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Musique

Mis en ligne le 17/12/2007

OPL


Le mercredi 5 décembre dernier, voulant, en cette période plus en plus… particulière, éviter les fausses notes émises par les imprévisibles agendas des responsables politiques, le Corps consulaire de notre Province avait, au Château de Jehay, invité comme orateurs de son annuelle soirée de gala, un Français et un Italien qui ne sont pas étrangers au rayonnement de Liège, en tout cas sur le plan culturel, et spécialement musical, puisqu’il s’agit des Directeurs généraux de notre Orchestre Philharmonique et de notre Opéra : Jean-Pierre Rousseau et Stefano Mazzonis di Pralafera.
Si ce dernier nous conta – non sans verve ironique à l’égard de mandataires de la péninsule italienne comme de chez nous – la manière dont il était arrivé à Liège depuis Rome via Bologne, Jean-Pierre Rousseau montra, pour sa part, combien il apprécie notre Cité et ses atouts trop souvent oubliés. Ce qui l’agace, à juste titre, c’est le manque de confiance en soi, l’absence d’ambition pourtant justifiée.
Présentant à la mi-novembre à quelques journalistes, la tournée en Suisse de l’O.P.L., il avait comparé l’accueil des Français par les Romands et par les Liégeois.

Jean-Pierre Rousseau s’indigna d’abord du fait qu’environ un quart des électeurs suisses aient pu faire d’une prétendue «Union Démocratique du Centre» le premier parti ce la Confédération helvétique alors que, dit-il, cette formation «populiste, extrémiste et xénophobe» avait jeté le masque en diffusant une «odieuse affiche électorale où l'on voit trois moutons blancs expulser un mouton noir de leur territoire».
Indigné mais pas étonné, le Directeur Général de l’O.P.L. qui (tout en habitant et en participant à la vie municipale à Thonon-les Bains) a travaillé sept ans à Lausanne (de 1986 à 1993) pour la Radio et avec l’Orchestre de la Suisse Romande et huit ans déjà à Liège (depuis octobre 1999) estime opposées les mentalités respectives.
Alors qu’au-delà de leur francophilie, nos concitoyens aiment accueillir celles et ceux qui nous apportent leurs talents, les Helvètes, même quand ils reconnaissent utiles les contributions extérieures, souhaitent souvent que ces «étrangers» ne se mêlent pas à leur société.
On pourrait dès lors s’étonner que l’O.P.L, après être allé à Strasbourg le 28 septembre,. enchaîne deux tournées. La première du 16 au 23 octobre en Espagne (avec Louis Langrée à sa tête pour multiplier les bis… selon le célèbre adage latin : «Bis repetita placent») Et, après un aller-retour à Luxembourg, le 9 Novembre, la seconde du 23 au 30 novembre en Suisse .
En réalité ce n’est pas la première fois que l’O.P.L. se produit en Suisse : l’Orchestre, alors dirigé par Pierre Bartholomée, y avait déjà été invité par les mêmes organisateurs.
Pas par l’«Union Démocratique du Centre», bien sûr, mais par une Fédération de Coopératives du secteur de la grande distribution Migros qui affirme à la fois avoir une éthique (par exemple, en ne vendant ni alcools, ni tabac et en cherchant à adapter le travail de ses collaborateurs aux exigences familiales) et vouloir consacrer un-pour-cent de son chiffre d’affaires au mécénat culturel, y compris aux concerts classiques avec comme slogan enviable : « De la grande musique par de grands orchestres pour le grand public ! ».
Il y a ainsi dix tournées annuelles des meilleures formations européennes pour ces « Concerts Club ». Ceux-ci présentent cette saison, outre l’OPL, notamment le Philharmonique de Saint-Pétersbourg, les Chœurs et le Philharmonique slovaques, le Residentie Orkest de La Haye, le Philharmonique de l’Oural, l’Orchestre baroque de Venise, l’Orchestre symphonique de Göteborg-Orchestre national de Suède, etc… soit quelque 45 prestations au total. En outre, Migros prévoit la création d’œuvres de compositeurs suisses. C’est ainsi que l’OPL a été amené à interpréter avec des solistes du Schweizer Klaviertrio un triple concerto pour orchestre, violon, violoncelle et piano de Daniel Schneider. Pour les uns une œuvre originale et intéressante, pour d’autres un patchwork quasi inaudible.

Les six concerts que vient de diriger Pascal Rophé (dont le grand professionnalisme ne cesse de se confirmer jusque dans les détails organisationnels mais dont la rigueur musicale est parfois contestée par certaine(s) chronique(s) réservée(s) à la presse bruxelloise) ont réuni 7.500 auditeurs de Visp (dans le Haut Valais alémanique, cette petite bourgade de 6.500 habitants possèdant au Théâtre de la Poste construit en 1991 une salle de 600 places mais surtout ayant un nom prédestiné pour assurer de bons débuts à notre Orchestre philharmonique puisqu’en français, il se traduit par Viège comme si le V de la victoire remplaçait la première lettre de l’appellation de notre Cité) jusqu’à Genève (où c’est le Consul du Royaume Uni qui fit construire une salle originale pour la fanfare de son Harmonie nautique) en passant par Zurich (première ville suisse dont l’orchestre de la Tonhalle fut dirigé par Brahms, Wagner etc…), Saint-Gall (1000 places dans sa Tonhalle), Berne (1350 sièges dans le Kultur-Casino de la capitale helvétique) et Montreux (Auditorium Stravinski de 1.800 places également vouées au Jazz). Le dernier jour de sa tournée, l’OPL fut rejoint dans les ors du très rococo Victoria Hall par (cité cette fois nominativement) le président de son conseil d’administration, l’Echevin liégeois de la Culture Jean-Pierre Hupkens et, comme à Barcelone le 23 Octobre, par plusieurs dizaines de membres des «Amis de l’Orchestre» conduits par leur sympathique et actif président retraité et moustachu Guy Delville (ils étaient une quarantaine en Catalogne et une trentaine à Genève).
La prestation aux grandes orgues contemporaines du Victoria Hall d’Eric Mairlot (qui est aussi l’excellent rédacteur des programmes du Philharmonique de Liège) fit l’unanimité. Pour sa part, le Directeur général Jean-Pierre Rousseau après s’être réjoui du grand succès de ces deux séries de concerts a tenu à féliciter particulièrement, outre le directeur musical Pascal Rophé dont ce périple suisse constituait la première tournée à l’étranger avec l’Orchestre, deux hommes de l’ombre sans lesquels de telles organisations « clocheraient » de manière tout-à-fait inharmonieuse. Ces chevilles ouvrières de l’OPL distinguées à juste titre sont le Directeur de la Production, l’efficace Malik Vranken et le régisseur chargé du planing Erwan Milczarek. Nul doute qu’il conviendra de compter encore sur eux lors de la prochaine grande tournée que l’OPL effectuera l’été prochain en Amérique du Sud. Jean-Pierre Rousseau, comme Marie-Dominique Simonet, ministre des relations extérieures de la Région et de la Communauté lors d’un récent voyage vers ces pays latins, a en effet confirmé que le Philharmonique de Liège jouera à l’issue de la saison actuelle au Brésil, en Argentine et en Uruguay. Deux questions en conclusion : 1°) A quand au Mexique ? 2°) L’OPL connaît-il la signification de son sigle en Amérique du Sud selon la « Documentation française » ? Il signifie Organisation du Peuple en Lutte mais, soyons rassurés, il ne s’agit nullement d’un changement d’appellation décidé unilatéralement par son nouveau président.





Jean-Marie Roberti