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En Ville

Mis en ligne le 24/03/2008

Liège n’a plus de dettes…



Rassurez-vous, « Proxi-Liège » continue à suivre la vie politique de la Cité ardente. En effet, certains auront sûrement constaté que ces dernières semaines avaient été pauvres dans ce domaine. Mais que voulez-vous ! Quand on est seul et que la journée ne compte que 24 h, on ne sait pas être partout ni au four, ni au moulin ni à l’auberge en même temps.
Mais pour recommencer, ce ne seront que de sérieuses bonnes nouvelles que nous vous livrerons sans trop de commentaires.

Un budget en déficit (provisoirement)

Lors de la présentation à la presse, le mercredi 12 mars dernier, du budget 2008 de la Ville de Liège, l’échevin André Schroyen, nous annonça un déficit de quelques 38,666 millions d’euros au budget ordinaire qui en totalise 487,22 millions. Quant au budget extraordinaire (pour les investissements) il a été établi à quelques 23,6 millions d’euros.
Mais comment cela était-il possible alors que nous étions en équilibre depuis de nombreuses années ?

La fin du «signe indien»

Nous n’allons pas refaire l’histoire, mais pour faire court, il faut se rappeler que la Ville de Liège doit des sous aux banques depuis 1934, date de son premier déséquilibre budgétaire. Puis il y a eu la guerre 40-45 et Liège a encore dû emprunter pour reconstruire. En 1977, pour la fusion des communes, Liège a déjà une dette de quelques 320 millions d’euros alors que l’Etat a repris les dettes des autres villes et communes sauf Liège et Anvers estimant qu’elles avaient les capacités pour emprunter. En 1983, la date a atteint quelques 850 millions d’euros parce que pour alléger sa dette, la ville a dû emprunter 265 millions d’euros à 15,1%. De 1983 à 1989, nouveaux emprunts obligent, la dette atteint la somme de 1,875 milliards d’euros. Fin 1989, l’Etat fédéral reprend, comme à Anvers, une partie de la dette de Liège, c'est-à-dire 1,125 milliards d’euros. En 1992, sous l’impulsion de Guy Mathot, qui était à l’époque ministre à la Région wallonne en charge de la tutelle des communes, le CRAC (Compte régional pour l’assainissement des communes) est créé qui repend alors la moitié de la dette liégeoise. Une condition : que le budget de Liège soit en équilibre dès 2002, mais entre-temps la ville avait dû emprunter 131,25 millions d’euros pour payer ses pensions. En 2003, c’est le plan Tonus et la Région octroie 88,5 millions d’euros pour que la ville équilibre ses budgets 2001, 2202, 2003 et 2004.
Il est bon de rappeler que durant deux législatures PS - (PSC-CdH), les finances de la ville ont été passées au peigne fin par les fonctionnaires et les vérificateurs de la Région wallonne (CRAC). Ceux-ci n’ont d’ailleurs pu que décerner de très bonnes notes aux échevins des finances qui, tous deux avec des styles différentes, William Ancion et André Schroyen, ont géré la Ville avec minutie et efficacité. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les 88,5 millions d’euros alloués par le CRAC en 2003 et qui devaient servir jusqu’en 2004, n’ont finalement été totalement dépensé qu’en 2007. Si ce n’est pas de la bonne gestion… ?
Mais voilà, pour le budget 2008, on en revenait au point de départ avec la dette du passé et l’ancien fonds de pensions : la ville se retrouvait fin 2007 avec une dette (passé et pensions) de 136,7 millions d’euros.
Mais ce 12 mars 2008 (une date qui restera dans les annales liégeoises), quelques après que le budget en déficit eut été dévoilé, le ministre wallon Michel Daerden annonçait que la Région wallonne allait reprendre entière la dette du passé et près de 80 % de la charge des pensions. La décision fut officialisée le vendredi 14 mars par le Gouvernement wallon qui annonça qu’il reprendrait à son budget chaque année quelques 47,5 million d’euros pour la dette du passé et environ 35 millions d’euros pour les pensions. En contrepartie la dotation du Fonds des communes pour Liège passera de 164 millions à 132 millions en 2008.
Néanmoins, cette année, Liège pourra compter sur une marge bénéficiaire de quelques 46 millions d’euros. Le « signe indien » pour Liège, c’est FINI !!!

Et le budget 2008 alors ?

Les lundi 17 et mardi 18 mars le Collège présenta au Conseil communal, pour la discussion et le vote, le budget dévoilé le 12 mars tout en annonçant la bonne nouvelle des reprises des dettes.
Comme on devait s’y attendre, les budgets (ordinaire et extraordinaire) furent approuvés majorité (PS-CDH) contre opposition (MR-Ecolo). Nous ne reviendrons pas sur les commentaires négatifs du MR et des Ecolos, car depuis que nous suivons le Conseil communal, c'est-à-dire depuis près de 8 ans, nous entendons toujours les mêmes refrains, donc rien de nouveau sous le soleil.
Pour la majorité, le budget pouvait être voté tel quel. Comme nous l’avait expliqué André Schroyen : «Lorsque nous seront en possession de toutes les données techniques nous pourrons alors intégrer les aides dans le budget et le modifier. Cela ne nous prendra pas plus qu’une dizaine de lignes. »
Et en bon gestionnaire, rejoint en cela par le bourgmestre Willy Demeyer, André Schroyen suggère que le boni (plus ou moins 8 millions d’euros) soit affecté à un fonds de réserve. On ne dépensera donc pas plus qu’il n’est nécessaire.
Lors de ce même Conseil communal, les budgets du CPAS (majorité contre opposition), Régie Foncière (majorité+Mr contre Ecolo), et Police (unanimité) ont été votés.

Le Collège fait le point sur la semaine écoulée. Optimisme et réalisme!!!

Lors de sa séance de ce jeudi 20 mars, et sur base d’un rapport du bourgmestre, le Collège communal a marqué sa satisfaction quant à la réforme intervenue du Fonds des communes.
Comme le dira Willy Demeyer : «Cette réforme, marquée par la reprise totale de la dette consolidée et partielle de la dette pensions, permettra à la Ville :
- de ne plus recourir à l’emprunt pour assurer son équilibre structurel ;
- de donner une image d’une Ville désendettée ;
- d’être considéré sur un pied d’égalité avec les autres villes et communes wallonnes ;
- de ne plus concentrer ses forces à la recherche de moyens pour boucler son budget annuel ;
- d’accélérer le processus d’affirmation d’une métropole liégeoise associant au moins les 24 communes de l’arrondissement.
Une situation assainie n’est cependant pas synonyme de capacité budgétaire accrue. L’euphorie générée auprès de certains par la reprise historique des dettes ne doit pas nous faire tomber dans le piège qui consisterait à grever l’avenir de manière inconsidérée par des décisions irréfléchies d’accroissement de dépenses ou de diminutions de recettes structurelles comme ce fut manifestement le cas il y a plus de 20 ans.
- Le Collège communal continuera par conséquent à mettre en œuvre le plan de gestion adopté en 2002 en concertation avec le CRAC (centre régional d’aide aux communes).
- Cette gestion maîtrisée et responsable, attestée par les organes wallons de contrôle des finances locales, a pesé très favorablement en faveur de Liège lorsque le Gouvernement wallon a arrêté les modalités du nouveau mécanisme de financement général des pouvoirs locaux. Gestion maîtrisée rimera cependant avec ambition affirmée.
- A bref délai, le Collège proposera au Conseil l’adoption du Projet de Ville 2015, dans lequel les choix stratégiques et les actions prioritaires pour Liège seront rassemblés. Il représentera également la contribution communale liégeoise à la constitution de « Liège Métropole », territoire supra local à l’échelle duquel nous devons bâtir notre avenir.
- Le Collège veillera à ce que ce document mobilisateur pour l’avenir soit en phase avec la nouvelle donne budgétaire liégeoise.
- La population liégeoise, le personnel communal et la Ville de Liège ont entrepris depuis 1988 des efforts gigantesques de gestion pour aboutir à convaincre les instances de tutelle du bien-fondé de la reprise des dettes.
Pour rappel, les Liégeoises et les Liégeois et le personnel communal ont du assumer une partie non négligeable des poids structurels pesant sur les finances communales.
En terme d’effectifs, le personnel est passé de 5.617 agents équivalents temps plein en 1988 à 3.075 aujourd’hui (auxquels il convient d’ajouter les effectifs de la Police).
De 1989, à 2002, en terme de restrictions salariales, le personnel communal avait perdu 179,62 millions d'euros.
- En ce qui concerne la fiscalité, la population a supporté des taux supérieurs au taux maxima autorisé par la Région wallonne pendant de longues années. Le taux à l'IPP était ainsi de 10% dans les années 80.
- Le Collège communal a réussi à ramener en 2002 le taux de l’IPP à 8% tandis que les additionnels au précompte immobilier restent à 2.880, ce qui signifie que Liège a perçu 135,25 millions d’euros de recettes supplémentaires depuis 1989 par rapport aux taux maxima recommandés dans la circulaire « paix fiscale ».
- En ce qui concerne la gestion, la Ville a mis en oeuvre une série de mesures permettant d'alléger la charge sur le budget communal tout en garantissant le service aux citoyens.
A l'époque, nombre de services communaux ont ainsi été intercommunalisés : IILE, CHR, CHP, Centre funéraire, IGIL tandis que la Bibliothèque des Chiroux était transférée à la Province
- Outre une batterie de mesures en terme de fonctionnement, la Ville poursuit la vente de son patrimoine immobilier pour des montants importants (16,2 millions d’euros depuis 1990) auxquels il convient d’ajouter le produit des ventes du CPAS.
- Au delà de ces éléments, la Ville a mis en oeuvre une série de mesures de gestion (maîtrise de l' évolution de la masse salariale, passage au régime ONSS – APL pour les pensions) ainsi que d'autres mesures plus administratives ( facturation électronique, mise en oeuvre de synergie avec le CPAS).»

Et de conclure : «Sur base des moyens assurés et stabilisés dont la Ville va légitimement bénéficier, le Collège communal entend affirmer son ambition de faire de Liège une véritable Métropole dans l’Europe du Nord Ouest et de contribuer à la prospérité de la Wallonie tout en poursuivant une politique de gestion maîtrisée et responsable.»

C’est aussi une fameuse réponse à Olivier Chastel, le député MR carolo qui s’était offusqué en disant que la réforme du Fonds des Communes pour Liège, était une « prime à la mauvaise gestion». D’ailleurs comment peut-il dire quoi que ce soit, lui qui n’était sûrement pas né lorsque les échevins libéraux liégeois ont plongé Liège dans la m...il y a plus de 40 ans.





Gaston LECOCQ