pêcher au vif. C’est sur la Woodford River (qui, avec son canal et ses écluses, relie l’Erne et la Shannon) que je prends ma plus belle prise : un 95 cm. Il se bat comme un beau diable et l’amener dans le bateau ce n’est pas vraiment de tout repos, comme de lui enlever son triple, qu'il n'a heureusement, pas trop engamé.

C’est aussi sur la Woodford River que j’ai vu l’oiseau bleu : un superbe petit martin pêcheur dont la pêche matinale s’avérait très intéressante.
La semaine s’est passée à une vitesse incroyable. Résultat : à 2 nous avons pris 26 brochets en pratiquant presque toutes les méthodes possibles, sauf peut-être (mais ce sera sûrement pour une prochaine fois), celle conseillée par Michel Neuville : le mort posé et décollé sur le fond, dans les grandes fosses.

Le véritable paradis des pêcheurs

C’est au début des années 80 que Michel Neuville (directeur commercial à Strasbourg et déjà grand pêcheur) et son épouse qui passaient régulièrement leurs vacances en Irlande ont eu le coup de foudre pour une fermette au bord de l’Erne. Michel a décidé de changer de vie, de s'installer en Irlande et d'y faire son centre de pêche. La fermette est devenue résidence principale et tout autour, quelques chalets ont vu le jour. Le centre fut ouvert en 1986 mais ce n’est qu’en 1988 qu’avec ses dix chalets il a été complètement opérationnel. Aujourd’hui, comme vous le montrent nos photos, c’est une superbe réalisation que Michel, sa compagne, son fils Olivier et l’épouse de celui-ci tiennent à bout de bras.

Lorsque les pêcheurs sont sur l’Erne où sur les lacs, Olivier, Michel et leurs deux femmes, doivent veiller à ce que tout tourne : nettoyage des chalets, pelouses tondues, nettoyages des abords; vérification de ci et là; aller chercher les nouveaux arrivants (il n'y a pas de jour défini pour débuter un séjour) et aussi: préparer le petit déjeuner, veiller à ce qu’il y ait du pain pour le casse-croûte, de l’essence pour les bateaux, préparer l’excellent dîner du soir, servir à table, et enfin, donner de judicieux conseils de pêche etc… Bref, ils n’arrêtent jamais. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’Olivier est doté de cette vitesse d’exécution digne d’un TGV, parce qu’une journée n’a jamais que 24 h. Mais pour le comprendre, parce qu’en définitive personne ne peut s’avouer déçu par une semaine passée à l’IFC (même si la rivière est en crue et que le vent est mauvais, d’autres lacs fermés sont prévus), il fallait l’avoir vécu.
L’IFC est en général (mais il faut toujours se renseigner avant d’y aller) ouvert de début mars à début juin. Réouverture fin août jusqu’à début novembre. « L’eau devient trop froide et cela ne sert à rien d’accepter des pêcheurs qui en définitive passeront un mauvais séjour puisque leur pêche ne sera pas très intéressante et puis aussi parce qu’ils auront froids » explique Michel. Et d’où vient-on à Belturbet ? «En général, nous avons nos habitués qui viennent depuis 20 ans. Il y en a beaucoup qui sont devenus des amis et si le restant de l’année ils se donnent un ou deux coups de téléphone, c’est ici qu’ils se retrouvent une fois par ans. Ils viennent généralement de l’Est de la France, de la région parisienne, du Nord, peu du Sud, mais nous avons aussi une bonne colonie de Belges, des Suisses. En général, nous essayons de toujours grouper ceux qui se connaissent…».

Fervent défenseur de la pêche au no-kill (interdiction de tuer le poisson), Michel Neuville nous donnera aussi son point de vue sur le sujet et la façon qu’il y aurait à légiférer, tant en France qu’en Belgique (c’est fort pareil chez nous). «En France, comme en Belgique d’ailleurs, vous êtes autorisés à ne pêcher que les plus gros poissons. Mais en fait, si tout le monde s’en retourne avec un, deux ou trois si pas plus, gros poissons, c’est aussi valable pour les truites, les brochets et les saumons, vous tuez les géniteurs, et vous tarissez automatiquement la reproduction » c’est aussi simple que ça. C’est d’ailleurs une des règles de la législation irlandaise : un pêcheur ne peut prendre, par jour qu’un seul brochet dont la taille ne peut dépasse les 60 cm et n’avoir pas plus de 3 kg de chair. Un poisson de cette taille par personne pour un repas, n’est-ce pas suffisant ?
Le législateur belge, ou à tout le moins celui de la Région wallonne (à moins que ce soit la multitude des «efficaces» sociétés de pêche qui font leur loi sur nos pauvres cours d’eau, de moins en moins poissonneux et de moins en moins fréquentés qu’ils se disputent) feraient bien d’aller voir ailleurs. Pourquoi pas en Irlande où le poisson ne manque pas à l’appel et demander d’excellents conseils à Michel Neuville qui est, comme le disait André Sécretin : «Un pêcheur, un homme comme les autres ». Mais peut-être un peu plus sûti, comme on dit ici chez nous.

Gaston LECOCQ

Pour tous renseignements complémentaires sur l’IFC, pour éventuellement réserver une semaine ou deux de pêche fabuleuse, une seule adresse : www.brochet-irlande.com.

Légendes des photos de haut en bas :

- Esox trône fièrement sur le logo de l’IFC.
- Vue générale du centre en descendant l’Erne.
- Pelouse et palmiers de Nouvelle Zélande résistants jusque -15 °
- L’un des chalets.
- Un des pontons où chaque pêcheur dispose de sa barque et de son propre vivier alimenté en eau de l’Erne.
- La configuration aquatique des lieux
- En avant vers des découvertes.
- Le tout premier brochet, petit, donc fragile.
- Un petit canal qui vous conduit tout droit en Ulster
- Difficile de ne pas être fier avec une telle prise !
- L’oiseau bleu…
- Une des sympathiques tablées du restaurant de l’IFC. A droite et debout : à l’avant Michel Neuville, derrière Olivier.
- Pêche au pied des roselières.

Les photos ci-dessous :


La Crichton Tower, carrefour de l’Erne et de la Woodford River. Derrière, c’est l’Ulster.

En allant vers le lac de la Blenanish Island vous passez devant les ruines du Crom Castle en Irlande du Nord.

Une dernière sortie pour le coup du soir.