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Tchantchès et Nanèsse

Mis en ligne le 12/01/2008

Tchantchès est en colère


Tchantchès : Alors là, celui-la, il ne manque pas de culot !
Nanèsse : Qui, que, quoi ? Qui n’a-ti co ? Tu as manqué me faire renverser ma jatte.
- Bin Trichet
- Tri quoi ?
- Trichet. Jean-Claude Trichet. Le président de la Banque centrale européenne. La BCE comme on dit.
- Pourquoi esse qu’il te met dans un tel état ? Tu n’as quand même pas des actions dans cette banque là ?
- Non, pas personnellement. Mais tous les Européens qui travaillent, les p’tits ovris d’à mon nos ôtes, on a tous des actions dans cette banque, puisque c’est elle qui dirige toutes l’économie européenne. Et tout le monde sait que s’il n’y avait pas des ouvriers, des employés, des caissières de magasin, des plombiers ou des vitriers, des pompiers, des fonctionnaires, des laveurs de carreau, des intérimaires, des vrais, pas comme nos miniss, eh bien, cette banque n’existerait pas, comme les autres banques non plus d’ailleurs. Car c’est tout ces gens qui travaillent qui font rentrer l’argent dans les caisses.
- Bin oui, je sais bien mon Tchantchès que c’est nos ôtes qui faisons la prospérité des banques. Mais lui, dans tout ça, qu’est-ce qu’il vient de faire. Il est parti avec la caisse ?
- Non mais c’est plus grave.
- Ah bon.
- Oh que oui, c’est bien plus grave que ça. Figure-toi que, parce qu’il ne parvient pas à trouver des solutions pour résoudre les problèmes d’inflation, pas plus tard que jeudi, il a tout simplement déclaré que l’indexation des salaires était la cause de tous les mèhins.
- Non, ce n’est pas vrai.
Oh si, comme je te le dis. Il voudrait même qu’on supprime le mécanisme qui lie les salaires à l’index.
- Comme ça lui ! Comme en Amérique sans doute !
- Tu as tout compris. C’est ça le véritable visage de ce monsieur Trichet.
- Et il croit que comme ça il va résoudre les problèmes de la banque.
- Je ne vais évidemment pas entrer dans les détails pour t’expliquer qu’avec les ennuis des banques américaines, pas mal de banques européennes commencent à avoir des sueurs froides. La monnaie européenne est trop forte et nos exportations sont difficiles. Alors, il faut que les salaires n’augmentent plus.
- Et c’est ce qui va se passer s’il ne sont plus relier à l’index.
- Tu as tout compris. Mais c’est aussi autre chose qui va se produire. On commence à voir ce que c’est que la vie chères, surtout pour les bas et les moyens salaires.
- Ça, c’est vrèye. Les patrons et les gros salaires n’ont pas encore l’air de clodos.
- Alors, si on supprime la liaison des salaires à l’index, ce sera encore pire. Les gens, pour ne pas crever de misère, d’autres pour ne pas perdre leurs petit confort qu’ils avaient honnêtement acquis, ceux qui ont des enfants, ceux qui sont malades, vont devoir faire d’énorme sacrifice. Ils vont devoir tout accepter des patrons. C'est-à-dire qu’ils devront encore travailler plus pour garder ce qu’ils ont, pour simplement continuer à vivre. Les gens feront n’importe quoi pour autant qu’ils gagnent un peu d’argent. Mais pendant ce temps là, les patrons, les banques vont faire de plantureux bénéfices qui ne seront évidemment pas redistribués vers ceux qui ont permis cette croissance économique. Et une fois que le pli sera pris, ce sera fini, on ne reviendra pas en arrière.
- Eh bien Tchantchès, c’est une bien bonne année qui s’annonce là ?
- Bin c’est pas vraiment de ma faute Nanèsse.
- Et que crois-tu qui va se passer ?
- On va bien voir ce que vont dire les forces de gauche, les syndicats, tout simplement la base des travailleurs. J’espère qu’on va bien leur expliquer ce qu’on est en train de leur préparer. Parce qu’il faut réagir vite. Sans ça, dans quelques mois, il sera trop tard et dans cinq ou dix ans, c’est dans la rue, derrière des barricades qu’il faudra à nouveau faire comprendre aux patrons, et aux banques que leur richesse, c’est aux travailleurs qu’elle doit revenir. Ils méritent tous d’être heureux.
- On ne sera sûrement pas là pour voir ça.
- Non, je ne crois pas, quoi que…Mais quand je pense aux jeunes, à ces générations qu’on va encore perdre dans cette affaire là, je suis vraiment en colère.
- Et pendant ce temps là, on n’arrête pas, dans tous les médias d’ailleurs (sauf chez nous) à faire peur aux gens, pour qu’ils soient prêts à gober le reste. Réveillez-vous camarade !!!



A l'saminne turtos