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Tchantchès et Nanèsse

Mis en ligne le 16/02/2008

On se moque de qui ?


Tchantchès : Dit Nanèsse, sais-tu qui esse qui parle à l’oreille des gens ?
Nanèsse : Qu’est-ce que tu me chantes là donc toi ? C’est un titre de film ? Je me rappelle bien de « L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux », un très beau film de et avec Robert Redford. Quel bel homme quand même …un film qui est sorti il y a déjà 10 ans. Mais à part ça ? Quoi, c’est quelqu’un qui parle à l’oreille des sourds ?
- Mais Nanèsse, tu sais bien qu’on ne peut plus dire sourd, mais malentendant. Et de toutes façons, c’est pas de ça qu’il s’agit.
- Bin de quoi alors ?
- Celui dont je te parle, il ne parle pas à l’oreille de n’importe qui !
- Ah non ? Il choisit ses oreilles.
- Ah pour ça, on ne peut pas dire que tu te trompes de beaucoup.
- Celui dont je te parle, il ne parle qu’à l’oreille des riches.
- Eh bien, ça ne risque pas de nous arriver hein valet ! Et qui c’est ce comique qui parle à l’oreille des riches ?
- Comment Nanèsse, toi avec toute ta perspicacité, tu n’as pas deviné ?
- Bin, non, je ne connais personne de mes connaissances qui parlent à l’oreille des riches.
- Ça, c’est bin vrèye, ce n’est pas vraiment une de nos connaissances. Quoique, il doit sûrement nous connaître lui.
- Mais enfin, vas-tu me dire qui c’est !
- Bin enfin Nanèsse, c’est Didjé donc !
- Didjé, noss dentiss ! Celui qui a même réussi à réparer une dent à notre petit chien.
- Mais non, pas ce Didjé là. L’autre, celui de l’ex orange bleue !
- C’est lui qui parle à l’oreille des riches ? Mais finalement, ça ne m’étonne pas, dans le milieu où il vit, c’est normal.
- Et c’est tout ce que ça te fait ?
- Bin awè. Et de toutes façons, pourquoi esse que tu parles encore de lui. Tu m’avais dit l’autre jour que tu n’en parlerais plus parce que finalement quand on en parle, ça lui fait toujours de la publicité.
- Bin c’est à cause du livre.
- Un livre. Tu sais lire toi maintenant ?
- Nanèsse, ne soit pas comme ça. Figure-toi que je viens de découvrir un fameux livre qui s’intitule « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches ».
- Et tu achètes des livres sur Reynders maintenant ? Décidément, je ne te comprends plus. Je suppose qu’on le présente encore comme le sauveur de la classe ouvrière, des petits, des pauvres, des plus faibles….
- Mais tu n’y es pas du tout. Ce livre a été écrit par un certain Marco Van Hees, un fonctionnaire du ministère des Finances.
- Tu vois bien. C’est un copain du miniss des Finances et il utilise la brosse à reluire pour son patron.
- Bin non justement, ce n’est pas ça du tout. Que du contraire. Il détricote vraiment la politique fiscale de son patron qui est le grand ami d’Albert Frère, des comtes Lippens et autres Jean-Paul Votron pour ne citer que ces « riches » la.
- Et qu’esse qu’il écrit dans son livre exactement ?
- Ça Nanèsse, je ne vais évidemment pas tout raconter. Mais dans ses 27 chapitres, on n’y trouve que des griefs bien étayés par des exemples concrets. Voici d’ailleurs un exemple qu’on trouve dans le livre où il parle des réformes fiscales : « C’est que le nombre de mesures semble aussi important que leur impact est limité. Le ministre stakhanoviste a pondu beaucoup de «mesurettes fiscales», comme le crédit d’impôt, transformé en «bonus emploi», une réduction des cotisations sociales personnelles pour les bas salaires, dont le montant a été fixé à seulement 120 euros par an. Ces mesurettes sont souvent peu lisibles, incompréhensibles au commun des mortels…Pour les hauts revenus, la réforme de Reynders est simple : il a supprimé les tranches de revenu taxées à 52,5% et 55%. Pour un haut revenu, cela signifie que tout ce qui dépasse 31.700 euros n’est plus taxé qu’à 50% alors que selon les anciens taux, une partie aurait été taxée à 50%, une autre à 52,5%, une troisième à 55% . Quelle est la valeur du cadeau que s’est octroyé Didier Reynders ? Sachant que son salaire de ministre dépasse les 200.000 euros brut par an, sa réforme fiscale lui rapporte chaque année plus de 5.800 euros. Evidemment, l’avantage est encore plus important pour quelqu’un comme Jean-Paul Votron, l’administrateur délégué de Fortis et son salaire annuel de 2,735 millions d’euros. Tous les ans, c’est un chèque de 121.000 euros que Reynders lui offre avec l’argent des contribuables ».
- Et Didjé, il n’a rien dit ? Il a laissé publier tout ça ?
- Oui jusqu’à aujourd’hui …
- C’est peut-être passe qu’il est tellement emberlificoté dans la recherche d’un budget équilibré qu’il na rien dit. Puis, malin comme il est, je crois qu’il préfère laisser pisser le mouton comme on dit.
- Et nos camarades socialiss, ils ne disent rien à tout ça ?
- Bin, ils sont peut-être un peu mal pris puisqu’ils étaient au gouvernement avec lui pendant ces années là ?
- Bin c’est du tout beau ça mon Tchantchès.
- Je ne te le fais pas dire. Mais je suis un peu rassuré. Il n’y a pas qu’en Belgique sais-tu que les riches s’en mettent plein les fouilles sur le dos des travailleurs.
- Ah bon.
- Ce vendredi soir on apprenait qu’en Allemagne, on avait découvert la plus grande fraude fiscale de tous les temps. Et là aussi ce sont des riches patrons de sociétés qui ont réussi à s’en mettre plein les fouilles…
- Comme on dit chez nous, « C’est todi li p’tit qu’on språcthe !».

- En attendant une nouvelle révolution des travailleurs, au train où vont les choses, je vous conseille de lire le livre « Didier Reynders – L’homme qui parle à l’oreille des riches », 144 pages – 14 € et c’est paru aux éditions Aden de Bruxelles, vous ne serez pas déçus.



A l'saminne turtos