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Musique

Mis en ligne le 23/01/2008

Il matrimonio segreto


« Il matrimonio segreto » est un opéra bouffe en deux actes du compositeur napolitain Domenico Cimarosa (1749-1801) dont le livret dû à Giovanni Bertati s’inspire d’une comédie anglaise écrite en 1766 par George Colman et David Garrick. « The Clandestine Marriage ». L’œuvre qui dure trois bonnes heures fut créée à Vienne au Burgtheater le 7 janvier 1792 et enthousiasma l’Empereur Léopold II à un point tel qu’il réclama que soit bissé intégralement cet opéra et, fait sans précédent, c’est ce qu’il obtint.
Par contre, cet opéra sera une découverte à Liège.
Grand voyageur, Cimarosa quitta Catherine II, revint de Saint Pétersbourg et rentrait dans son Italie natale en passant parVienne. Il s’arrêta à la Cour d’Autriche, reçut une commande de Léopold II et écrivit pour la satisfaire, la musique du « Mariage secret ».

L’année précédente Mozart avait le 6 septembre fait représenter « La clemenza di Tito » pour le couronnement à Prague de l’Empereur précité, il révéla le 30 septembre à Vienne son chef d’œuvre maçonnique en langue allemande « Die Zauberflöte » (« La Flûte enchantée ») et, né à Salzbourg le 27 janvier 1756, il mourut dans la capitale autrichienne le 5 décembre 1791, âgé de 35 ans, laissant son Requiem inachevé et étant enterré le lendemain de son décès dans une sépulture anonyme.
Mais ce n’est pas du Requiem, c’est plutôt du suave et pur « Cosi fan tutte » créé en janvier 1790 que se rapproche l’apparent imbroglio du « Mariage secret » qui s’articule lui aussi sur trois couples aux caractères différents.
Les quiproquos sont permanents et le rythme de la comédie ne s'interrompt jamais, servi par une musique toujours vive et charmante. Cimarosa pratique notamment l’art d’entremêler les voix pour rendre compte de la divergence des points de vue des uns et des autres mais cela dans une harmonie globale parfaitement maîtrisée.
Pour diriger ce joyau de la musique du XVIIIème siècle, l’Opéra Royal de Wallonie a invité Giovanni Antonini, flûtiste virtuose et chef du célèbre ensemble « Il Giardino Armonico » avec lequel il s’est produit dans de nombreuses métropoles européennes.
Le directeur général et artistique de l’Opéra Royal de Wallonie Stefano Mazzonis di Pralafera met lui-même en scène et en lumières ce spectacle amusant et raffiné dont les décors sont signés Jean-Guy Lecat et les costumes Fernand Ruiz.

Les mariés « clandestins » Carolina et Paolino sont incarnés par Cinzia Forte et Cataldo Caputo, le couple comique Geronimo et Fidalma est interprété par le fameux Alberto Rinaldi et Damiana Pinti tandis que le Comte Robinson et sa fiancée Elisetta auront comme titulaires de ces rôles Mario Cassi et Priscille Laplace (remplaçant Serena Gamberoni).
Quatre représentations auront lieu au Théâtre Royal de Liège à 20 heures, les vendredi 1er, mardi 5, jeudi 7 et samedi 9 février tandis que c’est à 15 heures que cet opéra débutera au même endroit le dimanche 3 février. Rappelons la règle établie cette saison : un enfant de moins de 14 ans gratuit par adulte payant.

Des concerts gratuits un dimanche par mois

Soulignons aussi que l’Opéra sous l’appellation globale « Dimanche en concert » organise à 15 heures au Théâtre Royal un concert gratuit chaque mois, la réservation restant obligatoire.
Ce dimanche 10 février, le chef d’orchestre du « Matrimonio » de Cimarosa Giovanni Antonini dirigera l’Orchestre de l’O.R.W. dans la première Symphonie de Beethoven et dans la Symphonie k. 425 en ut majeur de Mozart. A ce propos, le 31 octobre 1783 Wolfgang écrivait à son père : « Mardi 4 Novembre, je vais donner un récital. au théâtre ici (à Linz). Comme je n’ai aucune symphonie dans mes affaires, j’en écris une en toute hâte, en prenant mes jambes à mon cou ». Voilà comment un génie créait un chef d’œuvre : la Symphonie de Linz qui préfigure Beethoven.
Ensuite, les dimanches 9 mars, 13 avril et 15 mai nous entendrons successivement Saint-Saens et Bizet sous la direction du Maestro Rodolfo Bonucci, des « accords et à cordes autour de la harpe » (œuvres de Debussy, Ibert et Ravel) et Mozart et Dvorak interprétés par la Quatuor César Franck.

Liège, Opéra de Wallonie et du Sud des Pays-Bas

Enfin nous sommes allés écouter l’exposé de Stefano Mazzonis di Pralafera sur l’avenir de l’opéra de Liège lors d’un déjeuner-conférence à la Société Littéraire.

Le Directeur Général nous a appris qu’il négociait avec les autorités néerlandaises pour que l’Opéra Royal de Wallonie soit également reconnu comme la Maison d’Opéra du Sud des Pays-Bas. Cette perspective si elle se concrétisait ouvrirait de nouvelles perspectives européennes à une entreprise de 270 personnes qui allie orchestre, chœur et aussi (cas unique) ateliers techniques compétents. Liège devrait être fière de pouvoir développer à la fois un Opéra et un Orchestre Philharmonique car c’est un privilège exceptionnel pour une ville de 200.000 et une agglomération de 500.000 habitants. En Italie, seules Rome, Milan et Turin sont dans le même cas mais avec une population numériquement bien plus importante.

Jean-Marie Roberti.

Les photos de haut en bas :
- Un photomontage des maquettes et costumes de Fernand Ruiz
- Le directeur général et artistique de l'O.R.W. Stefano Mazzonis di Pralafera à qui l’on doit la mise en scène et les lumières
- Cinzia Forte interprète Carolina.
- Alberto Rinaldi incarne "Il signor Gernimo"