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En Ville

Mis en ligne le 26/04/2008

Grand Curtius : enfin le bout.


Quelques jours avant la visite du public, c’est sous la conduite de l’échevin des Travaux, Jean-Géry Godeau q’une partie du Collège communal présidé par le bourgmestre Willy Demeyer et la presse ont été invitées à visiter le chantier du «Grand Curtius».
Lorsque l’an dernier en juillet, on nous avait dit, lors d’une précédente visite que les travaux seraient terminés pour début novembre, nous étions forts sceptiques.
Jeudi dernier, notre scepticisme avait été vaincu d’autant qu’on nous annonçait que l’ouverture officielle aurait lieu pour le printemps 2009.
Cette saga digne d’un très mauvais vaudeville qui a commencé en 1994 se termine enfin, n’en déplaise à tous les jeteurs de peaux de banane. Liège aura ainsi un centre muséal assez extraordinaire et idéalement situé dans le cœur historique de la Cité ardente.

Le «Grand Curtius» vous fera découvrir quelques 7000 ans de préhistoire et d’histoire, liégeoise et d’ailleurs, avec ses quelques 5200 pièces disposées en parcours chronologique sur deux niveaux et en parcours thématique sur 3 niveaux. Les autorités communales espèrent bien accueillir, dans un premier temps pas moins de 150.000 visiteurs par ans. Et sa promotion est correctement et efficacement menée, à la hauteur de ses ambitions, parions que les visiteurs pourraient encore être plus nombreux. N’oublions pas que nous sommes au cœur de l’Eurégio-Meuse-Rhin et que ce n’est pas pour rien que nous avons bénéficié de subsides européens. Rappelons que l’investissement public est de 46,3 millions d’euros et qu’une centaine de personnes y ont travaillé pendant

Le Grand Curtius

Comme l’expliquera Jean-Géry Godeau : « Le concept initial de ce projet muséal était de regrouper différentes collections au sein d’une même entité et de permettre, de la sorte, aux visiteurs de découvrir l’histoire du pays de Liège et les richesses du patrimoine mobilier de la Ville de Liège ».
Armes
On y trouvera donc, les armes qui se trouvaient dans le « Musée d’arme » mais en fait l’Hôtel Hayme de Bomal. Il s’agit de collections d’importance internationale et dont les pièces les plus anciennes datent de la préhistoire.
Les verres
Ces verres qui étaient situés dans l’ancienne «Résidence Curtius» constituent une des collections mondiales d’objets dont les plus anciens datent de l’époque égyptienne.
Art décoratif
Meubles et objets d’arts décoratifs qui étaient situés dans l’ancien «Magasin Curtius» constituent des collections diverses dédicacées essentiellement au pays de Liège.
Arts religieux et arts mosans
Les arts religieux et arts mosans situés dans les immeubles de la rue Mère-Dieu groupent les collections religieuses de la Ville de Liège.

«L’objectif était de créer à Liège un musée de niveau international afin de situer la Ville sur un plan culturel important en relation avec d’autres investissements tout aussi majeurs comme la nouvelle Gare des Guillemins ». Jean-Géry Godeau aurait évidemment pu donner comme exemple d’investissements majeurs et qui vont donner à Liège une certaine aura : l’aménagement des Coteaux de la Citadelle et de la place St Léonard, la restauration de St Barthélemy et la rue Hors-Château, la Médiacité, etc…Ce ne sont pas les investissements d’envergure qui manquent à Liège pour le moment.

Le site

Comme ajoutera l’échevin : «La volonté politique, développée au début des années 90, était d’installer ce nouveau musée en regroupant les différents bâtiments en un même lieu à savoir le site du «Grand Curtius».
C’est ainsi que dans ce projet ont été inclus : le Magasin Curtius ; la Résidence Curtius ; l’Hôtel de Brahy ; l’Hôtel Hayme de Bomal ; l’Hôtel de Wilde.

«L’état vétuste de ces différents bâtiments classés comme monuments nécessitait une restauration et une nouvelle scénographie afin des les rendre attractifs.»
L’ensemble des bâtiments classés ou non a été intégré et utilisé dans le parcours. L’immeuble De Wilde incorporé aura une fonction centrale d’accueil au rez-de-chaussée et pédagogique aux étages. La qualité architecturale du site a été mise en évidence pour constituer un pôle d’attraction pour les visiteurs.
A l’exception d’une partie de la galerie Curtius, les bâtiments, classés et inscrits pour partie sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, ont été restaurés. Deux nouvelles galeries entièrement vitrées sont construites afin de permettre des liaisons fluides entre les diverses entités bâties.
Lors de l’élaboration du projet, la Ville de Liège a eu l’opportunité d’acquérir les immeubles 118 et 120 en Féronstrée situés entre l’Hôtel Hayme de Bomal et l’Hôtel d’Ansembourg.
Cette acquisition permettra, à terme, de relier le site du Grand Curtius au «Musée d’Ansembourg» et d’offrir, ainsi aux visiteurs, un ensemble muséal dans les plus grands de Wallonie mais également de l’Eurégio.»

Les différents parcours

Le premier parcours reprend, de manière chronologique, l’évolution et le développement du pays de Liège de la préhistoire à nos jours.
On y retrouve les premiers aspects de sédentarisation de l’homme au bord de la Legia, le développement artistique, économique, culturel, politique, social et philosophique de Liège.
Un parcours essentiellement concentré sur deux niveaux dans l’Hôtel Hayme de Bomal, l’Hôtel Brahy et le bâtiment contemporain situé entre ces deux entités.
De nombreuses pièces y seront exposées, silex, armes, mobiliers, vaisselles, studio Eugène Ysaye en sont quelques exemples prestigieux.»
On y trouvera également, une collection unique au monde, qui regroupe une série d’objets liés à l’art du temps et de la table, caractérisée par la période napoléonienne s’étalant entre 1775 et 1825. Il s’agit de la donation Baron et Baronne Duesberg acceptée le 22 octobre 2007 par le Conseil communal.

Un avant goût de cette collection vous sera d’ailleurs donné lors d’une exposition sur les lieux, le 17 mais prochain en prélude au «Grand Curtius».
A la fin du parcours chronologique, le visiteur découvrira d’autres richesses muséales de la Ville de Liège. et successivement, abordera quatre thèmes :
- les collections égyptiennes : proviennent d’un don de Monsieur Henri d’Otreppe de Bouvette au 19ème siècle et regroupent des pièces majeures comme le sarcophage récemment étudié par l’Université de Liège et présent à l’exposition « La Caravane du Caire » ;
- la collection de verres : reconnue mondialement comme la deuxième en importance. Le visiteur pourra notamment découvrir les verres vénitiens et de Murano ;
- la collection d’armes : une des plus belles au monde de par son importance et sa qualité ;
- les périodes arts de la table : situées dans le magasin Curtius et qui reconstitueront des ambiances d’époque telles que salles à manger du 15ème siècle, 17ème et 18ème siècles.
Le parcours additionnel
Les visiteurs pourront, au travers de trois sections, approfondir certains thèmes.
Il s’agit de : la thématique du verre : où seront développés certains aspects des collections ; la thématique des armes : où seront exposées les pièces thématiques issues des riches collections ; la thématique des arts religieux et philosophiques : qui développeront les exemples les plus significatifs des collections religieuses et philosophiques avec une section dédicacée à la franc-maçonnerie.

L’ensemble de ces parcours sera concentré dans les deux ailes de la résidence Curtius et au rez-de-chaussée du magasin Curtius.

Expositions temporaires

Inscrits sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, les étages du magasin ou palais Curtius seront dédicacés aux expositions temporaires. Totalement adaptées aux normes internationales, des expositions de niveau mondial pourront, de la sorte, être réalisées à Liège.
Une salle d’actualité située au rez-de-chaussée introduira les différents thèmes qui y seront développés.

Les compléments

« Outre les différents parcours exposés précédemment, le visiteur pourra déambuler librement dans les galeries où seront exposés les éléments lapidaires (pierres tombales, arcs et colonnades…) actuellement présents dans nos réserves.
Il pourra, également, circuler librement au niveau des cours réaménagées et profiter de deux terrasses en liaison avec la brasserie, découvrir la boutique du musée ou encore assister aux conférences qui seront données dans la salle polyvalente qui peut accueillir près d’une centaine de personnes. »

Straight is the gate but...

Jean-Géry Godeau expliquera encore : « Le site muséal est très important ainsi que les œuvres que le public peut découvrir mais il est primordial que l’ensemble se rapporte à l’art, à la culture sans compter que dans le cadre du subventionnement des infrastructures culturelles, la Communauté française a imposé par décret, l’obligation d’intégrer une œuvre d’art dans le projet.

C’est pourquoi, le comité d’accompagnement créé à cette occasion, a choisi l’artiste New-yorkais Lawrence Wiener. Ce dernier est connu dans le monde entier pour ses inscriptions sur différents supports et est considéré comme une des figures importantes de l’art conceptuel international. Il s’est notamment rendu célèbre par la création d'œuvres basées sur l'écriture et le graffiti.
Ses réflexions à propos de l'art traitent notamment de la nature de son existence, de son statut culturel et de sa fonction et son s'exprime dans les deux formes écrite et orale.
Les textes écrits contiennent des éléments graphiques. Ses phrases sont des aphorismes.
L’œuvre qu'il se propose de réaliser au Grand Curtius se situera sur le vitrage de la galerie de liaison entre la résidence et le magasin Curtius. Il se réfèrera à des observations d'ordre physique ou géographique et historique. D'une part l'eau et son niveau constant (la Meuse voisine) et la porte qui renvoie à l'ancienne porte Saint Léonard.
Ces deux « observations » donneront la phrase « Straight is the gate but water finds its own level… » (« le chemin est la porte mais l’eau trouve son propre niveau »), le straight ne rappelle pas seulement la porte étroite de Gide mais aussi le chemin droit qui mène à l'art, et le niveau constant de l'eau renvoie au calme de la création. Son œuvre a été créée en anglais, ce qui lui donne une valeur internationale.»

Le Grand Curtius en quelques chiffres

Superficie totale du site 5.635 m² dont 3.176 m² bâti ; superficie des musées (exposition, circulation, espace technique) : 9.687 m² ; superficie des parcours 5.103 m² (chronologique : 2.417 m² ; thématique : 650 m²; additionnel 640 m²; exposition temporaire : 1.396 m², y compris salle d’actualité.).
Superficie des espaces techniques (circulation, chaufferie,…) : 4.584 m².
Pièces exposées : 5.500 (dont 150 provenant de la donation DUESBERG).
La durée totale du parcours peut s’effectuer en quelques 3 heures sous la surveillance de quelques 62 caméras. Les visiteurs auront aussi à leur disposition quelques 200 audio guides multilingues.

Aujourd’hui

Le chantier de la dernière (4ème) phase (la première a démarré le 13 novembre 1997) a débuté le 6 novembre et s’achèvera le 5 novembre prochain. Actuellement, différentes phases du chantier sont en cours simultanément sur le site.

Après avoir achevé le gros œuvre des bâtiments, l’entreprise: (Association GALERE MONUMENT) réalise actuellement l’ensemble des installations liées aux techniques spéciales (chauffage, électricité, climatisation, conditionnement d’air, détection vol et incendie, …) et les différents parachèvements (cloisons, revêtement de sol, peinture,…).
Parallèlement, d’autres équipes exécutent les travaux liés à la muséographie. C’est ainsi qu’une société spécialisée assemble les vitrines sur le site et qu’une autre prépare la mise en place des différents objets.
L’aménagement des cours et jardins est également prévu dans cette phase. Le musée pourra, devrait ouvrir ses portes au printemps 2009.
Enfin, les textes, descriptifs réalisés par les conservateurs et spécialistes, sont exploités par une autre société pour faire partie intégrante des audio guides.
- Maître d’œuvre et maître d’œuvre délégué : Ville de Liège et SPI+
- Auteur de projet : PHD-HUYGEN

Visitez le chantier ce dimanche

Dans le cadre de la journée « Chantiers Ouverts » qui se déroulera ce dimanche 27 avril, entre 10h et 16h vous aurez l’unique possibilité de voir le «Grand Curtius» comme jamais.
Cette opération permet à une série de chantiers d’ouvrir leurs portes afin de permettre au public de découvrir la réalité et la technicité des métiers de la construction ainsi que le savoir-faire des entreprises du secteur. Dans le cas du «Grand Curtius», vous découvrirez ce que des entrepreneurs bien de chez nous sont capables de faire. Ce n’est pas rien.
Sur le site Internet : http://www.journeechantiersouverts.be vous trouverez les liste des quelques 130 chantiers ouverts dans tout le pays et notamment ceux de notre Province.

Les photos de haut en bas :

- Le Grand Curtius sur le quai de la Batte (photo Alain Boos - Ville de Liège)
- Lors de la visite des lieux, de gauche à droite, les échevins André Schroyen (Finances), Jean-Pierre Hupkens (Culture), Firket (Urbanisme, Tourisme),le bourgmestre Willy Demeyern l'échevin Jean-Géry Godeaux (Travaux), MM. Alain Maréchal et Gilbert Gilon, respectivement directeur-adjoint et chefde chantier de la Société Galère. (Photo G.L)
- La maquette de l'ensemble (Photo Alain Boos)
- Les vitrines attendent la Donation Duesberg (Photo Alain Boos)
- Un des passages qui sera vitré à l'intérieur de l'ensemble (Photo G.L)
- Au début des travaux (Photo Alain Boos)
- Lawrence Wiener
- Le chantier vu de haut et artistiquement (Photo Alain Boos)





Gaston LECOCQ